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TRAITÉ
D ANALYSE
8548 P.VRl:?. — IMPRIMERIE DE GVLTHIER-VILL VR? ,
Quai des Augustins, 55.
TRAITÉ
D'ANALYSE
H. LAURENT,
EX.VMINATEIR d'aDMISSION A l'kCOLE POLYTF.CIINIOI'E.
Le calcul ilo Leibniz, la mené dans des
païs jasqu ici incunnus; et il y a fait des
découTertes qui font I étonnement des pins
habiles uiathcmaticiens de I Europe.
De l'Hospital, Calcul des
infiniment petits.
TOME I.
CALCUL DIFFÉRENTIEL,
APPLIC.VTIONS ANALYTIQUES ET GÉOMÉTRIQUES.
DEPARTMENT OF MATIICMATICS
UNIVERSITY OF TORONTO
PARIS,
GAUTHIER- VILLARS, LMPRLMEUR-LIBRAFRE
DL BUREAU DES LONGITUDES, DE l'ÉCOLE POLYTECHNIQUE.
Quai des .\ii[;ustins, 55.
1885
(Tous droits réserrés.)
300
t.l
A M. MOUTARD,
MON BEVU-l'ÈUE.
Hommage de reconnaissance et d'affection,
n. Laurent.
PRÉFACE.
Le Traité d'Analyse que je publie aujourdhui est destiné
aux personnes qui, n'ayant pas le moyen de consulter un
grand nombre d'Ouvrages, ont le désir d'acquérir des con-
naissances étendues en Mathématiques. Il contient, outre le
développement des matières exigées des candidats à la licence,
le résumé des principaux résultats acquis à la Science.
Je n'ai pas la prétention dé croire que la lecture d'un ou-
vrage unique puisse remplacer l'étude laborieuse des Mé-
moires des grands maîtres de la Science; mais enfin il est
souvent difficile de se procurer ces Mémoires, et je pense
que l'on ne m'en voudra pas, si j'ai essayé de faire connaître
une partie des trésors qu'ils renferment.
LeP' Volume contient une théorie élémentaire des séries,
le Calcul diflerentiel et ses applications analytiques.
Les principes de ce calcul y sont exposés, je crois, avec
toute la rigueur qu'on est en droit d'exiger. Je suis parvenu
à ce résultat en prenant pour Ijasc du Calcul différentiel le
fameux théorème de RoUe, tel qu'il a été énoncé par M. O.
Bonnet et la formule de Taylor qui en découle immédiate-
ment.
Les applications sont relatives à la théorie des formes, à
l'élimination et à la recherche des maxima. Bien que la
théorie des formes ne soit pas exigée des candidats à la ii-
VIII PUÉFACE.
ccnco, elle pourra être lue avec lïuil par eux et èlrc considé-
rée comme un bon exercice sur le chan<i;enicnUlc variables,
.l'ai donné sur l'éliminalion des développements qui Irou-
veronl leur application plus tard, et je me suis permis d'ex-
poser mes propres rechercbes sur ce sujet, parce quelles
i(>llenl, je crois, un jour nouveau sur celle théorie restée un
peu obscure jusqu'ici, et qu'elles ont d'ailleurs été entreprises
précisément en vue de cet Ouvrage.
Le IP Volume contiendra des applications géométriques
des théories exposées dans le premier, à savoir la théorie des
tangentes et des plans tangents, des enveloppes, de la cour-
bure, et du contact en général. La théorie des lignes tracées
sur les surfaces est renvoyée au Calcul intégral, où elle sera
traitée plus à fond que dans la plupart des autres Traités
d'Analyse. Les derniers Chapitres de ce A ohime sont consa-
crés à une théorie sommaire des points- singuliers et des
asymptotes; l'étude plus approfondie de cette question sera
faite après les théories de Cauchy sur les fonctions des va-
riables imaginaires, en prenant pour guide les travaux récents
de MM. Halphen, Nother, etc.
Le IIl" Volume traite du calcul des intégrales indéfi-
nies et définies, des intégrales des différentielles à plusieurs
variables cl des intégrales multiples.
On voudra bien remarquer conibien je me suis efforcé d'être
rigoureux dans cette partie du Calcul intégral, avec quelle cir-
conspection j'ai fait usage' des règles de la différentiation
sous le signe f et des lois de la continuité.
Les applications analytiques sont relatives à la théorie gé-
nérale des l'onctions et de leurs développements en séries;
elles résument une des plus belles parties de l'œuvre de Cau-
chy et de ses disciples. J'ai essayé de restituer à cet illustre
géomètre une part que l'on a essayé de lui ravir dans ces
derniers temps. En particulier, j'ai exposé une méthode qui
I' HÉ FACE. IX
lui est due pour le développenienl des fonctions en séries
Irigonométriques, fondée sur le calcul des résidus, qui est
tout aussi rigoureuse que celle de iJirielilet et (jui entre hicn
plus profondément au cœur de la question.
Un Chapitre est consacré à l'interpolation des fonctions nu-
mériques; on V trouve une théorie très développée des fonc-
tions eulériennes, le calcul des dérivées à indices quelconques
et les éléments du calcul inverse des intégrales définies, le
développement en fractions continues et la théorie des fonc-
tions de Legendre, qui sera d'ailleurs reprise à un autre point
de vue dans le ^ olume suivant.
Le Volume se termine par l'étude des fonctions algébriques
ou, si l'on veut, des courbes algébriques; on y trouvera la
théorie des points singuliers, dont j'ai parlé plus haut, et
celle de la transformation des courbes planes.
Le IV*' Volume est consacré aux équations diflercntielles
ordinaires, il contient deux démonstrations rigoureuses de ce
principe : que tout système d'équations différentielles ordi-
naires admet une intégrale. La discussion approfondie de ces
démonstrations conduit, d'après Cauchy, à une théorie com-
plète des solutions singulières. Avant de parler des méthodes
connues d'intégration, j'ai pensé qu'il serait bon d'exposer la
théorie des fonctions elliptiques et abéliennes, qui inter-
viennent de plus en plus dans la théorie des équations diffé-
rentielles. La théorie des fonctions elliptiques est exposée
d'après les méthodes de Cauchv, celle des fonctions abéliennes
en suivant de très près le fameux Mémoire de Ricmann et en
faisant usage de son plan multiple, sans toutefois faire inter-
venir le principe de Dirichlet. Parmi les applications de la
théorie des fonctions elliptiques, on voudra bien remarquer
une exposition assez simple des propriétés des cubiques planes
et des biquadratiques gauches; enfin une belle démonstration
du théorème de Poncelet sur les polygones inscrits et circon-
X PRÉFACE.
scrlls aux coniques due à M. Ilermile. Le Volume se termine
par la recherche des maxima des intégrales simples.
Le \ "^ Volume renferme la théorie des équations aux déri-
vées partielles, la théorie des lignes tracées sur les surfaces et
des coordonnées curvilignes, la théorie des complexes, enfin
quelques mots sur la variation des intégrales multiples. La
théorie des équations du premier ordre et des équations aux
différentielles totales y est exposée en détail et avec rigueur;
mais la théorie des équations à plusieurs inconnues et des
ordres supérieurs, sur laquelle on ne connaît que fort peu de
chose, laisse à désirer sous ce point de vue; ainsi j'ai sou-
vent différentié, sous le signe /, des expressions qu'il n'était
pas permis de traiter de cette façon; j'ai aussi admis, comme
un poslulatum, le principe de Dirichlet. Il m'a semblé que
les démonstrations que l'on a essayé de donner de ce principe
étaient trop compliquées et pas tout à fart rigoureuses. Les
applications géométriques roulent sur la théorie des lignes
de courbure, des lignes asymplotiques, des lignes géodésiques
et, en général, des lignes que l'on peut tracer sur une surface.
La théorie des coordonnées curvilignes et des surfaces ortho-
gonales y est exposée avec détail ainsi que la théorie des
complexes.
Le VP et dernier Volume "contient quelques théories
détachées qui trouveraient difficilement leur place dans le
corps même de l'Ouvrage et dont il serait trop long de faire
l'énumération.
A la fin de presque tous les Chapitres, j'ai eu soin de pla-
cer des exercices ou des notes, pour la plupart du temps ex-
traites des œuvres des maîtres de la Science et destinés à
éclairer ou à compléter les matières exposées dans le texte.
Dans cet Ouvrage, on trouvera peu de figures, peu de dé-
veloppements relatifs à la Géométrie pure ; c'est avant tout un
Traité d'Analvse et, si Ion v rencontre de la Géométrie, c'est
PRÉFACE. XI
([u'ellr vient compléter et éliicidtT I Anaivse. D'ailleurs la
Géométrie a des méthodes qui lui sont propres, et elle doit
être étudiée dans des Traités spéciaux. On comprendra donc
pourquoi je me suis si peu étendu sur Thomograpliie et sur
les autres méthodes de transformation des figures; le dévelop-
pement de ces belles théories doit surtout faire loLjet des
Traités de Géométrie pure.
Enfin, pour faire com[)rendre dans quel esprit est écrit ce
Traité d'Analyse, qu'il suffise de dire que l'auteur est un
ardent disciple de Cauch_y, de ce géomètre incomparable dont
Abel disait qu'il avait puisé toutes ses connaissances dans ses
écrits. « Un tel aveu, dit O. Terquem, est le meilleur des
panégyriques. »
Je dois remercier, en terminant, mon excellent ami M. E.
Lucas, professeur de Mathématiques spéciales au lycée Saint-
Louis, qui a bien voulu me prêter son précieux et bienveil-
lant concours pour la correction des épreuves.
TRAITÉ
D'ANALYSE
CALCUL DIFFERENTIEL.
APPLICATIONS ANALYTIQUES ET GÉOMÉTllIQUES,
CHAPITRE I.
LNTHODUCTION.
^ I. — Des fonctions.
Autrefois on appeWil fonc l io/is d' une quantiLc les diverses
puissances de celle quantité, puis on a étendu le mot de
fonction à toutes les expressions analytiques que l'on peut
former avec cette quantité; voici la définition plus précise
qui semble adoptée aujourd'hui et que nous adopterons dans
ce qui va suivre :
Deux quantités sont fonctions l'une de l autre quand,
l'une d'elles restant constante, l'autre reste constante
aussi.
Celle définition comprend celle de la constante : c'est l.i
un inconvénient de peu d'importance, car il sera toujours facile
L. — Traite d'Analyse, I. i
) CIIAIMTUK 1.
(le prcciscr ilaiis cliafjiio cas parlictiller; il est, (.railloiirs, lo
liliis souvent utile de considérer le cas où la ("onction devient
une constante.
l ne (juaiitité / sera dite fonction de plusieurs autres
./•, ), r-. ... quand, celles-ci l'estant constantes, restcracon-
slantc aussi; on voit donc que, si/est fonction dc.r, ),:;, ...,
elle sera lonclion de chacune de ces variables en particulier,
prise isoK'nient, les autres restant constantes.
De là résulte que notre définition du mot fonction coni-
prond celle des fonctions a/i((l\tiquc.s (jue l'on considérait
autrefois et celle de toutes les autres fonctions, telles ([ueles
fonctions empiriques dont la forme n'est donnée que par des
phénomènes naturels.
J' II. — Continuité des fonctions.
Nous dirons qu'une foncliony( j:') est continue pour.r = «
quand, étant donnée une quantité positive quelconque s, aussi
petite que l'on voudra du reste, il existera une quantité posi-
tive H telle que, h étant moindre en valeur absolue que II,
fi^a^rh) ait une valeur unique et bien déterminée, et que
Ton ait
val. abs. [y\<i Ai j\a)\ :'^i,
quelle que soit d'ailleurs la valeur attribuée à h.
Une fonction, sjx par exemple, peut avoir pour chaque
valeur de x plusieurs valeurs et cependant être continue, s'il
est possible de séparer ces valeurs de telle sorte ([ue Taccrois-
sement h donné à x entraîne toujours sans andjiyuïté un
accroissement, et un seul, bien déterminé pour la fonction.
Théorème I. —Si une fonction f{x) est continue pour
toutes les valeurs de x comprises entre a et b, si de plus
f{a) etf(b) sont de signes contraires, il existera une valeur
a de X, comprise entre a et 6, telle que Con ait f(%) =. o.
Pour le démontrer, désignons par/2 un nombre entier quel-
l.NT KO DICTION. 6
1 I ^ — '^'^ r r I
coïKjiic |)lus i;r.iml <[iio r, posons = /i et njrinons la
suite
/i a ). fi a /i 1, /( a -xli ^ /(« - ii - i h). J'iO).
Si 1 un (Jl's lorincs de celle suile élait nul, le llu'orènic
serait dcmonlré; si aucun d'eux n'est nul, il en existera deux
conséculifs au moins ([ui seront de signes contraires, puis(}uc
le premier et le dernier sont de signes contraires; appelons
ces termes /(</, ) et/(^,), posons — ^ =^h\ et considé-
rons la nouvelle suile
/(«,), J\ai -hi), .... /{ai — n— i/ii}, fibi);
si aucun des ternn-s de cette suite n'est nul, auquel cas le
lliéorème seraitdéinontré, il existera deux tenues conséculifs
/{ii>) clfihj) de signes contraires; posant-^ — = Ao,on
considérera la no u\ elle suite
/{a.,}, 7( «/-//,! /{a2-~/^~i/i2), J\b.)
En conlinuanl ainsi, on formera deux séries de nombres
a^ cit , 0-2, ... 1 ffm- ... vlO, Oi, 0-2, .... 0,n, • • • . Ics premiers
croissants, les seconds décroissants, ou plutôt tels que
a «1 «2 .•■• b}_: bi> b-2 ■ ■ ■■
En général, J\ciin) et/( •'>'/«) sont de signes contraires et
h-n
Ki) b„i — a,n^- „„, ;
or les nombres a,u vont en croissant sans dépasser b : ils ont
donc une limite a. Les nombres b,n ont de même une limite ,3 ;
or, en vertu de (i), b,n — ci,a tend vers zéro quand m aug-
mente indéfiniment : donc
V\mb,n — liina,„ = o ou a - - 'i.
Ceci posé, considéi'ons/(a); «,„ et b,n dilTérant de y. d'aussi
peu que l'on veut, on pourra prendre en valeur absolue
f( X ,) —J\a„i ) < --, /( ^) — A b,n ) <■=■:
4 CIIAIMIUK I.
or, zéro clanl compris vn[vc J\a„,) cl/(^,„), on aura alors, cf
fortiori,
/(^) — o<t ou /(a)<s.
Mais une ([uanlilr fixe /(a) (jni poiil rlrcM'ciidiu' iiu)iiulie (|ii('
£, quelque pelil qu'il soit, esl nulle : ilonc, elc. c. q. y. r>.
On conclut de là ccL autre ihéorènu^ :
Tui':oui:ME II. — Une fonction J {x) continue entre les
limites a et b ne peut passer de la valeur /(a) à la valeur
J\h) sans passer par toutes les valeurs i/ttermédiaires.
Supposons en c^cl /(a) << [J<-<C/(^)! si Ton considère la
roncliony'(x) — [ji., celle fonclion sera évldemmenl conlinue
pour loutes les valeurs de .r comprises enlre a et b. Donc,
/(a) — [X étant négatif, f{b) — [jl positif, /(x) — [j. passera
par zéro pour une valeur de x coni|)rise enlre a et />, ouf(^x)
deviendra égal à u. c. q. f. n,
La réciproque de ce théorcnie n'est pas vraie ; une fonc-
tion qui ne saurait passer de la valeur y(«) à la valeury(6)
sans passer par loules les valeurs Intermédiaires n'est j)as pour
cela conlinue rsin-? par exemple, ne peut passer de — i à
+ I sans passer par loutes les valeurs inlermédiaii'cs, et ce-
pendant c(,'lle fonclion est discontinue pour ^' = o ; et non pas
parce (|u'elle est indéterminée j)our x = o, car, comme elle
n'est pas définie pour cette valeur de x, on peut lui assigner
pour :r = o la valeur zéro, et considérer une fonction y"(j?)
égale à sin - > excepté pour x = o, et égale à zéro pour :r =^ o.
Une pareille foncliony'(.r) n'est pas continue, parce que/(A),
queUpic petit que soit A, ne peut pas rester moindre qu'une
(pianlilé arbitraire s. TouUîfois on pciil dire que :
TnÉonliME III. — Si une fonction /(x) croissante (ou
décroissante) quand x varie de a à b ne peut pas passer
de f{a) à f(b) sans passer par toutes les valeurs intermé-
diaires, elle est continue dans cet intervalle, pourvu qu'elle
ait une valeur déterminée pour chaque valeur de x.
INT HO DICTION. 5
En circt, soit a<^c<^b\ je dis <jiic l'on peut choisir II
assez petit pour que, h étant moindre en valeur absolue que
II, ou ait en valeur absolue
(.) J\c- h)-f{c)<t,
t étant une rpiantilé donnée quelconcpic. En effet, si l'on ne
pouvait pas satisfaire à cette inégalité [)Our une certaine valeur
donnée de s, c'est que /(.?") ne pourrait pas passer par les
valeurs comprises entre y (c) ety"(c)-|-£, car f{jc), étant
croissant avec x^ ne pourrait pas passer par ces valeurs pour
x<^c\\'\ pour x'^c; puisque, /(c -|- h) étant plus grand que
f{c) -r- t ou égal à /{c) -j- £, pour des valeurs de x plus
grandes que c -^ h , J\x) sera encore plus grand : donc on
devra pouvoir satisfaire à (i) ety"(x)sera continu.
Ainsi, par exemple, si a^o, ^ variant de o à co , x' croît,
et, comme on peut toujours prendre x"^ = |j., u étant positif,
on peut en conclure que j;"est continu pour les valeurs posi-
tives de X, car x" a d'ailleurs une valeur déterminée pour
chaque valeur de x.
Remarque. — Si f{x) est conliini pour toutes les valeurs
de X voisines de c, la limite de j\c -f- h) quand h tendra
vers zéro, ou de f{x) quand x tendra vers c, seraf{c). En
effet, /(:r) étant continu pour j: = r, /(c+ A) — /(c) peut
être rendu moindre que s; donc-
lim[/(c-A)-/(c)] = o ou liin/(c-i-/0=/(c).
Ceci permet de démontrer très simplement que la somme
ou le produit de plusieurs fonctions continues est continu,
que le quotient ou la différence de deux fonctions continues
est continu, que si f{u, v) est fonction continue de a et de v^
u et v étant fonctions continues de x,f est aussi fonction con-
tinue de X.
Démontrons seulement cette dernière proposition, qui ré-
sume les autres :
Changeons x cnx -H A, a deviendra u 4- y- «'t ^' deviendra
G ciiArnm: i.
,. _|_[i; a cl i^ loiulionl \crs y.rvo, d'a\)VÎ-s noire iriiiar(HU".
pour // = o; mais, / élanl conliini par raj)i)orl à // li r,
/•^,/ _)_ 3-, (H- 1^) tlifi'i'rcra 1res pou (\r /{(/, r H- P), lequel dll-
lèro aussi 1res peu clc/(f/, r) : donc f{i/ -I- a, r + [3) a pour
liniile f{it,v) quand a et ^i tendent vers zéro, c'est-à-dire
quand A tend vers zéro. Cela revicnl à dire (pic /(//,») esl
continu par rapport à ,r.
J'ai développé ces démonsUalions dans mon Tnuli' <V y\l-
îièbre, mais je crois devoir les reproduire dans celle liilrodne-
lion, (jui est faite pour combler les lacunes qui existenl
i;ént'ralemenl dans les Traités d'Algèbre, rédigés conformé-
ment aux programmes officiels.
yi III. — Continuité des fonctions imaginaires (').
Nous appellerons, avec Caucliv, fonction (F une variable
imaginaire X ^y\l — ^ loule expression di' la forme
Xm-Yv/ —
où X et Y sont fonctions de .r et r. Plus lard nous restrein-
drons la généralilé de celte définition : nous dirons que la
fonction X H-^v/ — i est continue si X cl \ sont des fonc-
lions continues de x et de r^ 11 en résulte que, si
/(xH-ry' — \) est fonclion continue de x -\- r si — i, on
devra pouvoir prendre H et R assez pelils pour que, h et /.
étant moindres en valeur absolue que 11 cl K, on ait
inn.l 1 /■( ./•-. A- 7H A f-~^) -/(^•--..-'V~^)]< ^>
(') Je préviens le lecteur que, pour moi, \ —i n'est pas une quantité qui
élevée au carré donne — i, el je ne conviens pas de faire usage de ce signe
\r^i en vertu de lu généralité de r.4/^'r^/e. Plusieurs théories ^/'cs rigou-
reuses des imaginaires ont élé données par Caucliy. On peut, par exemple,
considérer les égalités entre imaginaires comme des congruences relatives
au module i- H- i. (Voir mon Algèbre.)
IN rUODICTION. 7
ciir celle inégnlilr re\ iciil à
ino(l[\{./' //. .r-HÂ-) ~\(T,y)
or, X cl ^ élanl coiiliiuies, les (lifTcrcnccs qui soiil enlic
les croclicls peuvcnl èlre rendues moindres que - : donc le
modulodc leur somme sera moindre que s. La réciproque est
évidente, car le module d'une imaginaire ne peut être très
petit que si chacune de ses parties est très petite.
11 est clair aussi que, si une fonction est continue^ son ai
gument et son module sont continus, et vice versa.
J IV. - Sur la représentation géométrique des imaginaires.
Une imaginaire .r+j>'\ — i ou x-\-}-i peut être repré-
sentée par le point qui, par lapport à deux axes rectangulaires,
fixes, a pour coordonnées x clj-; clvice versa, tout point de
coordonnées x,y peut servir à représenter géomélriquemenl,
riniaginaire :r +j)'\ — i. Caucliy appelle l'imaginaire
Vafjixe du point (x, y).
Quand nous dirons que le point .2" +j' y — i décrit une
courbe C, il faudra entendre par là que le point (.z',j') qui a
pour affixe rimaginaire x -\-y \j — i décrit celte courbe.
Posons
X'-yJ — 1 -: /• (cosO - y' isinO)
ou bien, ce qui rexicntau même,
a7:-;/'CosO, y -- r •s\\\^\ .
r et 0 seront le module et l'ai'gument <\^x -\- y y/ — i ; ce seront
aussi les coordonnées polaires du point (x, ^)'); /'et 6 pour-
rontcommexetr servir à représenter riniaginairejc-|- j'y/ — i .
Ainsi une imaginaire pourra être représentée par une droite
s CIlAl'ITUE I.
("gale à son niodulo, faisant avec un axe fixe un angle égal
à son argument. Lavanlage de ce mode de représentation
résulte du théorème suivant:
La sonunr de plusieurs imai^iiiaires est représentée par
la résultante (les droites qui représentent ces imaginaires.
En effet, soient
•^-^J\/— '' ar'-i-jV— i> x" -.- y" \/ — \ , ...
des imaginaires;
{x-^x'-^ x"-^...')-^{y-\-y-\-y"~ ...)v/^
leur somme; x^y sont les projections sur les axes de coor-
données de la droite /• qui représente x-\-y\/ — i, ...;
donc X -^ x' -^ x' -^ . . . est la somme des projections des
droites qui représentent les imaginaires en question sur Taxe
des X : c'est la projection de leur résultante sur cet axe;
y +y' -\-y' -\-. . . serait la projection de la même résultante
sur l'axe des 7', ce qui démontre le théorème.
Corollaire. — Le module d'une somme est moindre que
la somme des modules de ses parties.
j y. — Notions sur les infiniment petits. — Nouvelle définition
de la continuité.
Nous appellerons (^wd^nùlé in finiment petite on inji/ii/nent
petit toute quantité variable a^^ant pour limite zéro.
Nous appellerons quantité infinie toute quantité variable
que l'on pourra prendre plus grande que toute quantité
donnée.
Nous avons souligné à dessein le mot variable. Il n'y a pas
de quantité fixe infinie ou infiniment petite; zéro n'est pas
infiniment petit, parce que zéro est fixe.
On Tait usage des mots que nous venons de définir pour
INTUODLCTION. 9
abréger le langage et pour siin[)lirier eerlaines lociilions. Par
exemple :
l" On (lil que - est iiilini puur j: = o ou cpiand .r Icml
vers zéro : c'est une manière abrégée d'énoncer ce lait, f[ue -
croît au delà de toute limite et peut être pris plus grand fpi'une
quanlilé»donnée(]uelconf|ue quand .r s'approche de zéro sulfi-
samment. On dit aussi que - est infiniment grand quand x
est infiniment petit.
2" On ilira que .f-, .r''. . . . sont infiniment petits en même
temps ([ue .r, au lieu de dire que x-, x', . . . ont pour limile
zéro quand x a lui-même pour limite zéro.
3' Il est absurde de dire que deux droites parallèles se
rencontrent à l'infini : deux droites parallèles ne se rencon-
trent pas du tout. De pareilles locutions échappent parfois, je
dirai même sont employées assez volontiers pour abréger le
langage; nous les emploierons le plus tard possible et seule-
ment quand le lecteur sera ("aniiliarisé avec la notion infini-
tésimale. Voici maintenant à quel propos on peut dire que
deux parallèles se rencontrent à linfini.
Je suppose que D soit une droite fixe; si autour d'un
point A pris en dehors de D on fait tourner une droite D' de
manière à lui faire faire avec D un angle a de plus en plus
petit, le point d'intersection de D et D' s'éloignera indéfini-
ment du point A; sa distance au point A est donc infime
quand Van^ile a est infiniment petit.
On dit alors que les deux droites devenues parallèles se
rencontrent à Vinfini.
En acceptant les définitions que nous venons de d(jnner,
on peut dire qu'une fonction continue est une lonctioii qui
prend toujours un accroissement infiniment petit quand on
donne à sa variable un accroissement infiniment petit quel-
conque.
Cette nouvelle définition a seulement sur celle que nous
avons donnée plus haut l'avantage de la concision; mais d ne
(aut pas oublier, pour l'exactitude, de dire que l'accroisse-
I() CM API THE I. — IMKOmrriON.
mcnl (le la variable csL un iiiliniincnl pclil (|iielc»)nquc : ce
(iiii vont dire que raccroisscment de la lonetion tend vers
zéro, de rjurhjnr nuinièrc que Ton lasse tendre vers zéro
raccroissemenl correspondanl de la ^ariable.
Ces définilions conviennent aux quantités imai;inaires
eoniine aux quanlilés réelles; disons seulement qu'nne (juan-
lilé imaj;inaire est inlinie quand son module est infini et
(iirelle esi infiniment pelile quand son module est infiniment
|ielil.
Rappelons, en terminant celle Introduction, un principe
sur lequel nous avons fn'quemmenl l'occasion de nous
appuver.
Lorscjirane rj un utile eafiablc croît, sans dépasser une
tjuantité fixe, elle a une limite égale ou inférieure à celte
quantité yixe.
Quand une quantité vari(/ble décroît, sans de^'cnir infé-
rieure à une quantité fixe, elle a une. limite égale ou
supérieure et cette quctntité fixe.
THÉORIE GÉNÉRALE DES SÉRIES.
CHAPITRE 11.
TIIÉORII^ Or'XKRALE DES SÉRIES.
J 1. — Définitions.
On appelle série une siiilo illimilé*^ fie termes qui se (or-
menl cl se suivent daprès une loi (l('termin''e. ()ii appelle
encore les séries suites infinies.
Une série est convergente quand l,i soinnic de ses // pre-
jniers ternies tend vers une limite déterminée, lorsque n
augmente indéfiniment, en suivant du reste une loi quel-
conque; cette limite est ce que Ton appelle la valeui- de l;i
série ou la somme de ses termes.
Une série qui n'est pas convergente est appelée di\ergenle .
La série
( ao — 2] ) -- ( Xj — ao ) — ( 22 — 2j j - - ( 'J-i — '^; ; — ...--( a..,_i — a,., ) —
dans laquelle a„ désigtie un nombre qui a pour limite zéro,
lorsque n augmente indéfiniment, est convergente, car la
somme de ses n premiers termes est 7-0 — a„. et cette quan-
tité a pour limite a,, pour u z= zc .
Au contraire, la série
-^ I — I - I — 1 - - I — ... 1 - I - ...
est divergente, car la somme de ses n premiers termes est
alternativement zéro et i ; elle ne tend par conséquent pas
vers une limite déterminée lorsque n croît d'une manière
quelconque.
On comprend difficilement comment dillustres analvsles
ont pu écrire des formules telles que
(A; ^1 _,_:_,_,__... = 1
\?. en API TUE II.
(Leibmtz, Lettre à Christian Wolff. — Euler, liistitu-
tiones Calculi diffcrentialis et integralis, Pars poslerior,
Cap. I, etc.).
Une srric divergente ne saurait représenter -• En efTet,
(pielle idée peut-on se faire d'une somme composée d'un
nond)re illimité de parties? En toute rigueur, on n'a pas
même le droit < lé e rire
(i) ao = (ao — a,)~(ai — ao)^- . .. H-(a„ — a„+,)— . . .
lorsque a„ tend vers zéro, c'est-à-dire lorsque la série est
convergente. On le fait cependant, mais seulement en vertu
d'une convention qui consiste à séparer une série conver-
gente de la limite vers laquelle tend la somme de ses termes
par le signe =. Ainsi la formule ( i ) est une manière abrégée
d'écrire
ai, = lim[(ao— aj)-^- . . . — (a„ — 'Xn^i 'J P'-'ur /i = x .
La formule (A) est donc absurde, puisque la limite de la
somme de ses n premiers termes n'existe pas : cette limite
n'est donc pas égale à -•
i II. — Théorèmes sur la convergence.
TnÉoniiME I. — Pour qu'une sé)-ie soit convergente, it
faut que ses termes diminuent indéfiniment jusqu'à zéro.
En effet, soit la série
»o — "i — l'i ~- «3 — • . • -^ «« -
Soit, en général, s,i la somme des /* premiers termes; on a
( I ) 5„-ui — S,i = Un.
Si l'on suppose la série proposée convergente et si l'on désigne
sa valeur {)ar 5, on aura
lim.ç,,^, = -s
I i m Su = s ;
TIlfiORIE GÉNÉRALE DES SÉRIES. l3
donc
liin5„H_, — liiii5„ — \'\m{s,i^\ — *«) = o.
Donc, en vcrlii de ( i ),
iiin u,, ^= o.
Remarque 1. — La dénionslralion que nous venons d'cm-
plover, comme du reste toules celles que nous emploierons
dans lexposilion de ces principes, est basée sur le calcul des
limites; elle précise le sens que nous devons attribuera la
locution diminuer indéfiniment. Quand nous disons que Un
doit diminuer indéfiniment, nous devons entendre par là que
cette quantité, réelle ou imaginaire;, doit avoir zéro pour
limite, rien de plus : ainsi u,i peut tendre comme on veut
vers zéro ; il n'est nullement nécessaire, par exemple, que
l'on ait
Un ^ • "rt-i-l 1 Uii^i 1-- ....
Remarque II. — ■ On aurait également pu écrire les équa-
tions suivantes :
liiii5„^y, :^ s.
liiiis,,, = s;
d'où, retranchant la deuxième de la première,
liai Un - ■ Un^l — «rt-H2 - • • . — Un^p-i = O .
ce qui conduit à ce résultat :
Puur qii une série soil convergente, il faut que lu somme
des p termes qui suivent le n'^"^" ait pour limite zéro
quand n augmente indéfiniment, quel que soit du reste p.
Remarque III. — Il existe des séries dans lesquelles u„
peut tendre vers zéro sans que la série à laquelle appartient
ce terme soit convergente; l)ar exemple, considérons la série
suivante, appelée série harmonique :
' ' ' ' ' ^ _
I 1 CII.V IMTUi: II.
II est lacilo do s'assiiror (|uo celle série est divcrj^ente, car, si
Ton prciul // Icrincs opiès le //"""", la somme
esl plus grande «luo — répelé // lois, c'esl-à-dire (iiie-- Si
tlonc t)ii ;;roii[)e les lennes de la série liariii()iii(|iie ainsi (jii il
suit :
i. a ,1
I I
Il - I II - \>.
on voit (|iie la somme de ses in premiers lermes est plus
i;rande (pie - répélé autant de lois que Ton \ eul. En prenant n
sulïisanunent i;rand, la somme de ces m premiers lermes
croît donc au delà de toute limite; donc la série est diver-
gente, c. Q. F. D.
Il arrive souvent que l'on rend une série convergente par
un simj)le changement des signes de quelques-uns de ses
lermes. Ainsi la série
III I I ,
wi 3 î II "' Il -,- i
est convergenle. En général :
Théoiièaie n. — Si dans une série les termes sont, à par-
tir (le l'un d'eux, indéjiniinent décroissants jiistju' à zéro
et alternativement positifs et négatifs, cette série est con-
vergente.
En efTet, considérons la série
Ml -r- «2 ■ • • • Il II ''« + 1 - - ll/t-h-l ... : - 11,1^/,.— Un+p+i m . . . ,
dans laquelle les termes sont indéfiniment décroissants et
altcrnalivement positifs et négatifs à partir de u,i.
Appelons, en général, S„i la somme des /n premiers termes
de la série. Si nous remarquons que les lermes \ont con-
stamment en diminuanl, les (jiianlilés
"'/ ''/J+l) U,iJ--2 «,iH_3, • • -, Uii-hiii — l-l'n<r1i> + \
TIIÉORIK (if;.Nf- KAI.K DES SÉIUES. |5
seront loulcs posili\cs, cl, par ci)ii>L'([uent,
( I ) ^ii-^l -'^ «3/1-1-3 ■ - ^/l-f-5 ■ ^ • • • - ^«-t-2/>t-l • • • ^
les quantités — ««+i -r //«+-, .-.. — t',i+2p \-"„-i.jp-, •••
seront toutes né<jati\es, et, par suite,
( "i) ^n-i-î ^ S/j-i-i ^ S/j+G ]> . . . ^ ^H+2i> , • ■ • •
Or
Uonc S«^2/> est plus grand que S/,^_oy,_,, et, à cause de la
suite d'inégalités (i), plus grand que S„^|. Ainsi donc une
somme quelconque comprise dans la suite S„^2, S,/+^, 5«+(j
est plus grande que S«^, ; il en résulte (|ue ces sommes,
allant constamment en décroissant et restant supérieures à
S„^i, (|ui est (i\e, ont une limite S. Or on a
Faisons croître /y intléiinuncnl ; le premier jiicuiLre de cette
égalité a pour limite S, car au^-2p+\ ^ pour limite zéro;
donc S„^2p+\ a pour limite S également; donc, de quelque
manière que croisse l'entier w^, S„i a une limite, ce qui revient
à dire ([ue la série proposée est convergente.
CoioLlaire. — On \oit que, la valeur de la série étant
comprise entre S,, et S„^i, l'erreur commise en prenant S
pour \aleur de la série est moindre en \aleiir absolue qu<;
1 nÉOKÈME IIJ. — Quand une série à termes positifs <i
ses termes respeetivemeiit plus petits que ceux cV une autre
série également à termes positifs, et de plus convergente,
la première série est aussi convergente.
Soient, en eflet,
( I ) s =^ Uq — Ui — U-2 -^ . ■ . -T- u,i-- . . .
la série convergente donnée (on représente ordinairement
une série convergente en séparant la somme d'un certain
l(') CIIAIMTRK II.
nt)inl)re do termes ilc su valeur par le siyne := el en snppri-
inanl le mot Uni) et
( ■>. ) i'o -~ ï'i -(- (S -+-••• -^- t'/j -t- •• •
Taiilie sérii^ Soient s„ la somme des n premiers termes de la
série (i), /« la somme des ii j)remiers de la série (2); comme
l'o < ''0? ^'i < '/i <'// < ifin on a évidemmenl
'il -^ ^n »
donc, a fortiori,
ta < S.
Or, n croissant, tn croît, mais t,i reste constamment inférieur
à .v; donc, en vertu d'un principe énoncé page 10, t,, a une
limite; donc la série (2) est convergente. c. q. f. d.
Tutouii.ME 1\ . — Une série à ternies positifs et négatifs
est convergente lorsque la série des valeurs absolues de ses
termes est convergente.
Eu efTel, considérons à part les séries des termes positifs
et des termes négatifs pris dans l'ordre dans lequel ils se
succèdent dans la série proposée.
Soient
( I ) a^ -~ a^ — a-i ~r . . . -^ ai ~- . . .
la série des termes positifs et
(2) h^ — hy-~ ... ~hu-\- ■ ■■
celle des termes négatifs pris chacun en valeur absolue.
Soient Xi la somme des- i premiers termes de la série (i),
Jk^^ somme des /.- premiers termes de la série (2), et s,i la
somme des n premiers termes de la série proposée. Nous
pouvons toujours supposer que «o, a^, . . . .^cii soient les termes
positifs de s,i, et 60, bi, . . . , b^ les termes négatifs; alors on
a, en appelant s\^ la somme des n premiers termes de la série
proposée rendus positif»,
(3) s„=Xi—y,.,
( 4 ) Sn= Xi —yi, .
THÉORIE GÉNÉRALE DES SÉRIES. Ij
L'éfjualion (3) mon Ire que a'^^ est plus yraiid que X/ct quc^'^.
ilonc, (f fortiori, la liiiille de s\^, qui par livpolliùse existe,
est supérieure à Xi el à vj^. Or Xi etjA- sont des nombres crois-
sant avec / et Â", mais constamment inférieurs à la limite
de Sn\ donc ils ont une limite chacun, donc les séries (i) et
(2) sont convergentes. L'équation (4) montre que s,i a une
limite égale à la dili'érence des limites de .r, et j';;-, c'est-à-dire
que la série proposée est con\ergente et a une valeur égale à
la dillcrence des Naleurs des séries de ses termes posilils et
de ses termes négatifs.
TnÉoui^ME \ . — Quand une série ne perd pas sa. conver-
gence lorsque l'on rend tous ses ternies positifs, on peut,
sans altérer sa valeur, intei^'ertir l'ordre de ses ternies.
En elTet, considérons d'abord une série convergente à
termes positifs :
(1) s = Uq— Ul-^ U-x-v- . . . -r- U„l-T- . . . .
Intervertissons 1 ordre de ses termes, et soit
(a) fo-r- t^i— . . . ~ t'«
la nouvelle série obtenue après ce changement. Soient s\^ la
somme des n premiers termes de la série (2), Sm la somme
des ni premiers termes de la série proposée; on pourra tou-
jours choisir ni de telle sorte que tous les termes de s'^ soient
contenus dans les m [)remiers termes de la série ( i ). On aura
alors
s'u'Lsm et s'n<^\\ms„i ou < *.
Nous voyons par là :
i" Que la série (2) est convergente, puisque i-)^ ci^oît avec n
sans dépasser s;
2° Que la valeur 5'= limi'^^ de la série (2) ne saurait sur-
passer s. Or on démontrerait de la même manière que la
valeurs de la série (i) ne saurait surpasser i'; donc on doit avoir-
s = s' ,
donc la série (1) n*a pas changé de valeur. c. q. f. d.
L. — Traité d'Analyse, I. ^
i8 ciivi'iTin: II.
Supposons aclucllcmcnl la série
(l) s = Uo-r- Ui-- Uî^ . .. -^ II.:— ..
à termes quelconques.
Soient
(3) ao -+-«1 -f- a2 -f- . .. -!-a,--T- . . .
la série de ses termes positifs jnis dans le même ordre que
dans la série ( i ),
(4) bo — bi-\-...-^b/,-}-...
la série de ses termes négatifs égalejnenl pris dans Tordre où
ils se trouvent dans l'équation ( i ). Supjiosons que la série (i)
conserve sa convergence quand on rend ses termes positifs.
Les séries (3) et (4) sont convergentes, cl, si jc elr désignent
les valeurs respectives de ces séries, on a
(5) s = .r — v.
Cela pose, changeons Tordre des termes de la sjrie (i); la
série de ses termes positifs sera encore la série (3), à Tordre
des termes près. Or cette série est à termes positifs; donc
elle conserve sa valeur. Même observation pour la série des
termes négatifs et pour la série des valeurs absolues des termes
de la série (i V 11 en résulte, d'après le théorème I\ , que la
valeur de la série ( i ) transformée est encore x — j' ; donc la
série (i) ne change pas de valeur quand oij change Tordre de
ses termes. c. q. r. u.
Remarque. — Toute cette démonstration repose sur Téga-
lité (5); donc, lorsque x ou )• n'existeront pas, c'est-à-dire
quand, dans la série proposée, les termes positifs et négatifs
ne formeront pas des séries convergentes, la démonstration
précédente tombera en défaut. 11 est facile, du reste, de donner
un exemple dans lequel on voit une série changer de valeur
(juand on change Tordre de ses termes.
Considérons, par exemple, la série convergente
.L _ 1 _ .' _ ^ -i- i 4- ^1 — _L_dr....
' ' ^ 1 VI 0 4 ' 5 * ■ ' /t "^ « -H 1
THÉORIE GÉNÉRALE DES SÉRIES.
'9
Remarquons que la série des valeurs absolues de ses lerines
esl identi(|ue avec la série liarnionif[ue qui est diveriicntc.
En changeant sinipleuient Tordre des lerines, on a la
nouvelle série
, . _ 1 _ 1 _ 1 _ ' _ ' ^ l f L
2 4-^ tî 8'"'2n — I 4 « — 2 :\n~ '"'
Je dis que la valeur de cette série esl la moitié de la valeur
de la série (i). En efTet, soit
., . I I I I I I I I
■i. 4 3 G 8 ' '2/1 — I 4 '< — 2 4/1
La valeur de la nouvelle série est la limite dc/(/i) pour /? := x ;
or on peut écrire
/<«)=■-■
ou encore
/(") = ;(
I I
I I
"" 6 ~ 8 ^
4 'i "~ 2 4 "
I I
' \
2 3
2 /< — I '2 /l /
Pour /7 = ce , la quantité entre crochets tend vers la valeur de
la série ( i) : ainsi la limite de/(/i) ou la valeur de la série (2)
est la moitié de la valeur de la série (i); il est donc bien
prouvé que l'on n'a pas toujours le droit de changer l'ordre
des termes d'une série.
Jusqu'ici nous n'avons guère parlé que de séries à termes
réels; mais on l'ait un fréquent usage en Analyse de séries à
termes imaginaires.
Une série à termes imaginaires peut se mettre sous la
forme
, i ( f^, — f 0 V^ — I ) — ( «1 -i- 1^1 \/ — 1 )
Celle série sera convergente si les deux séries
(2) Uti -r- Ui -{- U2 -i- ■ ■ . — u„ -;-...,
(3 ) Vo— Vl -■- Vi -7- . . . — Va — . . . ,
formées des parties réelles et des coefficients de ^ — i dans
tous ses termes, sont toutes deux convergentes.
20 t: n V r n II E 1 1 .
En cfTet, soient 5„ la somnu^ des n premiers termes de la
série ( i ), a-/, elT,, les sommes des n premiers termes des séries
(a) et (3); on a
Sa = <^n -^'n /— ^•
En j-iassanl aux limites et en désignant par 7 et t les valeurs
des séries (2) et (4), on voit (]ue
1 i m s,-, ^ 7 — T v^ — 1 ;
donc la série (i) est convergente. c. q. r. n.
Rf.marque. — Il est clair que, si l'une des séries (2) ou (3)
eût été divergente, la série ( i ) l'eût été pareillement.
ThéokLmeM. — Dans une série à termes imaginaires,
si la série des modules des différents termes est com'er-
i^ente, cette série est elle-même convergente et l'on peut,
.'■.ans altérer sa convergence, intervertir V ordre des termes.
En effet, considérons la série (i). Les séries de ses termes
réels et des coefficients de \ — 1 sont convergentes indépen-
damment des signes de leurs termes, car ceux-ci sont i-espec-
livcment plus petits que ceux de la série des modules qui est
à termes positifs. On peut donc changer l'ordre des termes
(le ces séries sans en altérer la valeur, ce qui revient à dire
(jue Ion peut changer l'ordre des termes de la série proposée
elle-même. c. q. f. d.
Une série qui ne perd pas sa convergence quand on réduit
-es termes à leurs modules, et dont on peut altérer l'ordre
lies termes sans changer sa valeur, est dite absolument con-
vergente.
J III. — Régies de convergence.
On connaît un grand nombre de règles permettant de
leconnaître si une série donnée est convergente ; mais un petit
nombre de caractères suffisent dans la [ilupart des cas, et
nous allons les faire connaître.
THÉORIE GÉNÉRALE DES SÉRIES. 9.1
Théorème I. — Toute progression géométrique diMiL lu
raison est un nombre réelou imaginaire de module moindre
que I est une série convergente.
En cfTcl, une telle progression peut se mettre sous la forme
( I ) a - a.r — ax- — ... - - a j"" ....
Or, cpiel que soit x^ la somme des n — i premiers termes est
égale à
Si le module de x est moindre que i, j:""*"' tend vers zéro,
et la somme des n premiers termes tend vers la limite finie
pour/? = GO . La série (i) est donc convergente, ce qu'il
fallait démontrer, et l'on a
^= a -r- ax — ax- -;-... -f- ax" --
Si Ton remplace x par ^ en supposant mod - <^ i , on a
^= a — a
a — z
et, en faisant a = -■>
I ;: z-
a a- a*
cette formule, qui nous sera utile plus tard, a lieu pour toutes
les valeurs de z et de a, telles que rtiodc <r mod a.
TuÉontME II. — Si, dans une série à termes positifs
( I ) uy~ u-i-'. . . — U;, -i- u„+^ ---...,
le rapport -^^ d^ un terme au précédent tend vers une
limite inférieure à l'unité ou reste constamment inférieur
à un nombre 'xflxe moindre que i, cette série est com'er-
gente.
Observons tout d'abord que, la limite de -^ étantmoindrc
22 CHAPITRE II.
(|iie ruiilli', -— Iniiin. |)()ur dos valeurs sulfisanimciil j;ranc]es
de II, par dillérerde sa liniile de moins que celle liniile ne
difTère de limité et, par siiile, ""^' finira par rcsler moindre
lin
qu'un nombre a fixe, moindre lui-même que l'unité; ainsi
nous n'avons besoin de démontrer le lliéorcme (pic pour le
cas où Ton a, pour ti suffisamment j^rand,
Un
de là on lire
lln+\ < 2e<„,
et de même
lln+1' ^ ïW/i+1, lln+3 , ^"«+2; • ■ • •
On lire de ces formules
La série considérée a donc ses termes respeclivemcnl moindres
que les termes de la progression géomélrique
a Un -f- ^2 Un -f- a' Un --...,
dont la raison a est moindre que i et qui, par suite, est con-
vergente; la série proposée elle-même est donc convergente.
Corollaire. — Si dans une série à termes quelconques la
limite du rapport d'un terme au précédent a un module
moindre que V unité, ou si le rapport d'un terme au pré-
cédent conserve un module moindre quun nomO/e y.Jixe
moindre que i , cette série est convergente.
Car la série ("orméc des modules de ses termes est conver-
gente, en vertu du théorème précédent (p. 21).
Remarqi e I. — Si le rapport — ^^ tendait ve/s une limite
Un
supérieure à l'unité ou restait, à partir d'un certain terme,
supérieur à l'unité, la série serait divergente , car les
/.ermes iraient en augmentant.
T il 1 1) u 1 1: (i f- N i; it \ 1. 1: u !•: s s k u 1 1; s . 23
UrMARQur, II. — Si la liniilc —^^' rlail l'iiiiilt;, —^^' n'étant
pas constamment snprriciir à i, on ne pourrait [)liis rien affir-
mor relativemcnlàla convergence de la série, et ilfaiidrait avoir
recours à d'autres caractères pour dt'cider si la série proposée
est convergente ou divergente.
Remarque III. — Il est facile d'évaluer une limite de l'erreur
commise quand, pour calculer la valeur de la série (i), on se
hornc à faire la somme des /^ premiers termes, I^ effet, cette
erreur est
or i/,i+\ <C "•'■ff/i, f'ii-2<C '^■' ff/i d'après ce que l'on a vu :
donc l'erreur est moindre que la valeur de la progression
a u,i -- a2 11,1 -^ 2^ Un -- . . •
OU que
Théorème III. — Si Von a deux séries à termes positifs,
l'une convergente
(i) s = cio -^ ai -^ a.2 -^ . . . - a„ -r- a„+i -^ . . .
et l'autre
(■>.) fjt)~ bi — . . . -.-b,t — b„^i -•-
telle que le rapport cV un terme précédent -j^ soit con-
stamment inférieur au rapport correspondant — ^^ dans la
première, cette dernière est convergente.
En effet, la série (i) étant convergente, la suivante le sera
aussi ( ' ) :
, bo bo b(, ^0
^0 "i «1-1 a^--- . . . a,i ". (iii-\-i -;-....
«J «il «0 «0
(') Si l'on (•[)rouvait quelques doutes à cet éganl, ils seraient levés par le
théorème II du paragraidic suivant, llicorème (jui pourrait trouver sa place
ici.
24 CIIAPITUK IT.
Celle série peul s't'crire ainsi :
Ci\ h b — -^ b — — • -^b ^" ""~^ ... — •
"~^ '^ c^^, ' "«1^0 ••• ' "«„_, a„_2 «2
Mais la série (2) peut se mettre sous la l'orme
bi . bi bi b„ b„^j bx ,
bo-^Oo-j bo-, -. ... - - b„ - ... — -!
or celle série a, en vertu de notre hypothèse, ses termes res-
pectivement moindres que ceux de la série (3), qui est con-
vergente; donc la série (2) est elle-même convergente.
c. Q. F. n.
Il est facile de déduire de là le théorème précédenl.
Ïhéouème IV. — La série
^^' i/' ' i'^ ' V^ n'^ "^ (n-f- i/^- ■ ■■■
est convergente ou divergente selon que kest plus grand
ou plus petit que i .
En effet, supposons d'abord A' plus grand que i ; la série
précédente peut s'écrire, en groupant les termes (ce qui
n'altère pas la convergence ou la divergence de la série, puis-
qu'elle a ses termes positifs), de la manière suivante :
\ i'' 2/' ' V3^ 4^7 ' ■•*
Si l'on suppose /<\> i, le terme général de la nouvelle série
est moindre que -^.répété 1" fois, c'est-à-dire moindre que
— -, — -: les termes de cette série sont donc moindres que ceux
de la progression géométrique décroissante
■4-
elle est par conséquent convergente.
THÉORIE GÉNÉRALE DES SÉRIES. 2.j
Si au contraire /«• << i, alors la série (2) a ses Icrines plus
grands respectivement que ceux de la série harmonique; elle
est donc divergente dans ce cas.
Dans la série (i), le rapport d'un terme au précédent est
de la forme
I I
{n -T- !/•• * /;''•■ ( I
/i
si A" est plus grand ([ue i, cette quantité est évidemment
moindre que y On peut donc énoncer le théorème sui-
I H —
n
vaut (') :
THKORÈME^ . — Si dans une série le rapport d'un terme
au précédent, ayant pour limite V unité, peut se mettre
sous la forme — —^i et si ny. tend vers une limite k plus
grande que i, cette série sera convergente.
Les règles de convergence que nous venons de donner suf-
fîsentdanslaplupartdescas ; nous donnerons dans les exercices
quelques règles nouvelles, en laissant au lecteur le soin de les
démontrer.
Applications. — 1° Cherchons si la série
3 5 „ «- ^ I
i-T- -X X- -^ .. .- j:"-' -•-...
3 10 «--i-i
est convergente. On a ici, pour l'expression du rapport d'un
terme au précédent,
(n -4-1)^ — 1 n"- -" I
( yi -+- I )2 -^ I n- — I
pour /i = ce , la limite de cette expression est x. Donc la
série est convergente si mod^c << i , divergente si modj? > i ;
enfin, si modj: = i, elle est encore divergente, parce que les
(') Raabe et Duhamel l'ont trouve à peu près en même temps.
9.G cir.vpiTiu: ii.
modules dos termes oui pour liuiiic i et par suilc ne tendent
|>as vers /.éro.
2" Cherchons si h\ sérl/'
II I
3> ' 6 Il- Il
est convergente. Le rapport d'un terme au prreédenl a pour
expression générale
Cette expression peut s'écrire
expression générale > dont la limite est i
^ ^ (/i-r- 1;- (^/i-4- 1;
. " — '^ /
V.n multipliant—-^ par /?, on obtient une quantité dont la
^ II- —- Il '^ '
limite, pour n ^^ go , est 2. Donc la série est convergente.
IV. — Des calculs que l'on peut effectuer sur les séries.
ThûgrIcme I. — Si Von considère les séries conver-
ge nt es
A : - «0 -i- «1 -^ • • • -+- «// "••■■,
C — c -•- Cl -i- ... -h r„ -!-... ,
la série cirant pour ternie général
Un T= a.,1 ZJZ 0,1 ZzZ C,i 7 7...
est convergente et a pour' valeur A Hz B ±: C d=
Ku elTet. on a
V",,,. v"„.^y",,^y
■^"■ll ^^,\ ^^n •«»■
Si Ton suppose que n augmente indéfiniment, on voit
que y u di une limite ('gale à ± A rh B dr C ± . . . , ce qui
démontre le tln'orème énoncé.
Tllf:ORIE GÉNl'UALE DES SftniES. O.-
Théorème II. — Si la série
s r- U^ -1- », .- . . . ^ »„ _. . .
est com'ergente et a pour valeur s,
a «0 -'-- (^ "i -i- • • . '-a u,i -^ . . .
sera, convergente et aura pour valeur as.
En cfTcl,
Donc, si n augmente indéfiniment, 2_, {mi) a une limite
égale il a lim 7 u ou à as. c. o. f. d.
Théorî:me III. — Si la série
s — «0 -'■- "1 -'- u-z ~.- . . . -h Un -T- . .
est convergente et a tous ses ternies positifs, si de plus
ao, fl,, .. . , a,i, . . . sont des nombres positifs qui ne crois-
sent pas au delà de toute limite,
a(, Ko -.- «1 Ui -i- «2 "2 -: • • • «sr,, Un — ...
sera convergente.
En cfTel, en désignant par A un nombre plus grand que
<7|, «2, . . . , ci,i, . . . , cette série a ses termes respectivement
plus petits que ceux de la série convergente
A 5 = A «0 -^ A «1 ~ . . . -r- A K/i -i- . . . ,
qui est aussi à termes positiis.
Abel a démontré que le théorème précédent était encore
vrai pour une série convergente quelconque si les nombres a^^,
<7,, ...,«2» ••• allaient constamment en décroissant; en elTet,
dans cette hypothèse, en posant
( I ) «0 -^ «1 -^ • • . — «« = s,„
(2) ao"o -^ «1 Mi -Î-. . .-- «««,j = t,t,
on a les relations suivantes :
U<i = «oj ''l = •Si — ^o, • • • , Un ^= Sn — S/t- j , . . . ,
28 CM AI' nui; ii.
cl par const'qiiont. on poitiinl ces valeurs dans l\'(|nalion (;>),
tn = OoSt) -r- cil (Sj ^o ^ •-...-!- tt,, {s,,-- S„-i),
ce que l'on peut écrire ainsi :
(3) /,, =(«0 — «l)5o '(Ol — «2)5l -^... f-rt,,s,.,.
Dans cette égalité, les coefficients de .s,,, .f,, ... sont tous
positifs, car a^, rt,, .. . vont en décroissant; mais, si 0 désigne
une moyenne entre les quantités 5o, s^, . . . , s,i, on aura
^, — 0[(r7o - «i) — («1 — «2)--. .. -H-a/»] = «oO.
Or, 71 augmentant indéfiniment, H conserve une valeur finie;
donc //^ conserve une valeur finie. Supposons alors .Çq, s'i, • • • ,
Sn, • • • positifs (s'il n'en était pas ainsi, on augmenterait
convenablement u^)', t„ croît, en vertu de l'équation (3),
avec /?, sans devenir infini : il a donc une limite; par suite,
la sériera) est convergente. c. q. f. n.
TnÉ0Tii:Mr- IV. — Si les séries
( I ) s — Uo - - «i -- «2 - ... — u,t
(2) t = Vo—Vi — v-x-^- . . . -v,i-~...
sont absolument com-er^^entes, c'est-à-dire si la série des
modules de leurs termes est rDnverfiente (p. 20), la série
dont le terme général est
est convergente et a pour valeur st.
1" Supposons d'abord les séries ( i ) et (2) à termes posi-
tifs; nous aurons
(3) j —^0 ^-^. ^^0
( 1- K„(t'i -î- Vi -!-... -t- Vn)-
Considérons maintenant le produit V // > v. Le terme
de ce produit dans lequel la somme des indices est la plus
THÉORIE GÉNÉRALE DES SÉRIES. 29
i;raiulc csl 1 m . Si donc im csl moindre que n ~{- i , ou si m
esl le plus j^iand entier contenu dans — — , tous les termes
de > « > e se trouvent compris dans > iv. On a donc
2" ^ v'" v'"
Or, en vertu de régalitc (3),
> w <i ^ « > V.
Mais, si Ton suppose (pie ni et n augmentent indéfinimenl,
7 « > e et > U7 e tendront tous deux, vers st. Alors
^ 4\', (pu reste compris constamment entre ces deux pro-
duits, tendra aussi vers la limite st. Le tli(}or(jme qui nous
occupe est donc démontré pour le cas où les séries (i) et (2)
sont à termes positifs.
2° Supposons que les séries ( i ),(2) à termes réels ne perdent
pas leur convergence quand on rend leurs termes positifs.
Considérons d'abord les termes des séries ( i) el (2) en valeur
absolue. Tout ce qui dans l'égalité (3) suit 7 (v a pour li-
mite ZL-ro, car >//><' et ^ w ont même limite, d ajîres
ce (jue nous venons de voir tout à l'heure. Il en sera encore
de même «yb/'^/ori quand on aura rendu aux termes des séries
( I ) et (2) leurs signes respectifs. Par conséquent, si dans
l'égalité (3) nous supposons que n augmente indéfiniment,
il vient, en passant aux limites,
>• v"
st = Jim > ir,
ce qui démontre que le théorème est encore applicable dans
le cas où les séries ne perdent pas leur convergence quand
on rend leurs termes positils.
3o cn.vrnitE ii.
3° Considérons enfin le cas où les séries (i) et (2) seraient à
termes imaginaires. Nous supposerons les séries des modules
de leurs termes convergentes, et nous poserons en général
u„ = p,i (cos T-n -i- \/— I sin a„),
Vn = qn (<^os;3„ -f- V -- i sin^,,')-
Alors, en vertu de ce que nous avons démontré dans le pre-
mier cas, la différence
> ^, X q—^ pq =^piqn —Pl{qn-i — qn)—-- ■
-+-/>« {qi~-qi — --- -^ qn)
aura pour limite z '-ro ; il en sera de même a forliori de la
quantité
/),(cosai ~ v'— I sin a,)^„(cos a,j -i- </— 1 sina„)
— (/-ocos a2-^ V''— I sin a,) [^„_, (cos a„_i -r- /— i sina„_i)
~ q,i(cosx,t -f- /— I sina„)]
qui n'est autre chose que ^^i r- i- //^ (t^/,_, + T//) -f- — L'é-
galité (3), en passant aux limites, lournira donc encore
st=y tv, et le théorème est encore ^ rai dans ce dernier
cas.
V. -- Sur un théorème de Cauchy.
Presque tous les théorèiiies que nous avons établis direc-
tement sur les séries sont la conséquence immédiate du
théorème suivant de Cauchv :
Pour qiï une série soit cornez-ge/itc, il faut et il suffit que
la somme des p termes qui suivent le n'^'"^ tende vers zéro
quand n et p augmentent indéfiniment, quelle que soit la
manière dont on fait croître ces deux nombres.
Toute la démonstration que nous allons faire repose sur le
THÉORIE GÉNÉRA LE DES SÉRIES. 3l
sens que l'on alliibue àccs mois « quelle (juc soil la manière
dont on fait eroîlre n et /> » ; nous allons l'expliquer. Soil
une série; nous a\oiis déjà prouvé que, si l'on appelle s,i la
somme des n premiers lermes, s„j^p — ■ s,i lend vers zéro,
quel que soil/>, quand n augmenle indéfiniment si la série
est convergente; ce qu'il faut prouver, c'est que :
S'il est possible de trouver des nombres n et /> tels que, v
étant su[)érieur ou égal à /^ — supérieur ou égal à /y, on ail.
quels que soient d'ailleurs v cl —,
£ étant une quantité donnée fixe, aussi pelile que l'on voudra,
la série est convergente.
La formule (i) revient à celle-ci
S.,+r.--S.^=r Os,
(•désignant une quantité de module moindre que i. Sup-
posons £<^i;7:peut être pris assez gi-and pour que, quel
que soil -', on ail de même
0' désignant une quantité de module moindre que i , t:'' pcul
èlre pris assez grand pour que
et ainsi de suite. Ajoutons ces formules, nous aurons
La différence entre iv et la somme 5,^_^.__^ . d un nombre
consécutif de termes de la série aussi grand que Ton veut es!
donc représentée |)ar une série convergente 0; -4- ^)' t- -r- . . . ,
puiscpie les modules de ses lermes sont moindres que les
lermes de la progression £ -4- s- 4- • . • , qni est convergente.
Cela revient à dire que, en faisant croître l'indice n d'une
certaine façon, la somme s,t lend vers une limite fixe s. Je
0 2 CHAPITRE II.
(lis que, de quelque manière (juc croisse cet indice, la limite
sera toujours la même. En eflct, supposons n et n' assez
grands; mod(5„- — 5„), par hypothèse, peut être rendu moindre
(|uc £; en d'autres termes, on peut poser
or s,t a une limite s cl Ton peut j)0ser en même temps
Sn— s -^Wt,
0' ayant un module moindre que i ; donc
s,i' diffère donc de s d'aussi près que Ton veut : donc enfin la
série proposée est convergente.
VI. — Séries uniformément convergentes.
Une série
dont les difféx'ents termes sont fonctions de x., )', z, . . . est
dite uniformément convergente entre des limites données de
ces variables, s'il est possible de prendre n assez grand,
mais fixe, de telle sorte que, quelles que soient les valeurs
données à JC , y ^ z-, . . . entre les limites en question^ on ait
toujours, quel que soit /),
i = .N
mod / Ui < £,
i—'S+p
z étant une quantité fixe quelconque et N désignant une
quantité égale ou supérieure à n.
La série
est unilormémcnt convergente pour les valeurs de x dont le
/nodule est inférieur à a<^i ; car, pour rendre
THÉO un: génékali: ues séiuks. 33
il sulfil de prendre
mod
I — X
On salisfail à celle foriutde en prenant
a«-t-' Io';(t — aï)
<; î ou n ~ \ < i »
I — a \u'^%
ee qui délcrinine pour n une valeur indépendante de x.
Au contraire, la série
x{e-^— 2e---^)-f- x{ïe--^ — le-"^-^ ) -t- . . .
^ xi^nc "-^ — /t-f-ie"'-^"-^)-- . ..
est convergente quel que soit x, puisque la somme de ses ii
premiers termes est j:e~-^ — (/i + i)j:e~'"+'^-^,(|ui,pour/i = x,
a pour limite xe~^ \ mais elle n'est pas uniformément conver-
gente pour les valeurs de x voisines de zéro, puisque, pour
satisfaire à la formule
xe-' — in-^x )jre-«-+-')-^< -,
il iaudiait prendre
X
et (jue les valeurs de n susceptibles de satisfaire à cette
inégalité dépendent de x et croissent quand x tend vers zéro.
VII. — Théorème d'Abel.
Théorème I. — Soient '.p,(x), 'jj.^ix), . . ., q„{x), . . . des
Jonctions continues de x, pour toutes les valeu/s de celte
variable contenues dans une aire A. Supposons fjue, pjour
ces valeurs de x, la série
(\) F<>j= 'fii'j')— 'f2C^)" ... — o„Cx)— . ..
soit uniformément con<^ergente ; la valeur\\x)de la série
sera continue pour toutes les valeurs de x en questio/i.
En effet, posons
Çi(-r) -^ '^,{x) -i- . . . -i- 'f„_i(jr) = •i(x),
z,„(x)~ 'i„+i(^) — . .. = R(x);
L. — Traite d'Anatjse, l. 3
o-i cil Al' nui: II.
on aura
et, en donnant à a* un accroissement//, tel que le poliil .r -f //
soit, coniiiic .r. à rinli'ricur do l'aire d(> A,
I\.r -i- /i)= 'l^.r -i- /i )-.- l\{.r -~- h).
De ces formules, on lire
V{x-h /i) — V{t) = 'l{^x-^ /i) — 'l(x)-h R{T-^ h) — R{x):
or, la série (i) étant uniforinément convergente, on peut, (juel
que soit :r, satisfaire à la formule
niod U(.r)< z
au moven d'une même valeur de n ; on aura donc aussi pour
cette valeur
modK(.r-i-/i)<£
et, par suite,
(2) mod[R(^^-/0 — R(J")]<2^-
n avant été ainsi choisi, on pourra, puisque 'y , , '^o, .... 'i„_,
sont des fonctions continues en nombre limité et que, par
suite, leur somme '}(-ï^) est continue, satisfaire à la Ibrmule
(3) mod['l{x-^h) — 'l(x)]<i,
pour toutes les valeurs de h dont le module sera inférieur à
une quantité II. En observant que le module d'une somme
est moindre que la somme des modules de ses parties et en
ajoutant (2) et (3), on voit que l'on aura, pour toutes les
valeurs de h suffisamment voisines de zéro,
mod[4'(a:-h h) — •\>{x)-\- R{x -~ h) — R{x)]<.'it
ou
mod[F(3r-4-A) — F(^)]<3£;
or 3c est, comme t, une quantité aussi ])etite que l'on veut;
donc la valeur F(x) de la série (i) est continue.
THÉor.i;ME II. — Toute série ordonnée suivant les puis-
sances croissantes de x, telle rjue
(1) a^-r aix -\- aiX--\r- ...-{- anOc"-k- ... ^
TIlfiOHIE (Jfi.Nfill ALK 1) K S SlïlUKS. 35
d(ins laquelle </„, </(, a-^, . . . su/tt indépendanls de x^ est
uniformément eonvevgente pour tous les points inté-
rieurs à un e.erele déerit de l'origine comme centre ; elle
est di\'ergente pour t<jus les j>oiiits extérieurs.
Ce cercle, donl le ravon j)eut èlre nul ou infini, a été appelé
par Cauch}' le cercle de com'ergence de la série; son rayon
est le rayon de convergence.
Pour démontrer ce théorème, désignons par po, pi, c^, ...,
p,,, ... les modules de «o? «^i > (^i-, • • • ? f^m • ■ • etparrle module
de x; supposons que, le module de x ayant une valeur 11, la
série (i) soit convergente : je dis qu'elle sera encore conver-
gente pour tout module r de x, tel que /'^K.
En elFet, la série
r r- /•«
' ~ ÏÏ ~ 1(2 ■ ■ ■ ' R^ ^ ■ • • '
progression géométrique dont la raison -r- est moindre que i,
est une série convergente, qui ne perd pas sa convergence
quand on multiplie ses termes par po, pi R, poR-, . . ., nombres
qui ne croissent pas indéfiniment, puisque ces quantités sont
les modules des termes de la série (i), convergente par hy-
pothèse pour une certaine valeur de /•, dont le module est
R. La série
(2) Po -h pi /• -I- p2 ^- -f- . • • -+- Pn r" — . . .
est donc convergente; or c'est la série des modules des
termes de (i) pour /-^R; cette série (i) est donc elle-même
convergente j)our /"^R.
On démontrerait de même que, si la série (i) était diver-
gente pour une valeur R du module /■ de x, elle serait
encore divergente pour r^R. Si donc on donne à x des
modules croissants, il arrivera un moment où la série cessera
d'être convergente; tous les points intérieurs au cercle du
ravon R décrit de l'origine comme centre rendront la série
convergf.'utc ; tous les points extérieurs la rendront diver-
gente, c. Q. F. D.
3(3 miviMTin: u.
Je dis mainlenant que la série est uniformément conver-
<;cnte à rinléricur du cercle de convergence ou, plus cxacte-
uicnl, à rinléricur d'un cercle de rayon R moindre que le
raxon de convergence d'une (juanlilé fixe )., aussi pcllle que
l'on voudra du reste.
En effet, on a
•fi +- 1
M
K" U''+^'
M désignant la plus grande des quantités p„R", p,/+i 11"+' , . . . ,
qui est finie d'après ce que nous avons déjà observé. Cette
lormule donne successivement
-!'■
^^'.V^ r
'-ÏÏ
-m(^-'- \"
1
^'\ K )
/'"-'■
-H
On aura donc
si l'on prend
La valeur de n que Ion déduit de là est indépendante de
x; donc la série est bien uniformément convergente.
C. Q. F. D.
Théouème d'Abel. — Toute série ordonnée sin\-((nl les
puissances croissantes de x représente une fonction con-
tinue de X à V intérieur de son cercle de con^'crgence.
Une pareille série est, en effet, uniformément convergente
à l'intérieur de son cercle de convergence.
Exemples. — i" La série
l -r- X -r- X- :- . . . - x" . . .
a pour ravon de convergence i ; elle représente une fonction
Tiii:(»uii: (if; NÉ II Al. F i)i:s sf;uiES. 87
conlimic niiand mo(J^'<^ 1, cl en cdoL elle csl éiralo à
a" La série
I
i.A.i.
(| ne non s ('•[Il (lierons plus loin, est converj^enle quel rjnc soil r,
car le rapport du in -— i)'""' terme an précédciil esl-> ipii
lend vers /.('ro fpiiind /? croît indérminient; le ravon de eonvei-
l^encc est iiilini cl la fonction représentée par la série csl
toujours continue.
3 ' La série
I -— ^ - I . '2 .r- - ... { .1.'}. . . n T" ....
toujours diveri;enie, excepté pour .r = o, a un rayon de con-
vergence nul; elle ne représente rien.
VIII. — Théorème général sur les séries.
On sait que deux polynômes entiers en x, égaux quel que
soit X, ont leurs coelTicients égaux; on peut généraliser ce
théorème comme il suit :
Théorème. — Si Von o pour toutes les valeurs de x dont
le module est moindre quhine quantité finie, ou même seu-
lement pour les valeurs réelles de x moindres quune
quantité finie,
(\) tto-^ UiT -^ a^T- -^ ... —a,iT" -^ ... = bo-\- biT -^ ...-^ b„T"-^...,
«0? f^i» • • • • ^U5 ^^1- • • • désignant des quantités indépen-
dantes de X, on aura
ao=b^, «, = 6,, .... a„ = b„
En effet, si l'on fait x = o dans la formule (i), on
trouve Go = ^0 j supprimant de part et d'autre «0 et 60, qui
sont égaux, et divisant par x, on a
Oi -:- a^x -^ ajT--^ . . . = b, — b,T -^ bsX--- ....
38 CIIAIMIKE II.
Celle forniule a lieu pour les mêmes valeurs de x que (i),
excepté peul-èlre pour x = o; mais, en verlu du ihéorème
d'Abel, les deux membres sont roncli'ons continues de x;
pour .r = o, elles convergent vers les limites a, et &,. Donc,
comme ces deux membres restent toujours égaux, leurs
iimiles r/, et />i sont égales. Suppriuiaut ^/, et bi de part et
d'autre et divisant par .r, on a
d'où l'on conclura encore r/j = Z>o, et ainsi de suite.
IX. — Développement d'une fonction rationnelle en série.
Commençons par cherclier le développement d'une expres-
sion de la forme ? m désiijnant un entier positif et a
et .c des quantités quelconques. Si le module de x est plus
grand que celui de a, on a
T _ I a «- a
X — a X X- x^ ' '
n-i-l
En effet, le second membre de cette formule est une pro-
gression géométrique décroissante dont le premier tenue
est - et la raison -; la limite de la somme de ses termes est
bien
ou
I
X
Cela posé, je dis que l'on a
(x — a)-'" = ! H — -+-
(x — a)
m(m -^ i). . .(m — n — i ) a"
I . 2 . 3 . . . /i
en d'autres termes, la formule du binôme s'applique encore
au cas où l'exposant est négatif, pourvu que le module de a
soit moindre que celui de x. l^^ur démontrer cette for-
Tiif;()Rii: (■fiNftUAi.i: des série?. 89
mule (a), nous allous M^-rificr que, si elle a lieu pour une
valeur de m, elle aura encore lieu pour la valeur supérieure
d'une unité, et, comme elle a lieu pour ni := i , elle sera géné-
rale.
D'abord, je dis que le dernier membre de la formule (2)
est une série convergente. En effet, l'expression du rapport
diiii terme au précédent est
I a
X
(^-;:
]intir n = y- . cette ouantité tend vers - • Si donc mod - << i
11 X X
ou si mod a < modx, la série sera convergente. Nous suppo-
serons donc mod<'/<<'iiodx;en multipliant le dernier membre
de la formule (2) par x — a, il devient
x"i- i
/m \ a \m(ni — i) ml a-
Vm(m--\) . . .( m -^ n — il m( m-\-i). . .( m -^ n — 2)]
' L 1 . 2 . 3 . . . rt 1 . 2 ... /i — I J
ou
I m — in ( m — i ) ni a-
x"'-i I X'"-- l.i.
{m — \)ni . . .{ni-^ n — 2 )
I . 2 . 3 . . . /i J7'« «-i
(^ette quantité, par livpollièse, est é"ale à ——•, la
1 ' i .1 ' o { X ^ a j'"-'
formule (2) est donc démonti'ée.
La formule du binôme a donc encore lieu pour les
valeurs entières et négatives de l'exposant.
Cela posé, considérons une fonction rationnelle de x\ on
pourra la décomposi r en un polynôme entier E(j;) et en une
suite de fractions simples de la forme '- Si donc modj;
i (^x — «/"
est supérieur à chacune des quantités mod a, les fractions
A
; se développeront en série suivant les puissances
{x — a)'" ^ * ^
de - et la ionction rationnelle se développera elle-même de
4o ClI.Vl'ITli i: M.
celle façon, mais le développcmenL conlicnrJra des Icrmcs
enlicrs en .r si le polynôme E(j") n'est pas nul.
Si le module de x n'est pas supérieur au module de toutes
les quantités r/. on observera cpie, si mod ,r << modr/. on aura
1 _ ( — i)"'
(X — <7/" ~( a — x)'>
/ i »? T ni (/;?-!) .r- \
\a"' 1 a'"-' 77Ûl rt'-'-^- •••y
et alors le développement de la fonction rationnelle aura lieu
en une double série ordonnée suivant les puissances de x
et de -•
X
Enfin, si le module de x est moindre que celui de toutes
les quantités a, il est clair que la fonction rationnelle sera
développable suivant les puissances croissantes de x seule-
ment.
X. — Séries récurrentes.
On appelle séries réca/re/if es des séries ordonnées suivant
les puissances d'une même variable et telles qu'il existe, à
partir d'un certain moment, une même relation linéaire enlre
les coefficients des divers termes consécutifs de la série; cette
relation, ou plutôt les coefficients de cette relation, forment
ce que l'on appelle Yéchelle de relation de la série.
Théorème. — Le développement cV une fraction ration-
nelle est récurrent.
En effet, supposons le développement effectué suivant les
puissances croissantes de la variable; le théorème, s'il est
vrai dans ce cas, le sera encore dans le cas où le développe-
ment aurait lieu suivant les puissances décroissantes, cai" un
développement qui a lieu suivant les puissances décroissantes
de la variable x peut être censé avoir lieu suivant les puis-
sances croissantes de la variable -•
X
Considérons la fraction rationnelle "t^^ — > dans laquelle
TiitoRii: G(^:Nf;u Ai.K df.s sf-Kii:s. 4'
f(x) olF(x) désignonl des polvnùmcs ciilicrs en x; suppo-
sons que y{-x) n'ait pas de racines nulles : cela ne nuit en rien
à la îrénéralilé, car '^-^ peul se mettre sous la forme suivante :
E{x) désignant un polvnùinc entier, si F(^) contient .r en
liicleur; alors 'f(j") est de degré supérieur à/, (j") et ne con-
tiendra plus jr en lacleur.
Soient donc
/(t) — p^ -^piT - . . .^-p^^i.r'.>-\
et
V{x)
les/>, les q et les a désignant des constantes. Si x est assez
petit, la série (i), d'après ce que l'on a vu. sera convergente
et l'un pourra obtenir r/o, ''/) ■ • • • soit par la nu' lliode des cocl-
(icients indéterminés, soit par la division, dont les règles ont
été précisément établies par la méthode des coefllcienls indé-
terminés.
Nous emploierons la méthode des coefficients indéterminés
et, chassant le dénominateur dans (i), puis remplaçant F(x)
clf(x) par leurs expressions, nous aurons
Effectuons le produit indiqué et égalons de part et d'autre
les coefficients de x", x, .r-, :c% .... nous aurons
p» = qo(ti)
P\ = q^ax — 7i«o.
Pt =q(>o.i — qitti-- q^a^.
4-2 riiAiMTiti: II.
Ces formules délermiiicnl successivemciil r/(,, a, , c/j, . . . ; la
formule (3) est IV'clicUo de rclalion. On voit cjuc, si /^ > |J. — i ,
cette formule est une rclalion linéaire et hoinogcnc entre les
coefficients de ji. + i termes consccntifs de la série.
Réciproquement, si la rclalion (3) a lien entre les termes
de la série
a t) - o i X -{- . . . -^ a„ X" — . . . .
supposée convergente, celle-ci est le dé\eloppemcnl d'une
fonction rationnelle. En effet, l'équation (3) peut s'écrire
on a de même
a» .c"-i X"— l'-
Eu ajoutant toutes ces formules, on a
a„ X" = o
n — 1 «- U.
ou
V/« x"-^ x"-^J ^ ^«-'
-J^(a„j;«-i-rt„ i.r«-
on en conclut
P et Q désignant deux fonctions rationnelles de x. Donc :
Théorème II. — Toute série réciirrenle est le développe-
ment d'une fonction rationnelle de x.
TllfORlK r, È M- Il A L K DES SflRIKS. .'|3
XI. — Théorème d'Eisenstein.
Soient ciij des entiers; posons
Xo = «00 -^ «01-^ -i- «02-^" --• • --^ oq<^^^,
et supposons que Tinconnue )■ de réqualion
( I) y" \,n -- j'«-' X,„_, -^. . .--jX, _ X, =. o
soit développable en série de la forme
il) 1- = 6io— 6iix— ^12^- — . . .-f- bu-r' — . . . ;
on aura
; y- = 620— biix — 622-r- -^. . . — biiXi-^. . .,
<2) - j^ = 630 — 631-^-^ 632-z'-— ■••-^63,J",-4-...,
d'ailleurs
62/ = ^10^1/ - ^11 61/-1 — . ..— bi,bi„,
\ bu = 61062, — 6,1 62/-, — . . .— 6|, 620,
(3)
/ bji= b^^bj^u ... -6j/6y_io,
Les valeurs (2) de^,jK". • • • étant portées dans l'équation (i),
celle-ei doit être satisfaite identiquement. Ainsi, quel que
soit .r,
(«/«o-^^/Hi-^ — • • • •( l>„,o^ b„iiX -^. . . )
-^ (cim-iO-^ <^m~ll^-^ ■ ■ ■ l(^'«-10-^ b„,-iiX-^ . ..)-;-.,,
-^ «00-1- aoix-^. . .= o;
on doit donc avoir
(«/;io 6„îj-^ «//j-1 b„iQ)^^. . . - «m = o,
(4)
(5)
(Cl ml) b,n'^-^ . . . -f- Ct„ii^b,n(i ) -t- . . . -i- «o|J. = f'-
( («wo6m[l-vl — . . .-T-a,„[i6„,i ) - . . .-^ o = o,
/l'i CIlAlMTIli: II.
Fjivciiii (l(^S('f|nntions (3\ A^,serii ronclion de />,«, />,,, ...
A,/ cl no conlicndra pas A, -^.i, ^i /^.i, . . . : donc ^a/scra fonc-
tion des iiicnics quanlilcs el ne contiendra pas non plus Ai,/4-i ,
/'i,'+2
Les ;jL équations ('i) pourront donc servir à calculer
/>w f>\-2 />i[j.. Je suppose que ces nombres soient ration-
nels, ainsi (pu; A,o, que Ton peut calculer directement : c'est
la valeur de j' pour x = o.
La première équation (5) fournira ^iii+i 5 le coefficient de
celle quantité ne pourra provenir que des termes
(6) f />iO'^ III. [J.>1 ~ - flin-\0^'iii \.\l.+ \ -^ • • • -- ^^lO^I.IJ. * !•
Oi\ en n'écrivant dans Ai,u.+ i' ^^j7u.+ m • • • T"C les termes con-
tenant /j,^,j_^f, on a, en vertu de (3),
En poil.int CCS valeurs dans (6), on voit que celte expres-
sion sera de la forme
1' désignant un polvnome entier en Z>io ù coefficients entiers
et indépendant du nomljre >x. II résulte delà que b^,^l^^ sera de
la forme
'-'i.;j.-i-i " .-; !
on aura de même
'>l.;A^-3=■ : p
/désignant une l'onction entière à coefficients entiers. Les
seuls facteurs premios qui pourront entrer en dénominateur
dans bw où /i\>'J., sont faciles à déterminer. P est un poly-
nôme en A,o du degré m; en multipliant donc par la puis-
sance m"™" du dénominateur de ^,0; on pourra mettre Ai,u.+ j
sous la forme
T(bn, />,o, . . ., ^iij. I
^i,a+i = r.
TMÈOUIi: (JfiNÉRAI.E UES SÉHIKS. '|5
Il (Jcsigiianl un enlier et F une lonclion eiillère à cocffieienls
entiers, ^j ,,,^2 sera de la forme
Ot
Supposons ^,0, 6(3, . . . réduits à leur plus simple expres-
sion; les seuls facteurs premiers qui entrent dans le déno-
minateur de 6|,[A-|-i seront ceux qui entrent dans les dénomi-
nateurs de 6|o, 6|:i. . . . (que nous supposerons réduits à leur
plus sim{)le expression) et dans R, il en sera de même de b^ 04.0,
^i,a-f-3- On a donc le théorème suivant :
Si Von considère une série
by^-^ hyX -~- b-iT- -^ . . .-T- bnX" -^ . . . .
dans laquelle b^J>^,h„, ... sont des fractions réduites à leur
/dus simple expression, elle ne pourra pas être le dévelop-
pement d'une raciney d'une équation algébrique en x et y
à coefficients entiers si les dénominateurs de 60, 61, 6„, ...
ne contiennent pas un nombre limité de facteurs premiers.
Ce beau théorème mettra en évidence le caractère trans-
cendant d une foule de (unclions.
XII. — Développements en série de c", sin^- et cos/-.
Cherchons la limite de ( 1 -1- — j ([uand m croît indélîni-
nient en passant par des valeurs entières; la connaissance de
celte limite nous sera utile dans un très grand nombre de cir-
constances. On a
T ni (m — j ) T-
ni 1 . 2 ni-
m( m — I ) ... I tn — /i -!- r ) x"
i.i..'i. . .n m'
OU
/ / ^ V" — ■ ^ ( I \ ■■^-
, , ) V ^ '^i/ "'"^i^V m] i.x'^'"
\ V '"■ J \ "'/ \ '" J \.i..i...n
4G CM AI' nui: n.
or on sait que, a, ^i, y, . . . étant positifs, et tels que
a + [i + Y + . . . < I , on a
(i_a)(i — p)(i-Y) ... < i-(a+[3 + Y + ...);
on peut donc écrire
(I — a)(i — P)... = i— G(a-l-p-4-...),
8 désignant un nombre compris entre o et i . Prenons a = — ?
° ^ //(
rj "i. 3
j z= — , V ^ — , , . . . nous aurons
' m ' //i
0,,_, étant un nombre compris entre o et i ; la lormulc (i)
s'écrira alors
m I I 1 . 2 " I . '2 . 3 . . . /??
-I I + - OoH-.-.H ^ 0„_i-i-...H .
■2 «i L ' 1 . 2 . 3 . . . /i I . -jt . . . /n — 2 J
La suite écrite sur la première ligne tend vers la valeur
de la série convergente
X-
I 1,2
^ ' ' ■ '^ I . 2 . 3 . . . /i
quand m augmente indéfiniment. La suite écrite entre crochets
il un module inférieur à la valeur de la série convergente
/• ;•-
I H h ■
1 1.2
où /■ est le module de x\ d'ailleurs -^ — tend vers zéro. On a
2 m
donc
en particulier.
liiu I H = e,
m.
Tiif:()Rii: (;f: NÉ 11 ALI' i)i;s stiiiKs.
en appelant c la \aleiir de la série coiivcrycnlc
47
\ .i.Z. . . Il ' ■ ■ • '
t|iic l'on Irouxc éf;alc' à 2, 7 1 S28 1 8284 K)o4j. . • .
Je dis que ( i -• \ a eneore pour limite e quand m croîl
en passant par des valeurs quelconques. En effet, soient it
(i n + I deux entiers comprenant m supposé positif ; on a
/ i\''+'^ / I
I 4-- :;■ I-. —
On peut écrire celte lormulc ainsi
,7:^/
les membres extrêmes ont pour limite e (piand ni = ce • donc
I 1 H 1 a aussi pom- liniilc e.
Enfin, en appelant /n un nombre négatif, il est facile de
vou-quela limite de ( i -1 1 est encore e quand m croîl
indéfiniment. En effet, posons m = — n, nous aurons
lim
li,u(.-i- ^.li.n -^)
lim ( 1 -) ) = lim ( 1
On a, en supposant x réel,
or rien n'empêche de poser '— = -; a croîtra indéfinimenl
a\ec m cl l'on aura
= ,i,„[(,^i/]'=...
/|8 CIIAPirilK M.
Ainsi on a, cm vcrtude (2),
(3)
e^ = \-, i
I \. .1
1 . V. . i . . . /i
Supposons niainlenant x imaginaire cl reniplarons-lc
par X H-J'v — ' ' ^" aura, en vertu de (2),
V~^
• \J — r \x -^y \/ — I )"
(4)lim( I
Calculons le premier membre; chereiionsdabord son module
liiii iiioil I -\ I = mil
= liiii ( I
itnx M- j- -4- y-
ni / in-
> /«.r+ ' '+J'-
■ini.r -^ .r- -!- y- , .«i.
, , . >./nx~>r- J--;- l'-
on, en desiiinanL -. = — par a,
2"; ' + -I' +.1 ■
Cherchons maintenant son ari^ument; l'argument de
.r - y sj— 1
est compris entre son sinus et sa tangente, c'est-à-dire entre
m
y
\ \ mj m-
et
l'argument de \ \
compris entre
■jv/-
1 i m l'ois plus grand, sera
v/^.'-^^j'-^"^
et
TIIÉOUIK (JÉ.NÈRAI.E D K S SÉIUKS. 4q
qui lenclcnl Ions deux vers r pour m := oo . On a doiu;
liiii(i-T- — — ) = e-^(co.S7-+-y/— I sinj),
c'est-à-diro. eu verlu de (/\),
-ri I • \ x — y<J—\ {-r—ys/ — i)'
•^ -^ "^ I 1.2
en jDartlculicr, si Ton prend x = o,
I . r\' — I T- r^J — I
cosj -^ \J — I sinj' = I -^•- ^— ■ • ■
I 1.2 1.2.3 ' '
et, en égalant les parties réelles et les coefficients de \l — i,
y- r'* •)'"'
\..). 1 .2.3. î 1.2.3.4.6.5
y >
I 1.2.3 1.2.0.1.3
Ces formules, toujours convergentes, donnent les développe-
ments de cos K et sinj' en série.
XIII. — Généralisation de la fonction exponentielle
et des fonctions circulaires.
La fonction définie par la série toujours convergente
X T^ .r"
(I)
1 . 2 . 3 . . . y<
est égale à e-^ quand x est réel; il est tout naturel de la
représenter par le symbole e^ quand x est imaginaire : c'est
ce que nous ferons; nous aurons alors, en changeant x
en X +J\/— I ,
I 1.2
L. — Traite d'Analyse, I. 4
5o cn.vi'iTiti: ii.
si l'on compare colle formule avec la formule (3) du para-
graphe précédent, on \oiL (jue
(2) e^-^y^-^ = e^{cosy -i- \/ — isinj);
de celle formule on peut déduire loutes les propriétés des
exponentielles : ainsi, par exemple, on a
(>x+Y\-i ex'-t-y'^'-i = e-^(cosjK -^ /— 1 sinj')e-*^'(cos_7''-!- / — i sin_y')
_ e-^-^^' cos{y -i-/' -4- / — I sinjK -i-J>''),
c'est-à-dire, quels que soient z et :;',
On aurait de même
e~ ', e~ = <?-^- , ( e')
m — pinz
Les ibrmules démontrées au paragraphe précédent, pour
le cas où X est réel,
(2) cos:r = i ■-. —-——...,
^ ' 1.2 I . 2 . i . 4
(3) i\nx = X
1.2.3 1.2.3.4.5 ' ' ' '
et qui sont toujours convergentes, peuvent également servir
à définir cos.r et sinjc quand x est imaginaire. Multi-
plions (3) par^/ — I et ajoutons avec (2) : nous aurons
/ . jrj — f ./■"- .r^\^ — r
co%x -\-^-r^ \ sxnx = 1-. h. . . ,
1 1.2 1.2.3
c'est-à-dire, en vertu de ( i ),
co«:r-t-y/ — i sin J- = e-^*-'.
En changeant x en — a:, on a
cosa: — y/ — I sina: = e~^'-^\
d où l'on lire
cos:ï' = , sinx = ^ •
TiiKnini: <;^;.\(^;it Ai.K des séries. 5i
fornuiles in)porlanles et (|ii*il laut iclenir. Ces rormulcs
pourraient servir de cléfinilioii aux. fonctions cos.r et sinj7,
«|uel que soit x; il est lacile d'en déduire la Ibrmule
d'addition des arcs : ainsi
f> ./■-t->U— I g-'.r4->)v-i
cos(x -i- y }= '■
g—x\—l ^y\—l g— jv— 1
■2\/ I •>./ — I
= co«u: cosj' — siii u- ^Iny.
On démontrerait de même les lormules
sin(^ -^y) = sin j; cos^ -i- sin^j' cos.r,
sin-j" -- cos-^ = I,
<jui se trou\ent établies même pour les valeurs imaginaires
de X et >-.
La fonction a-^', peu usitée, se définira par le iiiONcn de
léquation
La fonction tangx se définira par cette autre formule
sin.r
tanir^ = ;
cota:, cosécj? se définiront au moyen des relations
I ,1,1
COtX = ) COSCC J7 = —. ) SCCX = •
tans-^ sinx cos^
XIV. — Origine purement analytique des sinus et des cosinus.
Comme plus haut, prenons pour définition de la (onc-
tion e-^ la formule suivante, vraie pour les valeurs réelles de x,
52
c
11 A r I ï u i;
1.
alors on auri
i
c>
I
1 .1
, r"
on en dédiiirail par mulliplicalion
T -^ y [ r" .r"-' T
1 L« 1 ( « — I )! I .
e
ou
J''
(_ « — -2 ): •>. .
c-r ey = I -f-
T -^ y
I r " ,
X" x"-^ y
/i\l I -^
;>('/? — \)
■h-
OU
.r-i-j)-
Cr-^ Y)"
OU enfin
Zrt fonction c^, définie comme on vient de lé dire, i° e.sY
continue en vertu du théorème d'Abel; i" elle jouit de ht
jivopriété
( \) e"^ ey = e-'^^y ,
et en général de toutes les propriétés de la fonction expo-
nentielle réelle que Von peut en déduire.
Avec la fonction e-^' on peut former les fonctions composées
e^H- e-
2
(>.r\\
Nous connaissons les deux dernières; si elles nous étaient
inconnues, on pourrait les appeler sinx et cosx; sinx et cos.r
sont ainsi définis d'une façon purement analytique : les deux
premières fonctions sont ce que l'on appelle le cosinus cl
le sinus lirperbolirjues de x. Nous poserons donc
(3> cosx =
e^ -r- e-'
siiiliJ"= y
■i.
> ûnx = ; —
TIlf;OUIE t; EN É RALE DES SÉRIES. 53
on en déduit iniinédiatement
' • ,/-
cos lu- = cos j:-/ — I, sin 11 J^ = -— = sin.ry' — i,
cos h j' -f- ?in h J" = e-*",
COSJ7 -r-\ — I sinjc = e-*'^"',
•^' . ^'*
cos h vC = I -: ; r^ — 7 - • • • ,
■X \ .i.i. \
sin ha~ = j'-:-— 7--^7-^...,
3 1 j I
X- x*
■2 ! ', !
x^ .r*
smx = j- — — — — —
3 1 3 I
Des fornuilcs (3) on tire, comme on l'a déjà vu.
cos-o^ -T- sin^j; = i,
cos(j? -i-j') = cosj:^ cosy — sin j; sinj',
sin(x -4-j)' ) = sin j" cosj' -f- sin^ cosx.
Des formules (2) on déduirait de même
cos-h jr* — sin-h^ := i,
cosh(jr -^y) = cosh^- cosh^ h- sinh:r sinli j»',
sinh(j- -i-j) = sinh j" cosli jj- — sinh>' cosh j",
et ces nouvelles fonctions sont continues par rapport à x.
sinj;" sinlij" , i- • ^ 1 1
et i — sont les tanircnles ordinaires et Inperho-
cos^ coshj" °
liques de x; les inverses du sinus, du cosinus, de la tangente
sont ce que l'on appelle la coséca/ite, la sécante et la cotan-
gente.
La formule
.7-- X*
COS a- = 1 T7 — • • • !
i . 2 4 1
lorsque x est réel, peut se mettre sous la forme
x^- Q-r-
(i) COSJ: = I : 7r~-y
l.J. ï.l.i.l
;)4 ciiAiMTiir. 11.
0 désignant un nombre iiilV-iiciii- à i puisque, en posanL
COSJ^ = 1 ;
0.
l'erreur est moiiidro crue — " ., • mais eela suppose les termes
' 1 . "2 . j . î ^ *
de la série décroissants à partir de — '- — ^ — ; il suffit pourrcm-
' I . '2 . j . I ^
])lir celte condition que .r soit inférieur ou égal à 2; or, pour
X = 2, la formule (4) donne
co? .r = I — a -- 0 — »
•A
QO%x est donc négatif pour a? = 2 ; pour x = o, il est positif :
donc, entre o et 2, l'équation cosa:'^o a une racine au
moins. Soit - la plus petite racine positive de cos.r = 0; on
aura
cos- = cos — — = o.
2 2
On a ensuite, en vertu de la relation cos-^ + sin-^r = i,
sin — ==ni, sin( i^i^zi:
jnais, de ;r = o à .2: = -7 cosj7 reste positif; sin^, d'abord
positif, ne saurait passer par zéro, puisque sin-.r + cos-.r = i ,
et par suite ne saurait changer de signe : donc
sin —
2
Il est facile de prouver que sin^ et cos.r ont pour pé-
riode :^7:, c'est-à-dire que
cos(2- -i- .r) = cos.r, sin(27: -1- a") = sinr.
On a en effet
Q.o%{x -î-j)') = ç.o%x cosjj' — sinr sin/;
donc, faisant r =- )
(---.)
— sin:r ;
Tllf:OUIi: CfiNfMlALE DES SÉUIES.
on aurait d'iiiK* fac^on analogue
sin I 3" -i
donc, en changeant x en x
cos(a?-i- -) = — sin ( a- H 1 = — cos.r,
«in(a- H- t:) = — sin.r ;
cliangcanL x en x 4- -, on a
COS(a- -{- 2 7T) = cosa7,
sin(a"-t- 27:) = sina".
Le nombre ti reste à calculer; on verra plus loin comment
on peut le développer en série.
Nous retrouvons ainsi toute la Trigonométrie, en la généra-
lisant, et nous voyons, ce qui est important, que les fonctions
circulaires ont une origine purement analytique qui rend
leur théorie indépendante du postulatum d'Euclide et des
aitlres posta ferler de la Géométrie.
XV. — Des logarithmes en général.
Toute imaginaire peut être mise sous la forme
/•(cosO -\-\^^ — I sinOj,
;• désignant le module et () l'argument; maiscosO -h \' — i sinf|
est égal à e'^^~^ : donc toute imaginaire peut se mettre aussi
sous la forme
et même sous la forme
e'"'' e ou e
On voit donc qu'il existe un nombre ii = log/' -h H y— i tel
que e" soit un nombre donné, /-(cosO+y — isinOj: ce
.56 ciiAi'iruE II.
nombre it est ce que nous appellerons le logarithme de
/-(cosO -i-/ — I sinO).
Ainsi le logarithme d'une imagiiudre est l'imaginaire
(jii' il faut prendre pour exposant de e pour reproduire
l im a g in a i/ e do n n ée .
Le logarithme de l'imayinaire ;"(cos0 4-\ — isinO) étant
iog/' -h 0 y/ — I , on peut dire que :
Le logarithme d'une imaginaire est égal au loga-
rithme de son module, augmenté de son argument mul-
lijdié par ^/ — i .
Ce logarithme a donc une infinité de valeurs, puisque
Targument est lui-même susceptible d'une infinité de valeurs.
Par exemple, le logarithme de la quantité réelle et positive
/•, dont l'argument est 2 A-, sera
log/--f- 2 A-/ — »,
logr désignant le logarithme ordinaire de r.
log I = ik-\/ — I, log — 1 =(-i/i .4- i)-/ — 1 ,
I o-i/ZT"— 4/^—1 _ ^^3—
Quel que soit «, on définit a^ par l'équation
il est clair alors que l'on a
a^ : ay = a^-y,
On n'a pas éprouvé jusqu'ici le besoin de définir les loga-
rithmes imaginaires dans une autre base que e.
Il va sans dire que Ton a, comme dans le cas où x et >' sont
réels, M.%f
logj- -;- log)- = ^(^?.( ']^-^y),
X
\i)''x — \o''y = log-,
y
("cs forimilrs dt-coulanl de
e^ ey = e-^+r.
-»7
XVI. — Fonctions circulaires et hyperboliques inverses.
Les fondions inverses de sinx, sinli.r, cos^, coshj:*, ...
sontdésignéespararcsin j", arcsinh j", arc cosjc, arccosliT,
Ces fonctions inverses peuvent toutes s'exprimer au nioven
des logarithmes; par exemple, si Ton fait
arc sin.r = ii.
on en lire
ou
♦■t, par suite,
X = sin u
f>n \ -1 g—" * — 1
2 (
lu (/-l ., pU V — 1
ue"*-' X
I — I = o,
e"* -' = jr v^ ^— I zr \J \ — x-
= , log (j- / — I — / « — •''•-) )
/ — I
ce qui peut encore s écrire
f
log (j"=v/:ï-2— i) -^ -
A-f-i
On trouve ainsi les formules suivantes :
4A--I-I
arc sin.r =
v/-'
\o<i{x~s/x^ — x)-
= -7=log(j-=i= v/j:2— l),
arc tans; x =
2V — i I — J'y^i 2v^ — 1
arc sin h j- = log {x ±^ ] -i-x-),
arc cos hx = log ( x r± / -^^ — 0>
i 1 — - X
arc tan" Il X = - Ioît •
■X i — X
lO;
I — IX y/
c il A I' I r u r. II.
XVII. — Digression sur la nature des exponentielles.
Le ihéorcmed'Eisenslein, démontré page 43, montre que e^,
sin.r, cosj:'ne peuvent être racines d'une équation algébrique
de la forme f{x,y) = o,f désignant un polynôme à coefli-
cients entiers : ce sont donc bien des fonctions transcendantes
et il en esl alors de même des fonctions tangx, arcsina",
sinlij", ..., car les fondions e-^', sin.r, cos.r, développées
suivant les puissances de a:, se composent de termes dont
les coefficients sont des fractions irréductibles qui contien-
nent en dénominateur une infinité de nombres premiers.
Une faudrait pas conclure de là que e^ ne peut pas être un
nombre rationnel pour des valeurs j^articulièi-es de x. Nous
verrons plus tard que e^, quand x est entier, et que t, t.- ne
sauraient être conimensurables ; pour le moment, bornons-
nous à démontrer l'incommensurabilité de e. Ou a
I 1
e =1 —
1 1 . •). . 3 . . . //(
si e était commensurable, on pourrait le supposer égal à une
P
entre eux; on en conclurait
fraction - ayant ses deux termes p, q entiers et premiers
^=1-1-1-.
q I " ' 1 .2.3 ... <7
et, en multipliant par 1.2...^,
I.2.3(ff— I )/?=!. 2.3... g-i ...-4-H i- , r -r- . . . ,
ce qui peut s'écrire
<7-M • {q-r-\){^q^'X)
E désignant un entier; or je vais prouver que le second
membre de cette formule est moindre (juo i. Cette formule
r 1 1 1: OUI i; c, i: n (■. ii a i. i; d i; s s f: u 1 1: s . 69
sera donc absurde el e ne poiiii'a pas aUcclci" la forme - :
il sera donc ineoinniensinaljlc. On a en ellii
-4- . . . <
7-M (r/~-l)(q--%) '" "(7-^1) (7—1)- (7--1)'
OU
I
< -. C.Q. F. n.
On prouve d'une façon analogue que e ne peut elrc racine
d'une équation du second degré à coefficienls entiers.
XVIII. Quelques théorèmes concernant les séries doubles.
On appelle sc/'ies doubles une suite iudé(inie de ternies
que l'on peut supj^oser rangés de la façon suivante.
A chacune de ces quantités attribuons deux indices, en
sorte que l'une quelconque d'entre elles puisse être repré-
sentée par Uij : on pourra alors regarder i et y comme deux
coordonnées et l'on supposera la quantité Uij écrite sur le
point du plan a\anf ]iour coordonnées les nombres entiers
i et y.
Une série douille
"00 "+" "01 ~^ "02 -f- . ■ • -!- Uon -+--..
-f- î/io-" "II — "12 — ... — "i„— •■ .
(O
est dite convergente lorsque, avant décrit un contour quel-
conque coupant l'axe des ir et l'axe des y, la somme des
termes de la série contenue à l'intérieur de ce contour tend
vers une limite déterminée toujours la même, quelle que
soit la manière dont le contour se déforme, lorsque ce con-
tour s'éloigne indéfiniment de l'origine. Cette limite est la
valeur de la si'rie.
Go ciiAi'iTiii: II.
Théorkme I. — Pou/- (juc 1(1 srfie (i) soi/ com'crgontr^
il faut que u,j tende vers zéro quand i et j croissent indé-
finiment.
Thûouème II. — Si une série double à ternies positifs
est convergente, toute série à termes égaux ou plus petits
respectivement et positif s est comergente aussi.
Ïhéouème III. — Si a/j désigne le module de Uij et si la
série dont le terme général est aij est convergente, celle
dont le terme général est u/j est convergente aussi.
Théorème W . — L ne série double à termes positifs ne
change pas de valeur quand on intervertit V ordre de ses
termes.
Théouème y. — // en est de même pour une série quel-
conque, lorsque la série des modules de ses te/mes est con-
vergente.
Théokème VI. — La série double dont le terme général
est x'^y", X et y désignant des nombres moindres que i,
ou dont le module est moindre que i, est convergente.
En effel, si Ton fait la somme des termes contenus dans un
rectangle contenant m termes dans une rangée horizontale
et ji termes dans une rangée verticale, on trouve
I y yn—l j^ni yx'" yn — \x"^
I — X 1 — X ' ' ' ' l — X I — X I — X ' ' I — X
OU
[ r« a"« yi>x"'
(t — x){i—y) ^i—x)(^i — y)~^i — x)(^i — y)~^{^i—y){i—xf
quand mai n croissent indéfiniment, cette somme se réduit à
Si X et y sont positifs, la somme en question a
\ — X i — y ^ 1 ' T
toujours même limite, quel que soit le contour dans lequel
THÉORIE G É.NÉHALK DES SÉRIES. 6l
on emprisonne les tenues de la série; donc la liniiic osi l.i
iiièinc quand x et )' sont imaginaires.
TiiÉoiit.MK A II. — Si la somme des termes d'une série
double tend vers une limite déterminée, les termes pris
dans la somme étant contenus dans un contour c qui
uraiidit indéjiniment en tout sens, en sui^-ant une lot
déterminée^ la série sera con^'ergente pourvu qu'elle soi/
à termes positifs.
En cllet, la somme des termes contenus dans un contour
r' diflérent de c peut toujours être supposéiî contenue dans un
contour c suffisamment grand. Soient 5 la somme des termes
relatifs au contour c, s' la somme des termes relatifs au con-
tour c' : on aura s' <^ s; or 5, par hypothèse, a une limite S :
donc s' <^S ; donc s' croissant avec c' a une limite S' ^ S ; on
verrait de même que S ^S'; donc S = S'. c. q. v. n.
Il résulte des théories précédentes que, pour évaluer la
valeur d'une série double telle que (i), on peut la consi-
dérer comme la limite de la somme des termes contenus
dans un rectangle dont la hauteur serait infinie et dont la
base irait en croissant indéfiniment, ou dont la base serait
d'abord infinie et dont la hauteur irait en croissant indéfini-
ment (en appelant base la dimension horizontale et hau-
teur la dimension ^erticale). Ainsi la valeur de la série (i)
supposée convergente peut s'écrire à volonté
« ^ 0 /i = 0 II — a
Il — X III = x m = rt
2ii ""'0 -^ ^ "'"I '-' 2u "'"-
02 CIIAIMlllK II.
XIX. — Application destinée à faire comprendre l'utilité de la
théorie des séries doubles.
En évaluant la srrie double converi;ente
I .'2 1.2.3 ' * Al!
(0
'■--- Y\
<
fini a'""
"v" " "^ "Trr
<le deux, manières, on trouve l'identité
/ (e'^' — I ) H- le'^' — I j -+-... -h ie^" — i ) --. . '
(a) 1 a r a^ i a"
f = 1 r-1-...H H
^ . 1 — a I . -2 I — a- I . -2 ... /t I — a"
Pourquoi la série (i) esl-elle convergente? Poia(|uoi la
formule (2) a-t-elle lieu? Son premier membre est-il conver-
gent? Voici la réponse à ces questions :
i" Le second membre de (2) est convergent, parce que le
rapport d'un terme au précédent a pour limite zéro; 2" la
série double (2) est convergente, parce que la série formée
par les modules de ses termes est convergente; et, en effet,
les termes réduits à leurs modules forment une série conver-
gente, puisqu'on peut trouver une limite à la somme des
termes compris dans des contours rectangulaires; 3" la série
(1) étant convergente, on peut la sommer en prenant les
termes compris dans des rectangles de bases infinies, ce qui
fournit le premier membre de (2).
iiifiduii; (;f:.M- itALi: i)i:s séuiks. (jo
EXERCICES ET NOTES.
1. La série «/o -H »i -+-... -i- «/j-f- .. . est convergente lorsque lu
limite de (modK")" est moindre que i quand « croît indéfiniment,
ou quand cette quantité reste constamment moindre qu'une quantité
finie moindre que i. (Voir une démonstration de ce théorème
<;ii. XIII, § V.)
:2. Supposons que, dans la série «o-f- i<i ^-. . .-r- «<«, on ait
11,,^, n' ~ A «'-1 -f- B /j'-s-i- . . .
ti/i II'- -T- an'-^-\- bn'—--\-. . .
^i la première des quantités A — a, \> — b, ... qui ne s annule pas
est positive, la série est divergente; la série est convergente ou diver-
gente suivant que A — a -\- \ est négatif ou positif. (G.\tSS.)
3. La série u^, -f- i<i -h ...—«<«—.. . est convergente ou divcrgenle
suivant que l'on a
loc —
uni -j > ou
lojr/t
i. La série
•j» log'2 3 logj ' nlogft
est divergente.
a. Si /\:, /•], r.i, . . . sont des nombres indéfiniment décroissants
et 0 un arc qui ne soit pas multiple de t, les séries
'"o -'- 'i LOS 0 -H r-i cos 26 — ... -- /■„ cos /i 0 -^ . . . ,
ri sinO ~ r-y sin-^O --...-)- /•„ sinn6 — . . .
sont convergentes. ( Bjorling.)
0. a, b, c, . . . désignant les nombres premiers impairs, on a
1 — X ^ I — j"t "^ j^ 1 — x"'' ^ I — x"^'-'
^x-^ x-^ -î- x'' -^ o-'S - - ( Catalan. )
7. Si m est entier et positif, on a
rni> mi'imi' -1) in/'{i/ii' — m /ni' — •>.) _
* 17" "^ i/'i/' ~~ II'. Il', il' -r- . . . —
64 CHAPITIIK II.
Quand m n'est pas entier, le premier membre est une série dont on
demande les conditions de convergence.
8. Etudier les conditions de convergence de la série
m /m ni -i ) , /)t{ni — i)(/n — ■!} ,
i -, x — — jc- -. ~- .r-* -h . . . .
1 I . -2 \ .i. i
9. Calculer à près la valeur de la série
lO' '
III I ,
10. On a
III I _
I
1 .1
I I
I
2.3
I
■î-4
I
1.2.3 2.3.
3.4.5
Généraliser.
10. La série
I
I
/l ( /i -f- I )
\/i.2 v/'a.S \/n f^ii-T- I )
est-elle convergente?
11. La séiie double
III
2- 2.3 ' '2.4
III
3.2 3- 3.4
III
4T^, "" 4^ "^ 4^
n( n -7- i ){ii -T--1} 4
dont le terme "éiiéral est > est diverîrente.
'^ m . n °
12. La série duiible dont le Irrnie i^iWiéral est — est convergente
m" ^
sa valeur est égale à -( son premier terme étant — | •
TllfiORIE DES DÉRIVÉES. 65
CHAPITRE m.
THEORIE DES DERIVEES.
I. — Définition de la dérivée.
Quand une ioncùon J\x) est conlinuc, raccioissemenl (jik;
prend celle fonciion J'(^x-hh)^f(j') est infininienl petit
avec raccroissement corresj)ondant h de sa variable, cl en
général, comme nous le \errons, la limite du rapport de ces
dcu\ accroissements infininienl petits est fini. On lui donne
le nom de ch'rivée de la fonction f{x).
Ainsi la <r/e/-iVee d'une foncllony*(x) est la llniilc du rapport
de l'accroissement (jue })rend la fonction à raccroissement
correspondant de la variable quand ce dernier tend vers zéro.
La dérivée d'une lonction de x, fi-^)-, 6st en général une
autre lonction de x, que l'on désigne pas f'{x). Quand une
lonction de x est représentée par une seule lettre i', sa dé-
rivée est représentée par j)'.
Il est difficile, peut-être impossible, de prou\er ([ue toute
fonction continue admet une dérivée; quoi qu'il en soit,
nous adme'. Irons dans ce qui va suivre que les fonctions sur
lesquelles nous raisonnerons ont des dérivées. Nous prou-
verons d'ailleurs, en montrant comment on peut les calculer,
que la plupart des fonctions cjue Ton rencontre en Analvse ont
des dérivées. En résumé, s1/"(j:) désigne une l'onction, /"'(x)
sa dérivée, on a par définition
f {X) = lini ^ j^ ,
pour It = o.
[.. — Traité d'Analyse, I. 5
CG CM A ri r m: m.
De là oïl ilv'iliiil
z désignant une cjnanlitL' qui lencl \er.s zéro avec //, on
(i) ./(-^"^ 11)' f(x) ^ Jif\x)— hi,
lorniule Iréqncninicnl eiii|)lo\éo.
S'il n'est pas prouvé que loiilc lontlion conliinie a une
dérivée, il rsl bien clair, au contraire, que toute fonction
(|ui admet nnc; dérivée finie est continue : c'est ce que montre
la formule ( i) ; on voit en elFet que, si l'on v suppose A infi-
niment petit, y(j:" -r //) — fi-^) est inliiiliiicnl petit. Ainsi,
(piand une fonction a une dérivée finie, à un accroissement
infiniment petit quelconque de la variable correspond un
accroissement infiniment petit de la fonction, ce qui veut
dire que cette fonction est continue.
Le mot dérivée et la notation que nous avons adojitée pour
représenter la dérivée sont de Lagrange, mais, au fond, l'idée
de dérivée remonte à Leibnllz et à Newton. Nous ferons bientôt
connaître la notation de Leibnltz. La notation de Newton n'est
[)lus emplovée aujourd Lui ; il représentait la dérivée de r re-
lative à X par V- Caucliv a sou\ent emplo\é la notation Dj-J'.
II. — Dérivée d'une somme, d'une différence, d'un produit,
d'un quotient.
DÉUIVÉE n'tAE SOMME ALG LBIllQUE. — SoicHt 1/ . T, (V, . . .
f/es fonctions de x; a, b, c, . . . des consta/iles; si u' , i'',
u', . , . tlésignenl les dérivées de a, r, tv, . . . , la dérivée de
y = au — Z>r -7- c^\• -r-. . .
sera
y = au' — b\'' -^ cw' — . . . .
En effet, appelons Ax (A désignant non plus une quantité,
Tllf:()RIE I)i;s IjfMlIVfiES. 67
mais bien les mois accroissrincnl de) un accroissement infi-
nimenl petit donné à x^ et soient Aw, Ar, .... A)' les accroisse-
ments que prennent alors «, c, <v. ...,)■; on aura, en chan-
geant, clans régalilé V = au -i- ^c -i- civ, x en x -j- Ax,
j>- - - \y ;- a ( M - - Ah j -r- 6 ( i' - Al' ) - . . :
d'où. j)ar soustraction,
Aj' = or Af/ ^ Ar . . .
et
Av Ah , Al'
-1- = a :- b —
A.r A.7- A.r
or, pour Aj: = o, les limites de 7^ j - > • • • sontpar dclinition
les dérivées 1'', ii\ c' On a donc, en passant aux limites.
y ^ au' - - b\- CKv .... c. y. F. D.
Corollaire I. — La dérivée d'une somme u -r- c -r- iv -i- . . .
est la somme u -r r'-t-(v' — . . . des dérivées de ses parties.
Corollaire //. L/( dérivée d'une différence u — i-
est la différence u' — v' des dérivées de ses termes.
Le raisonnement fait ])lus haut supposele nombre des ("oik--
lions u, V, iV. . . . limité, car on s'est appuxé sur ce que la
I •• 11 ^" / ^'' ,•,1,1
lunile de la somme a u ... était ej^ale a la somme
\j[- A./" ^
des limites de ses parties, ce qui n'est vrai que si le nombre
des parties est limité ; on a erra (pie :
La dérivée d' une série ne s'obtient pas toujours en
prenant la dérivée fie chaque terme.
Déi'.ivék d'v^ puoDi it. — Con-)idt'rons un produit
y -^ artr. . .
de pUisieurs fonctions u, v, ... avantpour dérivées//', v' ., w' ,
Si l'on change j~ en x — Ax, //, v. .... y prendront des ac-
croissements A//. Ar A) et se changeront en u-^^u,
(),_!_ ^ç et l'on aura
y \y {u \u){v Af). ...
A»
Ar
o
— viv .
. . - — uw ~ . .
Ijr
A.r
Ix
68 ciiAi'iiin: m.
et, par soustraction,
A^- = (u - A»)(r -;- At'}. . . — iniv. . .
on. en dcveloppaiil,
A)- = Ai/ru- . . . Acf/c ... Ih
Q désignant des termes contenant au nionis deux des (acteurs
A//. Al" On en tire
Ar
A// Ar . 1 • ■ . 1 I • • ' ' ' 1
or ^ — 7 — 5 • • • uni pour liniiles les ucn\ees (/ . i' dmic
A.r Aj^- '
— lenti vers zéro a\ec A.r et I on a. en passant au\ limites,
A.r '
j' = li fit' - . . . l' f/ti' ... ....
En divisant par r = in'^v . . . , on a
v' u' t-' tr'
)' Il V w
tbrmule plus facdc à retenir.
Ladi'mvedunproduilc^l, coimnc l'un r<ut, Id .soinnic
des dérivées de chaque favleitr mu Ui plié pur le produiL
des autres.
La démonstration suppose, bien entendu, les ("acteurs du
produit en nonilire (ini.
Application. — La dérivée de «"', m désignant un entier,
seia la somme de m produits, tels que u'.u"'~^ ou niu' u"'~* .
La dérivée de x est i. car sa dérivée est, en appelant A un
accroissement doniK' à //. Iiiii j ou i : il en résulte <pie la
dérivée de x"' est mx"^~^ .
Ladérivée dune constanleestzéro, carl'accroissementd'une
constante est nul; son accroissement divisé par A est encore
nul. et la limite de ce quotient est, par suite, zéro; il résulte
de là (pie. a désignant une constante et // une (onction, la
T II fin m K DES DÉ:! I \ f-F.S. 69
tlrrlvéc de au csl an\ ce qui s'accorde avec ce que l'im ;i vu
jtliis liant.
Dnitivr.E i>'u>' oiOTiK.NT. — Soil ^ = - le riiiotif-nl de deti\
loiiclions //. e qui oui des dérivées //. e' ; soil A./- un aeerois-
scnient donné à la variable x, et Af. A//, A\' les accroissc-
iiiriil> eoi icspondaiils de )', //, e; on aura
Ar / u - - A// // \ (• lu - » Ar
- — ^= 1 1 : A./' >
A.r \ r At- i- / A^ri v Ar )i'
r • . . I t ' A)' Am Av , , ,
en laisanl tendre A./- vers zéro, -^1 — > — lendeiil \ers f , u ,
\x Ix Aj"
e', et la formule précédente devient
eu' — «i''
ainsi -— - csl la dérivée de -
Application. - La dérivée de - est -? celle de —
est 2^^ = — mx '" ' ; donc : la dérivée de x'" pour m
entier et négatif est m x"' ' .
III. — Dérivée d'une fonction de fonction.
Si j' est fonction de u, que 11 soit fonction de r. ... cl
que <v soit fonction de x, on dira que r est fonction de
fonction de x.
Supposons que A)', A;/. Ar, . . . soient les accroissements
que prennent r, a, r, . . . quand x croît de la quantité infini-
ment petite Ar; on a
AjK _ A>' A M Ar
\x ■ Ah Al' \x
Si Ton passe aux limites, -=- s ra la dérivée de j' prise par
' . , Ah ,
rapport a a, que nous représenterons par y^/, — sera la
70
cil .VI' nui: III.
dérivée ue // prise par ra|)pi»ii à \' : nous 1 appellerons ;/,, ;
enfin — sera e' . On a donc
lu; ■'■
Applications. — i" Soit )' :^ (.r- — i)-';_)'' sera le prodiiil
dcj)45_, par la d('ri\ée de .r- — i ou 3(.r- — i )- xx.
■i" On a é\ ideininent r! ^^ i i or i'^. = j'p.rj. ; donc
7x -OTyi ou j.,. r- -- .
IV. — Dérivées de quelques fonctions simples.
Dérivée de log\r. — La dérivée de log.r est la limite vers
laquelle tend, ponr/;= o,
\os^iX' h) — \o2,x I , / /' \ , / h\
hV'
h
lo-
;;j
A /'
r la limite de ( i - ) este : donc la dérivée cherchée est
-j este
log e' ou
Corollaire. — La dérivée de logw, u étant ("onction de .r,
sera, d'après le théorème çles fonctions de fonctions démontré
au paragraphe précédent, — ; celte quantité s'appelle la déri-
vée logarithmique de u.
Dérivée de a-^. — Posons
nous aurons
""^ " log a
X a une dérivée par rapport à )'; en d'autres termes.
ly
TiifioniK DES ni^nivfins, yi
.1 une limilf : donc ^- a une liiniLc aussi et y a une Jciivcc.
Xf
En prenant alors les clérlv<'es des deux iiicuihres de Téqua-
lion précédente, on a
I — , >
y in lia
y : )■ loi; a —- «■'■ Ing rt.
Corollaire. — En prenant a = e, on a y' =^ e^ : ainsi la
dérivée de e-^ est e^, celle de a'^ est c"«'.
DéiiiNKE DR x'". — Su[)posons ./• positil" (./■'" n'aurait dail-
Icui's aucun sens si m était imouiincnsurahle çX x négatif);
on a
et, par suite, la déii\ée de x'" est celle de c'"-^''^-^' ou t^'" ''«"' —
(ui /nx'" *, comme on la \u, dans le cas où /n est entier.
Si X est négatif, on fera .r = — x' ] alors
X'" = ( — j.-')'«.
La dérivée de x"' est celle de (' — i )'" x'"' ou
(— i)'« /njr''"-' I -I) ou ni( — , y«-i j.-'/"-i ou mr"'-K
Corollaire. — La dérivée de //'" est /)///"'~*u\ celle de
'II— ' I —1 II I / — ! i , -- II'
v « :^= a'" est — a'" ? celle de v'u := ^/- est au - ou — ,-.
V. — Dérivées des fonctions circulaires.
Déruée de sinj:. — Lu d( ri\i'e de sin x est la limite,
pour h = o, de
«■\n( jT -{- h ) — ëinx
ou de
h
,
1 • ^^
sin -
' 2
. h
SOI —
h
h
h ""'<
'2
ciiAPiTin: III.
Le rapport d un sinus îi son arc, (iiiand cet arc - Icnd vers
zéro, a pour limite lunih'-; la lmiil<; de roxprcssioii j^n'-ci'-
dentc est donc cos.r : ainsi la dcrivcc de sin.r est cosx.
Dérivée de cosx. — On a cosjr = sin f - — x ) et par suite,
en vertu du théorème des fonctions de fonctions, la dérivée
de cosx sera la dérivée de sin ( - ■ — .r ) prise par rapport à
^ — :r ou cos ( - — jt), multipliée parla dérivée de - — x ou
— 1 ;la dérivée cliercliée est donc — cos ( - — .r ) ou — sin.f .
9.
r \ 01
On peut V arriver en chcrcliant la limite de
-r \ cos ( .r - - /i ) — co« .r 1 .
h
Dérivée de tang\r. — C'est la dérivée du ([uotient
ou
cosa7cosa7 -{- sina^sin.r
ou
cos^a.- cos- a:
Dérivée de sécj". — C'est celle de ou — ■: •
Dérivée de arcsin^. — Si l'on pose
y = arc sinj",
on a
a; = sinj,
et, par suite, en prenant la dérivée des deux membres,
i = cos7./;
donc
,1 r^ I rh r
y esl de même signe que cos)'; il n'y aura donc aucun doute
sur le signe à adopter dans les différents cas.
Dérivée de arccoso:. — On a
arc COS a* -+- arcsnio: = - ;
Tii(^:oRii: OKS i)f:i<ivf:ES. 73
(Jonc
(k'-rivre arc cosjr ->- cU'rivéc arc sin j: — o.
I
La dérivée de aiccos.r est tloiK"
v' I — •'
Df.uivéf. de arrlaii^/r. — Posons
y = arclaniTJ', fl'où .r — tangj>';
en prenant les d(''ri\ées des deux membres, on a
y' . , I '
i = • ou V — cos-^' —
I - lang^j' I - .r-
Nous avons atlmis (|iir les (h'rivées de arcsin.r, arelanj^jr
existaient; on peut le prouver ainsi : en posant )'= arcsinj:,
1 ' ■ ' -^-^ r • . .
on a J" = sin )', el, sin r avani une tlenvee ? -— a une liniile .
donc -^ a une limite aussi, fiui est l'inverse de la première;
A.r '
car à tout a(-eroissement de a: correspond un et un seul
accroissement de )', et r/Vv reisd.
VI. — Théorème de Rolle T').
Lorsque la fonction J{-r) est finie et continue entre les
limites ci et b de sa variable, et rju^elle a une cléri^'ée f\x)
toujours uniciue et finie clans cet intervalle, cette dérivée
passe par zéro pour une valeur c de x comprise entre a et b
si l'on a J\o) = o, f{b) = o.
En ellet, la fonclion y(.r i s'annulanl pour .r = o, x = b,
si nous supposons a <^ ^, nous pourrons l'aire trois hypo-
thèses : 1" ou bien /{x) reste nul : alorsy'(j:") = o et le
théorème est démontré; 2" ou bien /{x) cesse d'être nul
quand .r croît à |)artir de a, et croît avec x; mais,y(x) deve-
nant de nouveau nul [lour x = b, A laul quey'(j:) décroisse :
(' ) Ce ihéorènie a clc énonce poui" la première fois, sous celle forme pré-
cise, pur M. (». Bonnet, mais on peut en faire remonter l'origine à l{olie.
74 CM Al' nui- III.
il passe (Iniic par un iiiaxiMiiim au nioius pour iiiu' \alcurc
<.1c x\ 3" on l)iony(.r'), cessant de snnnuler pour des \aleiirs
de .r supérieures à r/, décroît et dcvienL iK'gatir; mais, connue
il doit San nu l(M' pour ./ />, \\ laul ipi \\ jiasse par un un ni muni
au moins, pour une valeur de ,<• comprise enlie c/ cl h.
Ainsi /ï. A- 1 doit passer par un maximum ou par un minimum
pour une valeur r de .r lellc cpie (t<'^(:<^b. Le caractère
cc^nimun au maximum et au minimum csl (pic. pour // 1res
petit,
/'(; c - li) —J\ c ) et _/■( c — h) -J\ c )
soient de mêmes signes : ilonc
/■( c h)— /■( c ) /■( r — /n — /■( r )
ot ■
h —h
sont de sii;nes contraires ; or, ces deux expressions avant par
liv|)Oliièse la même limite /'(r), (pii est uni([ue et finie, il
huit (pie cette limite soil /rvo '. donc
/'( c ) = o. c. 0- I'. n-
Coroll((iir I. - - Si l'on a /{(() ^^ 0, f{b) = o, J\c) =■ o,
a<C,b<^c, si la fonclitjii / et sa dérivée sont coiUinues
quand x varie de a à c cl si J'"[.r) existe et est bien déter-
miné dans cet i/i/r/^allc, on aura
J"Kd) -o,
d désignant un nombre co/zipris entre net c; de même, si
L 'on aj\ a)=zo, /'( b)^=z o , /'( c ) = o , /( d) = o, a -</><< c -< d,
si f{x), /'[■%■),/" (x) sont finis et continus entre les limites
a et f/, on aura
e étant compris entre a et c\ cl ainsi de suite.
En ellet, supposonsy"(r/) = o,J'{b) = o, /"(c) '-^ o; en ap[)e-
lant Cl et b' des quantités con\eiial)leineiit choisies entre a
et b et entre b et c, on aura, par le théorème de Holle,
f(a') = o, f\b')-^o,
<;t pur suite, encore, en vertu du théorème de Holle,
J\c) = o,
Tin-oiiii: ni: s nf-iu vfu:s. ->
<•' dcsignant iiii iiumlnc coiiiiJiis ciilrc r(' cl A on, ce f[iii est
la mèiiic chose, ciilic ff cl r, clc
c. o. K. n.
CoioUdirc II. Siipjxisons <iii<', /{j") rcslaiil cniilinii.
(liiisi (juc SCS II /i/t'/nic/'cs dcrn'ccs, fjuaiid r imir entre ./"o
et \, la [n -r i/ ""' dérivée existe et reste finie et bien déter-
minée. Soient (ly, (i.>. ..., ((„^i, X des nondjies eoin/nis
en tre ees limites, ; une moyenne entreees nonihres ; on ((uia ,
si J\x) s'iinnule pour x =-- <i\, (f-^ (f/i+t,
J{x) --={x — a,){x — ai)...(j---a,t^i) -^'.^ '^ _^ •
Em cHet, posons
( I ) f(x) — {x~ai)...{x~ a,;+i ) 0 1 ./■ ) :
la l'onclion de c
J\z) — (z — ai)(z--a.,\...(z — «„+, ) e(.r )
s'annulera pour c =-- a^, a-, <'it-^\ et z^= x\ donc sa déri-
vée {n -T i'""') s'annulera pour une valeur ç de ^ comprise
entre la plus grande et la plus pclilc des ([uanlilés <7,, a.;,, ■ ■ ■ ■
<fn+\ ^t -^j 01" celle dérivée esL
y«+i( -) -- I .'A.3. . . ( « -^ I ) 0(x)
On a donc
y/( M , î ) — I .■>. .5 . . . ( /< - 1 I H( ,r ) — o,
d'où
0(a:)
i .j. . ù . . . \ /t II
Porlant celle valeur de &(x) dans la l'ornuilc ( i ), on a préci-
sément la formule qu'il fallait établir.
VII. — Formule de Taylor.
Nous allons mamlcnanl dahlir une lormide (piic>t,on peut
le dire, la pierre londamenlale sur laquelle est édifié tout le
Calcul difiérentiel et intégral 5 cette Ibrmule, qui porte le nom
-6 CIIAIMTUI: III.
de formule (le Tavlor, a élr rohjcl i\c travaux nonihroiix;
elle a ('le succcssivcnienl porrocllonnc'C par dilluslros t;éo-
mètres, tels que crAleiiil)erl, t^agrani;e. ('ancliv.
La déinonslralion que nous allons en donner csl duc en
prineipe à M. Ilommersham-Cox ; elle a été simpliliée pai-
M. Rouché, qui a combiné la dénionslralion de M. Hoin-
inershani-Cox avec une dénionslralion antérieure de Gaucliv ;
enfin le théorème de RoUe, tel que l'a exposé M. Ronnel, est
venu apporter à la déinonslralion de M. Rouché une perfection
telle (ju'il est peu prol)al)lo que Ton arrive à rien de plus
net el de plus précis dans la su île.
Lorsque la lonclion /\.r) est entière el de degré n — i , on a
f^x h)=/{.r)-h/'{x)--^-/"{x)-^...
/"-' ( X I.
l .1. i . . . Ul \ )'
Il est naturel de poser, quand /'est quelconque,
/(.r — h) = f(x) ^hfix) -....-■ r^ ,f"-^{^ ) - 1^
el de chercher une expression simple de R qui salislasse à
celte éf[ualion. R existe, car R n'est autre chose que
//"-i
fix-^-k) -J\x) — hf\x) /" '(3-;;
il faut toutefois que, f\x), .... /" ' Kx) existent.
-Nous supposerons que, x variant de jc à J" -h A, la lonclion
/(;) ait des dérivées /'(-)• •••• ./"(^'' "*^"^ supposerons
seulement que f"{x) existe entre les limites eu question :
alors /"-'(c), /"-(^), ...,/'{z-), /\z) seront continus.
Posant, ce qui est permis, R = PA', i désignant un entier
positif, nous aurons
(i)Ax-^h)-/{x)-h/\x)--...- ^_^['"~'^^_^^/-K-r)Vh'=^o.
Faisons alors
X -T- h — \, A = X — X,
THÉORIE DES DÉIIIVÉKS.
nous pourrons c-crirc, au lieu de ( i ),
\—.r
I
( \ .ri"-'
1.1 ... {n — I )
Maintenant considérons la fonction de c
\ — r
Jy\)—J(Z) -~/'iZ)
/«-' {T) — P ( X — j:)' — o.
I
(\ - z\" '
i .1 . . . { n — 1
/""i(^( — l'i \—zy,
dans la(|uelle P dcsif^ne toujours la l'onction de x et /t ou
de w et X dt'linie par léqualion (2); cette l'onction de ; s'an-
nule pour :; = X; é\ideninicnt elle s'annule aussi, en vertu
de (2), pour:; ::^x. Comme elle a une dérivée, puisquey*" '(;)
a une dérivée, par li\ pothèse, quand z varie de ^ à x -j- A 1= X,
cette dérivée s'annulera pour une valeur de z comprise entre
X cl x-rfi\ or cette dérivée est, comme il est facile de
s'en assurer,
/"i z) — Pi(\ — z)'-K
1 . 2 . j . . . ( /<
En désignant par x-\-h/i, 0 étant compris entre o et 1 , la
valeur de r pour laquelle celte dérivée s'annule, on aura
1 . 2 . 3 . . . ( « — i )
CM remarquant «jue \ ^= x -\- /i ; on tire de là
(1-0 )"-'k"'f"(r -^ Oh )
P =
t. I .2.3. . . . ( /t I )
et, en [)ortant cette \aleur de P dans la lornnile (i ), on a
finalement
- r, f'Ux-T-OU).
t . I . -2 . j . . . ( /i - I ; •' '
-s nnvpirnK m.
Celle formule a été (Irnumlrt'e pour la pi'cmière fois sous
celle forme ])ar iNIM. SchliMuilcli el Roclie. Le dcruier lermc
esl ce (lue l'on a|i|)cll(' le reste ; si 1 On lail i -^ i e! i -^ //.ou
a les deux formules sul\aules, donl la première est due à
Cauchv; la seconde, qui esl la plus ulile, esl duc à Lagrange :
(/C.r-f^)..:/(;r)-;-A/(.r) -:-■■■-■- , ,^ /^" „' , ,./^'-' (■^)
/'"(i— 0)"-i . ^,
' I ' \
(0
I . i ...(//- 1 ) ■
ft.r'-h) — f(.r)hf'{.r) ... /'"'(.r)
//"
1 . •>. . 3 . . . /i '
VIIî. Quelques théorèmes déduits de la formule de Taylor
La formule de Tavlor, comme nous le verrons, esl fonda-
nienlale en Analyse; nous allons d'abord en déduire le lliéo-
rème de Ilolle. Si l'on fait, dans celte formule,
fi-T-r-h) = f(.r) - fif'(.r)^:.- —f\.r)^- . . . '''- /"(./■--O/n.
•' / .' ^ . 1 .'^"^ i .'lS. . .ri-
Zt =z i ^ elle <l('\ icnl
( 1 ) /( .r -;- /O = /( -r ) -^- /i/\ r - - 0 A i .
Sous celle forme, elle esl frécpieminenl employée; elle
iiioiilre bien cpic, si/(.r + A) el f(.-ï') sont nuls, /"'(x + OA)
est nul; donc, quand une fonction s'annule pour deux yalcurs
de sa variable, en restant continue dans rinlervalle compris,
sa dérivée s'annule puin- la yaleia- intermédiaire x -+- OA.
Mais celle remarque ne constitue évidemment j)as une
démonstration du lliéorème de Rolle ou plulolde M. (). Bon-
net, sur lequel nous nous sommes appuvé pour établir le
lliéorème de Taylor : elle a pour biil seulemenl de montrer
CHIC la formule (i) est l'expression même, sous une lormc
condensée, du théorème de M. O. Bonnet.
TU KO un: i)i;s i»f:iii vfiKS. -()
THKOiikMn. — Si une function couliiuic reste ennsldiile
cuire les liiniles .r,, el X de sa varinhle. sa dérivée est mille ;
réeiprixjuenieni , si lu <léri\'ée (ruiie loiielioii reste nulle
cuire les li mites .i\^et \, eettefniietioii reste emista ii te da ns
V intervalle en (jiieslion.
Si, cil cllcl, mic (oiiclion esl consliinlc, .sa (k'ii\('c, comiiie
l'on sait, esl mille ; il rcslc à (Icmoiitrcr la rr(i|>r()(|ii('. Soifiil
donc X cl ./• - Il lieux \aleiirs eompriscs enlic .r„ cl \; on
aura
J\ x - h) -^ -- /( ./• ) -^ - hf\ X- 0 h ') .
Or, /'{x) clanl mil ([iiaïul .r varie tic .r^ à X, /'(.?■ J- OA)
sera nul, car a'-]~^h esl compris entre j: cl .?■ + A et, par
sui-le, enlre ^o et X. On aura donc
f(x--~h)^-f(x).
La lonmile Iroiiv/'e a\aiil lieu, (juels que soieni ./• el //,
pourvu cpie x cl .r -t- // soicnl compris entre J'o et -\ , '' ';>>''
en conclure cpie /(.f-), dans cet intervalle, rcslc coiislanl.
c. Q. y. D.
On déduit de là cet autre lliéorcme, li'cs important :
Théoiîème. — Deux fo/iclio/is z>(.r), 'ii{x), ayant même
dérivée et reslantconlinues, ne peiivenl{tant qu'elles resteni
continues) dijférer V une de l'autre que par une constante.
En clTel, si 1 on a
^\x) 'y(jr)-. o,
la fonclion '■p(./") — '}('^0' 'J<"'f ''' dériNcc est '■^'(.r) - ^' [x)
ou zéro, esl constanle : ainsi
^{_X ) — '^{■i') — COIlSt.
ou
ç(x) --^ <t'(-7") -^- COIlSt .,
cl il résulte de là que, si Ton connaît une solution '-i(.^) de
l'équalion
y^v{x),
loulcs les autres seront de la forme
y = '^{-r } ; coii-l.
8o riiAiMTin: m.
TjiÉouivME. — L ne fonction est croissn/ile ou décrois-
sitnte pour une valeur jr de sa variable, suivant que pour
celte valeur sa dé/ii'ée est j/osi fisc ou né^iitise.
En cirot, la fonmilc
m o 1 1 Irc c| Il e 1 c s i •; n c cl e /"(./• ~r It ) ~ ,/ ( .r ") e s l c c 1 u i cl c /"' Çr -^hli)
quand A csl posilif"; si donc on ohscrve ([u'une ("onclion /"(a*)
est croissanle cjtiand, pour des \aleurs de h snlfisammcnt
pclilcs, on a
/{•^-ii)—A^)>o,
celle inéi;aliu' conlinuant à ètie salislalle pour des valeurs
de /i moindres, on voit que/(x) sera croissant si /'{.r -+- OA)
est j)osilif; mais /''{ .r + Hh) est peu différent de/'(x); donc,
si/'(x) est positil", il en sera de nirrnc de /'(./• -h 0 A), et J\.r)
sei'a croissant.
On verrait de même que f{x) est décroissant pour les
valeurs de x qui rendent /'(.r) négatif.
La di'monslralion ])rrcédenlc suj)pose y''(.r) continu, mais
elle démontre que, dans ce cas, si /'(j:') == o, la l'onction est
croissante ou décroissante suivant quey'(c -\- x), t étant très
petit (î= OA), est posiliCou négatil".
Le théorème précédent est encore vrai quand /'(.r) est dis-
continu, mais on ne peut plus allirmer que, s\/'(x) = o, /(x)
sera croissant ou décroissant suivant que/'(.r + s) sera positif
ou négatif. A oici comment on peut élahlir le théorème C|uand
/'(x) est discontinu : on.a
£ étant un infiniment petit; cela résulte de la définition même
de la dérivée. Si/'(^) n'est pas nul, on peut prendre £ assez
petit pour cpie y'(j) -t- î soit de même signe <jue A {•'^)i ^^
alors on voit que/(x + //) — y\j:-) a le signe de /'(j") pour
des valeurs positives de h : ce qui démontre le théorème.
THÉORIE DES DÉIUVÉES. 8 1
IX. — Dérivée d'une fonction composée.
Si II, r, «', . . . sont des fonctions de x, toule fonction
telle que f{u, i', «v, •. .) est dite une fonction composée
de X. Clicrchons la dérivée d'une pareille fonction.
Donnons à x raccroissement Aj", supposons que ii, v, w
aient des dérivées; ces fonctions prendront des accroisse-
ments \u. Ar, A<T et la dérivée de /sera la limite de
A/ fin lu, (' -Ac, w -^ \w) — f{u,i\w)
Or on peut écrire celte formule
-^ = — [/( u — \it, V -\- Al', w -'- A(f ) — /( u, i> -1- Ar, ii' -4- A(P ) |
( I ) ■' — T— r A ", *' + At», (v -;- Alt' ) — /Y u, r, it^ -f- Aii' ) 1
A,/' • ■ ' '
Comme /(-ï^) désigne une fonction possédant une dérivée,
on a (p. 78)
ou
Si l'on suppose h = A.r, on aura
f(x + Aj7) —/(a-) = Ajr/'(.r -^ OA,r\
0 désignant un nombre compris entre o et i. Remplaçons dans
cette formule x par u el f(x) par /(u, r + Ar, (V'-f-A(v);
nous aurons
f{u -f- \u, r -+- Ai>, IV — Air) — ./'(«/, i' -i- Al', w -1- Ait-)
= lu/'u (« -i- f)A?/, v -+- Al', tt- -f- Amp'),
pourvu que, laissant t>el w constants, /( m, r, (v) ail une dé-
rivée/'„ relative à u. On aurait de même, en appelant 8' et h"
L. — Traité d'Analyse, I. 6
8.Î cil Al' 11 m: 111.
des nombres compris ciitre o et i,
/( u, V -r Al-. \v - Atv ) - - /( u. w (V - Atr )
A4-/;.( u, r O'Ai-, \v An),
/(», r. U' Air ) — /■( u. r, i»' ) r: Ah'/[,,( u, r, iv 0"Aii'),
y^ et /'!,. désignant les (Jérivées de /'relatives à t' et iv ([iie l'on
suppose exister. La lormnlc ( i) devient alois
-^ := — /■', (/<-() At/, i' -, Ar. Il' - Air i
— —/"'(M. p-T ')'Ar, 11- Aip)
A,/- •' ' ^ ^
/ ,,,( U, i\ ir - 1) Ad' t.
Ax '
Si donc /'„,/[,, /"^ sont continus par rajjporl à u, c, tr,
on aura, en laisant Ax = o,
A/"
lim -^- ou dt'rivce do/— ^^'/",, («/, r, a-j- \>'f[,{ii, v, w)-- iw'/^^, (">''• "^)-
Aar ■ '
(7est dans cette Ibrmule que consiste le théorème des l'onc-
lions composées. On en conclut que la dérivée cV une Jonc-
tion composée est égale à la somme des résultats obtenus
en multipliant les dérivées de cette fonction, relatives à
iliaque fonction composante, par la dérivée de cette
fonction composante.
Application. — Clierchons la dérivée de //'', u et v dési-
i^nant des ionctions de x. Cette fonction est composée de u
et V : la dérivée relative à u est vu^~^, celle relative à v est
u^logu; la dérivée cherchée est donc
rw''-' u' - n^ lop; uv'.
En particulier, la dérivée de x^ est
j:j-^-^ -; x^ logx — x^'{ 1 - lugx ).
La dérivée de x^-^'^ est
^xx^^'i-i - .v'-^> logarCi -,- loç^x)x-^.
La dérivée de x^"^^ est
lo? j: ar'"S-r-' .; ,fJ^*x-i \(jcrx --- ua:'"S-^-' \o"x.
m KO II II- i)i:s Df: un fins. 83
X. - Sur quelques fonctions dont on peut calculer la dérivée
d'ordre n en fonction du nombre n.
\a\ (lc'iiv('e/i''"'*'cle x^'cstm [m — i ) . . . (/// — n ~ i )x"^'",
(flic lie n'' est a''{\o^a)", celle de c"-' est (i"c"'', celle de
, ( r .■>.... /t — 1 ) , ,
'«'n-^' ^'^^ 7;^ (— ^)" •
La dérivée /<'""^def^-;- v — n'-r-...esl w'"^ + v'"'> — tv'"^ +
Voici mainleuaiit une l'oniiule due à Leibnilz cl qui permet
de lornitM- la dérivée /?"""^ d'un piuduil : >i l'un difréniilie
\-:=a\- plusieurs lois de suile, on trouve
y = UV — iu ,
y" = liv" — •i.u'v— u"v,
y'" — iiv'"-- 3 11^"-^- 3 «'V-
'- u"\\
ce ipii laiL soupromier la Ibrniule générale
{ I ^ y " — UV " -- C,', u V "-' - - C,; u"v'"-- -r . . .-- u'"> r,
C,',, C,-^, . . . désignant les nombres de combinaisons de // objets
j)ris I à 1 , 2 à 2, . . . ; en sorte que l'on a, svndjoliquement,
j" = ( u- -Vf,
les exposants de u et r devant être cliangés en indices de déri-
vations après le développement de (w -f- i^")" par la lormule
du binùme. Pour démontrer cette lormule, il sulfit de prou-
\cr que^ si elle a lieu pour la dérivée /i'""^, elle a encore lieu
pour la dérivée (/i + j^i""e. (;ar elle est vraie pour les trois
premières dérivées, comme on le vérifie directement.
Admettant la lormule (i), si nous prenons la dérivée des
deux mendjres, nous trouvons
y.n^v. _ «t; rt-Hi) _ c,', u i"'' — C2 «" t"' " r
H- u p'"' -T- GA «" V "-" r- . . . ;
or, par la tliéorie des combinaisons, on a
TM -i_ I — ri r 1 -^ T' ! C-
84 ciiAriTRE m.
donc
ce qui démontre la formule de Leibnilz.
Ladérivée /?' ""^dc?/('<rest, svmboliquemcnl,(« + ^'^ wy"\
et celle formule se déduit de celle de Leihnitz comme le déve-
loppement de (a-h b -{- c)" se déduit de (a -\- b)", ....
La dérivée /j' ""^ de - se calcule comme celle d'un produit
// -. auand on sait trouver les dérivées de -, et nous vcr-
rons tout à Tlieure comment on peut paribis trouver la
dérivée n""^" de -.
X. — Dérivée /i"'""" d'une fonction de fonction.
Considérons une fonction de fonction ^ = es («) de j:, « dé-
sij^nanl une fonction de x, et proposons-nous de calculer la
dérivée /i''''"'^ de 'f ('0' ^"*^ nous appellerons z-"'K On a
Z' = Ci' {u)u,
Z" — o" ( J< ) k'- — Ci' ( î/ ) if",
z'" = 'J"{ Il ) «'3 -i- Ci" ( i< ) 3 if' i<" + Ci' (, i< ) »'",
et il est évident que l'on a
( I) ^'' = A;, ci'"(»)— A„_,ci«-'(; «/)--... — Aï '/(^O — -^ !?'(").
Al, A2, .... A,, désignant des quantités qui ne dépendent
que de la fonction u et de ses dérivées. Pour déterminer ces
coefGcienls, on peut supposer que l'on donne à la fonc-
tion o des formes particulières; en faisant successivement
'^(^f ) 1= M, ?/-, ?/% . . . , ?/«, on a
«"' =Ai,
(m!)(«) = A,2« -f-Ao.a.i.
(a3)<n) = A, 3 f<2 — A2.3.9. «-^ A33.2.1,
(a")<" = Ai««"-'-t- A2/l(/l — ljf<"-2-t- .. . -t- A„/l(/t — 1;.. .'2. I,
TIlÉOnii: DES DÉRIVl^ES.
SI l'on pose alors A, = ^' ■., on oblient
u'"' =B,,
(«î)'"' =2B,K -^ B,,
(«syn) =3B,f/î-i-3B2«^ Bj,
( M" 1 «' = - B. f/" -; B.. /<"-< - . . . — B„ .
Pour résoudre ces équations, écrivons-les ainsi
iu'"^= B,,
(«îy«)=B2— CîB,f/,
(«')'«' :^ B3 — Ci B, M — C,^ Bi «2.
(2)
( H')'"' = R/+ '^^'l^'-i « -^- • --^^^/"'Bi '<'-',
or nous avons
c;-c;c^-c^::^-...-c<c? = o,
G/ — G/ Gy+, -f- G/ "Gy+2 — • • '^^ G, G/ = o,
l^our le prouver, observons que lay"™* formule a pour premier
membre
i( i — \). . .( i — / - Il i(i — 1 1. . .a — / ) / — I
1 . 2 . i . . . y 1 . 2 . . . { y -T- 1 1 I
i( i — \). . .( i —/ — I ) ( / -f- 1 )(j — 2 ')
I . 2 . . . ( y -7- '2 j 1.2
ou bien
i( i — i)..ji — ./— I » r / — y (/ — /)(i — y — n T.
1 .2.3. . .y L I '"'^ J
la parlie entre crochets est (i — i/~-'; l'équation en question
est donc bien vérifiée. Les formules (2), multipliées respec-
tivement par C,', C^-, — C;', ..., et ajoutées, donnent
alors
-^ B, = ( «'• j "' — ^ - G/ ( «'■')'"' -4-. -^ c| ( u'-'-) ^ - • • . ;
80 cii A r I T n F 1 1 1 .
il rcslc à remplacer A/ par ' — . dans (i); mais on peiil
* ' 1 . V, ... ;
. . lî/
écrire —sous une antre lorme, savoir
u'
le signe D'Jj'voulanl dire dérivée d'ordre n par rapport à //,
et l'indice ?/ = a indiquant que l'on doit faire a r= // dans If
résultat. On a donc
et, par suite,
I.2.r{...rt \a /a=„
, i'"-^r~'("^ p;-./" ^, Y'"' _.....
1 . V. . J . . . I /( I t " \ X / 1 = 1, ' ' '
Telle est la lormule qui donne la dérivée d'une lonclinn
de fonction.
Si l'on fait, ])ar exemple, // = e-^, on a
o"( e^ ) .lu \"
D«o(e^) = e"^ " '/ - D ( - - I --....
I .2.3. . .« \ ■X. /o. = ii
Or
et, si ?/ = e'",
rv / " '\ ' i' ■ , 1 •
Dm .1 = —e'-^—C) 1 1 — n'
\'x J a'
Pour a = //, on a sinqilcnient
D'Y - — I ) = i'— C;(/--i)'^ CHf — 2/ — ...:
de sorte que
pnxf'ii ( px\ . „ ,
U''c5(e-r)= ^-i±^[«"-C, (n_i)"--C,^(n_2)" - ... |
I . 2 . 3 . . . /i
^ f ï L^[(„_,)''-' — C,',_,fn — 2)«-'^-...|
i . 2 . j . . . ( /i — 1 ;
Cette lormule est de lierschel.
i-l)x
THf;OUIK DES 1)1- RIVÉES. 87
XI. Dérivée //' d'une fonction rationnelle.
La déi'ivt'C //'""'■ iVuw polMiôine est la somme des dérivées
^iimes^ que l'oti Sait |)rendre, de chacun de ses termes. Pour
prendre la dt-iisi'e n' '"'' d'une fraction rationnelle, on peut la
décomiiosor en (!lémenls simples, do la forme ou
' ' {a- — a)'"
A(j7 — «)"'", dont on connaît les dérivées /?"'"'''.
Mais on peut aussi procéder autrement. Soit une fraction
rationnelle r= -? dans laquelle ti et v désiirnenl des polv-
nômes entiers en .r ; on aura
Si Ion prend /> fois de suite les dérivées des deux membres,
au movcn de la formule de Leihnilz, on aura
si, dans cette lormule, on fait/? =:^ i . i,'i. ...,/), on obtiendia
n équations du premier degré, à n inconnues )'',)'". . . .,^'".
que l'on pourra résoudre et qui feront connaître r" sous forme
d'un quotient de deux déterminants.
Un artifice analogue permet de calculer la dérivée n"'""^
d'une expression de la forme '>' = 4 -5 où t' désigne un polv-
nôme entier. En effet, on en tire
et, en différenliani ,
v'y- - '^yj' r — o
ou
V')- -:- 2)''t' — O.
En différenliant n lois, par la formule de Leihnilz, puis en
faisant n = 1, 2, ..../?, on a des équations du premier degré
pour calculer ;', 1" r".
88 CHAPITRE m.
XII. — Formule de Maclaurin et ses applications.
Si, dans la lornuilc de ra>lor,
ou
ou
ù l'on a
R = — ■ /"+' {X -■- 0 h)
/j"-i
I .
1,
...(«-
-i)
(l
: —
-OV'/r
w + l
R = î /''+i(^- e/i),
\ .-i.i . . .11 •'
on remplace x par zéro et h par x, on obtient la formule dite
de Maclaurin
f{x)=f{o)+xf\o)---...+ _-^^/«(o)-R,
R = =^ : /« + '( 0^-),
1.1.. An — \)^ - '^'
>-«+l/'l fi 'ira
R= :^^ y- ^-l^fn + U^x).
Cette formule peut .servir à développer quelques fonctions en
série; mais, malheureusement, la discussion du reste, qu'il
est nécessaire de laire, est très difficile, si ce n'est pour des
fonctions très simples, dont le développement est toujours
plus facile à obtenir par d'autres moyens qui ont l'avantaj^c
de démontrer les résultats pour les valeurs imaginaii'es de la
variable. Nous allons appliquer la formule de Maclaurin aux
fonctions /(i + x), e-^, s\ï\x\ cos:r, (i + xY, mais il ne faudra
voir dans nos résultats que des exercices, ou [)hitùt des véri-
fications de la formule de Tavlor, et non de véritables dé-
monstrations.
Déveloi'Pi ME>T DE c'', siu.r, cosx. — Si, dans la formule
/(.r)=/(o)^^^/'(o)-^...+ -j-^^^^/"(o)
(,/i-M)-
THÉORIE DES DÉ RI Vf: n?. 89
on remplace f{jc) succcssivt'inent piir ('', sin.r, cosa", on
trouve
I
sina- =i X —
I \ .->. i .1.6. . . n I . -2 . 3 . . . ( « -f- 1 )
.r» , rosOx.x-"-*-'
cosa^ = I —
.2.3 1 . 2 . 3 . j . 5 ' 1 . 2 . 3 . . . ( 2 /n- I)
1.2 ' I . •! . 3 . 4 \ .-i.i. . .'in
Dans cliacuiie do ces formules, le dernier lernie ou, si Ton
veut, le reste, tend vers zéro (juand /? eroit indéfiniment; j)Our
/? ^ X , on a alors les séries
X X- X''
i - —
I I . Jt i .Ji..i. . . H
x'* , x-"
i .x 1.2.3.4 2 ^' ■
X'i . x"-"^^
sina: = x
I .'2.3 ' (^'2/t - 1 j! "'
Développemk-nt de (i-;-jr)'^. — Le développement de
(i + JC^ est déjà plus dilFieile à obtenir. Si Ton l'ait
dans la iormule
/(^)=/(o)—-^/'<'o) --...- ^ /"(o)
77^ 1
1 . 2 . î . . . /t
comme on a
f[x)~{\-\- xy. ..f"{x) = {i — xy-"a{a — i). . .{a — n — i),
il en résulte
a a(a-'\) , a(a — i>...((7 — n — i)
(l-i- Xy = 1-. X X-—... -^: X"
I 1.2 I . -2 . 3 . . . /l
7.7J-(-I(-, 0 ,«
H ^ (I — 0 j" )«-"-• a( a — I). . .(a — n).
1 . 2 . 3 . . . /i
Nous allons prouver que, si x est compris entre — i et + i,
le reste tend vers zéro, en sorte que, pour ces valeurs, on aura
a a(a — 1) ^ a(a — \)...(a — n-^i)
i i .u r.2.3.../i
90 c iiAiMTUi: ni.
Pour les anlros valeurs de .r, la série qui fornio le second
membre esl divergente; il n'y a donc pas lieu de discuter pour
ce cas la forme du reste. Ce reste peut s'écrire, au signe près,
«(.-.)(. -^j. ..(.-.;-)
.m -■-- Oj")" •( " -^ j
— 0.
T.
Si l'on néglige le l'acItMii- Uni a.r(i -O.r)""', ]<• produit dr
autres facteurs sera
Si X esl positif, chaque fadeur entre crochets finit par deve-
nir nolahlenient tuoinchc (pie i ; si .r est négatif, il eu est de
même, car, en changea ni ./en — x' '- r-^ devient — ^ r—j^
quantité encore uolal)lement moindre que i. J^e reste tend
donc bien vers zéro.
Df.veloppement de log(i -i-.r). — Si Ion suppose x com-
pris entre — i et -^ i, on trouve, en appliquant la même for-
mule que tout à riieure,
.-r- .T^ j"'<
loîi:(i -^ a* ; = .r ; — : ^ ....
XIII. — Développement de arc tang.r.
IjCS applications que nous ferons de la loriuule de Taylor
au développement en séries sarrèleront à la fonction
arc tang.r. Les applications qui précèdent ont été faites pour
nous conformer à un usage reçu; celle qui va suivre a pour
but de faire connaître un artifice de calcul. Soit y = tangx.
On a
,,^ 1 ^ __^ / I '—-A-
l -r- X- 2 y/ I \X — V^ - 1 X -\- / — I /
si l'on différentie n ibis, on a
yln-^l) ._= ^ii^ 1.2.3. ..n\ ^ ~ : '-^
TUrniilK i)i;s DfilMVKKS. ()l
Posons
nous aurons
ou
ou. par la formuic de Muivrc.
y n^\' — ( __ \yi ,1 \ •~\\\[ it 1 I-; siii''-> '^t
donc, pour .r — o, c; ittz -,
_)• = o, y'-^i. r" - o. y'"— — \.'>. i'"— o, y" ^ \ .i.'i.\, ...
et, par suilp, en appliquant la première forme de la formule
de jMaclaurin, e! en appelant-!; un noml)rf' mninfire rpic i,
.T^ .7''-" ' '1/
air t;ini,'j' - x . . . ' .r-"' ' — •
3 'in '- \ -in i
Quand x est compris entre — -i et -ri. le reste tend
manifestement \ers zéro; quand .r est plus grand que i en
\alcur absolue, iln'va |)as lieu défaire une discussion, la série;
(pii constitue le second membre étant divergente; on a donc,
tant (pie .r reste compris entre — ■ i et -;- i,
arc la 11^.^- ;= :r —
XIV. — De la formule de Taylor considérée comme formule
d'approximation.
La formule de Tavlor n"a jamais servi à découvrir un nou-
veau développement en série; elle est impuissante à donner
tous ceux qui sont déjà connus, mais elle a une grande
Ç)2 Cn.VPITRF m.
Iniporlance analytique, comme on le verra clans la suite; nous
nous bornerons ici à montrer comment on peut l'utiliser
dans les calculs d'approximation.
Supposons que Ton veuille résoudre l'équation
/(■r)=o.
et que l'on en connaisse une solution approchée a. En
posant X ^= a -{- /i, on aura
/{a — h) = o
ou bien
/ i a I - h/'{ a I /"{ a -î- 0 A j = o.
On déduit de là
- _ /(a) _ h /ïa-f-O/Q
Jin prenant h ^ — '—. — -■> 1 erreur commise est
h /"ia-^(ih) ,
i- /<«) '
on pourra l'évaluer en remplaçant h par une ^aleur supé-
rieure à sa véritable valeur, valeur supérieure que l'on connaît
en général, car on a le plus souvent deux \aleurs apj)rocliéès
de jr, et ensuite en remplaçant /'(a + OA) par le maximum
de /"(x) quand on fait varier x entre les deux valeurs de la
racine, l'une par excès, l'autre par défaut.
Voici une autre application de la l'ormule de Tavlor. Je
suppose que l'on ait construit une Table de la fonction /(x),
une Table de logarithmes par exemple, donnant les valeurs
de/(i),/(2), ...,f[x),/(x-rri), Si, X étant entier, on veut
avoiry"(cr + h), h désignant un nombre inférieur à i , on pose
/(T~h)—f(x) _ h
et Ton en conclut
f^_a•-r-h) = J\J')-^h[/{x^l)-/(x)\
TH^-OUIK DES DÉRIVÉES. qS
OU, en appelant A la différence tabulaire,
on commet ainsi une erreur f|irjl est facile dévaluer.
En elTet, on a exactement
fix -- h)— f{x)~ hf'ix -^ <)h),
fix^ i)—/(x)= A = f(x-^O'),
0 cl 0' étant tous deux, conipris entre o et i.
On a donc posé
fix — li)=f(x)- h\ =/ix)-^ hf\x -^ 0' j,
au lieu de
fyx^ h)= fi^x)-^ hfx- Oh);
par suite, l'erreur est
h[/'(x-,-lih)-fix-^fi')].
Application. — Supposons qu'il s'agisse d'une Table de
logarithmes, l'erreur commise pour calculer \og[x -{- h),
quand on se donne x, est
\o"eh ( r—, ^, ]
ou
h lojre ,„,
0' — hli est moindre que l'unité : donc l'erreur sera moindre
que
h\o"e \o"e
X- x^
Pour un nombre de cin(j chiffres, elle n'atteint pas le
dixième.
Autre application. — S'il s'agit d'une Table de loga-
rithmes-sinus, l'erreur commise dansle calculdelogsin (a: H- A),
l'unité étant l'arc de lo secondes, sera
h loge[cot(j:-i- 8/*;— cot/i(x-i- 6'j]
<i I (Il M' I r it i: 1 1 1.
ou
// lo-.'sin(0' — 0/M
i;us(j; -r- OA)cos(a.' -i- 0'/
olle csl iiioiikIio (jue
lou e
(arc lo )-.
cos*(a.' - lo )
c'est-à-ilirc toul à lait iiéglij^cable pour des arcs iihuikIic-
<|ue 88".
EXERCICES ET NOTES.
1. Le Icclcur peut prendre une ronclion aii,il\ l iijiii' an hasard et
«M cliereher la dérivée. Pour contrôler le résultat, il ^ullii de donnei'
a cette fonction une autre forme; en cherchant sa dérivée sous ^a
nouvelle forme, on doit trouver des résultats identiiiues. Par exemple,
<in a
->cos.f — /> * « — siii- r — —
I - - x- un U-}\1 -- ./•)
:2. Trouver la déi'ivée de logx, la dérivée secoiuh,' de logloi;./', la
dérivée Iruisiénie de log loj; logu:, en général la dérivée /;"""' di- loj^ ,./■,
en désignant lug log.r par logo j:, log logo-P par logs jt, ....
3. .Montrer ijue la dérivée de i-"{X) pour ./• //. ou F'('.r), est la
,. . , V(.r)—F(n)
liiiiilf de • pour .r — a.
x — « *
■i. Truu\erla /;"""" dt'riNée de arc sin .r.
On observe que la première dérivée est
(i — X-) - ou (1 — ./•) -Il X) '-\
en appii(|uanl la régie de Leibnitz à ce produit . on ;i je i('Miltat cherche.
li. Trou\cr la /<"""=déri\éc de log(u; -i- y/i -x-).
(î. Trouver la /i'""^" rlérivée de en le niellant sous les deux
I — x'-
formes (i ~x)-^{\ -- ^rj-'et \ [(i — x)-^ -.- { i -t-./-;-' |; i<leiililier les
lieux résultats.
Tiif:()ini; i)i:s i)i:it i v/;es. (j.j
7. Driimiilror ([ut; l'i'iiualioii
' -- [-} •'• - — Tl. — J ■'- 77773 J ^-^ — • • -= ".
où m est entier, a inules ses racines réelles.
S. Si, tians tin iiTlain intersallc un a
|i('Ul-(ill i|ll('li|lli'rni< fil coiicllll'f
J
y. Toutes les dérivées de e~jc* sunl nulles pour a:' = o; en conclure
<|ue celle fonclioti ne peut pas être développée suivant les puissances
iioissanles de x.
10. La fonction a:2(e-^ — e~-^ ) croil-elle ou décroil-elie quand j: crnii
à partir de zéro?
11. Si ion diiléi (iil ic // lois (le suite par la ré^le de J.eiLnilz le«
deux membres de l'idiMil il('' suivante a;'^-*-^ =^ x'^ x^ , on trouve la l'oi-
iiiule suivante, dite hinôinc de Vaiiderinonde :
{a-\- h ){a- h — \). . .[a-b — ii — i)
-.-.nia — I ) ... 1 a — n-i)
- Cla(a -- i). . .( a--n--j.)b
- C\a(a--i) . a — ii-T~3}bi/j — ii
<j'j désignant le iionihie des combinaisons de /n objets pris ij i.
1:2. On a idcntiqueiiicnt
j-ii + h-i-c . + ..-rl ::^ X^ X^ . . .-T'.
lui ilidérentiant ii fois de suite et en appliquant la règle de Leili-
iiilz, on généralise la formule précédente de Vandermonde.
J3. Appliquer la formule de Maclaurin au développement de l'arc
siiix, et dire entre quelles limites ce développement représentera la
fonction arc sin j-.
. , rx \- rr • ' • sin /?.r
14. Un démontre en 1 rigonometrie que cosnx, — -. sont des
sinj?
fonclio nsentières de cosj* quand le nombre n est entier; on propose
dappliquer la formule de .Maclaurin à la recherche des coefficients
de ces polynômes.
qG ciiaimtuk m.
15. Domonlior l;i fiuiniili^
r^ , , „ r,-\ , I .'^.'). . . C9./J I) .
D''-'(i — .r2) *=(—!)"-> biii ( narccosx).
/i
(J VCOBI.)
16. — ; ; D"(.r2— i) - = cos( /i arccosj-). (J.vcoBi.)
1 .3. . .{in - i)
17. Dans la formule de Taylur.
f{x-^h) = Ax)-~ hf{x)^- . . .^ __^l__/«(.r- O/O,
la quantité 0 est de la forme s, î désignant une quantiti' infi-
niment petite en même temps que/j; mais cela suppose l'existence
de la (rt— i)"™« dérivée de f. En supposant l'existence des déri-
vées suivantes de f. on propose de montrer que î est de la forme
AA -- A^B _j_ _ ; \^ 3 _ sont des fonctions que l'on propose de
calculer. (On ne demande que les valeurs des premières quantités et
non leur expression générale.)
IS. On a
/,,r-/0 = /(.r)- /,/'(.r-- J),
aux teimes du troisième ordre prés par rapport à h.
UIFFÉUENCES DES FONCTIONS D ' L N E VAIIIABLE. 97
CHAPITRE IV.
DIFFÉRENCES DES FONCTIONS D'UNE VARIABLE.
I. — Différences des fonctions d'une seule variable.
Soit f{x) une fonction de x. Si nous donnons à x l'ac-
croissement Ax, f{x) prendra l'accroissement Lf, égal à
f(x-'rAx) — /{x), auquel on donne le nom de différence
première de f{x). Cette différence première est une nouvelle
fonction de x, et, si l'on y change x en x — Ax, elle subira
un accroissement AA/(x), que Ton représente aussi par
A-/(x), et que l'on appelle la différence seconde de/(x). La
différence AA-/(x) de A-(.r) s'appelle la différence troi-
sième de/(x) et se représente par A^y(x), et ainsi de suite.
Cherchons, par exemple, les différences successives de «-* ;
en posant Ax = h, nous aurons
A2 a-r ^ ( (2x+/i _ a^jia'' — i ) — a^(a'' — i)^-
et, en g«'néral,
Les différences successives des autres fonctions sont plus difii-
ciles à former. Considérons cependant la fonction Ax'", où A
est une constante; nous aurons
^\x"' — A [(x — h )'" ~ X"'];
la formule du binôme donnera le résultat, qui d'ailleurs n'a
rien d'intéressant. Nous ne formerons donc pas l'expression
générale de ^"Ax"', mais nous ferons une remarque impor-
tante au sujet de cette expression cl, ])lus généralement, an
L. — Traite d'Analyse, 1. 7
9^ ciiAnrnK iv.
sujet de A"F(.r), en dcsignanl par F(.r) un polynùme do
degré ni en x. Posons
¥{x)— Ax"'-r B:r"'-> - . . .:
nous aurons
AF(^)" k{x -- h)'" - \x'"'- \i{x- A)'"-' - B^'"-i -r-
Si l'on développe chaque parenthèse par la formule du binôme,
il est clair que l'on trouve un polynôme de degré m — i et
([ue le ternie du degré le plus élevé dans ce polynôme
est A/?i .r'"~' A; donc
\?{x)~-- Xmx'>i-^h-
SITon prend la dincrence de AF(.r), ou A-F(.r), le terme de
degré le plus élevé dans le résultat s'obtiendra en multipliant
le terme de degré le plus élevé dans AF(x") par m — i et A;
on aura donc
^^F{x)^- Xm{/}i-i)x''i-^h^r-
AïF(^) —- \m{m — i){m — i)x'n-^ h^ -r
A'»F(^)^= Am( m - i)(m — 2). . .{m — n - ijj7'"-«/j«~ ...
et, en particulier, si n -- m,
A'"F(x)^ \r?i{m i). . . 3,2. i h"'.
Ainsi la différence /;i' ""' d'une fonction entière de degré m est
égale à une constante, et, par suite, les différences d'un ordre
plus élevé sont nulles.
Quoique les formules suivantes soient peu employées, nous
les signalerons, parce qu'elles peuvent avoir quelque utilité,
\uv (« Aa)(i''- Ai^) — ui> = u\v -- i> \u lu \ç,
A(a ^v)=^\u : Iv,
u u- Ak U V \u — Il \v
on les retrouvera le plus souvent quand on en aura besoin,
sans qu'il soit nécessaire de les retenir.
DIFFÉIIENCES I)ES FONCTIONS D'uNE YAUIAULE. 99
Parfois la variable x peut recevoir des accroissements
//, A', A", . . . successifs inégaux. Pour ne citer qu'un exemple,
considérons la l'onction a'"; nous aurons
Aa^ = a^^i^ — a^ = a^(a/' — i),
II. — Formules servant à calculer A"/ en fonction de f{x),
J\x'T- h), f{x-' •j.h), .... et formules inverses.
Soit une fonction y(x) quelconque. Posons
[\) J\x)^-.f^, f(x—h)^-/i, f{x--ih)=/i, ..., /(x-^nh) = /n.
Nous aurons
(2) \f,=f,-f„ A/,.^^/,-/„ A/,=/,-y;, ...;
nous obtiendrons ensuite
(3) AVo- Vi- Vu, ^'A = V2- Vb AV', - A/,-A/,, ...,
puis
(\) AVo - AV'i - AVo, ••;
si, dans Ç.\), on remplace A/, et A/o par leurs valeurs (2),
on a
et, de mèmC;
AVi-/3-V. + /i.
La formule (4), à l'aide de celle-ci, devient
^Vo=/3-3/2^ 3/,-/„.
Si l'on examine attentivement les formules donnant A/^,
A-/o, A'/o, on ne tardera pas à soupçonner la formule
( 5 ) A'Vo - f.n - C;„/,„_i -- G;„.A„^o - . . . r /o,
où G^",,, G;)^, . . . représentent les coefficients du développe-
iOO CH A ri TUE IV.
nieiU de (rt-h^)'". Aclmelloiib la l'ornuilc (5) pour toutes
les \aleurs cnlières de m inléi-ieures à une certaine limite, et
démontrons qu'elle subsiste en changeant m en m + i . Comme
elle a lieu pour /;? = i , 2, 3, elle sera générale. La Ibrmule (5),
appliquée à la fonction f^{x)=f{x -f- A), donne
et, en soustrayant (5) de cette nouvelle lormule, on a
A'«/i — ^"'fo =f'n+x -(CL -- !)/,„ ^(C;„ - C;„ )/,„_! - . . . =/o,
c'est-à-dire, en vertu des formules connues qui ont lieu entre
les quantités C"^,
cette formule n'est autre que (5), où m a été changé cnm -\-\.
La formule (5) est donc générale.
Corollaire. — Il est bon d'observer que la formule (5)»
que Ion peut écrire symboliquement
•^'"/ = (/ — 0'".
en changeant les exposants de / en indices, aurait encore
lieu si Ion avait
c'est-à-dire si les accroissements successifs A, li , h''. . . .
donnés à x étaient inégaux.'
On peut obtenir une formule inverse; en eflct, on a, par
les formules (2),
(6) /i-/u-Vo, /2=/,-A/,, ...
et, par les formules (3),
(7) A/, :- A/, - A>/o, A/5==AA-:-Aî/.
Si, dans la seconde formule (6), on remplace/, et 1J\ par
DEPARTMENT OF MA-ln./v\ATlCS
IINIVERSITY OF TORONTO
DIFFÉRENCES DES FONCTIONS D'uNE VARIABLL. IOI
leurs valeurs, tirées de la première formule (6) et de la
première formule (^), on a
/, =/o~2A/„-f-A2/o.
On vérifie sans peine que
/3 = /o - 3 A/o -+- 3 À Vo - A Vo,
et Ion est tenté de poser
fm = /o - C •, A/o - Cf„ A Vo - ... - A"'/»;
on vérifie cette formule comme la formule (,5), en observant
que, si elle est vraie, on a encore
fm^x^A - c)„ A/, - cf„AVi-. . . -A'"/i;
d'où
J,n^, =/o-^ A/o -- C;, ( A/o - y-/o )-^Cl ( V-/o ~ A Vu ) - . . .
et, en vertu des propriétés du symbole Cj'^,
Jm-i-l ^/o -^ ^/ii + l A/o -r- C„, + j A-/|j-f-. . . .
On a donc, symboliquement,
pourvu que, après avoir développé (i + A)'" par la formule
du binôme, on ne regarde plus A" comme une quantité, mais
comme un symbole de difféi'entiation.
III. — Examen du cas où la différence de la variable tend
vers zéro.
Considérons une fonction /(x), finie et continue, ainsi
que ses n premières dérivées, quand sa variable reste com-
prise entre x et a: ^ nh. Supposons en outre que sa
(/i + i^'ine dérivée soit bien déterminée ou que sa /i'"'™^ dérivée
soit continue. On aura, en posant A.r = h,
102 CHAPITRE IV.
Si l'on développe chaque terme par la formule de ïaylor,
on a
\"fix)=i \f{x)-^n
-/'(:r) --...«"
h"
-4-C;,
-Ci(«-i)
-C'(n-i)" ;
-0,1(71 — 2)'' I
:/i«+'l{„.
Dans cette formule, Ro, R). ... sont de la forme /"+'(X)
mullipHé par un facteur numérique; X est un nombre com-
pris entre x ei x -{- nh. Par exemple, Rq est égal à
]i"+^f"^\x — ^nh).
1.2.3. . .(n-i-i)
Cette formule s'écrit, en appelant R la somme Rq
AV(^) = (A''a70)o/(:r)-^(A"ar>)o-/'(r)
R,
— (A«a7")o -
h"
f"{x)r RA«+'.
Dans celte formule, (A'\r")o représente la différence /''''"'' de J7"
quand on suppose j: = o et Ax = i, ainsi que cela résulte de
la formule (5) du paragraphe précédent. (A'x")o seradonc nul,
comme on l'a ^^l, pour i<. n, et égal à i .i.'5. . .n A r" pour
i=n ou, comme A^ = i, à i .2 .3 .../?. La formule précé-
dente devient alors
si l'on divise par A", on a
et. quand on fait tendre h vers zéro, on voit que, sif"+*{x)
existe, ou si /"{x) est continu, la limite de ^^^ pour
Aj? = o est f"{x).
DIFFÉRENCES DES FONCTIONS d'lNE VAIlIAnLE. I o3
IV. — Formules d'interpolation de Newton et de Lagrange.
Interpoler, c'est trouver une fonction qui prenne des valeurs
données pour des valeurs correspondantes données de sa va-
riable. Le problème de l'inlcrpolalion est donc indéterminé.
Lagrange s'est proposé de résoudre le problème de l'interpo-
lation en assujellissant la fonction inlerpolatrice àètre entière
et de degré inférieur d'une unité au nombre des couples de
valeurs simultanées données de la fonction et de la variable. Sa
formule, donnée dans les Eléments., est
(■) /(a:)=.'y iM /(^ .
^ X — Xi F'(^/j'
i- 1
Xq, Xi x„ sont les valeurs données de la variable, et
/(Xq), ..., f{Xn) les valeurs correspondantes données de
f{x) ; et l'on a
F(X) — {X — X(i)(x — Xi) . . . {x — Xn)-
On peut vérifier la formule (i) en observant que : i" le second
membre est bien de degré /?, F(:r) étant un polynôme de
degré n -h i divisible par (a: — :r,); 2" si Ton fait x = Xr^, le
second membre, qui peut s'écrire
'y (X—Xt,) . .. (x — Xi^i)( X — Xj-^i) .. .(x — x„) .
.m^{Xi —X^) . . . {Xi — Xi-i){^i — Xi+i) ...{Xi—Xn)-^ ' '
devient précisément /{xx)', d'ailleurs la formule (i) peut
f(x)
s'obtenir en décomposant ^ — - en fractions simples; el f(x)
r {x )
est déterminé en se donnant seulement J{xo), /(x,). . . .,
Il est facile de calculer l'erreur commise quand, à une
fonction quelconque /(j:), on substitue l'expression
-•^ /(xj) F(x)
^à ¥'{Xi) X — Xi
tO-J CHAPITRE IV.
fournie par la formule de Lagrange, comme si elle claÏL cn-
lière. En elTol, la quantité
J^ I ^}c\Xi) X — Ti '^ '
s'annule pour x =^ x^^ x^. . . . , .r„ ; elle est donc de la forme
{x~X^\x — Xy)...^X— Xn ) -j — -3 , _^ •
X désignant une movenne entre x^ x^., J^i, . . . , Xn- Or, '-2(^)
étant la somme dc/(^') et d'une fonction entière de degré n,
sa dérivée n -\- i' "*^ se réduira à/"+'(x) ; on aura donc (p. 'jj)
fixf) F(» ^, , /«^MX)
J^ ' ^dW(Xi)x— Xi ^■
¥\Xi) X — Xi I .'i-O. . . (/l -^ Ij
Avant Lagrange, Newton avait fait connaître une formule
d'interpolation fondée sur la théorie des difFérençes, mais qui
suppose essentiellement que les valeurs données de la variable
soient en progression arithmétique.
Reprenons la formule démontrée au § II,
(I) /«-/0--A/0- — ^-^ A-/o^ ^--^ AVo-....
Si Ton y fait /i = o, i , 2, 3, .... on trouve
/o ^/o,
A = /o - A/o,
h = /o-r -i-^f^-- A2/o,
Donc le second membre de (1) se réduit de lui-même à
/o> J\i ■■■•Jii pour /i = o, I, 2, ..., n, c'est-à-dire j)our les
valeurs de la variable, x, x -.- h, x -r 2 h, . .., x -\- nh.
Si donc on pose
X -:- nh = X, n = - — —
DIFFÉRE>CES DES FONCTIONS d'lNE VAUIADLE. I o5
la rormulc (i) deviendra
\ — TX—.r— h\ — -^ — 5- ^t . , y-/ X
-^ 1. ^ JÂ — ^V(-)--...
et le second membre de celle formule deviendra /{x) pour
X = X, /{x — /i) pour \. = X -i- h, /(x-T-^h) pour
X = J7 -t- 2/< , .... Ce second membre, limilé à n -- i pre-
miers lermes, sera donc une lonclion entière de X,de degré n,
se réduisant à des valeurs arbitraires /"o, /i, . . .,/« pour des
valeurs de X en progression arilhmélique. Celle formule est
celle de Newton. Nous allons nous y arrêter. Posons
.,,., ,, . \ -xlf(x) (X-x)(X-^x-h)\\f(cr)
iA\)-jix)-— ^ — ^-.
(■^)
f{z)-f{x)-
' _ (X— r) ...(X — -g — n — I A) A"/(.r)
1 1 . 2 . 3 ... « /i"
/ _ (\ — x^...(\—x—nh)P
' " 1.2.3.". .(«— i)A«-i '
et considérons la fonction de :;
z-xSf { z — xMz — T -~h\ . . A z — x~n—\ h) 1'^ f
I A ' " ' 1 . 2 . 3 . . . /i A"
(j — xMz — X -- h) . . . ( z~ r— n/i ) P
1 .2.3. . .1 « - i) A"-"*
Celle fonction s'annule pour ^ = X et pour ^ := x, x -f- /i,
. . ., X -r nh\ sa. dérivée [n -r- i)"""' doit donc s'annuler pour
une valeur movenne entre X, j:, x-j-h, . . . , x -r- nJi. Donc
I.2.3...('«— I) P
' ^ ' i.2.3...(/i— I) A«+i '
et, par suite,
P r= A«+i/«(5).
La formule (2) donne alors
^ ., , X — .rAA>) {\^.r^..A\ — x — n — \h)\'^f{x)
) — j{x) — -, -. . . ■■ — "t
/3 ; ' I \ I j /j 1.2.3. ..rt A'»
_ (X-^)...(X— r-/^A)
1.2.3... ^«-^ g -^ ^ ^'
I06 CHAl'lTKK IV.
z désignant une moyenne entre .T,x -\- /i X. Si, dans celle
formule ainsi complélée, on l'ail h =: o, en tenant compte de
la relation limy^ = /"(^j-)^ on retrouve (ce qui devail être) la
formule de tavlor
f{X)-/{x)= - - ^/(^)-4-...H- ^^"^ ""^ /"^'(-).
J"- ■' ^"^ ■' , ^\ ^ I .'2. . .(rtH- i;-' ^ •
Présenlée sous la forme (3), la formule de Nevvlon devient
une idenlilé, et convient à toutes les fonctions continues ad-
mettant n dérivées continues ou une (n -h i)*'"'* dérivée bien
déterminée.
V. — Formule de Newton généralisée.
Posons
ai — Uq
CI2 — Cil
puis
(3) /l^-Zii'-""» =/(„,. a„a,v
Uo — do
pin
/(cca, g,, ai)—f(a-2, a,, ap) . .
«3 - «0
Nous aurons évidemment
(4) /C«l)-^/(«o) -■-(«! —«0 )/(«!, «0).
(5) /(a2)=/(«i)— («2 — «l)/(«2, «l)-
Si l'on remplace /(rt|) par sa valeur (4) et /(V/o, «i) pai"
sa valeur (2), on aura
/(«2)=/(«o)-^(ai -«o)/(«i,«o)
■^{a2—ai)[{ai — ao)/(a.,, «i, Oj)— /(«i, «0)].
DIFFÉRENCES DES FONCTIONS d'uNE VARIAItLE 1 07
c'esl-à-diie
/(«2) ^/(«u) '- («2— ««)/(«!, «0)
-t- («2— «l)(«2 - «o)/(«2, «1, «(>)•
On est ainsi conduil à soupçonner la formule
(6)
/(««) =/(«o) -- («« — «u)/(«l,«û)
-- (rt„ — rti)(rt„ — au)/(a2, a,, «o)
(jue Ton vérifie d'ailleurs sans peine. Posons
i /(^)=/(«j)---(^—«U )/(«!, «0)
) -4-(.r--aj)(j: — «,)/(«2,«i,«o)--- • .
— ï* (x — Uo). . .(x — a,i).
La fonclion de :;
/(-) — /(«o) — (- -- rto)/(«i, «0) — . . .— P(- — «o)- • •(- — ««)
s'annulera : i" pour z = .r, en verUi de la formule (7);
2" pour;=:«o, <7,, ..., <7«_i, en vertu de la formule (6).
Sa (/? -t- i)"^"'*^ dérivée sera donc nulle pour une valeur ç de ;,
moyenne entre z-, a^,, «, Donc
y«+i(î)_P.,..^.3...(rt a- i) = o.
Tirant P de là pour le porter dans (7), on a
/(•2^)=/(«o) — (^ — «o )/(«!, aQ)~...
-^ {x — ao){x — ai) ... (x — a,i-i) /{an, ««-1, «0)
(x 'ao)(x -aj) . . . (x-~a,i)
,2.3 . . .{n-\- 1)
/«^•(;;
Celle formule d'interpolation est due à Ampère. A la forme
près, du reste, elle ne diffère pas de la formule connue de La-
grange.
VI. — Autres formules d'interpolation.
Soient y'o,/,, ...,/„ les valeurs de la fonction interpolatrice
pour les valeurs correspondantes :Co>-^n •••, ^^ de la variable :r.
I08 CHAPITRE IV.
Brassinne [Journaldc Liouvillc, i"" série, l. II) a fait connaîlrc
la rorniulc suivante :
A„/oF(x)(.r-.ro)-^--.\,/,F(.r)(:^-.r,)-«-^-...
/(^)
où F(^) désigne le produit (x — Xo) {x — Xf) . . . {x — x„),
et où Ao, A,, A2,. . . désignent des quantités arbitraires. On
peut l'écrire
_ Aq/o (.r — -rp)-' -+- Ai/i (a: — ar, )-' -4- ...
•^*^^'~ Ao(^-.ro)-i-r- A, (.r-.ro )-'-!..".
Voici une formule trigonoiiiélrique :
_ - sin(.r — xi)sin(x ■ .To) . . . s\n(x — .r„)
-^ ^ '~''^ ** sin(.ro- .ri)sin(a-o — x^) . . . s\n{xo — x„)
sin(.r — .ro)sin(a^ — .r?) . . . sin(a: — x„)
sin(a:'i — J"o)sin(j7i — ^"2) • • • sin(.ri — x,i)
On pourrait, par les méthodes suivies plus haut, trouver
une limite de l'erreur commise en appliquant ces lormules.
Formule d'interpolation de Cauchy.
La formule d'interpolation de Cauchy a pour but de faire
connaître une fraction rationnelle dont le numérateur soit de
degré /?2 , le dénominateur de degré /î, et qui, pourm + /i-f- i
valeurs données «o> «^'^u- • •? «/«+« de la variable .r, prenne
m 4- /z + I valeurs données également.
Soity(j:)la fonction 'cherchée. Posons
(f(x)=(x — ao){x~ ai). . .{x — a„),
<\<{x)= {x — an+i){x — Clfi+.y) ■ ■ -{^ — am+n)-
La fonction
/(ao)/(ai) .. .f(a„) ,
'\'{ao)<\>{ai)... '\>{(i„)
(i) i = n
:>(^)
1
1=0
/(ao).../(a„) i>(a>) ^(x)
i^(ao) .. . •\'{a„) f{ai) (^ — a/)cp'(a,)
DIIKÉRENCES DKS FONCTIONS D ' l' N E VAniABLE. 1 09
s'aniiiilc jtour X = c(,i^i, a„j^-2, ..., ««+«*; de plus, son dénomi-
naloiir, abslraclion laile du lacleui"-r-^ ^ '-rz r> cornmun
/ • ' ' 1 > 'l'(^) . 1 1
au iiuniLialeur, est précisément eiral a -^^ — (> en vertu de la
formule de Lagrange, pour j^ ■.= a^, cii, ..., «„; donc, enfin,
cette expression (i) se réduit ix J\x) pour x = Oq, a^, ..., a„
et à zéro pour x ^= ««+1, ««-(-j, — f^f/i+m-
Soient N le numérateur, D le dénominateur de l'expres-
sion (i); effectuons dans N et D toutes les permutations dont
les indices o, i , 2, 3, ...,/?? -h « sont susceptibles ; soient N, ,
No, ..., N|x les diverses valeurs de N, et D,, Do, ..., Dy, celles
de D; on aura
N, -:- N, --...-- N„
En effet, laisons, par exemple, x =^ a^ dans l'expression pré-
cédente. Le numérateur se réduira au produit de /(ao) pai*
une somme de termes de la forme
/(g,) .../(a,,) r_ _^.^ ^ ^ f( ai) . . ./( a,,) ^
<l{ai) ...'l{a„) 'l>{ao) ' ° <!^{ai) . . .<l{a„)'
quant au dénominateur, il se réduit, pour j" = rto,à une
somme de termes de la même forme, puisque l'expression jy
se réduit à /(«o) pour x = «o, si N/ ne se réduit pas à zéro.
VII. — Expression des dérivées en fonction des différences
et vice versa.
Etant d )nné 'S les d'-rivées d'une fonction f{x)^ on peut
calculer A"/ par la formule de Tavlor. Nous avons trouvé, en
chercliant la limite de — •
On peut écrire, dans cette formule, un nombre de termes
I lO CHAI'II UE lY.
aussi grand que l'on voudra, et le dernier sera d'une forme
particulière à la(|uelle il est inutile de nous arrêter. Mais on
peut se proposer la question inverse : connaissant
f{x), lj\x), AV(-r), ...,
calculer /''(.r),/"(.r), .... Voici comment Lagranf^e ariive
au résultat par une induction très curieuse : posons la for-
mule symbolique
d'où, supprimant /"comme s'il était un véritable facteur,
et, par des calculs tout aussi peu rigoureux,
A_i=e/'i>, AD = log(i-f- A).
Appliquant à log( i + A) la formule de Taylor, on a
A- A^
AD=^A- -^ - ...
2 3
et, multipliant par/,
/il)/ ou /ifU) -^ A/- \ AV- - è ^V~- ■■■■
(Quoique ces calculs soient tout à fait dépourvus de sens, le
résultat est très voisin de l'exaclitude. Et, en eflc't, nous
avons vu que l'on avait
X — .T X — .r \ — .T — /i
fa) -/(x) + .^- A/^. -,- — ^ A./- - . . ,
X — .r X — • .r — h X — .r — n h ^
I 2 " ' n-i- i -^ ■"
lirons de la Iv — tt- ' > nous aurons
X — X
l'aisant alors X = :r, il vient
(g hf'ix) :--: A/- i Ay-. . .± i A"/^. '^Z\ ^"'■'(^>'
DIFFÉIIENCES DES FONCTIONS D LNE V.VUIADLi:. III
^ désign;iiil un nombre compris entre :c et :c -r (/i — \)h. On
aurait d'une façon analogue le développement de h-/"(x),
mais il serait plus compliqué.
Quand on interpole, on peut faire usage de la formule (i)
pour calculer la dérivée de la fonction interpolatrice; mais,
comme/"''" '(;) est inconnu, il est difficile de faire usage du
dernier terme; alors, le plus souvent, on calcule dans le
second membre un nombre de termes assez grand pour cpic les
suivants paraissent négligeables. Sans doute, ce procédé est
inexact, mais, à délaut de connaissances précises sur la nature
de la fonction empirique que l'on étudie, on choisit les hypo-
thèses les plus plausibles, et il faut dire que la formule ( i )
fournit généralement des résultats pratiquement suffisants,
si h est petit.
VIII. — Application du calcul des différences à la construction
des Tables numériques.
Je suppose que l'on veuille dresser une table des diverses
valeurs de la fonction x', pour des valeurs de x en progression
arilhmi'tique dont la raison soit \x.
On peut éviter de longs calculs comme il suit : on observe
(jue X' x' est constant, que les valeurs de ^^ x^ seront con-
nues dès que l'on connaîtra l'une d'elles ; il suffira, en effet, d'y
ajouter (ou d'en retrancher) successivement la différence
constante A''.^:'. Ayant formé les valeurs de à^x'', il suffira,
pour former celles de A- j;'', de connaître l'une d'elles. On aura
alors
A-(x-r- Aj-j' = A-j-' -T- A-'x''. ...;
ayant formé les valeurs de A-x*, il suffira d"a\oir une des
valeurs de A^' pour posséder toutes les autres; enfin , pour avoir
toutes les valeurs de x*, il suffira d'en posséder une seule.
Vinsi, par de simples additions ou soustractions, on se pro-
curera toutes les valeurs de x', connaissant une valeur de x
et les valeurs de ses différences.
112 Cil A PI THE IV.
Dans le Tableau ci-dessous, on a suppose \x = i, et Ton a
formé, au moyen de la méthode exposée, les quatrièmes puis-
sances de 4j 5, 6. On a calculé directement o*, i^, 2' et 3'
que Ton a inscrits dans la colonne intitulée x'' ; dans la colonne
intitulée A, on a inscrit Ao', A i '. A 9.* : dans la colonne A-, on
a inscrit A'-o', A- 1 '' ; on a inscrit, dans la suivante, A''o'.
Toutes ces différences ont été calculées au inoven des quatre
premières valeurs o, i, 16, 81 de x''. Quant à A''o, on l'a
calculé directement; il est éî^al à 1.2.3.4-
0
0
1
M
36
24
I
I
o
5o
60
2
16
65
1 10
«4
1
3
81
175
194
108 -
1
4
256
369
3o2
5
625
671
6
I2()6
La Table une fois préparée, on a procédé ainsi qu'il suit
En ajoutant A^o'* = 24 à A'o^ = 36, on a obtenu
En ajoutant ce nombre à 5o = A^ 1*, on a obtenu
En ajoutant ce nombre à 65 = A3*, on a obtenu
Enfin, en ajoutant ce nombre à 81 ^ 3'», on a obtenu..
En ajoutant 24 ^ Ao' — Ai' l 'à 60 ^ A^ i*, on a obtenu
Aîo'*=^ 60
\-i'*=^ 1 10
A 4*^175
Une marche analogue aurait permis de calculer ( -i)*,
( — 2)'' , . . . par de simples additions ou soustractions.
Cette méthode peut êtreétenducà des fonctions quelconques
qui ne sont pas entières, quand les différences Ar ne sont pas
très grandes : i" parce que l'expérience apprend que, le plus
souvent, les différences premières, secondes,... vont en
décroissant cl peuvent, au bout d'un certain temj)s, être
DIFFÉRENCES DES FONCTIONS d'lNE VARIABLE. Il3
considérées comme nulles, au point de vue du calcul numé-
rique; 2" ou bien parce que l'on a des procédés pour calculer
directement les différences d'un certain ordre.
Dans les Tables de logarithmes, par exemple, les différences
premières restent longtemps constantes; les différences se-
condes sont donc, au point de vue numérique, nulles, c'est-
à-dire négligeables.
IX. — Application à la construction des Tahles de logarithmes.
La formule de Taylor nous a permis de développer la fonc-
tion log( I -- .c) en série ; on a trouvé (p. yo)
T- .r^ T*
Io-(i-:-x) = J7 r^ r — r - •••;
i. i 1\
en changeant x en — .c, on a
, , , T- x"^ T*
PV / 2 3 4
d'oïl, par soustraction,
' x'^ x'
log — = 2 a: — ■ . .
Si Ton remplace x par — , on trouve
, x— I
loîï
[_■- -. ^' 1
Laa^-i- I 3{2x-i- I )' ' ' J
Cette formule suppose que Ton a affaire à des logarilhmes
népériens; en posant alors
log vulge = M = .-^~- ,
° ^ losio
on a
('
) log(^-^l)-Iog^^2iM -i—H-- 1 ^^...1,
\^ix-T-i 3(2jr-T- i )^ J
et, cette fois, les logarithmes sont pris dans la base lo. Celle
L. — Traité d'Analyse. g
Il4 CIlAPITRi: IV.
formule donne donc les dinV'rences tabulaires au moyen d'une
série d'aulant plus convergente que x est plus grand.
De la formule précédenle, on tire, en changeant j? en j; — i,
logar— log(.r — i) = aM ( — — -^ - -' -■-...),
et, par souslraclion,
log(x-M)-2log^-f-Iog(.r-i)^-4M r -'-—^-^-...j.
Cette formule fait connaître les difl'érences secondes : elle est
encore bien plus convergente que la première. Nous montre-
rons seulement l'usage que l'on peut faire de la formule (i). Il
faut d'abord calculer le module. Supposant alors M = i , pour
commencer, on a
(2) lognép(rH-i)-lognc'pr = 2^_^— '-^ -t-...)'
et, en faisant .r = i,
l0g«Cp2:^-2Q-3-L--^-J-+...).
Avant calculé lognépa au moyen de cette formule, on en
déduira lognépS en triplant; en faisant .r = 8 dans la formule
(2), on en déduira lognépg; puis, en faisant ^ = g, on aura
lognépio et par suite -NI. Ce calcul une fois effectué, avec
une exactitude suffisante, on fera successivement .r = 1000,
X = looi , . . . dans la formule (i); des séries très convergentes
fourniront alors les diflerenees tabulaires d'où l'on déduira
les logarithmes des nombres, car on sait que logiooo = 3.
Comme on a calculé directement log2 et logp, on pourra
en déduire log4,<^, 16, . . . , logS, 10, 20, . . - , log3,9, 27, . . . ,
log6, 12,. . ., ce qui ibiiriiira des vérifications de temps en
temps.
DIFFÉRENCES DES FONCTIONS D UNE VAIUAItLE.
X. — Construction des Tables de sinus.
On a proposé do calculci' directement les tables de loga-
rithmes de sinus au moyen de certains développements en
série dont il sera question plus loin. Mais nous pensons que
l'emploi des méthodes plus élémentaires est au moins aussi
rapide.
Pour construire une table de sinus et cosinus naturels, on
fait usage des formules de Simpson, démontrées dans les élé-
ments de Trigonométrie, etque nous transcrivons de nouveau :
[siii (m -^- I ) ^ sin jnh ] — [sin mh — sin (/« — i )li\ rz^ — xl,: sin mh,
k désignant la quantité très petite i — cos/i = asin"'^ ^ A.
Cette formule, en y faisant/* = Ax, mJi =;r, peut s'écrire
A2 sin(ar — ù>.x)
ik s\a.x.
On a, de même,
A^ cos(a" — \x) = — Ttkcoix.
Les formules de Simpson font donc connaître, en définitive,
les différences secondes des fonctions sin.r, cos.r.
Pour dresser une table de sinus, par exemple, on formera
un tableau analogue à celui qui est figuré ci-dessous :
Arcs.
Sinus.
A.
A'.
o
0
A sino
— 2 Â: sin A
h
sin/i
A siii/i
— 2 A- sin 2 A
ih
sinaA
A si n 2 /i
3/i
sin 3 A
Dans la colonne intitulée Arcs, on inscrit les arcs
o, h = A.r, o// := aAx, ... : dans la colonne intitulée Sinus,
on inscrit o et sin A que l'on suppose connu ; dans la colonne
Il6 eu API TUE IV.
intilulée A, on inscrit Asiiio, ou, ce qui est la même chose,
la valeur de sinh; dans la colonne intilulée A-, on inscrit
il'abord — aAsinA = A- sino, que Ton peut calculer, puisque
l'on connaît 2/." et sinA. Connaissant A sino et A- sin o, on a,
par une simple addition algébrique ou par une soustraction
arithmétique, A sin//, que Ton inscrit, puis sin 2//, que Ton
obtient en ajoutant sinA avec Asin// que Ton vient de cal-
culer; connaissant sin 2 A, on calcule
— ik sin 2 A - \- sin //,
et ainsi de suite.
11 reste à montrer comment on calcule sin //, /r, et comment
<»n se ménage des vérifications : sin A se calcule au moyen de
la série
A3
(i) sinhr./i ---...,
1.2.3
et A" = ( I — • cos h) au moyen de la suivante :
A2 /i*
cos h
1.2 1.2.3.4
/i'-
Al
1 .'2
I
A3
.2.3.
4
h —
;•
1 .2.
1 "^
ces séries ont été données page 49- O" pourra calculer
quelques sinus, soit au moyen de la série (i), soit au moyen
de la suivante :
sin (a — h) -- sin a i . . . 1
\ 1.-2 1.2.3.4 /
-T- cos a ( h
quand on connaîtra sina et cosa.
II. — Application de la théorie des différences à la résolution
des équations.
On peut faire usage du calcul des différences pour sub-
stituer des nombres équidistants à la place de j: dans la fonc-
DIFFÉRI-NOES DES FONCTIONS D ' l' N E \AniAni.K. II7
lion /{'T')- Si la fonction f{x) est entière, les difTércnces
(J'iin ordre égal au dcgri'- de f{x) seront constantes, ainsi que
nous l'avons montré, et l'on peut en profiter pour calculer
plus facilement /(jc),/(j' ^ h), f{x — 2//\ ... qu'en fai-
sant un calcul direct. Nous avons observé que, si la quantité
Il était petite, les différences d'un ordre plus ou moins élevé
devenaient constantes, numériquement, même pour des
fonctions transcendantes. Le calcul rapide des quantitésy(jr),
f{x -- // V . . . , par la méthode des différences, peut alors ré-
véler, dans un certain intervalle tel queyïj") el/(x-hfi)
soient de signes contraires, la présence d'une racine de
J{x) = o.
Il y a plus : en supposant /(x) elf(x -:- li) de signes con-
traires, et en appelant ^ -^ s la valeur de la racine, de telle
sorte que /[X -;- s) --' o, on aura à peu près
- _ _ h/(T)
Cela résulte de la formule de JXewlon
quand on v fait /(x) = o, /o =/(\r), x — Xq ^ £, et que
l'on néglige les termes dépendant de A-, A^
Quand on a découvert un intervalle, /i = A.r, comprenant
une racine de /{x) --= o, on peut diviser de nouveau cet inter-
valle et calculer les valeurs de/(x),/{x— h'),f(x-^ 2//) ,
h' désignant une nouvelle différence de x moindre que /i.
Posons
h ■-. Ax, Il = Zx,
fi^ar ~\x)- f{x) -. A/, fix - Zx) - fyx) = 0/,
l/{x - A^) - \/ix) = y-/, o/ix - 0^) - o/(x) = 52/,
Nous allons montrer comment on peut calculer of, o-f. . . en
fonction de A/, A-/
I I 8 c n A P I T R K I V.
La formule (rinlorpolation de Newton donne
AV-f-
1 . 2 . i . ;x-* -^
Donc
Si A-^ I, ô^'/« = o; siA> 2, o^/î = o et o''n{n — |j.)== o, . . .
Pour n = o, on tire de là
5/== -'^- -^^ (2n — -x-- I)--...,
*^ Il TOUS '
Voici des fornudes toutes calculées, pour le cas où tx ^ 10 :
0/= 0,1 A/— 0,045 A2/^ 0,0285 A^— 0,0206625 A*/^- • -,
o-f= 0,01 A2/— 0,009 A^/-:- 0,0077-25 A^/— . . . , '
o^y = 0,001 A^/— o,ooi35 A'* «< -^. . .,
0^/= 0,0001 A*y — . . . .
Ces formules seront en général suffisantes pour tous les
besoins de la pratique.
DIFFfiUEMIKLLKS DES FONCTIONS DUNE VARI.VHLE. II9
CHAPITRE V.
THÉORIE DES DIFFÉRENTIELLES DES FONCTIONS
D'UNE SEULE VARIABLE.
I. — Sur les divers ordres d'infiniment petits.
Nous avons appelé iiifinimeul pelil toute quantité va-
i-iable ayant pour limite zéro, et quantité infinie toute quantité
variable susceptible de prendre des valeurs aussi grandes que
l'on veut.
Pour la commodité du langage, nous distinguerons plu-
sieurs espèces d'infiniment petits. Une variable a ayant été
jirise pour infiniment petit principal, nous appellerons in-
finiment peut du premier ordre toute variable (S telle que
la limite de - soit finie et différente de zéro (luand a tend vers
zéro.
3
En général, si, a tendant vers zéro, la limite de — est finie
et différente de zéro, on dira que ^ est d'ordre n.
En appelant donc coune quantité finie et différente de zéro,
et |j un infiaimcnt petit d'ordre /?, on aura
lim-!- = w
OU
a"
£ désignant une quantité infiniment petite; il en résulte
a^î est un inlinnnent petit d ordre supérieur a /?, car —
120 CnAPITRK V.
lend vers zéro. Ainsi, la forme générale criin infiniment pclil
d'ordre n est coa" -- un terme d'ordre supérieur à n.
(^uand on parle tlun inlininicnt petit d'ordre supérieur à n.
on ne veut pas toujours dire que l'ordre de eel infiniment
petit soit déterminé et puisse être évalué numériquement;
on veut dire seulement que le quotient de cet infiniment petit
par a" est nul à la limite. Cette remarque est importante,
car il V a des infiniment petits auxquels on ne peut assigner
aucun ordre, mais que Ion peut toutefois considérer comme
étant d'un ordre supérieur à d'autres d'un ordre déterminé.
Prenons, par exemple, a pour infiniment petit du premier
ordre; a (Ioga)~' ne sera d'aucun ordre : en effet, nous savons
(losa)-» , ... 11.
que* — '~ — ne tend vers aucune limite quand a tend vers zéro,
quelle que soit la valeur attribuée à a, et cependant a (loga)"'
est d'ordre supérieur à l'unité.
La considération des divers ordres d'infiniment petits est
extrêmement utile en Analyse; elle permet de simplifier des
calculs qui seraient sans cela fort longs. Le principe sur
lequel reposent ces simplifications peut s'énoncer comme il
suit :
Lorsque Von cherche la limile du rapport de deux infi-
niment petits, on peut, sans erreur dans le résultat, rem-
placer ces infiniment petits par d^autrcs, pourvu que la
limite du rapport de ceux que Von supprime à ceux qu'on
leur substitue soit V unité.
En effet, supposons que lim— = i, lim ^, = i . Je disque
[\
En effet,
1^
lim- = lim 1 — — ■'^ ) = lim— lim -; lim 7-
hm^.
C. Q. F. D.
Mais on peut énoncer le principe précédent sous une autre
forme, souvent plus utile dans lesj applications. A cet effet,
observons deux clioses :
DIFFÉRKNTIKLI.ES DES FONCTIONS D LNE VAniABLE. 121
I" Si 1(1 liniile du rapport -, est V unité, a différera de y.'
d'une quantité injininwnt petite d'ordre supérieur par rap-
port à a et ,3.
En cfTet, la limite de - ('tant i, — difTère de i d'une quan-
lilé Infinimenl petite 3, cl l'on a
a
-7 ~ '
d'où ion lire
La dillerencc entre a et a' est donc a's, quantité d'ordre supé-
rieur à a ou a', puisque le rap|)ort de cette quantité à a' est î,
qui, par hypothèse, tend vers zéro. c. q. f. d.
2" Si la différence entre deux infiniment petits a et a'
est d'ordre supérieur par rapporta cliacun d'eux, la limite
du rapport -7 est i .
En effet, soit o> la différence entre a et a'; on aura
a — a' -^ w,
d'où
a w
a' a
Or, 10 étant d'ordre supérieur à a', par définition Uni - =: o.
L'équation précédente devient donc, en passant aux limites,
c. Q. F. D.
Du théorème démontré tout à l'heure et des deux remarques
précédentes découle le principe suivant :
PniActPE FONDAMENTAL. — On n'altère pas la limite du
rapport de deux infiniment petits, en négligeant dans l'ex-
pression de chacun d'eux des infiniment petits d'ordre
supérieur.
En effet, cela revient à remplacer les infiniment petits
122 en A PI TRI- V.
par d'autres dont la limile du rapport à ccu\-ei tend vers
l'unité.
Afin de bien faire comprendre le sens et le mode d'applica-
tion de ce théorème rondamentai, nous en ferons usage j)our
trouver la limite du rapport
sina?
X — x^
pour ^ = 0.
Nous remarquerons à cet elFet que, sin j:" dillérant de x
x"^
dune quantité moindre que -7-j c'est-à-dire du troisième ordre
par rapport àx, on peut remplacer sin x par x\ de même, au
dénominateur, on peut négliger x-, qui est du second ordre
|)ar rapport à x\ la limite à trouver est alors celle de -
ou 1 .
En général, si l'on veut trouver la limite du rapport de deux
polynômes en x pour jc= o, il n'y aura besoin que de consi-
dérer les termes des degrés les moins élevés, les autres ternies
étant, par définition même, des termes d'ordre supérieur, et
par suite négligeables.
Vi Analyse infinitésimale consiste dans l'application des
principes que nous venons d'établir et surtout du principe
fondamental que nous avons énoncé en dernier lieu.
II. — Définition des différentielles.
Soienty(x) une fonction de x possédant une dérivéey"'(:r),
et \x un accroissement infini ment petit donné à sa variable.
On a
l.m- -^f{x)
OU bien, en appelant £ une quantité infiniment petite avec \x,
DIFFÉRENTIEI-Li: s DES FONCTIONS D'lNE Y\niAnLP. 123
et, en chassant le dénoiiiiiialciir,
ou enfin
^f{x)=/\x)\x-.E,,
Eo désignant un Inliiiiinent petit d'ordre supérieur à Aj7,
puisque Eo = £ A.r, et que -^ = s a pour linille zéro par
hypothèse. En général, /'{./") est fini; donc f\x)^x et
Ay(x) sont des infiniment petits du premier ordre qui ne
difTcrent entre eux que par un Infiniment petit d'ordre supé-
rieur Eo.
En \erlu de notre principe londamental, toutes les fols
qu'il s'agira de trouver une limite de rapport dont l'un des
termes sera A/(.r) ou/'(j') \x, on pourra substituer l'une
de ces quantités à l'autre sans qu'il en résulte d'erreur dans
le résultat final.
Ordinairement le calcul de f'{x) ^x est plus simple que
celui de A/, en sorte qu'il est avantageux de le substituer à
celui de A/. L'importance de celte substitution est telle, que
l'on a éprouvé le besoin de donner un nom à cette quantité
J'{x) A.r; on l'appelle la diJJ'érentielle de/iJ").
Ainsi, la différentielle d'une Ibnetion d'une variable est
le produit de la dérivée de celte fonction par l'accroissement
arbitraire de sa variable.
Cette définition de la différentielle ne suppose pas l'ac-
croissement de la variable infiniment petit; ainsi la différen-
tielle d'une fonction n'est pas nécessairement infiniment
|)elile, bien qu'il y ait le plus souvent intérêt à la consi-
dérer comme telle. On représente la différentielle de la fonc-
tion y' [)ar (lf\ ainsi l'on a
df = f\x)^x.
On voit donc que la différentielle df diffère en général de
l'accroissement A/, mais par une quantité du second ordre.
Si, cep(ndanl, on avait /'(j:)=r \ ou /(jp) = j: -h c, la for-
124 CnAPITRr V.
mule prccrdcntc ilonnor;iil
df A.r : ^ A/.
En parliciilier, si l'on prend /(^) = ;r, et, par suite,
f'{x)=^ I, la formule qui définit r//, à savoir «(/' = /'(./') Ajr,
donnera
Ainsi, Vaccroissnmcnt ou la différence et la différen-
tielle de la X'ariablc indépendante sont égaux.
La formule
df-flx,
qui sert de définition à la différentielle de/, pourra donc
s'écrire
df f'dx.
d'où l'on tire
Ainsi, la dérivée d' une fonction est rigoureusement le
quotient de la diff'érentielle de cette fonction par la diffé-
rentielle de sa variable. Nous adopterons le plus souvent
la notation -^ pour représenter la dérivée de /. On sentira
plus tard toute la supériorité de cette notation, due à Leib-
nitz, sur celle de Lagrange, qui est celle que l'on emploie
dans les éléments [voir, à cet égard, le paragraphe relatif au
changement de variable).
La différentielle df esl une fonction de x; à ce titre, elle
possédera elle-même une différentielle (si elle a une dérivée);
cette différentielle, d.df, se représente par d-f. La difTéren-
tielle de d-f se représente par <:/y, ... ; et df, d-f, t/'/, . . .
sont d'ilesles différentielles première, seconde, troisième,. . .
de/. Soit
df = f'dx;
pour avoir d.df ou d-f, il faudra prendre la dérivée de
df ou de f'dx, et multiplier le résultat par dx. Or, dx,
DIIFÉUFNTIELLES DES FONCTIONS d'dNE VARIABLE. 125
accroissoinciil arbiliaire \.v de x, est indi'pendanl de .r ou,
si l'on veut, esl coiislanl quand jc varie ; la dérivée de f'dx esl
done /"(/^' el sa diirérenlielle /"<:/.r. dx ou /"t/j;-. Ainsi
Ci) d^-f=J"dxK
d'où l'on lire
dx^ '' '
ce qui nous autorise à adopter la notation -—^ pour repré-
senter la dérivée seconde de/.
Pour avoir d.d-f ou la différentielle troisième d^f de J\ il
faudra différentier /"t/^-, qui est égal à d-f; pour cela, on
en prendra la dcr'i\vc, /'" dx-, et on la multipliera par dx,
ce qui donnera
d^f ==/'"( x)dxK
et ainsi de suite. En général, on aura
d"f^f'^\x)dx>^ ou ^'^-/""(•^).
ce qui nous autorisera dorénavant à employer la notation
-T^ pour représenter la «"^^""' dérivée de /.
III. — Remarques au sujet de la formule de Taylor.
Reprenons la formule de Taylor, et écrivons-la ainsi :
(,) f(^x~h)-f{x)=.hf\x) -^^^J\x)~-...^r-^^^J"{x^^h).
Elle ne suppose pas la dérivée /i''""^, f"{^)i continue dans
l'intervalle qui sépare x àe x -r- h ; elle suppose simplement
([ue cette dérivée existe.
Supposons maintenant que /"(x) soit continu; alors on a
/«(.r :-OA)=/«(r)-£,
£ désignant une quantité infiniment petite avec li ou a for-
126 cil A IM THE V.
tiori a\cc 0/a; on pourra donc écrire la formule ( i ) ainsi :
E„, I dcsinnanl — — < c'csl-à-dirc une nnanLil('' d'ordre su-
■^ '- \ .? ..,n '
périeur à /? (juaiul on su[)pobe // inliiiinicnl pclil. I*^,,^.!, telle
est la forme que l'on peut donner au reste dans la formule de
ïaylor, quand la dernière dérivée employée est continue.
Maintenant, supposons h = A.r; nous aurons
/(.r--/0-/(x) = A/(r).
La formule (2) pourra alors s'écrire
i.a i,2.3...w
Or on a, par définition,
fXx) \x =/' (x) dx =df,
/"(x) \x'- =/" {x)dx^^ d%
f'^{x) \x'> =f'^{x) dx" = d"f.
La formule précédente devient alors
(3) ^f=d/^ J_#/+ __i^rfy^..,^^-_L_<,y^E„„,
E„+i désignant un infiniment petit d'ordre supérieur à^/î,
quand on suppose A^ = dx infiniment petit du premier ordre.
Cette formule suppose la continuité de /"{x) quandj la
variable reste comprise entre x et x H- dx.
La formule de Taylor est souvent employée sous les
formes (2) et (3).
IV. — Comparaison des différences et des différentielles.
Nous avons vu que
lim — f"(^).
\x" ' ^ '
DIFFfiHKNTIF.I.LKS DES FONCTIONS d'uNE VAniAIU.E. 12-
Oii peul écrire celle formule ainsi :
e désignant une (juanlilé inlinimcnl petite avec Aj: = dx\
d"J
dx"
d" f
Remplaçons \x par dx el /" par son égal '^^ ; nous aurons
dx"^ ~ iLcn "
ou bien, en appelant E„+( l'infiniment petit d'ordre supé-
rieur à n qui est le produit tdx"^
A"/ f/«/ E„^,.
Cette formule montre que la différence /l'ème d'une fonc-
tion est égale à sa différentielle n'^''"^, à un inff.ninient petit
près d'ordre supérieur au n'^^^. Les quantités d"f et A"/
sont d'ordre n\ elles pourront donc se substituer l'une à
l'autre dans la recherche de lu limite d'un rapport. On a
d'ailleurs
hm -■-. = I.
d"J
V. ^ Remarques sur le Calcul différentiel. — Son avantage
sur le calcul des dérivées.
La difTérentiellc d'une ibnction étant le produit de sa
dérivée par la différentielle de la variable, on aura
d.x'" ^ mx'"-^ dx,
dloi'x = - dx\o":e,
X °
de^ = e^ dx.
11 est bon de noter les formules
I d {u~v r- iv ) — du ~ dv — dw ,
, , ' d(iiviv)^=vwdii^uwdv-\-uvdw.
, u V dit — u dv
d- = r
120 C a A PITRE V.
Ces formules se démonlrenl en observant que, si Ton divise
par dx^ les quanlilés -t--> -t-> . . . représenlenl les dérivées
u, V, . . • , et qu'alors elles expriment les règles de la déri-
vation des sommes, des produits, des quotients.
Ainsi, par exemple, la formule
(lôrivôe de («ft'ir) -~ vwu' -r- invv' — uv^v'
s'écrit, avec la notation différentielle iu^ T" ) '
diuviv] du dv div
— — = vw -j- - uw —, ; inf -f—j
dx dx dx dx
et, en chassant le dénominateur clx^ on a la deuxième formule.
Notons encore, pour la discuter, la foi^mule
du du dv dw
dx dv dw dx
qui est relative à la dérivation des fonctions de fonctions.
Au fond, elle est une identité, mais on pourrait craindre
du . . ^ . I 1 . • . 1 • 1 / '
que -7- n exprimât point Ja dérivée de u considère comme
l'onction de p, parce que v n'est pas variable indépendante;
mais, quel que soit le choix de la variable indépendante, il
est facile de constater que les rapports des diverses différen-
tielles ne sont pas altérés; en d'autres termes :
Théouème. — Quand on prend pour variable indépen-
dante une fonction quelconque de V ancienne variable, les
différentielles des fonctions cjuelconques de l'ancienne
variable' ne changent pas de valeur si l'une quelconque
d'entre elles conserve une valeur fixe.
En effet, appelons dyU, dyV les différentielles de u et v
quand j^ = ^(•^) ^st pris pour variable indépendante, et dxU^
dxV les différentielles de u et v relatives à \x. On aura
dj:U = u'j. dx, dx V = i'u- dx.
Donc
d,U u',. u\ v'r u'y _ u'y dyV _ dyU
d.cV ~ V_^~ Vy Y'x ~ Vy ~ Vy dy/ ^ dyV'
DIFFÉRENTIELLES DES FONCTIONS d'l'NE VAniABLE. 129
et si dj-'f' = t^^r-i' = (^J^, on obtiendra, en particulier, en fai-
sant V = ./•.
drii dyU , ,
— -, — = - ,— ou (l(U — ClyU.
dx ax
G. Q. F. D.
Ainsi, il n'v a pas à proprement parler de variable indé-
pendante, el df se trouve être une quantité <|ui ne dépend
pas du clioix de la variable indépendante, tandis que /' varie
suivant que x ou y sont variables indépendantes; c'est là
un des avantages de la notation difierentielle; il y en a
beaucoup d'autres.
On peut d'ailleurs donner des difTérentielles une défini-
tion tout à fait indépendante du choix de la variable, et dire
que : quand des quantités u, v, (r, ..., x varient simultané-
ment, leurs différentielles sont des quantités finies pro-
portionnelles aux accroissements injiniment petits simul-
tanés de ces quantités u, r, (v, —
On verra plus loin, au contraire, que le choix de la va-
riable indépendante influe sur la valeur des différentielles
d'ordre supérieur au premier.
A tout théorème sur les dérivées correspond un théorème
sur les difTérentielles, provenant de ce que la dérivée et la
différentielle sont égales à un facteur près, qui est l'accrois-
sement arbitraire de la variable. Ainsi :
Lorsqu'une fonction est constante, sa différentielle est
nulle. Lorsqu'une fonction a sa différentielle nulle et
qu'elle est continue, elle est constante ; etc —
V. — Sur un mode de raisonnement employé dans l'Analyse
infinitésimale.
Lorsque l'on cherche à établir une relation entre diverses
différentielles, on peut toujours négliger les infiniment petits
d'ordre supérieur (et, par suite, on aura toujours des équations
homogènes en considérant la lettre d comme une quantité
L. — Traité d'Analyse, I. 9
loO CHAIMinE V.
et d-, f/^, . . . comme ses puissances); le résullat final sera
exact.
Une démonstration est nécessaire, non seulement pour-
établir ce lait, mais encore pour bien en faire saisir le sens.
Je suppose qu'ayant cherché à établir une relation entre
des ditrérentielles on soit parvenu au résultat suivant :
(i) A il\r -■- B dr'- ^,- C dz'^ = o,
où A, B, C désignent des quantités indépendantes de <Ij'.
Tous les ternies étant du même ordre, par suite de l'omission
des termes d'ordre supérieur au second, ce résultat (i) n'esl
pas établi en toute rigueur; cependant je dis qu'il est exact;
en effet, s'il était inexact, il suffirait d'ajouter l'ensemble des
termes to d'ordre supérieur au second que l'on a négligés et
l'on aurait exactement
A d'-y -^ B dx- -ï- C dz- -^ co = o.
Divisons cette formule par dx-, nous aurons
Or, quel que soit dx, on a -y~; = .'S ( T" ) = ^ ' > donc
Ar"-+-B4-C^'2--5^ =(),
dx-
résultat exact, quelque so'ildx', mais, pourr/x = o, -j-r, tend
vers zéro et l'on a exactement
Af-^ Yi-^Cz" = o;
ou en multipliant par d.r-, que nous supposons quelconque,
A d^y -f- B f/.r2 -f- B <r/^2 = o.
Cette formule est donc exacte, et w est rigoureusement nul.
Ce résultat cessera d'être paradoxal, si l'on se rappelle
que, quels que soient dx, dy, dz, ..., d-x, d'-y, d'-z, ...,
leurs rapports sont déterminés et que les relations entre
dx^'dv, ..., devant avoir lieu quelque so'iidx, les termes de
DIFFÉRENTIELLES DES FONCTIONS d'L'NE V.VHIAULE. i3i
iiK-mc degré par rapport à c/x, ou do mrinc ordre, doivent
être nuls séparément. II suffit donc d'écrire les ternies d'ordre
le moins élevé, qui sont en général les plus faciles à calculer.
Le degré d'un terme ou son ordre est indiqué ])ar le nomhrc
des opérations effectuées avec <:/, quand une formule ne con-
tient que des différentielles et pas d'autres infiniment petits;
il faut donc que les formules d'Analyse infinitésimale soient
homogènes en r/, comme si cette caractéristique était une
quantité avant pour puissances d-, <:/-', ....
Un exemple va nous permettre d'éclaircir ces considé-
rations.
PiiOBLiîME. — Lu puits cylindrique est plein d'eau ; on
paye af V ex tractiondu premier mètre de prof ondeur d' eau,
combien pavera-t-on V extraction de Veau sur x mètres
de hauteur?
Soit dp Taccroissement du prix p cherché quand la pro-
fondeur à extraire croît de dx (je devrais dire : soit \p l'ac-
croissement du prix quand x croît de dx = A.r; je néglige
donc la différence entre \p et dp, qui est d'ordre supérieur
à dp). Ce prix est égal à la hauteur dx enlevée, multipliée
par la hauteur x à laquelle elle est transportée, et par un
facteur K qui représente la somme que l'on paye pour élever
le poids de i"' de hauteur d'eau à i'"de hauteur, soit Kxdx.
(Ici encore, je commets une erreur; la hauteur à laquelle on
transporte la quantité dx n'est pas x-^ mais le prix à payer est
compris entre les prix qu'il faudrait payer si toute l'épaisseur
dx était à la distance x ou à la distance x -\- dx de l'ouver-
ture du puits ; ces deux prix étant K x dx et K(x + dx) dx
ne diffèrent que par le terme du second ordre K dx- : l'erreur
commise sur Rx dx est donc d'ordre supérieur au premier.)
On a donc
(a) dp = Kxdx.
Cette formule est rigoureuse, bien que notre raisonne-
ment en apparence ne le soit pas. D'après ce que nous avons
|3'.>. CHAPITRE V.
dit tout à l'heure, appelant to l'ensemble des termes du second
ordre négligés, on a
dp = K.r d.r -i- to ou -, - = K .r -f- ^- •
^ ax ax
Faisant dx = o, on a />' = Kjc; puis, multipliant par c/j: sup-
posé différent de zéro, on reproduit la formule (a) qui esl
exaote. En vertu de cette formule /> et — ont mêmes dil-
férentielles dp et Ys.xdx\ elles sont donc égales à une con-
stante près c; donc
( 3 ) 7) rr K — -^ c.
On déterminera c en faisant ^ = i , alors p ^= a e\
Si Ton veut déterminer à la fois R et c, on fera x = o et l'on
devra avoir /? = o, car un travail nul ne doit pas être payé,
et l'on aura
( 0 j o = c.
Les formules (Jj), (y), (o) donnent
K
(7 = — et /? = rt^-.
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. 1 33
CHAPITRE YI.
DÉRIVÉES. DIFFÉRENCES ET DIFFÉRENTIELLES DES FONCTIONS
DE PLUSIEURS VARIABLES.
I. Sur le calcul des expressions symboliques.
Oii a déjà vu que l'on pouvait représenter par une lettre
un symbole d'opération. Ainsi l'opération qui a pour but de
prendre la dérivée de 'C> et de la multiplier par/t sercpn'sente
par d-:>. . . . Quand on applique deux, trois lois de suite
ro[)éralion <:/, ou l'indique en attachant rex])Osant 2, 3, . . .
à la lettre d. Cette règle est générale ; pour donner un exemple
de cette façon de procéder, convenons de représenter par le
symbole P l'opération consistant à multiplier par j; la dérivée
de la quantité placée après le signe P; nous aurons
' ^ ^ dx
par exemple,
Px"' = m.r"', P^ X'" = m- T'" , ..., P«j;'" = m"x"'.
Un symbole P est distribulif quand on a
(I) P(a-~b)=Pa-i-Pb.
Vinsi, en représentant j)ar D le symbol-e de la dérivation, en
sorte que Dz, ^= '■:>', on a
D(a-+-6)= D(a)-\-D{b),
l{a-~b) = \a-hlb.
d(a ^r- b) = da -^ db ;
D. A, d sont des symboles distributifs.
j34 chapitre VI.
Les symboles dislribulils sonl les plus iniporlanls cl nous
allons suivre les conséquences de la formule (i).
i" D'abord on a
P(„^^,-^c)= P(«4-i»)---rc = Va + Vb^Vc,
et (linsi de suite. Donc, en général,
(2) P::a = ZP«.
2" Les symboles P-, P', ... sonl distrihiilifs; on les
appelle puissances de P.
En eflTet, on a
\\a -^ b )^= Va -f- 1*6;
donc
P2(a + 6)= P(P«--PZ*)=P.Prt-nP.P^',
c'est-à-dire
P2(a-}-6)= V-^a^V'-b.
On verrait de môme que P^, P', ... sonl dislribulils.
3" En appelant A une constante numérique, on a
\\\a = \.Va.
En effet, si A est entier, on a
P.Âa = P((7-i-«-T-...-h^a)= Pa-}-P«...= APa.
Si A est de la forme —? on observera que
7 '
donc
et, par suite,
g? - = Pa;
P^ = lPa,
7 '7
P^ = ^P«.
(^cllc proposition étant vraie, quels que soienty>et </, est vraie
pour les valeurs incommensurables de A.
4" On a
P(o — 6)= Va — Vb,
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. l35
car on en déduiL
P{a — ù)-{- Vb = Va,
ce qui est exact, et de celle-ci on déduit la précédente.
5" On en conclut
r{.\arzBù±... ) = \VadzBPb±:....
On appelle somme de plusieurs symboles d'opérations
P, Q, R, et l'on représente par P -{- Q + R le symbole 0 dé-
fini par la formule
ea = Pa-i-Qa-T- l\a.
En général, le symbole 0, défini par la formule
ea =z APa lir BQa nh GRa,
se représente par AP rb BQ in CR; de sorte que l'on a, par
définition,
( AP -r- BQ)« = AP« — BQ«.
(i" Lorsque P, Q, R, . . . sont distributifs, AP ii= BQ ± CR
l'est également.
En effet :
^AP:^BQ — CR)(a-T-^')= AP(«-^ 6; d= BQ(a ^ 6j :^CR(rt — /v )
= APa-+- AP6±BQa±BQ6±...
= (APzhBQ±CR)a-i-(AP±BQ±:GR)^*.
On appelle produit de plusieurs opérations le résultat
obtenu en effectuant successivement ces opérations. Ainsi
l'opération 0, définie par l'équation
Qa^- PQR...f/.
est le produit des opérations P, Q, R, On représente cetle
opération par le symbole PQR, . . . , dans lequel il faut bien
se garder d'intervertir les facteurs; dans la suite, pour expri-
mer que deux opérations sont équivalentes, nous les sépare-
rons par ce signe =. Ainsi 0 = P H- Q voudra dire que, quel
«lue soit/, on a 0/= (P + Q)/=: P/+ Q/.
Deux symboles P, Q sont commutati/s quand on a
PQ/=QP/.
|36 CHAPITRE VI.
'f Si P e; Q sont commuta tifs, on peut écrire dans un
ordre arbitraire les symboles P ef Q répétés dans un ordre
donné.
Par exemple, considérons l'opération
. . . PQ . . ,/;
dans laquelle les points remplacent les lettres P, Q écrites
dans un oi'dre quelconque. Je dis que
...PQ.../=^... QP..../;
les deux membres ne différant que par les opérations écrites.
En effet, on a
PQ.../= QP..../;
car P et Q sont commutatifs ; répétant sur les deux membres
de cette identité les mêmes opérations, on obtient des résultats
identiques :
...PQ.../ = ... QP.../;
puisque Ton peut intervertir l'ordre de deux opérations con-
sécutives quelconques, on peut écrire toutes les opérations
dans tel ordre que l'on veut. La même démonstration s'appli-
querait au théorème suivant :
8"" ^Sf P,Q,R, . . . sont commutatifs, deux à deux, onpeut
effectuer ces opérations successives dans un ordre quel-
conque.
9° Si P et Q sont commutatifs, il en est de même de P'e/
10° SiV, Q,R, . . . sont distribut ifs, le produit PQR . . .
le sera aussi, que P, Q. R-, . . . soient ou non commutatifs
deux à deux.
En effet,
R(a-^6)= Rrt- Rè.
Mais, Q étant distributif, on a
QR(a — èj = Q(Ra - R6) = QRa -^ QR6,
puis
PQRfa-f bs= P(QRa--QRè) = PQRa-^ PQR6.
C. Q. F. P.
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. 187
11° La puissance m'"'"'^ du symbole (P -i- Q H- R) sejorme
absolument comme siV, Q, R étaient de véritables quan-
tités. uJiiisi
pourvu que P, Q, R, ... soient commutalifs.
En effet, on a
ii^ + Q)^/=(i*-^Q)(P-Q)/
ou
(P ^ Q)2y= (p + Q^(py+ gy^ ^ P(P/+ q/, + Q(P/-- Q/)
= P2/+PQ/--QP/-f-Qy
car PQ = QP, par liypolhèse. Posons, pour simplifier,
P + Q = 0, et admettons la formule
6"/= •'"./'-*- <-^', 1'"-' <v'/-+- G-, P"-- Q-/H- • • •
comme démontrée; effectuons sur le premier membre l'opé-
ration 0 et sur le second les deux, opérations successives P
et Q, puis ajoutons les résultats; nous aurons, en observant
(jue P et Q sont commutatifs,
H" -'/= P"-'/^- C,' P«Q/-^ C;P''-'Qy— . . .
■ _^p«Q/_^(:;^P«-.Q2/^_...
ou, en vertu des propriétés connues du svmbole C,„,
«"-'/= P«-'/-C,:^,P«Q/^C^,,P«-»QV-.--
La loi étant démontrée pour l'indice n l'est donc pour l'in-
dice n ~- i\ or elle est établie pour les indices 1,2; donc elle
est générale. Soit maintenant
on aura, en posant Sff= P/+ Q,A
ev- 8'.'"'/- C',0'-iR/- . . . - -^0-^R' /■- • • -
i • 1 •
ou
l38 CHAPITRE VI.
Cl, remplaçant S^ par sa valeur ^^--VtttP^Qi^ /,
c. Q. y. n.
Remarques au sujet des dérivées des fonctions de plusieurs
variables.
Considérons une fonction de plusieurs variables x, y, z,
sa\o'\r f[x, y, z). Cette fonction devient fonction de x seul,
quand, laissant^)' et :; constants, on fait varier jc. Ace point de
vue, elle peut être difïérentiée une, deux, trois, ... fois, et nous
,, . , df d-^f d^f .,,
représenterons ses dérivées par -j- -, -y^^ y^> — L.liacune
de ces fonctions, -^-4' par exemple, dépendra en général de .r,
de r et de z\ si on laisse ^ et ;; constants, elle sera fonction
de r et l'on pourra, par exemple, en prendre la dérivée ^ fois
de suite. On écrira le résultat ainsi , ^ ; ,.; cette fonction
dépend encore en général de x, j)', z. On peut en prendre
la dérivée y fois de suite par rapport à x ; on aura alors
d'^+'^'-^'if • -. f • 1 • . < -1
-j ^ •' ; puis 0 lois de suite par rapport a z, ce qui clon-
nera — s? et ainsi de suite. Cette notation se sim-
dx^dy^dx'dz^
plifie un peu en ayant égard au théorème suivant :
Théorème. — Une dérivée ne change pas de valeur
quand on intervertit l'ordre des dérivations relatives à
chaque variable.
Démontrons d'abord le théorème pour le cas oii l'on n'inter-
vertit que l'ordre de deux dérivations successives. Soit/(^,j)
une fonction de plusieurs variables, dans laquelle on ne met
en évidence que les variables x et jk- Soit
f df df d\f _ d\f
f'^Tx' J'-Ty' J^'^dx^' ■'''~W
f - ±L f - ^-L .
•^*2~ dxdy' -^^ " dydx'
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. 189
il s'agit de prouver que /,2 = fn- Si h et le sont clcu\ valeurs
infiniment petites de même ordre, on a, par la formule de
Taylor,
h-
E.-, désignant un terme d'ordre supérieur au seeond. Dévelop-
^Lmsf{x, y + k), f^ {x, y + k), J\^{x, y -{- k) suivant les
puissances de A; nous aurons, en appelant toujours E3, E.', , ...
des termes d'ordre supérieur au second,
if(^x^h,y- k )=/{x, y ) -^ k-Mx, ^- > -^ — ./22 ( ^, y) ^ E3
I ^hf, (X, y) -^ h kfn(T, y) -^ K
En commençant par écrire
/{x + /i,y - A) = fix^k, y)^kMoc H- h, y)
puis en développant /(> -|- A, )i, /o(j" -}-/<, j),/22('^ -i-^'i J,>
suivant les puissances de h, on trouve
A^r - h, y -r- k) = f{x,y) -^ hf, {x,y)^ tJJ''^^^'^'^ "" ^'
-^ l^f-2 i^, y) -+- /<h fnix,y) + e"
-/•22(x,y)-^e
-^ e.
Si Ton compare cette formule avec (i), on a
y,., /.// =fn kll -r- W,
(o désignant un ensemble de termes d'ordre supérieur au se-
cond. Divisant par Iik. on a alors
El, comme j-rtend vers zéro pour // = o, k = o, il reste
fn =/n,
ce qu'il fallait démontrer.
I-jO CHAPITRE VI.
Il est clair que ce ihéorème cesserait d'être exact, si luni'
•les dérivées secondes de /(x, )) n'était pas continue, la for-
mule de Taylor, sur laquelle nous avons fondé noire démon-
stration, cessant elle-même d'avoir lieu.
En suivant une mélliode employée en Arithmétique pour
démontrer que la valeur dun produit ne dépend pas de l'ordre
de ses factcui's, on prouvera que, ayant le droit d'intervertir
Tordre de deux dérivations successives, on peut intervertir
aussi l'ordre des dérivations d'une façon arbitraire.
Cela posé, pour représenter une dérivée d'ordre supérieur
prise relativement à plusieurs variables, on pourra se borner à
indiquer le nombre total des dérivations relatives à chaque
variable. C'est ainsi que l'on écrira, par exemple,
d\f d\f
d-xdydz drdydzdx
RT ^ ^ d d d . ' • ,.
EMAROVE. — Les svmboles-T-7 -r-^ -r- sont commulatils
dx dy dz
et distributifs. On adonné le nom de àéT\\ées partielles à ces
dérivées prises successivement par rapport aux diverses va-
riables en laissant les autres constantes, pour les distinguer
de ce que l'on appelle une dérivée totale.
Supposons que, àd^ns f(^x^y, z), les variables j', v, z ces-
sent d'être indépendantes, et que >'et z soient fonctions de jr;
d'après le théorème des fonctions composées, la dérivée de/
relative à .r, que nous appellerons dérivée totale relative à x,
sera donnée par la formule
d£ _d/ ^l}i ^i[f_d±
dx dy dx dz dx
Cette dérivée, d'après nos notations, devrait être représentée
df ... . p . . ,, , . .
par y-; mais il y aurait contusion si 1 on écrivait
df
df df dy
df dz
dx '
dx dy dx
dz dx
car les deux -^figurant ici ne sauraient être égaux ; on a pro-
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. 141
posé plusieurs moyens d'obvier à cet inconvénient. L'un d'eux
consiste à envelopper d'une parenthèse les dérivées partielles ;
l'autre, qui paraît j)lus généralement répandu, consiste à
changer dans les dérivées partielles la forme du d. La formule
précédente s'écrira alors
a -'IL ^ 'IL 1'' ^ '^/ 'Il
dx Ox Oy dx ôz dx
Il importe de bien voir que -j- diffère de -p; il importe
surtout de bien voir que les trois dj qui figurent dans cette
formule sont inégaux, ce qui fait des svmboles -r^ > ^-» •••
^ ' \- -^ Oy Ox
des quotients dont on convient de ne jamais chasser les déno-
minateurs; et d'abord -5^ est le rapport des accroissements
que prennent y" et x quand on fait croître x de dx^ et que par
suite ) croît de dy et z de dz\ tandis que -p est le rapport
des accroissements infiniment petits de f et de :r, quand,
faisant croître x de ùx^ on laisse y et .3 invariables.
Le df qui entre dans -y- est l'accroissement que prend J
quand x croît de dx, y et:; restant inv^ariables ; le df qui
figure dans ~- est l'accroissement que prendy*quand, x cessant
de varier, y seul croît, et de dy\ ces deux df sont donc iné-
gaux en général. (Il est presque inutile d'ajouter qu'il s'agit
d'accroissements infînimentpetits et que l'on néglige les termes
du second ordre.)
III. — Formule de Taylor généralisée.
Si l'on considère la fonction de t
o(f) =f(x — ht, y -^ kt, z ~ It),
cette fonction pourra être développée par la formule de Mac-
laurin. Pour effectuer ce développement, formons ses déri-
vées successives; nous aurons, par le théorème des fonctions
l42 CIIAIMTUE VI.
composées, ol en laisaiil, |)()ur abréger, ,r -f- /// l— h,
y 4- la = b, z h It = c,
ainsi ropéralion -7- est équivalente à
h---^/c-j--T-l — -
oa Oo t)c
On aura donc
et pour / = o,
I , '^ , <'> , '^\" .
' ■ \ ()x ()y ôzj •'
Nous aurons donc, en substituant cette valeur dans bi for-
mule de -Maclaurin
fi /n + l
o(t)= 'i(o)-t- to'(o)-: o"( o)-T-. . .-. (i«+l(0/),
' I . i ' i .2. . . n -~ i '
l'égalité suivante :
J\x -+- ht, y -h ht, z ^- li )
i .A. . . /i \ c/^ ây OzJ •'
I r ,) -i«4-i
et, si Ton lait ^ = 1 ,
n
f(x^h,y-^ A; z -:- /) =. /(^, j, -) -^^ (''':^ "^ '^^ "^•■■)'-^^
1
Le reste est écrit sous une forme abrégée qui se comprend
facilement : après avoir fait l'opération
\h i- A" 1-... fix.y.z).
/i -T- I J ! \ i)x i)y
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. I '| )
on remplace x par x -4- 0//, >' par j- -+- 0 A-, et z par z -h 0/. La
formule précédente suppose <f{t) continue, ainsi que ses n pre-
mières dérivées, cjuand t varie de o à i . La (/? -}- i j''"" dérivée
doit être bien déterminée : ceci revient à supposcry(x, )', z)
finie et continue, ainsi que ses n premières dérivées, quand
les variables restent comprises entre jc cl jr -\- h, y et )' + /»■,
:; et ^ -\- l. Les (/? + i )'»'"" dérivées doivent exister et être bien
déterminées ; si l'on ne sait rien sur les (/? + i j' '"'-^ dérivées,
le reste affectera la l'orme E„^, d'un infiniment petit d'ordre
supérieur à n par rapport à A, A", / su[)posés de même ordre.
On remarquera surtout la formule
/■( X -^/i^r-^ A,z — l)= J\ .r,y, z ) -i- A/, ( .r ^ 0 /t, j>- -^ 0 /.-, ,- — 0 / 1,
— kfi ( .r + 0 A, j -^ 0 A-, c — 0 / ),
-t- lj\ {x -~ Oh, y -w 0/.-. ^ ^- 0 / ),
OÙ/, (.r, r, z), f^ {jc,y^ z),J'-:iix, y, ^)désignent, pour simpli-
fier '^^ '-^ '■''
IV. — Différences des fonctions de plusieurs variables.
Considérons une l'onction de plusieurs variables que nous
supposons, pour fixer les idées, au nombre de deux. Soil
cette fonction ; si l'on donne à x et j- des accroissements
simultanés \x, \y, cette fonction varie d'une quantité que
Ton appelle la différence de cette fonction; on la désif^nc
par If. Nous poserons
./o ^/{^,y),
f,i = /( x—n:^x,y-\-n\y)\
nous aurons alors
l44 CHAPITRE VI.
A/est, en général, fonction de x et r, clTon pose AA/'= A^/;
A^/* s'appelle la difft'vence seconde de /, et l'on a
A Vo :- A/, - A/o, A2/, = A/, - A./', , . . . ,
et ainsi de suite; les formules auxquelles on est conduit sont
identiques à celles que l'on rencontre pour le cas où la fonc-
tion/ne dépend que d'une seule variable, et il est inutile,
d'après ce qui précède, de donner une nouvelle démonstra-
tion des formules
A"/o =/« - G,',/„-, + C,^/„_, - . . . i/o,
f„ =/, - C- A/„ + C,^ \\U + ...-- A"/..
Mais, à côté de ces différences, que l'on peut appeler com-
plètes, viennent se placer une série de différences auxquelles
on a donné le nom de différences partielles et dont nous
allons dire quelques mots.
Dans la fonction/, on peut laisser )' constant et faire seu-
lement varier x\ f 'a alors, par rapport à cette variable, une
série de différences que l'on indique par un indice; ainsi l'on
pose
^.r /( a-, 7 ) = /( ^ -4- A.r , r )—f{x,y ),
Al/(^,7)=/(^--2A.r,7)-2/(.r-4-A^,r)H-/(^,r),
■)
on a de même
VA-^'J) =/(^, j -- V) -/(^. J). • • • •
Il n'y a là rien de nouveau, car, dans cliacun des cas où l'on
ne fait varier que x ou que ^', on n'a réellement affaire qu'à
une fonction d'une seule variable; on dit que A^/, A^/, . . .
sont les différences />«/'^ie//e5 de /relatives kx.
Les signes A^ et A^ sont conimulatifs et distribiitifs :
il est évident qu'ils sont l'un et l'autre distributifs, et, si l'on
fait attention que A^A,/ est égal à
-^x [/( 3^, >' ^- A j ; -/( .r , 7 ) ] ,
ou à
/(^ ~ A^,7 -;- A7) —/(.?•-•- A^,7^^/(j:-,7 -f- Aji')-;-/(-^. 7)»
FONCTIONS DE PLUSIEURS VAUIABLES. I '|.>
on verra sans peine que la syniélrie de ce résultat entraîne
la Ibrmule
ce qui est la propriété fondamentale des symboles comniu-
tatifs. Posons, [)Our abréger,
/(x,y)=foo, ..., f{x-^i\x,y-{-j \y)=/ij, ...;
nous aurons
et, en prenant [3 fois de suite la différence relative à )',
Si l'on désigne par Sj; l'opération qui a pour but d'ajouter A r
à la première variable figurant sous le signe /, et par S,-
Topération qui a pour but d'ajouter Ay à la seconde variable,
en sorte que
on pourra écrire
les signes Sj.- et Sj étant évidemment commutatifs et distri-
butifs, on aura
^1-/oO = ( S.c I )"/u()
ou, si l'on veut,
A'.-(S^-i)«,
et par suite, en général,
a:, a?. . . . Al = (S^-iy(Sy-iy.. .{6^- l)>.
On peut résoudre la question inverse et trouver fij en fonc-
tion des différences dey. On a en effet
//o = (n-A^)'/oo,
et par suite
//,y = (l-^A,.)'(I^-Ayy/oo,
et en général
sis^. . . . sf = (I -h A^)'(n- A^y. . . (. - A,y-.
L. — Traité d'Analyse, I. lo
l46 CHAPITRE VI.
Nous ferons observer que l'on peut déduire de là une formule
d'interpolation analogue à celle de Newton et que l'on pour-
rait même appeler formule de Newton généralisée ; cette
formule serait
/(X, Y ) =j\x,y)-^.. .-i- CLcif{x+i\x,y +y Aj)4-. . .,
X X
dans laquelle il faudrait remplacer a par '-— — et j3 par
Enfin, en terminant, nous ferons observer que la limite de
A°.A^./oo divisé par Aj^^Aj'^ est la dérivée -—^:—y On pourrait
démontrer cette proposition directement à l'aide du théorème
de Taylor, mais on peut aussi observer que, Ajc et \y étant
tout à fait indépendants, on peut les faire tendre succes-
sivement vers zéro; on a donc
,. A^-A^/" d^A^/"
nni .';'■: = . „ / :; pour \x = o,
A.r'^Aj-'^ âx'^\y? '
et, faisant tendre Ay vers zéro, on a la formule qu'il s'agis-
sait d'établir. Mais cette démonstration est peut-être moins
rigoureuse.
Formules d'interpolation pour les fonctions de plusieurs
variables.
Nous avons observé, au paragraphe précédent, que la for-
mule qui donne la différence d'une fonction de plusieurs
variables en fonction de ses différences peut servir à géné-
raliser la formule de Newton. La formule de Lngrange peut
être également généralisée comme il suit.
Soit, pour fixer les idées, /(^, J') une fonction de deux
variables ; la formule de Lagrange donne
i = n+ \
y^ (X — Xj)...(x — 3V-1 ){x — .r/4-1 ) . . .
jÊmà {^Xi — Xi). . .(Ji — ai-ij^Xi — J",4-i I. . .
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. 1^7
X,, x-ii •••, -C/j+i tlésigiiant des valeurs arljilraires de x\
cette formule approchée; devient exacte si/ est une fonction
entière par rapport à a: de degré n ; or on a
formule exacte si /est entier et de degré n par rapport à y.
Si l'on combine les équations (i) et (2), on trouve
^ (y — 71 )• • • i.r ~yj-x)(y — .ry+1 ) • • • ^
(yj —yo- ■ ■ iyj —yj Oiyj —yj^i )•■•'
el Ton voit facilement comment on pourrait encore généra-
liser. Si l'on pose
(x — xi){x — a-o) . . . {X — Xn+i) = o{x),
(y - r, )(y -y. )... ij -yn^i ) = 'Hy),
on peut écrire ainsi qu'il suit la formule précédente :
ou
fj-r^r^ ^ Y y .f{^i,y.i)
':.{xvb{y) À^^'ii\xi)^'{yj) x — xi y—y/
Les deux membres de cette équation sont développables sui-
vant les puissances de x ei y\ en égalant de part et d'autre
les coeflicienls de — ? on trouve
xy
Si/ est de degré moindre que /i, la quantité to est nulle.
VI. — Différentielles totales.
On appelle différentielle totale, ou simplement diffé-
rentielle d'une fonction de plusieurs variables, la somme des
l48 CHAPITRE VI.
produits obtenus en multipliant la dérivée de la fonction par
rapport à chaque variable par un accroissement arbitraire
donné à cette variable.
Soit, par exemple, /{■(', ^', z) une fonction de trois va-
riables :r,^', Z-; la différentielle totale de/, que l'on représente
par ûÇ/", sera définie par l'équation
Ajr, A]', A:; désignant trois accroissements arbitraires et in-
dépendants donnés à x,y, z respectivement. Si l'on prenait
tour à toury= x., f=r, f = z, la formule (i) donnerait, en
observant que -r- est égal a i, que j- est égal a zéro, etc.,
dx = \t, dy = At, dz — A:;,
ce qui nous autorise à écrire l'équation (i), qui sert de défini-
tion à df, ainsi :
df = -f- dx 4- -f- dy -h -f dz.
•^ ox oy '^^
Si, comme on le fait toujours, à moins de prévenir expressé-
ment du contraire, on suppose les accroissements dx = Aa;,
dy =^ !:>.)., ... des variables de même ordre infinitésimal,
on pourra énoncer le théorème suivant ;
Théorème fondamental. — L'accroisse?nent que subit
une fonction de plusieurs variables, quand on donne des
accroissements de même ordre à ses variables, est, aux
infiniment petits d^ ordre supérieur près, égal à sa diffé-
rentielle, et par suite, dans une limite de rapport, l'ac-
croissement d'une Jonction peut être remplacé par sa dif-
férentielle sans changer le résultat.
En efi'ct, si l'on désigne par /(.r,j', 5) une fonction de x^
j', ;;, on aura par la formule de Taylor
A/ ou f{x -^ \x, y 4- ^y, z -\- \z)—f(x, y, z)
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. l4<)
Eo désignant un infiniment petil d'ordre supérieur au premier.
Celte formule peut s'écrire
\f -^ df-^r- \ii,
ce qui démontre le théorème.
La difierenlielle df d'une fonction de plusieurs variables
fix, )', Z-) est une fonction de x., y^ z\ elle possède, à ce titre,
elle-même une différentielle totale que l'on désigne par d'-f\
cette diflerentielle d-J\ à son tour, possède une différentielle
totale que l'on désigne par d^f, et ainsi de suite
Calculons la dijj'érentielle totale seconde d'-f (\c f; on a
le svmbole
clf^fcU^%dy-^fch-
dx dy -^ dz
d = — dx - - — dy -T- ^ dz,
dx ôy ^ dz
somme des symboles -—dx, -z-dv, -—<:/:?, est commutatif <"t
"^ ôx ' dy " ' ôz '
distributif comme ceux-ci; on peut donc écrire
r^) d-/=(^^dx-^^^dy-^-dz)/,
et en général
Je n'ai pas besoin de rappeler que l'équation (2) développée
donnera
di f=^dx'--^i -^ dx dy + ^4{dy^-
dx- ôxOy '' dy^ ''
-\- 2 - — — dx dz -4- 2 — -^ — dy dz -\- — ^ dz-,
ôx ôz ()y dz ^ dz-
formule que Ion peut vérifier directement sans faire usage
du calcul des symboles, et dans laquelle il ne faut pas perdre
de vue que x, r, ;; sont des variables essentiellement indé-
pendantes, caractérisées par ce fait que f/.2;:= A:c, dj- ^ Av', ...
sont, chacun en particulier, tout à fait arbitraires et par
suite indépendants des variables x, y, z elles-mêmes.
11 résulte de là une notation très commode pour écrire la
100 CIIAPITKi: VI.
formule de ïavlor;/(a- + dx,y + <:/)■, :: + dz) — J( x,r, z)
étant représenté par A/", on a symboliquement
A/ = -- dx — - - cl y ^ —dz
•' ôx dy - itz
l— dx^ —dy ^ —
\ .-i \dx Oy (iz
^ I /^ . ô , â
I . 2 . 3 ... « \f)x
c'esl-à-dirc
( "T dx -r- -j-dy -7- .- dz] /'
\f)x dy -^ <)z I •
^f=d/-^-d^-f-^...- ' d"f~ I-,,.,,
'^ 1 1 . 1.3. . . /l
E,,^, désignant un terme d'ordre supérieur à //.
On a vu que
A«,A^./ à-^^f
lim — - — -^ = -^,
d'où l'on conclut que ^%M- peut être substitué, dans les li-
mites de rapport, à » '^ dx" dj^ ; mais ce théorème a beau-
coup moins d'importance que celui-ci :
TnÉoiiiiME. — Les quantités d"/ et 1"/ sont égales, à des
termes près d'ordre supérieur à n.
La difTérence et la différentielle totale d'une fonction
peuvent donc se substituer l'une à l'autre dans les calculs de
limites de rapports. Pour le prouver, observons que
A"/ -/„ - C]J„^, - C;,f„-. - ... ;
en développant chaque terme par la formule de Taylor, mise
sous la forme
on a
' • 1.2 •' I . 2 . 3 . . . rt "^
- c;,(n - iw/— c;, ^" — '^' dH— . . .
•' 1.2
• ^din-iy^df-^Cl ^-^^1^ d\f -i - . . .
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. I J I
I.es coefficlenls de dj , d-f^ . . . sont nuls, celui de d"/ est
('gala lunité, comme on l'a vu j)his bauL (p. 102); on a donc
^«+1 étant un infiniment pelil d'ordre supérieur à n.
C. Q. F. T).
VII — Calcul des différentielles partielles.
La différentielle totale d'une somme est égale à la somme
des différentielles totales de ses parties et, plus généralement,
an + bi' + civ -\- . . . , a, b, c désignant des constantes, a
pour différentielle totale
a du -=- h dv ^— c dw -^ . . . .
En effet, pour prendre la différentielle totale de
au -^ bv -^ civ -^. . . ,
il faudra prendre ses dérivées relatives aux vaiùablcs indépen-
dantes et les multiplier par les différentielles de ces variables,
puis ajouter. Ainsi, :c,v, z. . . . désignant les variables dont
it, i', ... sont fonctions,
fJ(au-^ bi'-^ . . . ) , f)(au-^bv-r-. . .^ ,
dt au^- bv ^ . . .)— — — ■ dx — dv — . . ..
Ox Oy
OU
d{ au -\- bv —...)=( a -. b '-. .. ]dx
^ Ox Ox '
du , dv
b -—
-^i a — -^b~-h... \dy
a( au -— bv -h . . . ) = a -— dx -~- a — dy -^ . . .
' dx Oy ''
-^ b -— dx ~- b -— dv — . ■ ■
dx dy -^
OU enfin
di^au — bv ~ ...,) = a du -r- b dv -r- . . . .
c. 0- F. D.
l52 CHAPITRE VI.
De? même, on a
d{ fn'iv . . .) = «"' • • • du-+- J/(ï' . . . dv -\- . . . ,
ou
</( uviv . . . ) _ ^" ^'' '^"'^
i/rir ... « i^ n' ' ' "
en cli'et, on a
d( uviv ) = —^-^ dx -1- -!^-T dy-^...,
^ dx oy
I au dv 1 ,
d( uvw ) = ( vw ■ • ■ -. — ;- «"' • • • T": "^ • • • i^^-^'
du dv
dy dy
dy
I UU - IIU. , \
= vw . . . \ -r- dx -+- — dy -\- . . . I
/du - du.
\dx ^ dy
-h mv . . . — - rf.r 4- -— rfr + . .
\du dy
c'est-à-dire
d{u.VAv . . .) = vw . . . du -i- Uiv . . . f/r -;- uv . . . d<.v
On verrait de même que
, u V du — u dv
d— — ;
V v^
On a aussi
d'^iu) = 'j^'{u)du,
do , do ,
doiu, V) — — ^ du -1- --^ dv,
' ' ' du dv
en effet,
/ do du d'j dv \ ,
■^ ' ' ~ \àu dx dv dx " ' )
\du dy dv dy /
OU
</ci(M, v) = -rr- du -\- -^ dv.
FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES. l53
VIII. — Principes fondamentaux pour l'application du Calcul
différentiel.
Lorsque l'on veut établir une relation quelconque entre
fies diJU'érentiellcs, on peut toujours négliger, vis-à-vis des
termes d'ordre le moins élevé, les termes d'ordre supé-
rieur, pourvu que les termes conservés ne contiennent pas
d'aut/es i/ijiniment petits que des différentielles.
En effet, supposons que, en négligeant des infiniment petits
du second ordre, on soit parvenu à des formules telles que
A (la -+- B dv -T C dw -!- ... = o ;
celte formule étant vraie aux termes du second ordre près, la
suivante sera rigoureuse :
A du -^ B dr "■- C d(v -»-... -l- s = n,
£ désignant un terme du second ordre; et l'on pourra écrire,
en divisant par dx,
. du di> z _
dx dx ' ' ' dx
du, dv, .... dx étant de même ordre, soit
,. du , ,. dv ,
nra-r- =^ u , hm—r-^=v, ....
dx dx
Quelques-unes de ces limites sont arbitraires, mais, par cela
même, on peut les supposer finies, en supposant, par exemple,
que l'on assujettisse momentanément toutes les variables
indépendantes à recevoir des accroissements égaux à dx,
tandis que -j- tend vers zéro : si bien que, pour dx = o, on a
A ii' -i- B v' -i- C tp' -4- . . . = o,
d'où
A u' dx -{- B v' dx — G w' dx -- . . . = o ;
mais u! dx, v' dx, w' dx, . . . sont rigoureusement égauv kdu.
dv, dw, . . . , car u' est égal à -7-> que dx soit infiniment petit
154 cnAPiTRr: Yi.
ou fini : 011 a donc
\dit -+- B^.' ;- Cdiv -i- . . . = o.
Celte égalité était donc rigoureuse.
c. o. F. n.
Si la quantité Q , + ^2 + fis 4- • • • + ^m + ^ ("^t (V ordre
m-\-\^ Q,, Qo, ..., Q,„ étant respectivpmcnt cVordro 1,
2, . . . /;?, et t d'ordre m + \, 5iQ,, Q^? • • • ''^ contiennent
d'autres infiniment petits que des différentielles et sont
homogènes par rapport à la lettre d, on a
o, = 0, 02 = 0, ..., 12,„ = o.
En effet, d'après ce que nous venons de voir, on aura
l>i = o aux termes du second ordre près, et par suite on aura
rigoureusement Q, = o; donc on aura Qo ^ o ^"^ termes du
troisième ordre près, et par suite rigoureusement Qo = O-
En continuant ce raisonnement, on voit que l'on aura sépa-
rément
Ces principes sont fondamentaux dans les applications
analytiques ou géométriques du Calcul différentiel.
IX. — Remarques au sujet des différentielles totales
des différents ordres.
Soient X et y deux variables indépendantes ; on a par
définition
quand x et y deviennent fonctions de t, la relation précé-
dente a encore lieu, en vertu du théorème des fonctions com-
posées; seulement df, dx, dy n'ont plus le même sens. Ceci
s'explique : dans les deux cas, on représente par c// l'accrois-
sement que prend f quand x ci y prennent des accroisse-
ments dx^ dy^ et la seule différence est que, dans l'un des cas,
FONCTIONS DE PI.ISIEURS VARIAULES. 100
dx, dy sonl indépendants l'nn de l'autre, et que dans l'autre
cas— est égal à -j» les dérivées étant prises par rapport à /;
les termes du second ordre sont, bien entendu, négligés.
Mais d-fnc reste plus le même quand dx et dj- sont indé-
pendants, ou quand ils sont liés l'un à l'autre. En efTet, dans
le cas où dx, dj sont indépendants l'un et l'autre, ils sonl
arbitraires et considérés comme constants; mais, s'ils sont
lonctions d'une même variable, ils doivent subir la difTéren-
liation relative à celte variable, ainsi l'on a
d- f = — — dx- -^ 2 — '- — dx dy -^ --{ dy
•' Ox- OxOy - dy- ^
si X et y sont indépendants, et, dans le cas contraire,
d-f= — — dx- -4- 2 — = — axay -^ —^ dr- - — — d-x -, — — d-y;
■' i)x- iJx'Jv -^ (h"- ' Ox <)y -^
si X était variable indépendante, d-x serait nul, et le terme
'IL
dx
-j- d- X disparaîtrait.
X. — Des fonctions dont la différentielle est nulle.
Lorsque ladijfférentielle totale d' une fonction est nulle,
cette fonction est constante, et cela pour tout V intervcdle
où la différentielle reste nulle, pourvu toutefois que la
fonction ne soit pas discontinue.
En effet, soit / une fonction des variables x, y, z, ... ; si
l'on a df ^ o, on aura aussi
àf , ^df , Of ,
-^ cte -i- -f- dv -^ -f- a- -r- . . . = o,
dx ôy -^ Oz
et, dx, dy, dz, . . . étant indépendants, il faudra que Ion
ait
/ ^ df df df
l56 CHAPITRE VI.
or la dérivée —- est prise en regardant j' et z comme des con-
stantes; la formule -^ : _ o nous montre alors que/est indé-
pendant de X, mais il peut contenir j^ et z^ qui y sont regardes
comme des constantes; l'équation
dx
a donc pour conséquence
y =: fonction de r. z, . . . mais non de x.
) f
Mais, quand à cette formule -j- — o on adjoint les autres for-
mules (i ), on voit que /est indépendant non seulement de a\
mais de j', z, ... ; donc / n'est pas à proprement parler
fonction de ses variables : c'est une constante.
1. On a
EXERCICES ET NOTES.
F (x-y-j .r"' = ¥(m)x"',
F désignant un symbole de fonction entière.
2. Former
(?â^)'"^^-^^-
On supposera (s(x) quelconque; on verra que le résultat est de la
forme Ao'(x)-\-B'y{x)-\-...; on déterminera ensuite A, B, ..., en
faisant '~'{x) = e«^ ou o(x) = x, :r-, . . ., x'".
3. Former
4. On a
dx
(BooLP;, Phil. Transact.; i844)
FONCTIONS DE PLUSIEIRS VARIABLES. i >
r>. W et * dé-signant des fonctions entières, on a
(Bronwin, Cambridge and Dublin math. Journal; 1848.
(). Soit
„ { d . d d\
on a. pour une fonction homogène u de degré m,
Vu-^mu, P-u = m(m — 1)?^, ....
7. Considérons une fonction / de n variables ari, .r^, . . . , x,,; sup-
posons que l'on ait
d" ^ '/ = d"/{ Aidxi + Aidxn-^-...-^ A„ dx„ ),
c'est-à-dire que c?''+'/ soit divisible par d"/; démontrer que d"+^f.
d"^^ f. . . . seront aussi divisibles par ûf"/.
(Darboix, Bulletin; i88i.)
i58
CUAPirUK VII.
CHAPITRE YII.
DES DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET DES FONCTIONS
IMPLICITES.
I. — Préliminaires.
Considérons le déterminant
e =
Si l'on désigne par ô un signe de différentiation pris en
considérant les éléments de ce déterminant comme des
variables indépendantes, le symbole
dd
da,j
sera le coefficient de <7,y dans le développement du détermi-
nant 0, de sorte que, en appelant a/y le mineur obtenu en sup-
primant la i""*-" ligne et la y'"™" colonne, on aura
(_,y>y
ôe
de même
(P6
ÔClij'
sera le coefficient de aijahi dans le déve-
loppement de 0, et cette dérivée sera, au signe près, le mi-
neur de 0 obtenu en supprimant la r'"'" et la /,"'°'= ligne et
layitnie gt \^ /irme colonnC.
On voit ainsi que les déterminants mineurs des divers
ordres de 0 peuvent être représentés, au signe près, par les
DÉTEUMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. l5()
dérivées de ce même déterminant prises par rapport à ses
éléments.
Théorème I. — On a
de
an -.
dttji
de
-ai,-—- -H
Oaji
de
dajn
1 o si i \ j,
\ e SI i=j;
de
de
'- a-ii
(ki-ij
de
. .. : Uni , =
da„j
( o si t ;;■ y,
( e si i — J.
Théoivè.me II. — On (I
d-'-e d'^e
dccij dai;i doii da^j
En effet, le premier membre représente le déterminant
mineur obtenu en effaçant les lignes d'ordre i et A' et les
colonnes d'ordre y et /; le second également, et cela au signe
près. Or, en échangeant dans 0 les colonnes d'ordre j et /, ce
déterminant change de signe; t ; — j dans ces circonstances,
» ° ' daijdaki
est remplacé par -; ; — • : ces deux déterminants sont donc
i 1 dan da^j
de signes contraires.
TnÉORliME III. — On a
()- e d^e
ç~ = 0,
dttij da i,j dttij dai /
car 0 contient au premier degré seulement les éléments d'une
même ligne ou d'une même colonne; ciijakj ne peut donc
entrer dans la formation de 0.
II. — Déterminant du système adjoint.
Conservons les notations précédentes, et posons
de _
avec les quantités a/y on peut former un nouveau déterminant
iGo
CHAPITRE VU.
dont les élémenls formcnl le sjslèinc adjoint du système des
éléments rt,y de 0,
Si l'on fait le produit 011, ou
^11
«12 .
^[ti
«n
«12 .
• «1«
^21
a.,, .
■ <^in
«21
«22 .
• a-îii
a,a
3/(2 •
' <^nn
a,n
«7,2 .
• Clnn
(I)
en ayant égard à la formule
( o si t ^ j.
a/1 «y, ~ a/2 «y2 -H • • • -H ^/« «;« = ^ • •
( e SI i=j.
on trouve pour produit
0 o ... o
o 6 ... o
e
= e«;
donc 0H := 0", ou
H = e«-'.
Considérons en second lieu le produit
H
o0
^11 2^12
rt/M «/;2
elFectuant et remplaçant H par 0"~', on a
e«-i
donc
^11 -'21
o e
(J9
dan
= ai,e«-i;
ce que l'on savait déjà. Considérons encore le produit
rr-e
Oaii Oa-ii
•M\
'■''12
'■^n
«22
a,7i
a/,2
!
O
O
<)
O
1
0
O
«31
«32
«33 .
■ • (lin
«/,!
«rt2
««3 •
■ ■ Cliin
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITKS. l6l
cflVcluant et remplaçant II par 0"~', on a
0"-'
(r-e
Ociii OUiî
«12
o
ai 2 a22
e«-2
d'-e
daii dai2
On aurait de même
02
d^e
dan àaoiàttss
«21 «22
«21 «22
«31 «32
«13
«33
et ainsi de suite.
Ces Ibrmules en contiennent d'autres plus générales. En
efl'et, si nous considérons par exemple la dernière, et si nous
plaçons les lignes d'ordre i, k, p respectivement au premier,
au second, au troisième rang, les colonnes d'ordre y, /, q au
premier, au second, au troisième rang, 0 n'aura pas changé
de valeur, et si l'on applique à la nouvelle forme de B la for-
mule précédente, on aura
02
r)3 0
daij da/ii da^q
on aura de mémo
«/y «// «^7
«/.y «A/ «/.T/
«yy «/'' «/'7
(«)
et
0. -^®-
daij daki
00
«/•y «//
«/.y «A7
r)0 r)0
r}0 ^0
r;0
-, = «/
daij
De ces formules très remarquables, il résulte que, si
0^o, tous les déterminants mineurs du système adjoint
sont nuls, mais a,/ n'est pas nul.
Si, dans la formule («), on lait /.- =y, «= /, on a
Traité d'Analyse, I.
102
CHAPITRE Vil.
III. — Digression sur les déterminants gauches.
«11
« 1 2
(J[,i
«..
«2 2
■ Oi„
««1
Oni .
■ fnn
M. Cayley a donné le nom de déterminants gauches au\
déterminants de la l'orme
e.
dans lesquels on a aij= — aji, an = o. Les déterminants
gauches jouissent d'une propriété curieuse :
Tout déterminant gauche de degré impair est nul, cl
tout déterminant gauche de degré pair est un carré
parfcnt.
Pour le démontrer, nous nous appuierons sur la Ibrmule
(0
d'-&
08
r)e
r)ft
^)8
da„,ida,i-i^,i-i
àcin,it àa,i— 1^,1-1 da,i-\ji da„^,i-i
obtenue ne faisant i^:^j^=n elh:= 1= n — ■ i dans la for-
mule («) du paragraphe précédent; si nous admettons que le
théorème soit démontré pour des déterminants de degré
moindre que /?, il est facile alors de voir qu'il a lieu pour les
à'-e . ^ .
) SI n est pair.
déterminants d'ordre n. En effet
(Ja„„âan-i,n-i
est un déterminant gauche d'ordre pair qui est un carré,
0(1,1 ,1
est un déterminant gauche d'ordre impair qui est nul; alors,
en observant que
^)e
da,i-
i,it
la formule (i) donne
^««,«-1
r)e
donc (:) doit être un carré parfait.
I)f;Ti:UMlNANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. 1 63
Si le ilélcrininaiil gauclie esl de degré impair, il conlicnl les
Icrines ^/,a, (i>';i^ • • • •> ('ul ^^ (loa^ (f^2f • • • ' ff'/./n ^^i se délriii-
scnt parce ([u'ils sont égaux et de signes contraires s'ils ne
sont pas nuls.
Il reste donc à vérifier que, pour n = 2, le déterminant (-)
est un carré parfait, parce qu'il le sera encore pour/« = 4»
/l := 6, .... Or on a, pour /l rrr i ,
e = o;
pour n = 2,
pour /? =^ 3,
0
«12
1
— «12
0
1 ~
0
«12
«1
-«12
0
«2
- «13 —
«23
0
«12-;
t>)
pour
n = 4,
0
«12
«13
«14
e^
--«12
0
«23
«21
— «13 —
«23
0
«34
— «n —
«24
— «34
0
et air
isi de suite
(«13 «24 -i- «14 «23 — «12 «34 )^;
Remarque. — Un déterminant gauche de degré pair et
dont tous les éléments situés d'un même coté de la diagonale
sont égaux à l'unité est égal à i .
La racine carrée d'un déterminant gauche de degré pair est
ce que l'on a appelé un pfaffien.
IV. — Déterminant d'un système de fonctions.
Xi
Soient u^, 11.2, ..., «« des fonctions des n variables
, . . . , x„; on appelle déterminant de ce système de
()Ul
Ùlll
<)Ut
ÔXi
âx-2
OXn
dU2
diio
du.
dxi
dx.
dXn
àu,i
OUn
du,,
dx.
dx.2
dXn
164 cii.vrrTRE vu.
fonctions [ou jacobicn) le tlctcrnnnanl
(t)
dont les t'iéments sont leurs dérivées, et on le représente par
la notation
d( u,. u,, . . . , u„)
dont rutililé ne tardera pas à être mise en lumière.
Quand ^/,, //-^ H/i sont les dérivées d'une même
l'onction it, le déterminant fonctionnel porte le nom de
hessien de la fonction 11, et on le représente souvent au
nioven de la notation II.//.
Thf.oiu:\ie de M. Bertrand. — Le dêiernùiKinl (T un
système de fonctions //|, //o, . . ., 11,1 pcir rapport aux va-
riables Xi, x-iy . . . , Xn est le rapport du déterminant du
système d'accroissements que prennent ces fonctions au
déterminant du système correspondant d'acc/'oissements
infiniment petits des variables.
En sorte que d (X) , . . . , x,i) peut être considéré comme un
déterminant de /i systèmes d'accroissements arhitrairesdonnés
aux variables, et alors d (uf, .... u„) est, aux termes d'ordre
supérieur près, le déterniinant du système d'accroissements
correspondants des fonctions //,, . . . , u„.
Pour démontrer ce théorème, désignons par f/|.r,. d^x■2■, ■.-,
d\Xn un premier système d'accroissements des variables; par
d.,Xi, d,x.,, . . ..d-iXii un second système, etc.; multiplions
entre eux les déterminants (i) et
f/l Xi
d, .r, .
. . f/i or„
d, Xi
d, x-i
■ d, Xn
dnXx
da X, .
a,i x,i
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS KT FONCTIONS IMPLICITES. \C)~)
rclt'iiK'iil a|)|);irleiianL à la /''"" lij^nc et à la y"""" colonne du
pruthiit sera
()ui . Ou,- . , du,- ,
c'esl-à-dire (ljUi\ le produil est donc le délerminanl du sys-
tème des difr<'renlielles ou des accroissements des Tondions;
d'où l'on conclut le théorème énoncé.
Le théorème de M. Bcrlrand a un ij;rand nombre de corol-
laires importants qui ont été démontrés directement par
.Jacobi ou par Caucliy. Mais, en les déduisant du théorème
de M. Bertrand, on développe plus clairement les analogies
des déterminants fonctionnels avec les dérivées. Voici, par
exemple, comment il permet de généraliser le théorème des
fonctions de fonctions.
Soient u^, i/-,, ■ ■• fin des fonctions de 7',, l'o, . . .,j)'«, et
Vi,i'2, . . ..Vu des l'onclions de x^^ x^^ . . ., Xn\ on pourra
considérer w, , //^j • • • i ''« comme fonctions composées de x ^ ,
x-i, . . . , x,i, et il est clair que l'on aura
àiux, Uj u„) _ f)( ui, Uj, u„) 0(yi,y2, •• -,7") .
d{xi,x,,...,x„) ~~ 0(ri,r.,, . ...y,,) fJ(Xi,x2, x,,)'
en particulier, si Ion a «) = x^. 1(2 = Xi, .... on voit que
d(xi,T.2, .. .,xn) à(y\,.r-2, — Vu) ^ j
<^C7i»72, •••.7«) 0{xi,3r,, ...,Xn) ~ '
théorème analogue à celui qui est compris dans la formule
dx dy _
Ty dx " ''
et qui devient évident par l'emploi de la notation dlfleren-
tielle.
On peut également donner une généralisation du théorème
des fonctions composées ou même de la différentielle totale.
C.onsidérons, en effet, n fonctions ?/i, u<>, . . ., u,i de m va-
riables indépendantes j"j, Xo, r,„, le nombre n des fonc-
i66 en API T RE vil.
lions étant suppose moindre que le nombre ni des vaiMables;
donnons aux. variables n systèmes d'accroissements infini-
ment petits. Soient <:/(j:-,,Xo, — :r„), d{x.>iJC2, — ■r„j^.\ ), ...
les déterminants que l'on peut former avec ces systèmes
d'accroissements; soit d(ui, n^, • • ., ««) le déterminant du
système d'accroissements que prennent les fonctions dans ces
circonstances. Comme l'on a
, du,- j dui , du,- ,
aui = -7 — axi -, axo — . . . -^ -r — dx,,,
quels que soient r/X) ^dx>, ...,dx,t, la quantité r/(?/|, 1/2, ...,u„)
sera une somme de produits de déterminants formés avec les
accroissements dx et avec les dérivées — — , en sorte que
dx/ 1
le signe 7 se rapportant aux indices a, |îi, . . . , A.
Si, en particulier, x,, jr^, . . . ,x„i étaient des fonctions de
/i variables /|, /o, . . . , t,i, on aurait
d{ui,U2, . . . ,Un) _ "^ d(«i, M2, u„) d{x^ T\)
d(ti, t.2, ...,t,i) ~ ZdO{x^,xi^, . .. ,x\) d[t,,t2, ...,(„)'
théorème analogue à celui des fonctions composées.
Remarque. — Si l'on avait supposé m<in, on aurait eu
d(u, , «o, . . . , M„) = o ; nous retrouverons ce résultat sous une
autre forme : il exprime que, si les fonctions ?/|. .... ii„ de
ff^to,---, t,i peuvent être exprimées au moven de m «< n
variables Xi, ...,Xm, leur déterminant est nul. En d'autres
termes, si les fonctions «,, . . . ,u,i ne sont pas indépendantes,
c'est-à-dire peuvent s'exprimer les unes en fonction des
autres, leur déterminant sera nul.
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. 1 67
V. — Reconnaître si des fonctions sont indépendantes les unes
des autres.
Quand deux ronclions de plusieurs variables lit et «o ont
leurs dérivées proportionnelles, ou, ce qui revient au même,
satisfont à une relation de la l'orme
dut = Adu-2,
elles dépendent Tune de l'autre; en d'autres termes, a, peut
s'exprimer en fonction de 112 seul; et en effet, dui et du^ sont
nuls en même temps : Ut et u-2 sont donc constants en même
temps, et par suite sont fonctions 1 un de l'autre; la réci-
proque est évidente.
Si l'on considère maintenant un nombre quelconque de
fonctions Ut, u,, • • •- Un, pour que ces fonctions ne soient
pas distinctes^ c'est-à-dire pour qu'un certain nombre d'entre
elles soient fonctions des autres, il faut et il suffit qu'il existe
des identités de la forme
A'i dui — A2 du2 -T- . . . — /t/i dun = o.
Il est bien clair, en effet, i" que toute relation
'^{ui,Uî, u„) = o
différentiée donnera un résultat de cette forme; 2° qu'une
relation de celte forme ayant lieu, dut, par exemple, sera
nul quand du^- • • • , dun le seront, et par suite «j sera con-
stant quand u-^, • . • , i(,i le seront; en d'autres termes, iti sera
fonction de Wo, . . . , Uu-
Plus généralement : La condition nécessaire et su/usante
pour quHl existe ni relations entre des fonctions Ut, Un, • • • .
Un, c'est qu'il existe ni relations linéaires et homogènes
entre les différentielles de ces fonctions.
En effet, s'il existe m relations telles que
F,(hi, «2, Un) = o, ¥i = o, F,„ = o,
l68 CItAPITRE vu.
on aura, cnlrc dii^, (iu^, . . . , l«'s m relalions linéaires et ho-
niOiicncs
-— - dut -. «»> —
-f- - — du,i - o,
dF,„ (Jb',,, à¥,„
- — dui — -- — du.2 -f- . . . -h - —
du,, = o ;
réciproquement, s'il existe ni relations linéaires et homo-
gènes entre du^.du^^ • • ., du,,, telles que
a\dit\-^ «0 dui
a,i du,i — o,
/i dit^ — /o f/»>
. — /,; dun
«1, ...,/,, ...,/„ désignant des quantités quelconques, on
pourra de ces équations tirer du^^ diu, . . . , du,n en fonctions
linéaires et homogènes de du,,,^^, . . . , du,,, et Ton voit que
dui du,,, seront nuls si du„,^i, . . . , du,, le sont; donc
//, ;/„, seronteonstants si ;/,„^(, . . .,?/„ le sont; donc enfin
Uj //,„ seront fonctions de Um+i-, • • ■ • ihi-
c. <;>. F. D.
Ce raisonnement suppose, bien entendu, les relations ho-
mogènes données, telles que l'on puisse en tirer m différen-
tielles en fonction des autres.
On peut encore reconnaître s'il existe des relations entre
des fonctions données, au moyen des théorèmes suivants, au
Ibnd identiques au précédent :
TnÉoRiiME I. — La condition nécessaire et sufjisante
pour qu'entre n fonctions w,, u^, . . . , u,, des variables Xi,
.ro, . . . , x,i il existe m relalions distinctes, est que le déter-
minant
d(u\. Ui,
u„)
C){Xi,X2, .. .,T„)
du\
àui
Ôlll
ÔXi
âXy
Ox,i
duî
diu
àui
ÔXi
dX2
Ox,i
dicj,
Oxi
àu„
OXi
Ox„
DfiTERMlNANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. 169
soit identiquement nul, ainsi que tous ses mineurs jiisquW
ecux de V ordre m — i inclusivement.
\\n efiV'l. si cnlro //,. u-^^ •■•, ii„ il existe m relations,
m de ces «[iiantités resteront constantes quand les n — //?
autres seront rentlues constantes; donc m des équations
diii = o, du -2 — o, . . ., du,, - o
seront des conséquences des /i — ?n autres; en d'autres termes,
ces n équations se réduiront à n — m distinctes; or elles
peuvent s'écrire *
,' àifi , àui , util ,
— dxt -f- - — dxo -T- . . .-.- -, — dx,i = o,
'À/'j OXi ' UX,i
Ou-, , diii , ôi(=, ,
/ ^ ; — - dxx -. — ; — ar.> --...-! '- dx,i = o,
(«) \ Oxi ' dXi - (Jxii '
ôi(„ ()u„ , au-,
- — dxi -- ^ — dx=, -•-...-- - — dx,i = o ;
1 dxi ox-, ' ax„
pour qu'elles se réduisent à /? — m distinctes, il faut que le
déterminant
r)( Ui, 11-2, .... u„)
Ô{Xi,X.2, . . , X„)
D
soit nul, ainsi que ses mineurs jusqu'à l'ordre m — i inclusi-
vement. Ainsi, en particulier, s'il n'existe qu'une relation
entre les u, on devra avoir D = o seulement.
Réciproquement, si D est nul, ainsi que les mineurs jusqu'à
ceux de l'ordre m — i inclusivement, les équations (a) se
réduiront à n — m distinctes; en d'autres termes, ni des
équations dus --^ o, du^_ = o, ... seront des conséquences
des autres, et par suite, m — n des quantités u restant con-
stantes, les m autres restent constantes aussi et sont des fonc-
tions de celles-ci. c. q. f. n.
Théorème II. — La condition nécessaire et suffisante
pour qu entre m fonctions de n variables, m étant plus
petit que n, il existe une relation au moins entre ces fonc-
tions, c'est que tous les déterminants fonctionnels de ces
cil MM TU i: VII.
fonctions par rapport à ni qi(clcon(iiics des variables
soient nuls.
Soient, en oflot, m loiicllons //,, u-i, .... //,„ des n ^ • /« va-
riables j",, j"2i • ■ • . -P« î on devra avoir entre les dififérenlielles
r///,, r///o, . . . une relation telle que
Al du\ — Ao <^/«2 — . . . -T- A„j du,n ■= o,
ou
I Al ^ Ao — •' -f-. . .-r- A,„ , — ) dxi -^ ( A I — -^. . . dxy . . . — o,
\ <U-i ^OX, Ox,nj \ <)X.2 j - '
quels que soient dx^^^dx-^.-, ... : done
duy du=, . du,,,
^7)7 '^ -717 -r- . . . — A,„ - _- = o,
dui ^ dUi _^ ^ . dii,n _
' ÔXn ' ' fJx,i ' ■ • • ■ '" ()j-^^ '
comme A,, Ao, ... ne sont pas tous nuls, il faut que l'on
ait
d(ui, Uo, .... u,„)
<^(-2^x, "î"3, ■•-,•^1)
o,
quels que soient les indices y., |i, . . . , )w Réciproquement,
si toutes ces relations ont lieu, on aura
d{U\, Uii .... 11,11, ^i>i-^-\j 2//î-t-2i • •' ^n)
1 = o,
Cl i^Xi, Xo, • . • 1 -^mi • • • ^n )
'^m+i, • . ..oc/i désignant des constantes; il existera donc une
relation entre lit, Uo, . ■ ., Un et des constantes, cest-à-dire
entre Uf, 11-2, . • • , Um-
c. Q. F. D.
VI, Sur un théorème de Jacobi.
Dans son Mémoire Sar les dé ter nilnanls fonctionnels, déjà
cité, Jacobi est parvenu à mettre sous une forme remarquable
le déterminant de plusieurs fonctions; cette forme a d'ailleurs
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. I7I
éli'î lUilisro [)ar lui dans une circonstance importantf. \ oiri
coniinenl on v parvienl :
Soient u^, ii-, u„ n (onclions des variables Xi,x^, ■••, ^«
indépendanles; imaginons que l'on ait exprimé Us en l'onc-
tion de ^1, .ro, . . . , .r„ ; u-i en fonction de ;/,, jTo, x^-, . . . , x,i\
//:, en fonction de Ut,ii2, -^i: • • • . -^/i-, etc. ; enfin ii,i en fonc-
tion de Ui,U2, . . ., u,i_t,x„; nous représenterons par un d
les dérivées prises dans les hypothèses dont nous venons de
parler, en réservant le à pour représenter les dérivées prises
en regardant x,, X2^ ■ ■ - -, x,t comme seules variables indépen-
danles.
On a
Oui dui ()Ui _ duy f)ui _ dui
Oxi ~ dxi ' ()xi dx^ ' OXn dx,i
et ensuite
(Jxi diii <ixi
()u.> duj dui 0U\
Ox-i dxo ' dui 0x2
• •• étant remplacés par leurs valeurs (i), il
dii-i du\ i)Ui dui dui du\
dui dx-i Oxy dx-2 du Y dxi '
i)iiz du3 du3 dui dii-K f)u2
Ox:i dxi ' du y dxi ' duo Ox^ '
i)ui du, 1 A 'iu'> du=> , I , . ,
or — - = -r— > et de même -— ^ = 7—5 car ces deux dérivées
Oxy dxi 0x3 dx-i
sont prises en faisant seulement varier JC3, u^ ne variant pas
et par suite n'étant pas fonction de J73 ; on a donc
du-i du^ dui fJuy du^ du3 du\ du^ du^
Oxi dui dxi 0x3 dx3 dui dx3 duo du3
mais,
ôui Oui
OXî ' 0x3
vient
(2)
duz
fJXi
et ensuite
'^«3
du 3 duj
Oxi
dui f)Xi
Il résulte de là que le déterminant des dérivées — ^ > ou
172
CHAPITRE Vil.
â( II,, «2, . . . , ll„)
dii\
\l7
J-.,)
csl le produit de deux autres :
1
(IU\ clUi
du I du .,
(tX II (XJC II
dll_^
dxii
c'est-à-dire, en efTecluant,
t)( f/i, f<2! • • • • Un ,
()(j7i,a~2, ..., x,i) dxi dx^ dx-i
I
()
o
I
o
duv^
du%
dui
du.
I
du..
du.,
dui
dUi
dm
dUy,
du
dx=,
dxi
dx
VII. — Définition des fonctions implicites.
On apj)elle fonction implicite toute fonction définie par
une ou plusieurs équations non résolues; ainsi, si l'on pose
f{x, y) = o,
on pourra en général en conclure que r est une fonction de oc,
si celte équation admet une solution, et alors y sera une
fonction implicite de x.
Si les équations
admettent pour différentes valeurs de x des solutions jKi?
j'o? • • • , J>'«5 ces solutions seront en général des fonctions de x
dites implicites.
VIII. — Dérivées et différentielles des fonctions implicites définies
par une seule équation.
Théorkme. — Soit /{x., y) une fonction continue de x et
de y pour les valeurs de ces varictbles voisines de Xq cijKo»
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. IjS
, , . , î)f c 'H /• IJ '
(iinsi (lue SCS (hriK-ees -j- rm Jx, -j- =^ j ii L cquatioii
f{x,y) = o,
supposée satis/aifr pour x ^~- Xq, y=—.r„, cU finira une
fonction y implicilr de x. r///i, pour x --=■ Xq^ sera continue
et aura une tlcri^'ée bien (léterniinée pourvu quefi{xQ^ j'o)
ne soit pas nul.
En eflel, soll /." mie quantité très petite et positive; on
aura
0 désignant un nombre compris entre o et i, et, comme
fi-^oyj'o) est nul par hvpothèse, on aura
/(^o, Jo — A-) = bfi{^^,yo — fJ^"),
de même
fix^,yo — k)-.— kfiixQ,yo — 0' k);
si k est assez petit, /^fx^, j'o 4- 'iA) et /.(xq, j'o — 07.)
seront de mêmes signes que /■i{Xii^ j'o), qui n'est pas nul;
donc, en vertu des deux formules précédentes, /(xq^ Yq -i- k)
elJ{xQ,yo — A) seront de signes contraires. Mais on peut
maintenant prendre h assez petit pour que f{xo -^ h, y^ — A)
soit de même signe que/(^05j'o — A), et que/(xo-^/^,^î'o-^-A■)
soit de même signe que/(^oi >'o -^ A); alors/fa^o-r/ijj'o — A)
et /(.ro -r- /^ Vo — A) seront de signes contraires, et il y
aura une valeur A,, comprise entre -r k et — A-, telle que
f{xo — h,y» — kx) = o;
donc, à un accroissement h suffisamment petit h de x cor-
respondra un accroissement aussi petit que l'on voudra deji'.
Cela posé, en admettant, ce qui est permis maintenant, que
h et A" soient infiniment petits, on aura
f{xQ-^h, y^, — k) = o,
ou, en observant que/(xo,jo) = o en vertu de la formule
de Taylor,
hfi{x^ -^ fi/i, 7o — OA) — k/i(xo — hh,yo — '>k, = o.
174 cnAPiTRK vn.
On lire de là
k _ /,(.r--^0/>. r.-L-O^)^
faisant tondre h et k vers zéro, si /a (-ï"!)? J'o) n'est pas nul.
on a
ce qui démontre le théorème énoneé.
Remauquk. — On aurait pu arriver plus directement au
résultat précédent si Ton avait su à l'avance que r avait une
dérivée; il suffisait pour cela d'observer que l'équation
a lieu identiquement quand y y est remplacé par sa valeur
en X déduite de cette équation même qui sert à le définir; en
différentiant alors cette équation identique et en considérant /"
comme fonction composée de jc et )', on a
dx ' dy dx '
d'où l'on tire
(^ __¥ .¥^.
dx ôx ' c)j''
ce qui s'accorde avec le résultat obtenu tout à l'heure.
JNous n avons pas a examiner ce qui arrive quand j- ou
fiipCo^VQ) est nul, parce q«e -■- ne saurait être nul qu'acci
dentellement; si en effet ^ était toujours nul,/ ne contien-
drait pas j', el/= o ne saurait définir une fonction de y; le
cas où -^ = o doit être considéré comme un cas limite, et l'on
peut dire que j' a alors une dérivée infinie.
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES.
IX. — Dérivées et différentielies des fonctions implicites définies
par plusieurs équations.
Thûorème. — Soient '^{.r,yi, ...,r,i),y[x,yf, ...,y„).
•!/(jr,),, ..., Vf,) Il fonctions continues de .r, ri,j'2, j„
dctns le i^oisinage des valeurs particulières des variables
X = jr", y, ^y\, • ■ - J)'« ='',)? ainsi que leurs dériiées re-
latives à ces variables; les équations supposées satisfaites
pour x = x\yi ^ y\,
(i) cp=o, 7— o, .... Ç> = o,
dé finissent des fonctions y i, y.2, '■■-Jn implicites, mais con-
tinues de Jr, possédant des dérivées bien déterminées
pour\u que Von n\iit pas
f)( o.y 'il)
^0'Î,J1,.---,7,1)
Pour démontrer ce théorème, déjà établi dans le cas d'une
seule équation, nous admettrons qu'il a lieu pour n — i fonc-
tions définies par n — i équations, et nous retendrons au
cas où l'on considère n fonctions définies par n équations.
Si alors des n — i dernières équations (i) on tirejKajJKa, .... y„
l^our les porter dans '^ = o,'i deviendra une fonction continue
(le .r possédant une dérivée, puisque l'on a admis que
)'2, )'3, .... )■„ tirés de /î — i équations étaient fonctions
continues de x^ et pour la même raison de >', ; de plus, ces
fonctions possèdent des dérivées.
En considérant l'équation cp = o à ce point de vue, la fonc-
tion 'ç sera fonction composée de x et de^v, et l'on en dé-
duira la dérivée de y, par le procédé indiqué au paragraphe
précédent, c'est-à-dire que l'on diirérentieraç>=r o, et l'on aura
\dx) ■ \OyJ dx "'''
les parenthèses indiquant qu'il s'agit de dérivées totales prises
1-6 cil A PI tri: VII.
en raisaiU varier j^'o, ru, .... La dérivée -v-' ne pourrait ces-
ser d'cxislcr que .*^i Ion avait ( j-^ ) ::= o; or on a
<
Wi) f^J'i Cr2àyi ' Oy^Oyi Oy^ Oyi'
mais les é(iiiations y i:rz o,. . ., '1/ := o différentiées par rapporl
à j'i donnent
~ àfi ' àyi dyi
àyn àyi '
dà , d'\> dy.2
<^yn Oyi '
M- • ^ '^''2 àv:i
1, en éliminant -^ — ' ! ?
'Cl (>/i
■(9o\ _ d(o,y ^)
donc (— ^ ) ne saurait èlre nul, sans (luoi le déterminant fonc-
tionnel sui\ant serait nul, ce qui est contraire à nos liypo-
thèses.
Quoi qu'il en soit, ce déterminant pourra être accidentel-
lement nul, et ~ sera alors infini, ou indéterminé.
dx
L'existence de la dérivée étant établie, on la trouvera comme
il suit : on difTérentiera les équations (i), en considérant
o, y, . . ., 6 comme des fonctions composées de x identique-
ment nulles, et alors on aura
(2)
di'^''-^,^/^^--
'^dx-^dy,-..
. do .
..-.^^^dy,.-o.
àyn
-^ dx — — dyi ~ . .
\ dx dyx -^^
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. 1 77
on en déduil les valeurs de -^ > -.— » •••; ainsi l'on a, par
exemple,
(h'\ _ _ 'K^, y. '^ ' . t)('v,/ <i)
U- ~~d(a-,,7,,...,7„) ' d{yi,y., ....y,,)'
En dilTérenliant encore les équations (2), on introduirait
les quantités d'-y^, d-j-.j, . . ., d'-}',i et l'on aurait n nouvelles
équations pour déterminer ces différentielles en fonction de
dj i, d).2, ■ ■■• d^y,,', etc.
X. — Caractère des solutions multiples.
Considérons un système d'équations
entrer? inconnues, contenant un paramètre variable /; suppo-
sons ces équations satisfaites pour j", = ii, Xo = ;_,, .. ., t =t.
Quand on changera t en t -i- ot, ;,, ^o; • • • deviendront
;, -r- oXi , ^2 + ^-^12 > • '•■, et Ton aura
OU, en vertu de la formule de Taylor,
(2) -^ 0x1 -f- ^ o.r2 -^ . . . -^ -f- of — E/ = o,
£ désignant des termes du second ordre. Si l'on divise par 5/
et si l'on fait ot = o, ces équations fourniront les dérivées
x\, .r.,, . . . de Xj, .272, • • • relatives à t pour t^-:, cl, en po-
sant
on aura
A =
à(ou
?3
.?«)
àCu
5 ?2
, . . . ,
^.)^
I
r d\
^?<
rJA
ao.
À
«4
, d-
'ÔÎt'
Cela n'aura plus lieu si A = o. Supposons donc que A = <»
L. — Traité d'Analyse, I. 12
1^8 ciiAPiTUE vu.
sans aulrc condition; en mullipliant (2) par — — , en faisant
/^
/ = 1 , 2,3, ... cl ajoutant les résultats, on a
(3) ^^iiiV'^- / o'^\^'
1° En général, le coefficient de ot est différent de zéro;
alors 0^ est du même ordre que les carrés et les produits de
ox^, Ôj:'2, . . .; l'équation (3) peut rcm})lacer l'une des équa-
tions (2); de n — I de ces équations on pourra tirer oj:".>,
8x3, ..., oxn en fonction de oXf, et, en portant ces valeurs
dans (3), cette équation, en négligeant les termes du troisième
ordre, fera connaître deux petites valeurs de ojr,, en fonction
de ht, ou plutôt deux valeurs des rapports -^ pour ot := o;
y OC
donc, quand on aura A = o, deux solutions des équations (i)
seront venues en général se confondre en une seule, ou en
urie solution double des équations (i).
2° Le coefficient de ot dans (3) pourra être nul; tout se
passera comme auparavant, à cela près que les ox seront de
l'ordre de ht.
Maintenant, si A est nul ainsi que ses mineurs du premier
ordre, on pourra des n — 2 premières équations (2) tirer
0x3, ox^,, . . . , ox,i en fonction de ox, et 0x0, en les consi-
dérant comme équations du premier degré, et porter leurs
valeurs dans les équations obtenues en ajoutant (2) après les
avoir multipliées par les déterminants mineurs du second ordre
de A qui éliminent les ox. Les rapports
ox, o.r., oxi 0T.2
^' '^ "" VT^' Vrt
seront alors racines d'équations que l'on pourra, pour de très
petites valeurs de ot, réduire au second degré. En continuant
le raisonnement, on voit que A = o est l'indice que plusieurs
solutions sont venues se confondre : il y a solution multiple.
C'est ce qui explique pourquoi la méthode des fonctions
implicites tombe en défaut.
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. IJQ
XI. — Sur les déterminants des fonctions implicites.
Considérons les équations
/l = 0, /2=:0, ..., fn=0,
entre les variables j>', , jo? • • • j fn et J"i, JC^, • . • , j^^; au lieu de
calculer séparément les j-^ > on peut se proposer de calculer le
déterminant
'Hyi^y-i, •••■,yn)
d{Xi, Xi, ...,Xn)
Pour y parvenir, on difTérentie l'équation /",=: o par rap-
port à X, et l'on a
dxj ' àyi dxj dy^ dxj ' " ' ()y^ ^xj '
d'où Ion tire
-, iLi — 'Vl -^1 -^ Mi ^ ^ ^ è£l ^ .
ùxj dyi ôxj ' àyo dxj ' ' " ' ^y^^ ^xj
Celte équation et les analogues montrent, par l'application
de la règle de la multiplication des déterminants, que l'on a
d{xu X.2, ..., x„) O(yi,yo, ...,7„) d{xi, x,, ..., x,,)'
d'où l'on tire
d(Xi,x., ...,.?■„) cl(jr,,.r2, ...,Xn) ' «^(ji, J2, • • -, Jn)'
formule analogue à celle qui fournit la dérivée de la fonction
y définie par l'équation unique
/(J7,7)=0.
XII. — Formule de Lagrange.
Nous allons appliquer les considérations précédentes à la
démonstration d'une formule célèbre donnée par Lagrange.
1 8o c II A r 1 T II i: vu.
Celle formule a pour bul de fournir les cléments du calcul
d'une racine de l'équalion
(D z=x + t/{z),
dans laquelle z esl l'inconnue. Pour trouver la racine z-, on
peut la développer par la formule de Taylor, en la considé-
rant comme une fonction implicite de /. On a
(^) § = '/■(=) s +/(=»^
celle équalion donne
(3) '' -f^'^
dt ^-tj\z)
(Pz
En différentiant encore l'équation (2), on inlroduirail -t—^
que Ton pourrait calculer; mais en continuant ainsi il paraît
difficile d'obtenir la loi de formation des dérivées de ^ ; on
obtient une formule plus élégante en introduisant dans la
question, comme l'a fait Lagrange, les dérivées de z relatives
à X. En difterenliant (i) par rapport hx, on a
dz dz
ou
dz I
dx i-tf{z)'
la comparaison de cette formule avec (3) donne
dz dz . ^
(4) dï-T.^^'-^^
de sorte que, pour différcntier z relativement à /, on peut se
borner à différcntier par rapport à ^ et à multiplier le résultat
par /(;:). Cette formule peut se généraliser et il est facile de
voir que
dil"^^"' dx\ dx\^'''diy
ce qui se vérifie en effectuant les différentiations indiquées.
On a en effet
,, .dz dz , s ^^-
dt dx ' dx dt
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. l8l
pour la valeur de chacun des deux membres de la l'ormule
précédente. En appliquant cette remarque à l'équation (4),
on a
dl"- "" dl Y^ KLr\ dx Y^ ' dt J
dxY ^ ' dx\
En différentiant de nouveau, on a
1^ -"diliy ^•'\ix\ - dx^ Y ^"Kii \
d^
dfi
et enfin
d't z d"- ' r . , , <:/-
(5)
[/"(-)'£.]
dt" ~ dx'i-^
Pour / = o, cette formule devient
La formule de ïajlor donne alors
bien entendu, celte formule doit être complétée par le reste
i.2...nd^^^ [^"^""'dt]'
où l'on doit remplacer t par Of. Quoi qu'il en soit, il ne sera
pas nécessaire en général de calculer ce reste, et, si t est petit,
on pourra faire usage des termes de la formule (6), sauf à
vérifier que l'équation (i) est satisfaite.
Si l'on appliquait la méthode d'approximation de Newton
à l'équation (i), en prenant x pour première valeur approchée
j • j • tf(-r)
fie ;::,oa aurait pour terme de correction — -—-r, >ou, ensup-
^ i — tj {X) ' t-
posant t très petit,
t/(x)[i -^ tf'ix) -i- r^/Hx) -^ . . .],
l82 CnAPITRE VII.
OU enfin
Employer la formule de Newton, c'est donc employer les
deux premiers termes de la formule (G).
La formule (6) n'est qu'un cas particulier de la formule de
Lagrange, qui donne le développement d'une fonction quel-
conque n(:;) de la racine.
On trouve cette formule en calculant -j- n(^); on a, en
ayant égard à (4),
dV^ dt
et, en général.
Pour / =: o, on a
j— -^ = -, n (x)f"(x) ;
la formule de Maclaurin donne alors
n(^) = n(^) + t[U'{x)fix)] ^ — -j^ [n'(x)pix)] + ....
Nous retrouverons ces formules plus loin en leur donnant
une précision plus grande. Nous n'en ferons pas d'applica-
tions en ce moment, notre but ayant été de donner surtout
un bel exemple de différentiatlon des fonctions implicites.
DÉTERMINANTS FONCTIONNELS ET FONCTIONS IMPLICITES. 1 83
EXERCICES ET NOTES.
1. Si l'on pose
Xi = COS'ii,
T-2 = sin'ii cos'Jo,
T3 = siii'ii sinoo cos'j3,
Xu = siii'ii sin'^2 • . • sin'^„_i cos'i,,,
d( Xi.x-î, . . .,x„)
2. Si l'on a
= sin'îç,, sin"-i'f2 • ■ s'm--^n-i sin-f,,.
(Jacobi. )
«1 -t- Ai «2 -I- Al
X, x^
an — A,
ri, — A, (I , -- A
«« -r- A 2
-^- = '7
«1 — A„ rto— '•«
a., -^ A„
d(a?i,a'2, . . . ,x„) _ A A
àÇ/.i, Àj À;, ) ~ }-' '
A désignant le produit des diiïérences que l'on peut former avec les
quantités a. A le produit des différences que Ton peut former avec
les quantités À, et P le produit des quantités a, -r- ).y.
3. Si l'on pose
a* = rtî cos'I/ sinO, j>' = 6î siu'!/ sinO, ^ = cecosO,
on a
dix, V. z }
4. Si l'on a
Xi X-2
cixi dx-i
= abct sinO.
X n
dXa
d'^-'^Xn
= 0,
l84 CHAPITRE VII.
on a nécessairement, entre Xy, .r.,. . . .,.r„, une relation do In forme
OiTi -h cii-r-y-i- . . .-T- aa^ii = o,
<7i. a.2, . . . , a,i désignant des constantes.
S. Trouver les dérivées des fonctions jkj, j)'2, ... données par les
formules
y". -^ r'I
G. Trouver les dérivées de j cl z données par les formules
y- -4- zy = .r,
x—j--^ ^ = 1.
CHAPITRE YIII.
DES FONCTIONS DR VARIABLES IMAGINAIRES.
LEURS DÉUIVÉES ET LEURS DIFFÉRENTIELLES.
■^ I. — Définition précise d'une fonction de variable imaginaire.
Soient z=zx-{-y^ — i une variable imaginaire, X et Y
deux fonctions de ûc et j'j X+ Y \J — i sera une fonction de
jr+ )'y/ — I ; loulefois, on ne considère en Analyse que les
fondions ayant une dérivée bien déterminée. Cauchy ap-
pelait ces fonctions monogènes. Pour que la fonction
X-f-Yy/ — I admette une dérivée bien déterminée, il faut
que les fonctions X et Y satisfassent à certaines conditions
que nous allons chercher.
La dérivée de X+Y^ — i est la limite du rapport de
l'accroissement de X + Y ^/ — i à raccroissement correspon-
dant dx -\-.cIy \l — I de sa variable, quand dx et dy tendent
vers zéro. La dérivée cherchée peut donc se mettre sous la
forme
,. AX + AYv/^ , ,
lim pour dx = o, rtj' = o.
dx -i- dy \J — I
Si l'on néglige des termes du second ordre, on trouve pour
celte limite
dx -r- dy \J — I
d>X
dx
dx -i. dy -i- i/— I ( -T- dx -\- —- dy ]
dx -1- dy /— I
Cette dérivée dépend du rapport -j- et par suite elle est indé-
i86 CHAPITRE vin.
terminée en général. Pour qu'elle ne soil pas inJélcrminéc,
ou pour qu'elle ne dépende plus du rapport —■> il faut et il
suffit que
OU que l'on ait à la fois en égalant les parlies réelles et les
coefficients de \l — i
r)\ _ ^ <)\ _ <)\
dx ùy dy dx
Telles sont les relations nécessaires el suffisantes pour que
X + Yy — I ait une dérivée; dans ce cas, d'ailleurs, la
dérivée est égale à l'une quelconque des deux expressions
dx I — àx fdX , — d\\ I —
dx ^ dx \ ôy ùy j
plus généralement la dérivée est égale à
f)X , ÙX . , (èX . dX ,
ôx '^y \àx dy "^
dx + dy y/ — I
quel que soit le rapport-^- On peut donc supposer j' et x
fonctions de t et dire que la dérivée est égale à
d\ , â\ , I [dX , dX
dx dy -^ ^ \ dx dy -'
x' -h y' \J— I
x' ç,\, y désignant les dérivées de x et_/ relatives à /, ce que
l'on peut écrire
dt ^ dt ^~'
x' -\-y' sr^\
^\\. — Calcul de quelques dérivées.
Les règles données pour prendre les dérivées d'une somme
d'un produit, d'un quotient d'une puissance, d'une fonction
DES FONCTIONS DE VARIABLES IMAGINAIRES. 1 87
de ronclion, quand la variable est réelle, s'appliquent au cas
où la variable est imaginaire; les dénionslralions que nous
avons données ne supposent nullement la variable réelle : elles
suj)|)0scnt seulement que les dérivées des fonctions sur les-
quelles on raisonne existent, à l'exception de la dérivée
cherchée.
Nous aurons à revenir sur la dérivée des fonctions com-
posées et sur celle des fonctions e^, ûnx, cos j; et logx.
On a
gx-t-;)v'^ _ ea:(co5^ -4- ^ — I sin^),
rf.^-^+.vv^ï ^ [eJ-(cos7— v/^sinj)<^.r — ("(— sinj^-/— i cosy)d}'\
= e^^^y-^ {dx-r- dy y/^) <
I 1 . dv
on a donc, quel que soit -j-?
dx -r- dy \J — 1
Donc la dérivée de e-^est e^ lors même que x est imaginaire.
On a
/ I \ xdx-^ydv xdy — vdx ,
_ ( dx -^ dy y/^) (.r —y y/— i ) _ dx -^ dy y/— i .
x'—y- x^ysj — 1
donc ^ *"*" "^"^-^ LZ'^est indépendant de ^ et a pour valeur
dx -^ dy \J— I "-^
X — J'y/— I
Pour trouver la dérivée de cos a:, on observe que
cos^ = ;
2
par suite,
dcosx e-^""-^ — (.-.n-i
= y' — I = — Sin J".
dx 2
l88 CHAPITIIE VIII.
On trouverait dune façon analogue la dérivée de sinx, de
lang.r, ... qui sont monogènes. On en déduira lacilcment
celles des fonctions inverses, arcsin^, arccosx, ....
Quoique la fonction «■'" soit peu usitée, si l'on veut en
prendre la dérivée, on l'écrira sous la forme C'^ ^"8 '^ et sa dé-
rivée sera logae-^'''^'' ou a^'loga.
La dérivée de .r'" se déduit immédiatement de celle de
logj:, comme dans le cas où la variable x est réelle.
Avant de chercher la dérivée d'une fonction composée,
nous reprendrons la formule de Tajlor et nous essayerons
de la démonli-er pour le cas où la variable est imaginaire.
JlII. — Formule de Taylor.
La formule de Taylor s'applique aux fonctions de va-
riables imaginaires, lorsqu'on les suppose monqgènes. Soit
X + Y \J — ■ I une fonction monogène; sa dérivée
d{x^y\/—\)
étant indépendante du rapport -j-, peut cire remplacée par
^(X -+- Y v/~) , dx + dy v/~
dt ' dt
t désignant un paramètre quelconque, dont x et jk seront
des fonctions arbitraires; si l'on prend / = j?, on a pour
dérivée
r)X àX I •
— -4- — V/— ' •
Ox ux
Il est facile de voir que cette dérivée est encore monogène:
en effet, on a identiquement
Ox \ Ox I dy \ Ox J
Oy \ Ox J Ox\Ox/'
DES FONCTIONS D K VAniAULES IM AG IN AI U E S. 1 89
ce (lonl on s assure on rcniplaranl — par son cfral -— cl
— i)ar ; il résulle de ià que les dérivées successives
<))■ 1 (Kl- »
d'une fond ion nionogène sonl toutes uniques et bien dé-
terminées.
Cela posé, observons encore que, si l'on veut prendre la
dérivée de/(:?) = f(x -hj'\/ — i) = ^ + ^ y/ — ' par rapport
à un paramètre t dont x el y soient fonctions, on aura
(/t ~ ITi ^
d{x-^y^-i)
cU
dl -J^"^ dt
Cela posé, proposons-nous de développer la fonction f{z)
suivant les puissances ascendantes de z. Posons z = rc^^~^
et
/(^) = o(/-) + '^(/-)v/=T.
Les fonctions o et 'b pouvant d'ailleurs contenir 0, que nous
ne mettons pas en évidence pour ne pas compliquer l'écriture,
nous aurons
(>)
|/(^)=ç(o)+r9'(o).
\ . j,. i . . .n
-."(Ir)
•Ko)-
'^'^^^-^•••^r^^TT/^"^:^-'-^
A et [JL désignant des nombres compris entre o el i. Cette
Ibrmule suppose seulement l'existence des n premières déri-
vées dey"(c) pour :; =z o et dans le voisinage de celte valeur.
Or, on a
//(.-)= cp (^)^- v/=:T 'H'-) =/ ('■^'^^'^)
tp"(/-)-^V^—^ '}"('■) — f"(re'>'-^)e"^''-i
IQO nnAPITRE VIII.
portant ces valeurs dans (i), on a
ce qui peut s'écrire
(3)
•^ • ^V/ 1.2.3. ..(/i — 1)-^ ^ '
e-nW-i[on(^lr)^^P^'l"{lxr)].
i . >. . 3 . . . n
Cela posé, soit R» la plus grande valeur que puisse prendre
le module de/"(;) ou de /"(^^^cV" (ce qui est la même
chose) quand le module de :; varie de o à r, soit
on aura, en vertu de (2),
donc
cp«(r) = p cos(a -i- nO),
6''(/-)= p sin(a-4- «0);
donc
et par suite aussi
'f«(Xr)5R„, 6''(|x/-)SR„,
donc enfin
v/[s«(Xr)]2 + [<>«(|xr)]2 ou mod['^''(Xr)-^v/~6"([jL/-)] <R„ /i,
et la formule (3) peut s'écrire
-4-—— R„v/l£,
I I .2.0. . .«
Rrt désignant le module maximum de /''(:;) quand le module
de la variable reste inférieur pu égal à celui de ^ et £ désignant
une imaginaire dont le module est au plus égal à i.
DES FONCTIONS DE VARIABLES IMAGINAIRES. 191
Posons/(r)= F(x -+- z) cl la lormulc (4^ donnera
F{x — z)= F{x)^ zF'{x) — ...
-n-l
- F''-Hx) H -, R„ /iE,
i.2.3...(« — I) ^ ^ i.i.i...n "^ '
R„ (Ic'signanl le module maximum de F(^ + ^) quand la
variable z conserve un module inférieur à celui qu'elle prend
dans la formule précédente, ou, si l'on veut,
R„ désignant le module maximum de F" quand la va-
riable z reste dans un cercle décrit du point x comme
centre avec le module de z pour rayon.
En particulier, on a
(•5) Ffr-f- ^■)= F(a-)-f-^Ri£\/2.
Si donc F'(c) est nul dans un cercle décrit du point x
comme centre avec un rayon quelconque, R) sera nul et
F(^ + z) sera égal à ¥{x), ce que l'on savait. Mais, récipro-
quement,
Si la dérivée ^'(z) d'une fonction est nulle à V intérieur
d'un cercle décrit du point x comme centre avec un rayon
/•, la fonction ¥( z) sera constante dans ce cercle.
En effet, R, sera nul et la formule (5) donnera
il résulte de là que deux fonctions monogènes qui ci l'inté-
rieur d'un contour donné ont la même dérivée ne peuvent
différer que par une constante, puisque leur différence a
sa dérivée toujours nulle.
La formule de Taylor une fois établie et réduite à
ses deux premiers termes permettra de retrouver la valeur
de la dérivée d'une fonction composée dans le cas où la
variable est imaginaire. Il n'v a rien à changer à la démons-
tration que l'on a faite en supposant la variable réelle, et il
192 CnAPITKE VIII.
faul loiijours supposer que les tlcnvécs des fondions com-
posantes sont bien délerniinées.
Il reste à examiner les dérivées des fonctions implicites.
Soit z^=x-\-r\/ — I et ?/ = X + Y^/ — 1 une fonction de
z définie par l'équation
f{l(, z)= o.
Cette équation équivaut à deux, équations telles que
(0
où Ton a
de (1) 1 on tire
f
I ;
mais,
on a
donc
ôx '~~ d{x, \) ' d(X,Y)'
dj^ -~â(x;y)'- â(x,Yy
si la fonction y est monogène par rapport à it et à c.
dx
f)cp
ôX
dx
ày'
ÔX ôx '
d{x, Y) àx ()\ d\ ôx dy 0.\
- d{y,X)- à{X,y)'
d\ ày
donc enfin
On verrait de même que
dX
dY
dx ~
~ 'b'
dX
dy -
àY
dx
La lonclion X + \J — i \ est donc monogcne. L'existence de
sa dérivée étant établie, on la trouvera comme dans le cas où
la variable est réelle, lorsque l'on sait que la dérivée existe.
DKS FONCTIONS DE VAUI.VBI,i;S IMAGINAIIIES. I cj3
>J IV. — Différentielles des fonctions de variables imaginaires.
La diflerenlielle d'une variable imaginaire sera le produit
de la dérivée de celle fonclion par raccroissemcnl ou diffé-
renlicUe de sa variable. La définition de la dérivée d'une
fonclion imaginaire ayant été bien précisée, il ne peut v
av.iir aucune difficulté pour concevoir la notion des dérivées
et des différentielles des différents ordres non plus que la
notion de différentielle totale.
!-• — Traite d'Analyse, I.
CHAPITRE IX.
CHANGEMENT DE VARIABLES.
I. — Changement de variable dans les fonctions d'une seule variable
indépendante.
Le problème appelé cliangemeul de variable a pour but,
étant donnée une expression contenant des fondions, leurs
variables et leurs dérivées, de calculer la même expression à
l'aide de nouvelles fonctions, de nouvelles variables et des
dérivées de ces nouvelles fonctions, les nouvelles fonctions
et les nouvelles variables étant liées aux anciennes par le
mo^en dun nombre suffisant d'équations données.
On a souvent besoin de résoudre ce problème en Géométrie
quand, ayant l'expression dune ligne en coordonnées rectan-
gulaires, par exemple, on veut en obtenir l'expression dans
un autre système de coordonnées rectilignes ou polaires. Mais
le Calcul intégral surtout nous fournira de nombreux exem-
ples de cbangement de variable.
Nous considérerons d'abord le cas où il n'existe qu'une seule
variable indépendante. Dans ce cas, nous allons voir que Ion
peut calculer les dérivées des anciennes fonctions à l'aide
des nouvelles, sans qu'il soit nécessaire de connaître les rela-
tions qui lient les fonctions à leurs variables, de sorte qu'il
suffira d'avoir l'expression des anciennes fonctions et des
anciennes variables en fonction des nouvelles.
Pour résoudre la question qui nous occupe, désignons
j)ar X Tancienne variable et par r l'ancienne fonction (ou
l'une des anciennes fonctions), laissons la nouvelle variable
indéterminée, afin de nous réserver la faculté de la clioisir à
la fin du calcul, et désignons-la par /; représentons par un ù
CHANGEMENT DE VARIAHLES. IQ.)
une (lilTcrcnliellc prise en regardant / comme varialjle indé-
pendante, en réservant le d pour le cas où x est la variable
indépendante.
Je dis que l'on aura
'Il = '!L.
dx dx
Cette proposition a déjà été établie, mais, en raison de son
importance, nous la démontrerons de nouveau.
On a
dy - ' _ ' ,' _ ' . '
v' clt
Or^'^ ; r^est égal à*-î— i-; le numérateur et le dénominateur
de cette fraction sont respectivement égaux à dy et dx\ on
a donc bien
f^ = ^.
dx dx
(2)
Mais on n'a pas
c?- )• _ fT-y
dx'^ dx- '
d-y . , ■
en effet, pour calculer -i-r;? différentions par rapport à x les
deux membres de (2); la dérivée du premier membre est
égale à-pj» celle du second s'obtiendra en prenant sa dé-
rivée relative à / et en la multipliant par -j-, et cela en vertu
du théorème des fonctions de fonctions; ainsi
li y \ Ox J
(Py_ _ \0x] dt_^
^ ' dx^ ~ 01 dx '
mais on a (p. 69), d'après la règle de la différentiation d'un
quotient,
/ 1) ) • , ()-y dx — d-xôy
\ôxj ~ ôx^^ '
de plus, en vertu de (2), -j- = ,— ; donc (3) devient
d-y d'-y dx — d- x dy dt
dx"^ Ot Ox- dx
196 chapitiik IX.
ou, ri''duclions faites,
d-y^ (V-y ().r — d- T r)j-
(4)
dx^ dx^
Pour obtenir ^-^> on difTérenticra le premier membre de
dx^ '
cette nouvelle équation par rapport à j:;; il faudra alors diffé-
rentier aussi le second par rapport à x, ou, ce qui revient au
même, par rapporta /, en multipliant le résultat par -j- — 'j~>
on aura ainsi
^/ d-y àx — d^xôy
d^r \ àx3 / dt
Ix^ ~ di 'ôx''
ou, réduclions faites,
d^y iPy dx* — ù^y rT- x dr^ — 3 ùx^ t)^ .r f)^ ;>■ + 3 dr^ d"- x"- <)y <)t_
'dx^ ^ dx^ôt Ox'
c'est-à-dire
f/3 y o^y dx'^ — d^y d^ x ôx — 3 dx (P x (T-y -^ 3 d"- .r^ dy
^^^ 'dx^^^ ' dx^
d'*y ...
L'expression de -1-^ s'obtiendrait en diffcrcntiant encore par
rapport à x, et ainsi de suite.
Les formules (2), (4), (5) résolvent le problème que nous
dy d^y ^ 1 1 ' r i • 1
avions en vue, car -~-, ——•, • • • sont calcules en (onction de
dx, Oy, ô-x, ô-y, ..., lesquels s'exprimeront en fonction
des nouvelles variables quand on connaîtra x et j'en fonction
de ces variables.
Pour bien faire comprendre l'esprit de la méthode, nous
l'appliquerons à un exemple : supposons que l'on ait
(6) x=u-^i-, y=u — v,
1. 1 , • Il ffv d'^y c .• 1 '^" . I
et f[ue 1 on désire calculer-^ et -r^ en lonclion de — et de
-— -: on déduira de (6)
ôx = Ou -t- dv, Oy = Ou — Ov,
O'-x = 0-u -{- 0^ V, O'^y = 0- u — 0'^ v.
CIIANGKMEXT 1)1- VARIABLES. 1 97
Los formules (2) et (4) donneront
dv au — dv
il)
dx du -+- dv
d\y {fPu — <r-v){du^dv) — {d'^u^()'^v){du — dv)
d.r- i^Ou-hOv)*
on
d\v _ à^' u f)v — (T- V du
^^' 17^ " (^ôu + ôvf
Jusqu'ici la variable indépcndanle / est restée indétcrminre ;
si l'on veut que c soit variable indépendante, on fera,
dans(-) et (8), d-p ^ o, et l'on aura (il ne faut pas oublier que
la variable indépendante est celle pour laquelle la différen-
tielle est constante, et la différentielle seconde nidle)
dy du — dv f du \ / du
dx du -h dv \dv / ' \dv
d^y d^udv d'^u (du
dx- ( du -\- dv }•* dv- ' \dv
Un calculateur non prévenu pourrait déduire des for-
mules (6)
dx = du -r- dv,
d-y = d- u — d-v,
et, par suite,
dx^ ~ {du -f- dvf
Cette formule est parfaitement exacte et la suivante aussi,
d'^y _ (d-u \ / du \- d-v
dx- ~ \d-v / \dv / dv-
mais elles ne nous apprennent rien, et l'on ne peut pas y
faire c^-V = o, puisque x est toujours variable indépendante,
il v a parfois avantage à conserver, dans les calculs, des
formides où la variable indépendante reste arbitraire et n'est
pas spécifiée; ces calculs gagnent en élégance et en symétrie,
mais il y a alors une remarque curieuse à faire, c'est que les
formules ne peuvent pas affecter certaines formes; ainsi, par
exemple, l'expression
d-y dx -\- d- X dy
dx"^
198 CHAPITRE I\.
ne peut pas exister isolément et représenter, quelle que soit
la variable indépendante, une seule et même quantité. En
effet, si l'on suppose x variable indépendante, celte expres-
sion devient — '. ' = -7^,: si l'on change alors de variable et
dx^ dx- °
si l'on reprend l'ancienne variable indépendante arbitraire,
d-r dx — d-.r dv . ^ ^. -j .•
on trouve — = -7— ^ — > qui ne peut pas être identique avec
l'expression proposée; celle-ci ne saurait donc exister pour
une variable indépendante quelconque.
De là un moyen de vérifier les calculs, analogue à celui
que fournit la loi de l'homogénéité en Géométrie; on voit en
effet que, si aucune variable de la question que l'on traite
n'a été prise pour variable indépendante, les formules affec-
teront une forme spéciale, telle que, quand on y fera d'-x^
d^x, ... ^ o, par exemple, on devra retomber sur ces for-
mules en faisant le changement de variable le plus général.
Cherchons encore ce que devient l'expression
(9) R = ^^.
J
dv
que l'on rencontre fréquemment en Géométrie, et où j' = —■>
Il '^'^ ] c ■.
y =^ "T^' l^^'^'^ on V lait
(10) j' = /-cosO, v = /'sin6,
et que l'on prend 9 pour variable indépendante; il faut alors
supposer d'-^ = o.
Pour faire le changement de variable, on doit d'abord
exprimer^' et j^' au moyen des différentielles dx,dy^d-x^
d-y prises par rapport à une variable indépendante quel-
conque, qui sera plus tard B; les formules (2) et (4) donnent
dy „ d- ^ ' dx — d-xdv
y =
dx " dx^
et nous écrivons le d en italique parce qu'il n'v a plus de
confusion possible : R devient alors
d^j dx — d- X dy
CHANGEMENT DE VARIABLES. r 99
Les rormiiles (lo) donnent, en supposant (/-O = o,
dx = dr cos 0 — r sin 0 ^/O,
dy = dr sin 0 -^ /■ cosO c/0,
d^x = rfV cosÔ — 2 drdO sinO — /• cosO f/O^,
f/2^- = f/2r sinO -t- 2 <^/-c^0 cosO — r sinO t/O^;
et, en portant ces valeurs dans (i i), on trouve
(^/,.2_,.2f/02)J
rdhdH — id/'d^i — r^d'P
Nous ferons ee calcul d'une manière plus simple dans la
théorie géométrique de la courbure.
II. - Du changement des variables indépendantes dans une fonction
de plusieurs variables.
Le problème à résoudre est celui-ci :
Etant données la fonction de X\^ x^, • • ., x,/^
Il =/(Xi, J-o, .... X,i)
et une suite de relations, telles que
(i) 'i(\ri,j"2, r„; Vi-,}'!, .)'«) = "-
permettant de calculer les x en fonction des r, ou les yen
fonction des x, relations au nombre de n, on pourra con-
sidérer u comme une fonction des y et poser
Il = F(j-,, Vî, .... ^v„);
on propose de calculer les dérivées de u relatives aux va-
riables X,, X-2T • ■ • , x,i en fonction des dérivées de u rela-
tives aux variables r, , r,, .... )■„.
Nous dénoterons les premières dérivées (relatives àx, . . . ,x„)
avec la caractéristique 0', nous dénoterons les autres (rela-
tives à >', ,v.,, . . . , )',/) avec la caractéristique d; celte manière
de distinguer les deux espèces de dérivées est tout à fait néces-
200 CIlAriTHK I\.
sairc quand, parmi les variables j-, il y en a qui figurent dans
. , . „ du du
là suite .r,, .ro, . . ., .r,,, et nous verrons bientôt que -^ ^^ ~u.
sont en général distincts.
Cela posé, on peut regarder u eomme une fonction com-
posée dejT/; en eiret, «^F(j',, Vo, ...,)■„) et r,,jK27 •••jj^'//
sont fonctions de jr,, Xo, . . ., x,i et en particulier de xi; si
donc on différentie a comme une fonction composée, en lais-
sant les X constants, à l'exception de Xi, on aura
au _ du dj'i du dj2 du dy,i
ôxi ~ dvi àxi dVi dx, ■ ■ ■ c/j',i ùxi
Cette formule résout la question pour le premier ordre; -r—
est calculé en fonction de -r- ■> •••j -i— ■> c^^' l^s dérivées
dyi djn
—-^> -r^ 1 ' ■ ■ se déduisent des relations (i).
oxi axi ^ '
Il y a parfois avantage à procéder différemment. En consi-
dérant M = F(^,, . . .^Xn) comme fonction composée dejK/,
on a
du du dxi du dxi
dy'i àxi dj'i ÔX2 dji
Si l'on faiti= i , 2, 3, ...,/?, on a /i équations du pre-
^ , du du ,, ,1
mier degré en - — > - — , • • - que l on pourra résoudre par rap-
port à ces inconnues. Cette méthode sera avantageuse quand
les X seront donnés explicitement en fonction des )'. La pre-
mière méthode, au contraire, devra être préférée quand les
y seront donnés en fonction des x.
Je passe maintenant au calcul des dérivées - — ; — en fonc-
A OXi dXj
tion des dérivées -, — ; — Reijrenons la formule (2)
dfidyj J
du _ du dfi du dy„
dxi ~~ dyi dxi ' ' " ' cly,i dxi
Chaque terme du second membre peut être considéré comme
une fonction soit simple, soit composée, de Xj par les j'; en
différentiant alors par rapport à Xj et en écrivant, pour plus
cil AN GEMI' NT DE VARIABLES. 501
de clarlû, dans le second membre, sur une même ligne, les
dérivées de chaque terme de (2), nous aurons
')-// _ (l- H f)yy ùyx d- u i)y\_ ()yn _^ du d'^ji
Oxiôxj ~ dyi ôXi ôjj '" (O'idjn OxiOxj dji ()Xi()xj
-f-
d-u dy,, àyx d-u dvn ày^ du^ O'-yn
' dy,i dyi dzv dx} '" dy% Oxi ôxj dy,, àXi ôxj
Cette formule résout la question pour le second ordre, et
ri- V ■
les dérivées — '-^-^ se déduiront des formules (i). On pourrait
ôXjOxk
aussi suivre une méthode analogue à la seconde, que nous
avons donnée pour le premier ordre. Nous ne pousserons pas
plus loin celle théorie qui, pour les ordres suivants, donne-
rail des formules de plus en plus compliquées. Passons aux
applications.
III. — Première application des théories précédentes.
Les fonctions isotropes de Cauchy.
Pour bien faire comprendre les théories exposées au para-
graphe précédent, nous ne saurions mieux faire que de les
appliquer aune théorie développée par Cauchy à propos de
ses travaux sur les vibrations de l'éther {Nouveaux Exer-
cices).
Cauchy appelle fonction isotrope une expression qui ne
change ni de forme ni de valeur, quand on fait une trans-
formation de coordonnées en passant d'axes rectangulaires à
d'autres axes également rectangulaires, sans changer d'on-
gine. Les formules de transformation en question sont
S.r= «; -{- br^ -^ c'i, ; = ax -.-a'y-+- a"z.
y = o'ï -1- b'r^ -i- c"C, r, = bx^ b'y-^ b"z,
1 ;: = a"ç -H ^"r, ~ c"Z, ^ = ex -i- c'y -i- c" z.
Entre les neuf cosinus a, b, c; a' , h' , c ; a" , b"^ c" , il existe
des relations bien connues dont nous ferons usage, mais qu'il
est inutile d'écrire.
202 CHAPITRE IX.
Cela posé, considérons l'expression
^■= (S)'- (!'''- '■^'"'
du\ 2 / du \ '■
(]ue Lamé appelle le paranièti-e diJJ'érenlicl du premier
ordre de la fonction u de x,v, z; il est facile de \oir que
cette fonction est isotrope. Faisons, en eflet, le chanj^enient
de variable (i), nous aurons
du
du dl du dr, du dl
—
— 1. ] . ! _t_ 1 •
dx
dl dx dr^ Ox d^ dx'
(2)
mais des formules (i), résolues par rapport à ç, /, , w, on tire
donc
dx
= rt,
dx dx
1 du
i dx
= a
du , du du
dq d-q d^
] du
= a'
du j, du , du
d\ di] d^
1 du
= a"
du ,,, du „ du
-7f -\-0 — -\-c --•
d'r ,>rj d^
(3)
En élevant ces formules au carré, en les ajoutant et en
ayant égard aux relations
«--^ «'--7- «'- = I, ab -^ a' b' — a" b" = 0, ...,
on trouve
[J:?) ^\dj-) ^\Tz) ^l,^/ '^[d^rj '^[dl) '
la fonction U| est donc isotrope.
Considérons encore l'expression
d- u d- u d- u
- ~ dx^ "^ dy^ ^ dz^ '
que Lamé a rencontrée souvent dans ses recherches de Phy-
sique mathématique et à laquelle il a donné le nom de para-
mètre différenUel du second ordre de la fonction //.
Effectuons le même changement de variable que tout à
CHANGEMENT D K Y.vniABLKS. 203
,,, , rp 1 1' I o 1 r '^" '^" '^" 1
1 liciirc; acelellet, les lorinulcs ( J) donnant -r-' t"' t" ' cal-
' ' ^ ^ ôx oy Oz
(liions — T' et' pour cela, dilTérenlions la première de ces
Ox- I ' 1
formules (3) par rapport à .r ; nous aurons
<)
dx
ou bien, en remplaçant ;r"' y^' y^ P^'' leurs valeurs a, A, r,
<>• H , '^- u , , ()- jt d^u , à- H i)- Il , d- u
= a- h b- —— — c- -^ -T- 2 uc - — ■ — ~ 1 ca - — ^ — r- 1 ab
Ox- Ox- Oy- Oz- ' OyOz OzOx OxOy
Les valeurs de — -, -r— r s'en déduisent en accentuant une
oy^ dz^-
fois et deux fois les lettres r/, b, c. En ajoutant les formules
ainsi obtenues avec celle-ci et en ayant égard aux relations
a--r- a--\- a"-^ \^ ab -\- a' b' -{- a!' b" ^ o, . . . , on trouve
0- u 0- u 0- Il _ 0- Il 0- u à- u
et la fonction Uo est isotrope comme U,.
Cauchy a indiqué le moyen de former toutes les fonctions
isotropes; nous nous bornerons ici à en signaler quelques-
unes, ce qui constituera toute une série d'exercices sur le
changement de variable.
.r, r, :; et .r', y', z' étant les coordonnées de deux points
de l'espace, les fonctions suivantes sont isotropes :
x^-^y'^-hz'-, xx'-^yy'^zz';
, Ou , Ou , Ou Ou du Ou
Ou Ou Ou Ou Ou Ou 0- u 0- u 0" u
Ox Ox' Oy Oy' Oz Oz' Ox Ox' Oy Oy' ' Oz Oz' '
d'ailleurs, en examinant avec attention ces formules, le lecteur
poun-a bientôt écrire une infinité d'autres fonctions isotropes.
30 4 t:ii.vriTiiE
IV. — Changement de variable dans le cas où l'on change à la fois
les fonctions et les variables indépendantes.
Le problème du cliangcmenl de variable considéré dans
toute sa généralité peut s'énoncer ainsi :
Etant données m + n relations
(') /l = 0, /2=0, ..., /,„+„= O.
entre m fonctions y t^ Vo, ...^y,nde n variables x,, x.,, ...,
x„, et m autres /onctions r, ,, y,.,, . . ., r,m de n nouvelles
variables ç,, ;o, ..., ç„, calculer les dérivées des r par
/apport aux x en fonction des dérivées des y, prises par
rapport aux ^, et vice versa.
Ce problème, comme on va le voir, peut se résoudre sans
qu'il soit nécessaire de connaître les relations qui lient les
)' aux X. Au fond, il coïncide avec un problème déjà résolu,
celui qui a pour but de faire connaître les dérivées d'une
fonction implicite. En effet, les équations (i) peuvent être
considérées comme définissant m + n fonctions implicites de
J^i, JCo, . . ., jc„, savoir ^,, r,, . . ., ;,, et j-,, jio, . ..,j-,„, les r,
étant des fonctions des ç dont on peut supposer les dérivées
données. Ce que l'on veut, ce sont les dérivées des j-; ce sont
les seules que l'on calculera; il faudra éliminer celles des \.
Ainsi comprise, la question est résolue par ce qui a été dit
plus haut; on différentiera les m -\- n équations (i) par rap-
port à .r,, x-^, . . ., Xa et'l'on obtiendra, en particulier, en
difrérentiant/,= o par rapport à Xj,
On aura (m-^n)n équations pareilles à celle-ci, donnant
les mn quantités j-^ et les n- quantités -f^; ces n- quantités
n ont pas besoin d'être calculées : on pourra les éliminer, et
CIlANGE.MtNT I)i: VA m A BLE S. 205
l'on aura les rcsullals en fonclion des dérivées des -j.- et des
dérivées partielles des y dont on j)Ourra éliminer les x et les y
au moven des formules (i).
Si Ton difFérenlie de nouveau les équations (2) par rapport
à X,, x-i^ . . ., .r«, on introduit les dérivées secondes des r,
par rapport aux ç, et l'on peut calculer les dérivées secondes
des ; et des j' par rapport aux .r; comme on n'a pas besoin
des dérivées des ^, on les éliminera pour ne calculer que celles
des^', et ainsi de suite.
Le changement de variables, dans le cas général, conduit
à des calculs parfois inextricables; il convient de n'en user
que lorsque l'on y est contraint. Nous allons nous borner à
traiter deux exemples très simples pour faire bien saisir l'es-
prit de la méthode.
i'^ Etant données les équations
i~r = a ; -r- 6 T, -4- c "Ç,
Il y . 1-1' If V
z = a \ ^ o r, -^- C L,
1 1 1 , ' • > '^z dz 0-z 0- z-
calculer les deruees p ^ -— , a =z --, /• =^ - — , s^
Ox -' dj Ox- OxOy
t = —-r en fonction des dernees p = -i, a = -^, /■ ^ — -■,
Oy- '' ^ Oz ■' àr, 0^-
OK ,, ÔK ,-, ■ j ''
S = -jr-jr^ l = — TÎ o^^ suppose qu il existe entre les quan-
tités a, b, Cj ... les relations qui lient entre eux les neuf
cosinus d'une transformation de coordonnées.
DifTérentions les équations données (3) par rapporta ç et r,,
en considérant :; comme fonction composée de ; et 7, par x
et )■ ; nous aurons
<4)
Ox ,
-=a + cp,
àr
c'p'
Or,
cq
dx Ov
a"—c"p',
Or Or
" Or, ~^^'or,~
b"^c''q';
2o6 CHAPITRE IX,
,,. . t).r dy àx dy ,
SI, cnlro CCS six cqualions, on climine -rf > -rr» -^ > -f- dont on
' 1 ' t', yç "''( "■'"i
n'a pas besoin, on trouve
on' -^ 6«' -i- c a'/)' -h- b' g' -h c'
(5) p=-^, TTT-l 7,' q^-ir-, TT^^^ 7,-
Passons au calcul des dérivées secondes. La règle générale
nous apprend qu'il faut différenlier une seconde fois les for-
mules (^3), ce qui fournit neuf équations nouvelles. On obser-
vera qu'on les a déjà différenliées une fois, ce qui a fourni les
formules (4); il suffira donc de dilïérentier celles-ci par rap-
port à ^ et T, , ce qui, en apparence, fournit douze équations;
mais il faut remarquer qu'une même équation peut être fournie
t)-X
deux, fois; ainsi celle qui a pour premier membre — — ^ peut
être obtenue en différentiant par rapport à r^ celle qui a pour
premier membre -r^-, ou par rapport à ^ celle qui a pour pre-
, ôx
mier membre - •
rrr,
Entre les neuf équations clislincles que Ion obtient en dif-
férentiant (4), et qui introduiront les inconnues nouvelles ;•,
d-x â-x â'-x d-y d'-y à-y -i- • i • i
•^> ^ -TVT' 1—:?' ^-^' 377' 3-^' -TT' O" éliminera les six der-
nières et l'on aura /", .9, / en fonction de /■', .v', t'.
Mais, au lieu de recourir aux équations (4), on peut dif-
férentier les équations (5), qui en sont des conséquences et
dx . ■ ...
dont les quantités -){'••• ontété éliminées, cequi n'introduira
f)-X
pas les inconnues nouvelles —j:; ; •••; le calcul sera ainsi un
peu plus simple et l'on aura, en différentiant par rapport à ç,
la première équation (5),
dx dy ( nb" — ba"){ r q' — s' p')-^ r'( ac" — ca" ) — s'( br" — cb")
'ôl àl" {a"p' -^ b"q' -^ c"y-
011 bien, en avant égard aux relations l>' c" — c'b"=-a,
b" c — cb" ^ a\ ....
dx dy c'is'p' — r' q'\ — s' a' -h- i-' b'
p _i_ g -il- =^ i £ C ,
fJl ■ d^ {a"p'^ b"q' -^ c")-
CHANGEMENT DE VARIABLES. 2O7
Cl de mcinc, en difTcrcnlianl par rapport à r,,
dx dv c'(t'p' — s'q') — t'a'-^s'b'
Or, Or, {a" p' — b" q' -^ c" )'-
On pcul se contenter de dlfTércntier une fois la seconde
équation (5); toutefois, en diflcrentiant par rapporta ç et à r,,
on trouve
()x dy cir'q' — s' p' ) -r- s a — r' b
^~ôl^ 'ô\ ~ {a" p' -\- b" q' -\- c"f '
ÔT dv c(sq' — tp')-i-t'a — s' b
Or, ' Or, {^a" p' -\- b" q' -^ c" f- '
trois de ces quatre formules donneront /•, s, t quand on v
, , Ot Or Or Ov , , , ,,
aura rcniniace — r^ -r ; — ^ — par leurs valeurs ( 4)-
• 0' <)' Or. Or 1 ^ '^
Rkmauqve. — On aurait pu diriger les calculs autrement
et différentier les équations (3) par rapport à ût et à ) ', ce
qui aurait donné
O.v Ox ' ■' Ox -' Ox
,,. . , . O''- 0"' Or^ <)r
en eJiinmant entre ces équations -r^i --^y — 5 ^' on aurait eu
1 Ox Oy Ox Oy
des relations entre />, ^, />', q' qui auraient permis de cal-
culer deux de ces quantités en fonction des deux autres.
En différentiant une seconde fois par rapport à r et 1', on
aurait trouvé d'autres relations donnant /•, 5, t en fonction
de //. q' . /■', .?', /'
2" Elanl données les relations
I a" = /• sinO cos-!/,
( 0 I • y = /• si II 0 i\wl.
\ z = /-co«0,
qid permettent de transformer les coordonnées ordinaires
X. y, z d'un point en coordonnées polaires r, 0, •}, on pro-
pose de calculer les dérivées — = />. — ^ r/, -^ = /•.
' Ox ^ Or -' Ox-
oo8 CIIAPITUE 1\.
=5, -; — ^ t, . ... en onction de r. 'J, o et cie -t.,
()xOy ' dy^ ' ./ ' ' . j\)
<)r
^'
Conformément à la mélliode qnc nous venons d'exposer,
difTércnllons (G) par rapport à 0 et 6 ; nous aurons
().V '^/" • A 1 Al
— r = , sinO coso -i- /'CosO coso,
Jj- f^/' • A I • ft • I
— - =— pSinOcoso — /• ?Mi(J sinO;,
')k ()r . . . , A • I
— = — 7- sinO siii'L - /• sin 0 cos'!^,
^^ = ^^0^^-'-^'"'^'
f)j" dy àr ,,
on lire de là, en éliminant ^> -b:? tt ^t tt' l^s valeurs sui-
' oxi 0^ d'h o<J^
vantes dey? et ^ .'
(7)
( Dp = r ^T- sin6 cosO cos'!/ — r —r sin-!/ — /--sin-O cos'l/,
ou
Dor = /'-r sinO cosO sin-i + r — r cos 6 — /-^sin^O sin'V
\ -' du ' d'I/
Pour obtenir les dérivées secondes de z, on peut difTércnlier
les équations (7) par rapport à 0 et '}; les premiers membres
deviennent
ÔV> „/ ôr ôy\
0^^ \ d^ 0^
()D
'7 + D(/^-^Jôj;
niANC. EMK NT DE VARIABLES. 209
, ().r ÙT f)y ily , , , r, ,
en V fcmi^larant -^ > -tt-j "^ el -jy par leurs valeurs (.5), cl p,
q par leuis valeurs (7), on aura des équations permettant
(le calculer /•, 5, f ('). Il y aura, si l'on veut, une ccjuation
rentrant dans celle-ci en différentiant la seconde formule (4)
par rapport à y.
Il serait difficile de choisir des applications plus simples
du cas où l'on change à la fois la l'onction et les variables
indépendantes. On voit que les calculs, théoriquement fort
simples, conduisent à des résultats compliqués dès que l'on
dépasse le premier ordre; aussi le changement de variable
doit-il être évité quand cela est possible.
V. — Autre méthode pour le changement de variable.
On a proposé une autre méthode pour le changement de
variable; elle ne diffère pas au fond de celle que nous venons
«l'indiquer, mais elle présente quelquefois des avantages dans
les applications.
Elle consiste à identifier deux expressions de la différen-
tielle de la fonction que l'on soumet au changement de
variable.
Supposons, pour fixer les idées, que l'on veuille calculer
Jes dérivées -— » -— en lonction des dérivées -^, ~^: x, y, z-
étant liés à ^, Tj, ^ par trois équations.
On écrira d'abord
7 ^^ F dz ^
< I ) dz= - dx — ■— dy;
ôx dy -^
d'un autre côté, on a aussi
dz
'■'■' --^
z dz dX,\ ,, /dz dz c)^\ ^
(') La Icllrc /• désigne ici à la fois le rayon vecteur cl la dérivée 1
dx-
mais il n'y a pas de confusion possiljje.
L. — Traité d'Analyse, I. i^
2tO CHAPITRE IX.
SI, dans (i), on remplace dx et dy par leurs valeurs, on a
dx
OU
f ùx ,^ dx , àx \ ()z /())' y ôy <b' jy\
(^ ^^^ -^ 5^ ^^' -^ cT^ ^^ j ^- c^r (^ '^' "^ 4 ^■'^ ''" '^rv
dz [/dx dx di:\ „ /dx dx rjrx , 1
identifiant cette valeur de dz avec (2), on a
dz dz d^ _dz rdx ^ ^1 _ ^ f^T ^ ^1
^-^dC^a^^L^^ '^ ài; d^i ' dyld'^^ dZ à^\
dz dz dl:^
dy\ dZ, dr^
_àzrdx dx d^i dj_l(>.y _^dy ^1 .
~dildri^dti dTi]'^ dy \'&r^ ' 'dX, dr^ J '
,, , ,, . dz dz d^ àt, c r 1 i
d ou 1 on lire -v- et t- ou -^-, 3^ en fonction les uns des
dx dy aÇ dr,
autres.
La même méthode s'applique aux dérivées secondes : on
peut calculer d'-z de deux manières. Ainsi
d'^z d^z , , f^-- , „ àz ,, dz „
d-^z = -—- dx"- -f-2 - — T- dx dy — —— dy"- -~-^ d^x -\- - d^y,
dx-^ dxdy "^ dy^ "^ dx dr^
mais
f>-^ ,y. à-z ,y . d-z j . d"-z dz
Ces deux expressions peuvent se ramener toutes deux à la
forme
P f/^2 _^ 2 Q dl dt, ^r- W dn\
et, en les identifiant, ou a des équations d'où Ton pourra
dK dK d^l ,. . 1 d^z d"-z d'-z
tirer -;—"-» -r^, ^-^ en fonction de - — pj y^,? -.--,1 ou vice
d^Or, dl- dr/^ dxdy dx- ày'-
versa, —
CHANGEMENT DE VAUIAIJLES.
VI. Quelques changements de variables effectués au moyen
d'artifices particuliers.
Trainsformatioin de Legendue. — On pose
u = px -^ qy — z,
dz dz <r-z <r-z <Pz
o.r Oy or- Ox Oy oy-
et l'on demande de calculer p, </, /•, 5, t en prenant pour
fonction u et pour variables p, q.
On a
du = p dx -^ q dy — dz .- x dp -{- y dq
OU, en vcrlu de dz ^=^ p dx -r ^ dy^
du = X dp -hy dq ;
on en déduil
du du
X — --1 y = - .
dp -^ dq
Des formules
dp = /• dx — s dy,
dq =^ s dx -7- t dy,
on lire
^^^tdp-sdq^ ^^^^r-dq-sdp
donc
, ' dy
rt — A- ^ rt — i-
àx _d'^u _ t
dp dp- rt — 5-
dx _ dy _ d'-a — 5
dq dp ôp Oq rt — 5-
dy _d'^u _ r
dq dq- rt — s'-'
d'où l'on peut réciproquement tirer ;•, s, t.
On a
en posant
-r — -0 = r't' — s"^,
rt — s-
d^ _ , d'^u , d-u ,
dp^ ~ ' 'Oq^i ^' ' ~0p~d7ji ~ *
212 CHAPITRE IX.
donc
/■ = r-, 5 -ï = -7:: r~. ' t ^= Tl Tw
«2 — r ( s- — r t s^ — /■/
Étant donnés p = \;]r 7 = £' '* = ;â7^ ' =^ c)^i)> ^'
t = —, on demande de calculer les dérà'ées dey relatives
à X et z.
dz
= P
dx —
(i(fy^
dy-~
dz
__P
dr-
ùy _
dz
I
dy
dx
__P
<7
On a
d'où
donc
En second lieu, on a
d-z — pd-T -f- q d-y -1- r dr- -^isdx dy -^ t dy-,
ou, si l'on fait d-z = o, d-x = 0, dy = -^ — - dx^
o = q d-2y -rdx-^-'^sdr(^'^-P^dr)-^t {^'^ - ^^ dxf .
Résolvant par rapport à d-y^ on en conclut
d^-y
=
-'.i
1
r ~
-.sP--
7
^
1'
(Py
I ,
(9. s
P
\
ôxôz
^^
-î'
v7
t
)'
d\Y
I
ôz^
^^
~¥'
t-
VII. — Sur quelques formules destinées à simplifier le changement
de variables.
Soient Xf, X.2, ..., ^n et 7,, y.,, 7» deux systèmes de
variables liées entre elles par «équations; posons, en général,
dy, ÔTj
cil AN ci: ME NT 1) K Y AIMABLE S. 2l3
Il csl facile de voir- (|iic Idii na pas Hijbij -—- i; mais,
enlre les <//y cl les A,y, il existe une série de relations (jue
nous allons faire connaître. On peut considérer j', comme
fonction des )„, piiis<|iril est fonction des X et que ceux-ci sont
fonction des y. Le théorème des fonctions composées donne
^ ou o == -^ — -~ ^" ^2 _^ _!- -^-^ ^ .
i)yj Oj\ Oyj ôxi Oyj Ox,i Oyj
z>\ j yi et SI i =^j ,
ôyi ^ dxi Oyi ôx,_ Oyi •• oxn dyi '
ces formules peuvent s'écrire
(2) (lii bxj a^bij ... -ciinhnj^
On a, dune façon analoj^ue,
( ;i ) hjx aij - bri a-ij - ... — bin a,ij =
(o si i j),
(i si i^j).
0 si i ^y,
1 si i = j.
Telles sont les relations qui lient les dérivées des j' aux déri-
vées des .r; nous [poserons
P = S r^ a,., «.,2 • ■ • ttnn, Q = s =1 6i, bii ... b,ini
et nous aurons PQ = i ; cela résulte de la formule
<^(.Ki..r2> •••,.>'«) à{x^,0Ci. . . .,jr„) _
d(3",,.r2, ...,.r„) t*(7i,72, .■•,7«)
Les formules précédentes ont été données pour la pre-
mière fois par Cauchy. Nous supposerons, dans ce qui va
suivre,
( 4 ) a, 1 «yi - «,2 «y» — • • • — «/« cijn = O ( i)our i ^j ),
(5) aft -f- a,', — . . . — al, = hj.
Ce cas se présente souvent dans les applications; on a alors
2l4 CHAPITREIX.
D'un autre côlc,
j, (Iyi = «11 ^''i Oiidxi — . . .-^ aindx,,,
'-> •■
' c/y„ = a„\d.Ti — a„2 dx^ -r- . . . -^ a„„ dx,i ;
/ dxx = 611^)1— bi^_dy,^...^bxndyn,
(8)
l dx,t = b„idri — b„îdj:2~. . . — b„ndj'„.
Si, pour abréger, on pose
!ai = «11?! — a2i?2 — ..•-^««1?/;,
3C^ =^ «l» Pl — fltof) pg -T- . . . -f- Cl/i') ~>it^
1„ = Uin Ji ^- a^ii p^-i- • . .-i- d/iri p«!
on constate qu'en vertu de (4) et (5) on a
(10) aï-^a^-^...— a;, = /q ;3^ -^ A^ ^^ _^. . .-f- /i| p;,;
mais de (9) on tire
Aj 3i = aiiXi-;- aia^o-T-. . .-T- ai„a„
hl 82 = «21 ai -+- «22^2-^- • '-^ Oîn'^ll:
Portant ces valeurs dans (10), on trouve
-H TT («21^1-7- «2222 — . . .)--^...,
ho
ce qui donne, en égalant de part et d'autre les coeifîcients
des mêmes puissances et des mêmes produits des a,
(il) «j/«iy — aattij — . . .- a„ia„j= o,
(12) — a'i, — — a;,- . .. — a^,= i;
ni h-, h;,
si alors on multiplie la première équation (7) par -—; a,i, la
"ï
seconde par — ^ «o,, ... et si l'on ajoute, on a
— ï f^Vi -■ -, <^Y=> --•••= dxi.
CHANGEMENT DE VARIABLES. 9a5
el, en comparant celte lormule avec (8),
(ij) -Jl^bij ou aji-h)bij.
h-j
Les équations (1) et (5) donnent
( i4) f^ïjbu— l>îibij — - ■ ."bnibnj— o,
(i5) bij— blj — ...-{- bf,j^- hjK
Nous poserons
(17) Ao « = — j -; -, -;-... -r- — ^ >
et nous nous proposerons de calculer A, w et \-,ii en fonction
des >'. Nous avons
/ du Ou du du
dxt dyi dy^ dy^
(18)
du du du du
àxn dyi dy2 dy^
Elevons au carré et ajoutons, en ayant égard à (4) et (5);
nous obtiendrons
,, /du \i ,0/ OuY ,, / du \2
et, en dilTérentiant (18),
d-u d^ u , d-u du. da^
d-u d-u. , d^u du da<i\
dr\ dy\ -* c'7ic>>'2 ^Y^ ^^^
Si nous ajoutons, nous aurons, en vertu de (4) et (5),
c)2 a , o ()- M , , d^h
—^ h\ — -- hi — ...^—-.
id^ u .0 d- u , , à^u , .
■^2 " = r;::^ '*î — -? '*i — • • • ^ :r:2 '^«
(20)
(du du du ,
2l6 CHAPITKI- IX.
Calculons mainlcnanl A^ i \^; nous axons
i iJ
OU, en vertu de (i3),
'7
ou, en vertu de (2) et (3),
I ^foq <)hl OQ àb,u.\
qZ\ôb-j^'^^j-^^'^ôbr.^J
'j
" Q ' ^J> ■
La formule (20) devient alors, en la multipliant par Q,
OU
QloU = > I — - nuQ ~
[I. '^
OU enfin
Application. — Supposons que l'on veuille calculer
d- Il ô- u (f- u
. --. r -^ = A2 U,
dx-2 oy^ dZ'^
Si l'on pose
X = r siiiO cos"^,
y = r sinÔ sint]/.
z = r cosO,
CHANGEMENT DK VAKI.Un.ES.
on constate que l'on a
dx Ox
ô'r OU ~
Or Oii
dz dz
Or oh
^o,
dx dx
Tir O'ii
Or 0'1> '
dz dz
" ôr O'ij
= o,
dx dx
. 'b' ')f
dz dz
dh di>
0^ à<\i
dh d^
— 0,
on peut alors calculer l-^u par la l'ormule (21), ell'on trouve
VIII. — Variables elliptiques.
Considérons les équations
X
«j-f-A, a;— A, a,;-!- Al
X-, xz x„
(I) ■ a'\-^'/.=, ai-^'/.-i aji^-t-i
X-,
a\ -4- À„ «2-4- À„ afi -!- Xrt
dans lesquelles <7), a^, • • • sont des nombres positifs quel-
conques, que nous supposerons inégaux et tels que
a\ y- a2 > «3 ^- . . . •
Elles établissent n relations qui permettent de calculer les x
en fonction des A, ou vice versa les À en fonction des x. Les
variables ). sont ce que l'on appelle des variables elliptiques
ou des coordonnées elliptiques, pour une raison qui sera
donnée plus tard. Ces coordonnées elliptiques jouent un rôle
important en Analvse et en Géométrie; elles ont été décou-
vertes par Chasles et Jacobi; ce dernier géomètre et surtout
Lamé en ont fait de remarquables applications à la Méca-
nique et à la Plivsiquc matln-matique.
2l8 CIIAl'lTKE IX.
Nous allons d'abord nionlrcr comment on peut résoudre
les équations (i) par rapport à J7,, x^, ... ; à cet elTet, obser-
vons que l'équation en A
(^) "•
peut être considérée comme avant pour racines ).), A^? • ■ -i
\„, et toutes ces racines sont réelles et séparées par les
nombres
— 00, — a'j, — a\, .... - cifi et -r- 00 .
Pour s'en convaincre, il suffit de supposer, comme nous
Taxons fait,
«1 > «2 > «3 > • • • > ««>
et de substituer successivement dans le premier membre de
l'équation (2), à la place de A, les valeurs
9 -> O 9
— 00, — al — E, — aj-i-î, — aj • — t, .... — aï^-^ z, -;- oc ,
où s est très petit. On trouve alors que ce premier membre
prend respectivement les signes suivants :
et, comme il est continu quand A varie de — 00 à — a^, de
— a''^ k — a'-,^ . . . , de — a'j^ à — co , le lait que nous avions
avancé se trouve démontre.
Faisons a^-i-X= u; l'équation (2) deviendra
u u -r- al — a?
ou, en cliassant les dénominateurs,
u{u — al — a\){u— al — a, ). . .
— x'yiu -^ a'I — ai){u — a'I — a^). . .
— xf, u{u -7- a'T, — a'î ) . . . ( « -r- aft — « j ) — ° '
le produit //,, //o. . . ., ;/„ des racines est
~x'i{al—a\){al — ai)...:
ClIA.MiKMKN I I)K VAIllABI.ES. 2I9
-donc, en remphuaiil //,, i/.,, . . . j)ar leurs valeurs,
— («ï— li){a\ — 1.2) . . .{a] -i- In) -' •^"i(«2^-«î)(«3 «!)•••,
d'où
.2_ («T— ^i)(«?- U)...(a\+l„)
(«î — «?)(«ï — «3). •.(«! — «â)
I - {ai — ai){ai—al)...(al — af^)'
Si l'on retranche les formules (i) membre à membre, on
trouve
2 '
-7^^*-; 7^^ ...= 0.
a, — Al a^ — À*
ou, réduisant au môme dénominateur les termes en x'-^ et
supprimant le l'acteur commun )., — Ao,
{a\—\{){a\ — \i) (ai — X,)(a"^— Xj)
Des formules (o) on tire, en prenant les dérivées logarith-
miques,
o. OXf _ I 2 <)Xi _ I
Xi Oli a'^ — À, Xy 0\i a'^ — À.2
et, par suite, on a
i)xx dxi dxi dxo dXn àx^
'0., r»., ~ 0>),, dX7 "■*■"" ^ 1)A^
^l\ ^^1 A ._ 1
2L(a?^X,)(af-X2) (a^^X,)(a^-X,) "•■]'
c'est-à-dire, en vertu de (4),
dx\ dxi dxi dx-i dx^ dx^
et d'autres équations analogues. Les variables x,, jr^, . . . , x„
et A,, ).o, .... 7.,, se conduisent comme les variables .r,,
x.j, . . . , x,i et >'(, Vo, .... Yn du paragraphe précédent. En
posant
220 ni API THE IX.
(in aura
I _ I i)Xi \- f dx-i
(calculons , ; on a, en vcrlu de (5),
j £ r x\ ^ x\ "1
Si Ton pose
I ^ ^ -. . . = W(/),
on voit que
mais W(â) s'annule pour A = ).| , A25 • • • < ^vj î clone
,vn^ (X-X,)(X-À,)...(À-X„).p
(ai -4- X ) ( «2 -H À ) . . . (a;i — A )
P désignant nne constante; cette constante est évideninicnl
égale à I, et Ton a
(6) I ^ 1 (X,— X,)(X,— X2)...(X,-^X„) _
Itf 4 {a\ — \i){ai'-li)...{a%-\-\i)
11 est alors facile de calculer A, u et A, w. On a
donc
/ X ,\ ■_ / V(«f — X,-)(«2-^X/)...(a,^-r-X,) /();f y
(7) A,a_4 2, {X,-X,)(X,— X2)...(X/-X„) Vc^xJ •
(calculons S-^ii, qui est égal à
d-u d^u ()- u
dx\ dx\ dx\
la dernière formule du paragraphe précédent donne
Aw.=.V..
cil .\>(.i;>ii;.N T i)i; v.vuiaiiles.
221
on
18)
<)/.-
Dans celle Ibinmlc () cl /// sonl lournis j)ar la formule (6);
on pcul la sim[)li(icr en siipposanl )., fonction de a/ seul. On a
uu = y
2
l)u ÔT-i ()0 hj
^.«=ys;f'?VQAF-y^(^QAn=
ÔX,
si donc ,' î)/ij ne conlenait pas A,, on aurait simplement
or QA/ est égal à
h,
/il h-,.. ./<,:_, /<,-Hi. . .h„
ou, en vertu de (6), à
\ YlO-r^-a!,) Hih-l,)
il suffit donc de prendre
(10)
>)'X,-
àh ^(^l.^ a\){h-~ al)., .{h-^ al)
IX. — Sur le théorème des fonctions homogènes.
Soit /(.a;,, x,, ..., x,i) une fonction homogène el de
degré m des variables a:,, x-,, . • ■ . Xn\ par définilicm, on doit
avoir, quel que soit /,
11)
f{txi, /.r,, ..., tx,.)= r"/(x„ X,. ..., x„).
222 CHAPITRE IX.
Si l'on difTércntic cette équatidii par rapport à /, on a
ou, en faisant ^ = i ,
()Xi OJ2 ()x„ ''
C'est dans cette équation que consiste le théorème des fonc-
tions homogènes. Si l'on difTérentie encore par rapport à L
l'équation (2) écrite ainsi :
^OtXi ■"
on trouve symboliquement
ou, en faisant / = i,
(2i;.-)'=-<'"-)/-
Il est clair que, l'expression qui forme le premier membre
1. 1 . 1 • I àf df d^f '
étant développée, on doit v remplacer -f ^ par - — ^ — , • • ••
^ ^ -^ ^ Oxi dxj ^ ôxiôxj
Un calcul analogue donnerait
Ainsi, dans le cas particulier de deux variables,
x: — ^ -f- 2J"i37, h xi -— ^ = m(ni — i)/.
' Ox'l - Oxi 0x2 ^ fJxl ^ '''
Réciproquement, on peut [)rouver que, si l'équation
a lieu identiquement, la fonction f est homogène et de
degré m. Pour le démontrer, changeons de variables et pre-
ClIANr.KMENT DE VARIABLES. 223
nous pour nouvelles vaiiahles
nous aurons, en désigna iiL ])ar un d les dérivées relatives aux
nouvelles variables,
df _ df df X.2
Oxi ~ r/./'i dji .rj
AL - l'I JL,
dXi dy'i xC
dya x\ '
OXn dVn ^1
L'équation (3) devient alors
on en tire
df ,
df dxi
7 = "' ^
les expressions log/et log^"' ont précisément pour différen-
tielles-^ etm — ^: ces expressions ne sauraient par suite
différer que par une quantité indépendante de X|, que l'on
peut appeler log'-p(j') , r^, . . . , r») ; on a donc
log/=Iog^;"-^ logo(j2, ...,j„)
ou
/=-^i"'f(72. 73, •.■,7«)
ou, si l'on veut,
f=x'^o(— — • • • ■> —V
Il est clair que celte fonction y' satisfait à la formule (i); elle
est donc homogène et de degré tu. c. q. f. d.
L'équation(3) est caractéristique des fonctions homogènes;
il n'en est pas de même des équations telles que (4), dans
lesquelles entrent des dérivées d'ordi-c supérieur, et nous
224 CIIAI'ITRK IX.
\errons plus loin qu'elles peuvciiL èlre salisfalles idenlique-
inenl quarul on v remplace y par une fonction non homogène
(les variables j:*), To, .... Xn-
NOTES ET EXERCICES.
1. \o'\c\ (les formules extraites des Eléments de Calcul infini-
tésimal de Duhamel, et qui servent à transformer les coordon-
nées rectangulaires en coordonnées polaires. Soient u une fonction
de a', V, ^ et i " r cos6, y ^= /-sin 0 sin <!/, r = r sin 6 cos'i/ ; on trouve
clii fhi . ^ fin rosOcos<l( du sinJ;
d.r (Ir «0 /• d<b /-sino
du du . r ■ , '''" cosOsinil/ du costl
=^ -r- sin b sin'I/
dv dr ^ ' f/0 ;• d<\) /-sin 6
<f» <^/?/ „ du sin 6
dz dr aQ r
d-u d'-u . r. ■ , I '^^ " ros^O sin']^ coso d- u sin']>cosd/
-ï i- = ^-—Sin^O «inO COS'^-r- ^/:r ; ■- r— „ ' . „ .
dxdy dr^ ' ' dd'- r^ d'^^ r^- s\a^%
d'-u sin 6 rn« 6 sin 'Il ros 'il d'-u cos^tl — sin^il;
drd^ r ' d<^dr r
d-u TrosSii,. — sin^'I/WosO du sin^O «in'!/ rne-l/
d<ld^ 7-2 sine dr r
du ros6 sintl cosdi / . ^ i \ du sin^il — cos^tj/
^ ( 2 sin 0 4-^^ )
r/6 /'- \ sinO/ d'h /--sin-O
d-u d'-u . ^ d'-u sin6 oosO rns'ii
dxdz dr- «6^ r^
d-u Cros^O — sin2ft")cosd/ d^u sintî/cosô d^u sin^j/
~ Wdr r dÇdr /-sinô ~ Wd^ r^
du Csin^O — cos^ô^costli du sin6 cosO cosdi
"^ M ' /-'^ ci? r
d^u d'^ u . , A • 1 <^'^ " sinB cosO sini!>
—, — r- = -; — sin'J cosO Sin'!/ jj— ; -
dj'dz dr- ' dH- r-
d^u (^rns^e — sin^O'^sind; d'-u roe>iirosf) d^u costi/
~ d^dr r ~' "^ d^dr /-sin 6 d(id^ "7^
du fsin^e — cos2e)sini!/ du sin 6 cos6 sin^^
"^ dh r- dr r
CHAMJEMENT DE VAUIABLES. 22D
fl- ti rl-n d- Il rns*6rns-']/ fl-ii sin*'i
-; — — -T— : siii^O cos'^o - - -77— r i — TT— - ^-„,-
</./-2 lit'- ' ^/02 /-î d'!^2 /-îsm^O
sinO rosO rns^il; d- 11 fi- 11 sin'l/cos'li
'^ /• drdi) '^ d'idr 1-
d-ii sin'i/ «ns'l/ du ros^O rns2>i, -- sin-'!/
d^d<^ r-tang6 dr r
du /sm-i) — asin^Ocos^d/X ^m sin 'ii cosd;
"^' M^"^ \ ""Tîiin^e '/ '"'^ d^ r^sin^e '
d-ii d-ii . ^. . , I d- Il -.„.,, '^^f cos^'ii
-,- - — —;—- sin-fJ sin^o ---- cos-tj sin-6 -, j—- — - . ',-
dy^- dr'- ' r'- d^'^ ' d'\^ ^Ssin^O
d-ii sinO cns6 sin2>l( d'^ u sinJ/cosdi
"' ^ 567/r T ~ ^ dÇdr 'i-
d- Il sin'Lcos'i/ du ros-0 sin-'lv — ros-'ii
d^ d'I r-tangO dr r
du -, /rns^'l/ — 9. sin^Osin^ J/\ f/w sin-!/ cos-^
ao \ /--sjnu / d'I /--sin-Q
d^u d^ii r/2,/ sin2 6 (72?/, sinOcosB .t?;/ sin^fj
./7^ " 7/7^ cos-0 - ^^ -^;^ 2 ^1^^ - — -— ^ ^- — ^
du «in 6 rnsft
■ ^ d^) r^
En faisant dans ces formules') = - , on obtient les formules rela-
lives au ciiangemenl des coordonnées rectangulaires en coordonnées
polaires dans le plan; r est alors le rayon vecteur et 'h l'angle polaire.
Far suite, elles permettent aussi de passer des coordonnées ordi-
naires aux coordonnées semi-polaires.
2. \'oici deux manières de transformer la quantité
â^ii d^ii ()^u
\^u = — -, -.- ,— ^. •
dx'^ fjy^ Oz-^
'61 l'on poser = rcos'l/ sin 0. r = /■ sin-l/sinO, z^^ rcosO, on a, ;jl dési-
;:nant co's 0,
r i)-i ru 1
r or-
I f)-a \ d V du ,1
Ln luisant tang— = ei'. on a
^i)^(rii\ [eP - p-i>\'^ /<)-ii à'^ii-
^2U = r^---( (TTi- ^ • (^Aiîciiv.l
/• Or- \ ir I y)'Y (^p-f
ij. Le changement de variable suivant est souvent emplové :
= seco;
2
Traité d'Analyse, I.
226
|)ar suite, on a
cjiAi'iïiu; IX.
— = taniru, = siiiu,
+ '■ h -v = lo" la II:
et li vient
tanf
rf^_rf^ ^'»"SU"^ï
a-i)
dx f/cp
I -t- tan'
dy
,A..<=«^?'
-7-=^ = ~r cos^ca •- siiicp coscp.
dx'^ ««f- ' acp • '
4. X, y, z étant fonctions de t, on suppose que l'on opère un chan-
gement de coordonnées et que l'on pose, par conséquent,
a? = « ; -i- 6 T, -J- c Ç,
y = a"c,^b'c^-~c'l,
z — a"^ -^ b"r^ -t- c'X,
a,b, c, . . . désignant neuf cosinus liés entre eux par les relations con-
nues, «2^ ^2 ^_ c^ = I, . . . , aa' — bb' -+- ce = o, . . . ; on propose de
dire ce que deviennent, dans le nouveau système de coordonnées, les
expressions
d'^y dx — d-x dy, d- z dy - d'^y dz, d'-x dz — d-z dx,
et le déterminant
dx dy dz
d^-x d^-y d'-z
i d^x d^y d^z
dy d^Y
o. Que deviennent -y-5 "y >'• ' ' 'l'i^""' on prend, pour nouvelles
variables, u et v liées par les équations
X -r-y = u, xy = V.
,. . . . ,, ()0 d6 ^20 ()20
6. Que deviennent les dérivées partielles t~' -;~' t"»' "t". ' • " ■
^ ' ox ây ox^ oxOy
quand on pose x -h y — u, xy = v, ou u -^- v = x, uv ^ y ?
CHAPITRE X.
T11I^:()RIE DES SUBSTITUTIONS LINÉAIRES.
V I. — Définitions.
Une des plus belles applications que l'on ait faites du chan-
gement de variables est la théorie des substitutions linéaires.
On dit que l'on fait une substitution linéaire quand aux
variables X4,jro, . . . ..r,, on en substitue d'autresjKnJ^a? • • • » J'h
liées à celles-ci par des équations linéaires et homogènes.
Ainsi, en posant
(0
^2 = Y2I 7i -^ Y22 y-i --••■— '(in. .r„,
'il -- Y"lJ 1"*" Y''2j'2"T-. . .-+- '[nnyn,
Yh) Yi2i • • • désignant des quantités indépendantes des x et
desj', on fait une substitution linéaire; les formules suivantes,
d'où l'on déduit Xf, x-,, • . • ; ^«, deviennent (après que l'on
en a déduit ^,, x-i, • • • , Xn) ce que l'on appelle la substitu-
tion inverse
Xi = Yl 1 -^I "^ Ï2I X-i^- . . .— '(211 -^n,
y II — 'lln^X ~~ Y"-'t "^11 ~^ • • • '{lin ■^11-
Le déterminant ^- ^ yn Y22 • • • Y«« est ce que l'on appelle
le module ou le déterminant de la substitution (i). Quand
ce déterminant est i, on dit que la substitution est unimo-
dulaire.
La substitution (i) est orthogonale quand, appliquée à
la fonction x'\ -t- x'I -\- . . . -r- x'f^ , elle la transforme en
228 CII.VIMTRK X.
La substitution (i), appliquée à x'^ -^ x't -\- . . . ^~ x'f^ ,
donne
( -i ) ^' V' 1 .>'i -^ T'2 J'2 — • • • -^ T'« J'" )■
XT'iJ-T/vj)'[j.^'v;
ou
cette expression devant être identique à r'f -^^2 "r- • • • -hj'«
on a, pour \x > v,
(3)
et, si l'on effectue le carré du déterminant X,-- Tu • • ■ T"'"
on le trouve, en vertu de ces formules (3), égal à -;- i ; donc :
Le /nodule (V une substitution ortJiogonale est égal à
± I.
On peut résoudre les équations (1) par rapport à )',,
I0, . . . .^^„ : il suffit pour cela d'avoir égard aux relations (3) ;
si l'on multiplie la première par y, ,, la seconde par Vj,, etc.,
et si Ton ajoute, on trouve
?-wi-
On pourra joindre aux formules (3) les suivantes :
2 ^'''i^"'"' "" °' ^ ^ ïr' p^ '- °
(4) ,
pour [i-^v, qui résultent de ce que la substitution précédente
est orthogonale comme ( i ).
Voici une méthode indiquée par M. Brioschi pour former
des substitutions orlhoironales.
IIIÈOIUK UKS SUBSni LIIONS LI.N/CAIRES. 229
(Considérons les deux svslcmcs d'équations
1 ''21 '?'l rt22-ï'2— . .- a2rt a7,j— t«2,
( ;
,' «7,. .r, -:-«,, .Ta --...-■- a„i J-n= t^i,
(2)
I ::■••
elsupposons «/i= i , (iij= — aji', multiplions les équations (i)
par r,i, c/o, . . . , c,« et ajoutons-les; nous aurons
•^l(C,lrtll- - C,2«21— • - C,„rt,;,) 1
~ ^"2(^1 «12 — C,-2 «22 ~ . . . - C/„ a„2) } — Cil "1 — C/2 i<2 -^ • • • " <^//l "«•
Le premier membre de cette équation se réduira à f,, si
Ton pose
Cil '^ij ' Cil ^îj — • • • — Ciii a„j — aji -- — ttij,
ou
Cil Clij - Cil Ct-ij — - • • —{Cii-- I )a/y— . . . — Cin Clnj = O.
On déduit de là les valeurs des c/y
1 r (>A c)A f>A 1
Cij— - «ij— -7 — «2/ -. . .— -;; ■ Clni 5
A désignant le déterminant des quantités rt/y. Cela posé,
multiplions les équations (2) par cl^l^ cl^it •••, dni', nous
aurons
xiiaiidii- ai=,d.u--. . . «m </,„)- • . .= du^i -r-daVi — . . . — d„iV„,
et, pour que le second membre se réduise à ///, il suffît que
'^li <^Jl -~ "2i <^y2 — ■ • ■ — dm ajn ^-' dij ',
on en conclut
. i / f)\ o\ \
dji -= - I o-ii -^ a/« -r^ . . . ) 7
^ y\'Jaij Oaoj )
23o CHAPITRE X.
par suite dji = c/j., cl l'on a
Cu ^i -.- Ci2 Uî
C21 «I -i- C22 «2-
•-+- Ci„ M«,
-f- C2/1 M;j,
l'/, — C/,| ;/] -- C„2 «2 "*" • • • "+" ^nn W/M
?/, = Cl, 4^1 + C21 P2 -^ ■ • • + f«l V'i ,
U„= CuiVl
C2ni'2
Ces formules ayant lieu simultanément, il est facile de voir
([uc les substitutions qu'elles représentent sont orthogonales,
ce que Ton vérifie en formant c^ i f, — C21 ('2 -r- •• • an moyen
du premier système, et en observant que l'on doit avoir iden-
tiquement u, etc.
Voici une application de ces formules : posons
au = I,
«21 -^ —
«31 = [J-,
«12 = V, «13 =-|X,
«22 ^^^ I) «23 ^^ '^)
«32 — — ^M «33 =^ I ;
nous aurons
A =
X2-r-
ensuite
Cu C21 — [XC31— I)
— vcii C21-+ Xca, r^ V,
[J. Cil À f 21— C31 = [J.,
d'où l'on lire
C,,==i(l-|-),2_;x2-v2), C2i = |(Xa-f-v),
C22 = ^(l -^ t^'-^'' ^-'^^')' ^32 = |( [J-V -- )> ),
C23 = |(l^v - X), C33 - ^(i -^ v'- >^'- !^-)-
C31 = -^(>>V --|X),
Cl2 = ^(>'IJ-— V),
Ces formules ont été données par O. Rodrigucs, qui les a
trouvées i)ar une tout autre voie; elles servent, comme les
THÉORIE DKS SU B S T I TT T I ON S LINÉAIRES. 23l
Connulcs d'Eiilcr, à la Iransforination des coordonnées, mais
les neuf cosinus sont ainsi ralionnellcment exprimés par le
nioven des trois paramètres A, [jl, v.
Si l'on appelle 0 l'angle dont il faut faire tourner, pour
l'amener sur le second, le premier système d'axes autour d'une
droite faisant avec les anciens ou les nouveaux axes les
angles a, [i, y, Rodrlgues a montré que l'on avait
X = tangiOcosa, [jl = tang|0 cos3, v - langiO cosy.
( J'oir le Journal de Lioin'ille, t. ^^ i'° Série).
>^II. — Application des substitutions linéaires aux fonctions
homogènes du premier degré.
Le but des substitutions linéaires est la simplification des
fonctions; en Géométrie analytique, les transformations de
coordonnées sont des'substitullons linéaires.
Lorsque l'on fait subir une substitution linéaire à une fonc-
tion telle que
on peut, et cela d'une infinité de manières (c'est-à-dire au
moyen d'une infinité de substitutions), la ramener à la forme
donnée
V-i Ti — l^îVi -^ . . . -f- !-«■«:>'«•
De même, étant données /i fonctions linéaires
l/f ni
An X^ -V- Âio 3^2 -4-. . .— À|,
Aoi ^l -i- ^22 J"2 -^ . . . -T- k-2,i X„,
'>«! Xi —r /^nîXo -T- . . . -+- A,j,j X,i ,
si Ion lait la substitution
^n = Y«l7l -^ T«272 — . • . -r- '(niOn ,
232 (.Il.VPITUK \.
elles do\ icikIioiiL rcs[)ccli\cinc'at
où l'on a posé, pour abréger,
Si donc on se donne jj.,i, a/o, ■ • • , [J./« à l'avance, on aura
/? ^équations entre les fi- quanlilés y/y pour déterminer ces
quantités; si l'on se donne tous les tx^y, on aura ainsi n- re-
lations entre les y,/; donc :
On peut toujours ramené/- sùnultanément n fonctions
homogènesdupremicr de gréa d'autres, donnéesà l'avance,
au moyen d'une substitution linéaire, et cela d' une seule
manière.
Il y a pourtant une exception à cette règle; en cfiet, les y/y
ne sauraient recevoir des valeurs bien déterminées si le déter-
minant 7 ::r \^^ "ko^. ■ • \in était nul, mais alors il existerait
des relations linéaires entre les coefficients "Xij, et les fonctions
considérées ne seraient pas distinctes, ce qui est d'accord
avec le théorème (p. i68).
Nous remarquerons enfin que, en vertu de (i), le détermi-
nant des fonctions données est égal à celui des transformées,
multiplié par le déterminant de la substitution. Ce théorème
sera généralisé.
JIII. — Application des théories précédentes aux fonctions homogènes
du second degré.
Les fonctions homogènes du second degré jouent un rôle
important dans un grand nombre de questions d'Analyse, et
en particulier dans la lliéorie des maxima que nous allons
bientôt étudier.
Une fonction homogène du second degré en .T), x-i,. . . ,x„
TIlfMUlIR l)i:S SI IISTlTrriO.NS LINÉAIKKS. '>,33
peut èlre représentée par le s^nil)olc \^rttj .r^ :rj, où l'on snp-
posc Oij^~ ciji\ ainsi on a pour le cas de deux variables, par
exemple,
^^(tjjXiXj «1, .r\ -- ■?. aiiXiXi -- aiix\.
TnKORKNrE ï. — Toute fonction lioniogùne du second de-
<^rc à n variables est une sonune de n carrés positifs, néga-
tifs ou nuls ( ' ).
Si Ton pose, en efTet,
' (lij Xi .ry - ( Yn J^i - Y 1 2 -^2 — • • • - ï 1 « -^n y-
!:■
( '[il J\ - - Y22 ■<"2 -*-••- -- '{-lu r,, )-
, . , /î ( /i — I ) , . , , 1 pp .
on ol)lien(Ira équations en égalant les coellicienls
de .i'\, Xx Xo,. . . ; ces équationspcrmeltrontde calculer d'une
inlinité de manières les quantités y/y en nombre n'-.
Pour effectuer la décomposition, on peut procéder comme
\\ suil : on a
N a^y^/a-y = («11^1 — «12^2 — ■..— «lrt^«)- ^/l,
fi désignant un polynôme liomogènc du second degré qui
ne contient plus .r,; en opérant sur y", comme on a opéré
sur 2j''ij^i^j->'^^ peut le décomposer en un carré contenant
les variables Xo, x-^, . . . . a:„ et en une fonction /"o du second
degré ne contenant plus j", ni x.>^ et ainsi de suite, y aijXiXj
se trouve ainsi décomposée en n carrés, dont le premier peut
contenir toutes les variables, le second toutes les variables
excepté X,, le troisième toutes les variables excepté j^i, a^o, etc.
Cette méthode tombe en défaut quand «n = <^22 ^= • • ^^ o,
mais alors on pose
^^B «12
X (a2iar, -+- a^iX^--. . .— am^n) -fi,
(') Un cane négatif est un cane précédé du signe — .
234 nUAPITRE X.
^ clrsigiinnl un polvnome du second degré ne conlcnanl ni
X, ni .?•»; on appelant X cl Y les fonctions linéaires
«lî-To- . .. — ai„.r„ et OiiTi--. . .-^ a.2„T„,
on voit que .V i = [ — - ) — ( — — ) et que la (oucIidu
^ciijXiXj, dans le cas où ûf , -- «22 = . . . :^ diin-^ o? peut
se décomposer en deux carrés et en une fonction du second
degré, ne contenant plus œ^ et ^r^, à laquelle on pourra
appliquer l'une ou l'autre des méthodes que nous venons
d'indiquer.
Théorème II. — Loi de l'inertie. — De quelque /manière
que l'on déeompose la fonction réelle 2,^ijXiXj = f en
une somme de carrés indépendants, on trouve toujours le
même nombre de carrés positifs, négatifs ou nuls.
Pour démontrer ce théorème, nous observerons que, si l'on
considère deux groupes de fonctions linéaires et homogènes
de a^i, X21 • • •- Xfi indépendantes, savoir X,, Xo, • • -, X,-,
et Y,, Y 2, - . • , Yy, telles que iy J, les fonctions X,, X2,
. . . , Xi ne sauraient s'annuler toutes identiquement quand
on suppose Y, =: Y2= . . • = Yy= o. En effet, les fonctions
Y,, Yo, . . ., Yy étant indépendantes, on pourra calculer^,,
Xo, . . . , ^y en fonction de Y, , Yo, • . . , Yy et de ^y^, , .... a:,,
et, par suite, on pourra exprimer sous forme linéaire et ho-
mogène X), Xo, . . . , X/ en fonction de \,, Yo, - - • , Yy,
^j+i, ■ • ■ ' -^ii- Soit, par exemple,
Xyl- = Xi Yi -T- X2 Y, — . . . -^ X, Y/ -r- [X, a-jH-i -- [J.2S:,+2 -h . . . -r- lt.„-iT„,
les ). et les pi désignant des constantes. Si les X s'annulaient,
en supposant les Y nuls, on aurait / équations de la forme
ij-i Xi^i — [J-i^i+i --...— [t-n-i^n --- o,
qui, ayant lieu quels que soient .T/^.!, Xi^2i • ■ • : -^ni donne-
raient [x, ^-- o, jjLa-^o, ..., [JL„_/- o, et par suite les X
THÉORIE DES SUBSTITUTIONS LINÉAIRES. 235
|)c)iirraienl s'exprimer au moyen des \, qui sont en noml^rc
moindre que les X : les \ ne seraient donc pas distincts.
Cela posé, soient Ui, Uo, . ■ . , U/, V(, Yo, . . . , Yy, X,,
Xo, .... \/i, ^ , , ^ o. . . ■ , \ / des fonctions linéaires et ho-
mogènes de .r,, Xj, . . ., j:,i telles que les U et les Y soient
distincts, ainsi que les X et les \ ; on aura nécessairement
i-\- jSfi^ A' -r ISn- '^c dis que l'on ne pourra avoir à la (ois
^ (tijTiXj — Uj - U.^ - .
2j'iiXiXj — Xj - X2 -T- -
ou, quels que soient .r,, ^o,
u^-u^ ... uj-
.. .U7-Vr-Vi-.
■■ V;,
.. ^X^-Y^-Y^-..
.-Y-^
.... X,i-,
Vf-...-V|=X?--.
Y?-... -Y%
si Ton n'a pas / /,, y :r= /. En effet, supposons que l'on puisse
a\ oir
i<k\
on aurait aussi
(2) i.^i.'k-^-l\
mais si Ton suppose U4, Uo, .... U/ et Y, , To» • • ■ i ^/nuls,
les quantités X, , Xo, .... Xa, 1a, . . . ,\i qui sont indé-
pendantes et en nombre supérieur ne s'évanouissent pas
identiquement, c'est cependant ce qui aurait lieu en vertu de la
("oriHnle(i) qui donnerait
\\- ... -XI -\^ ...--\73-0,
et qui ne |)0urrait avoir lieu que si tous les X étaient nuls.
Celte démonstration est de Jacobi [OE livres mathéma-
tiques, t. III, p. 32), et c'est M. Sylvester qui a donné au
théorème précédent le nom de loi de V inertie.
i IV. — Transformation d'une fonction du second degré en général.
En général, on peut transformer une fonction du second
degré en une autre donnée a priori au moyen d'une substi-
tution linéaire, et cela d'une infinité de manières.
0.36 CHAPITRE X.
En etlet, si sur la l'onction ^ (iij.r,\rj à n varial)los, ren-
lerniant — ^ — - coefficients, on eirectuc une substitution li-
néaire, on la transformera en une autre /^ ^ijyi^^'i'^ ^^ écrire
que les bij ont des valeurs données, c est écrire — — — rela-
tions entre les coefficients v,y de la substitution au nombre
de n'-\ or, on a toujours, pour /? >■ i ,
■2
Ainsi deux fonctions homogènes du second degré peuvent
toujours être transformées l'une dans lautrc au moyen d'une
substitution linéaire.
AJais cette propriété n'appartient plus aux fonctions ho-
, . • -, , , • c . ?i(n — i)(n -i)
mogenes du troisième degré, qui renlerment — :
coefficients, quand elles sont à /i variables, et OTdinairement
n(n -i){ n Q.)
~ n'.
6
Il v a donc une infinité de manières de ramener une fonction
\ ctijXiXj à la forme j-^-rj'o-h • • --rj'o? c'est-à-dire à une
somme de carrés par exemple, mais ce nombre de manières
est fini et même, le plus souvent, égal à i quand on veut que
la substitution soit orthogonale.
^ V. Réduction d'un polynôme du second degré à une somme de carrés
par le moyen d'une substitution orthogonale.
Considérons le poivnùme homogène et du second degré
2 aijXiXj=f{xi,Xi, r,,)^/.
Si nous eft'ectuons la substitution orthogonale
, •3"l-^Yll7l- Y1272 — ••• '[inVu,
I . ) •î-2=Y2lJl Y2272- ••■ — Y2".l'«'
(•■■:
TIIÉORIK l)i:S SLnSTITlTIONS LINÉAIRES. 23"
UÙ
( '!t [X ' Y2;a ' ' • • • ■ ■ Y/i|J. ^ ' •
la fonction /prendra la forme
el, si l'on fait
\^ \ Aa pour a = v,
■*" f o pour ;JL : V,
on aura sinnplement
(4) / :A,ji--A,ji-...-A„7^
La fonction /sera donc décomposable en une somme de
carrés, s'il est possible de trouver des quantités -'/y satisfai-
sant aux équations (2) et (3).
Nous ferons, dans ce qui va suivre,
or les formules ( '■] 1, pour '-/-^v, peuvent s'écrire
Tia(«llTlV — «12 727 — .. . )-t-Y2!x(«îr,'lV-^«22T2V— . .. )-r-. .. =0
ou bien
'{i'j.fi('!iy7'!rj' . . . > - Y2u./2(^ Yiv.Y2v, ...)—...= o.
• Comparant cette formule avec la seconde des formules (2), el
observant que Ion peut \ faire varier -jl en laissant v fixe, on a
/i<^Tiv^ Y2V- ■ • • ' _ .fi('ivi- Y2V ••■■'_
Yiv ~ 72V
Si nous égalons cette suite de rapports à une indéter-
minée 5v, nous obtenons les équations suivantes, auxquelles
nous adjoignons la première formule (2) :
(an— «7)717— «12727 — . . .-- «in7n7= o,
«2l7l7— («22 — «7)7îv — • . •— «2n7/iv= o,
^'^ \
f ««1 7l7 — «,72 727 — ...— ( Onn — Sy)-(„; — o,
7r/-727 --•••-7«7= '•
238
en
L'éllminalion deyiv, Y2v> • •
en posant
«11—5 «12
«21, «22— «
0,il, «Hl
CHAPITUK X.
entre les /i premières équalion.s,
F(^),
donne
F(5v)— o;
s,, est donc racine de l'équation F(5) = o, que l'on appelle
oi'dinairement Véquation en s.
s., une Ibis connu, les Ibrinules (5), ou plutôt n d'entre
elles, feront connaître yi^, y^v, • • • ; or, l'équation Y {s) ~ o est
du degré n et admet /i racines 5|, ^o, • • • , 5«; chacune de ces
racines fera connaître un groupe de n quantités y^y, et le pro-
blème sera résolu.
Si Ton nuilliplie la première équation (5) par y,,^, la se-
conde par y,,;. ... et si Ton ajoute, on trouve, en ayant égard
à la dernière,
2 «'yY,v7/v— ^7= O
ou, en vertu de (3),
Ay — 5v =0 ou Av = Sv ;
on a donc, en vertu de (4),
VI. — Discussion des résultats précédents.
L'équation en s a toutes ses racines réelles; voici la dé-
monstration que Lagrange donne de cette proposition dans
sa Mécanique analytique (c'est la première qui ait été
donnée; c'est aussi la plus simple).
Soient y,^, y^jj,, ... ce que deviennent yj^, -^rn • ■ • quand
on remplace dans (5) s,, par 5^.; multiplions la première for-
Tllf:i>Illi; DES SI BSTITl TIO.XS LINf.VIHES. 2og
mule (j) par Y,jjt, la seconde j)arYj,j_; ... la n"""' par y„,j, et
ajoutons: nous aurons
(<i) ^ «/7Y'|J-Ï7v— -SvCYiixYiv-;-. . .— Y«!J.Ynv) =-- o.
Nous oljticndrions de même, en changeant <x en v elv en u,
(7) ^ «'>Y'1aY>"' — *ix (YiîaYiv-^- . --^ Y/'IJ-Y/'v) -■= o.
Si l'ccpialion F(5)=o avall des racines imaginaires (en
supposant les a/j réels, bien entendu), on pourrait supposer
que 5(i et 5v sont deux racines conjuguées, et par suite iné-
gales; les (\eu\ formules (6) et (-) exigeraient alors que
l'on eût
c'est-à-dire que la somme des carrés des modules de -'j,^,
Yj,^, . . . AU nulle, ou que ces modules eux-mème& lussent
nuls, ce qui est absurde puisque, le déterminant ï'{s) étant
nul, on peut supposer que les quantités yj,^, Vg,^, ... ne sont
pas toutes nulles ; d'ailleurs la somme de leurs carrés est
égale à i .
Mais l'équation ¥ (s) = o peut avoir des racines égales;
^ pour reconnaître qu'il peut en être ainsi, formons -y-; on a
r/F r)F r)F àF
ds à(^a,i — S) d{a22 — s) '" <Ha,i,i—s)
et, pour que F(5) = o ail une racine double, il faut et il
ds
suffit que l'on ail à la fois F = o, -y- = o. Cette dernière
r)F
condition peut s'écrire, en introduisant le facteur -, ,
d{aii—s)
[ àF p
(8) [j(^;7=.)J --
tiF ()F f)F f)F
0{an — s) 0{a,i— s) ' ' o^Ux^ — s) 0(ana— s )
Or on a (p. i()i)
^2_F _ dF ^F / ,)F \2
rJ(a,,— s)d{au — s) ~ c)(rt,,— 5) ô^aa— s) ~~ \'da^, / '
j)4o CHAPITRE X.
(Toîi l'on conclut ((ne, si F i^ o,
f)F àF_ _ / <)F y-
d(aiy — s) dan— s ~ \'^"/i/
La lorinnle (8) de\icnt alors
r .)F "12 / fW y 1 ov y
^9^ L^(^T7=^)J ~ l^J ""■•■^ U.^/ ^''
(Toù Ton conclut que, si F ^^ o a une racine double, tous
les mineurs de F sont nuls, et réciproquement d'ailleurs, car
alors F'(5) sera nul.
Je dis que, en général, si F (5) a une racine d'ordre de
multiplicité A, tous les mineurs d'ordre h — i de F(5) seront
nuls. En eflTel :
1° Les mineurs du premier ordre sont divisibles par
is — 5')^"'; si F(5) est lui-même divisible par (5 — s')^. Ce
théorème est vrai pour A = i; admettons qu'il .ait Heu pour
la valeur h — i de l'exposant de s — i'; alors F(5), admet-
tant le facteur {s — a'/', admettra le l'acteur (a- -- .s')'^~' a
fortiori, et ses mineurs le facteur [s -s'Y~-\ le premier
membre de (9) admettra le facteur [s — s')-^~^, car c'est le
produit de F'(5) par un mineur de ^ [s)\ mais, par suite, 11
admet nécessairement le facteur {s ^ s')-^~-, et chaque mi-
neur considéré admet le facteur (s ^ s'y~'.
C. Q. F. D.
2° Désignons, pour abréger, —- par a/y et considérons la
formule identique (p. 161)
I CL,j a/,y . . . Cl,,j
f)h-\ p a// a/,/ . . a,,/
FA-2 .
daijduki . . . Oa,„,
^k.,
Le second membre admet {h — ^ i)- fois le facteur 5 ^ — s':
Qj.pA-2 l'admet h (h — 2) fols : donc un mineur d'ordre A - i
l'admet (/i — i)- — h(/i — 2)^=1 fols. c. q. f. d.
Maintenant revenons à notre substitution. Si l'équation
F(5)= o n'a pas de racines multiples, elle sera réelle et elle
THÉORIE DES SUBSTITUTIONS LINÉAIRES. ^4 I
existera en eflet, les mineurs de F étant différents de zéro ; les
équations (5), ou plutôt n — i d'entre elles, fourniront, pour
les rapports des quantités v^,^, des valeurs réelles.
Si l'équation F = o a une racine double, les rapports des
v-,^ seront indéterminés parce que les mineurs de F seront
nuls, mais alors un des rapports v,,^ ; v^,^, . . . pourra être
choisi arbitrairement, et la substitution, réduisant F à une
somme de carrés, sera possible d'une infinité de manières.
L'indétermination serait plus grande encore si F avait une
racine d'un ordre de multiplicité plus élevé.
Corollaire. — Si l'on veut savoir en combien de carrés
positifs, négatifs ou nuls le polynôme/ est décomposable, il
sulfit de former l'équation en 5, F = o, et, comme elle a
toutes ses racines réelles, le théorème de Descartes montre
que y contiendra autant de carrés positifs que F = o a de va-
riations, et autant de cairés négatifs que F( — 5)^=0 a
de variations. Le terme constant de l'équation en s est ce
que l'on appelle le discriminant de f.
Voici maintenant les applications immédiates de cette
théorie :
i*' Si nous observons que le terme constant de l'équation
en s est le discriminant de la fonction /, nous pouvons dire
que :
Pour qu'une fonction du second degré homogène de
n variables puisse se réduire à une fonction de moins de
n variables., il faut que son discriminant soit nul.
En particulier, pour qu'une fonction homogène du second
degré à trois variables soit un produit de deux facteurs, il faut
que son discriminant soit nul.
2" Pour qu' une fonction du deuxième degré homogène
soit un produit de deux facteurs réels linéaires, c'est-
à-dire une différence de deux carrés, il faut que V équation
en s n'ait que deux racines différentes de zéro, l'une po-
silae, l'autre négative.
3° Pour qu'une fonction du second degré homogène soit
L. — TraUé d'Analyse, I. iii
2^2 CIIMMTllK X.
un carré parfait, il faut que toutes les racines de V équa-
tion en s soient nulles, sauf une.
4" Pour cju^ une fonction du second degré homogène con-
sente toujours le même signe, il faut que rétiualion en s
n'ait que des variations, ou bien que sa transformée en
— 5 n'ait que des i^arialions ; cette condition est suffisante :
dans le premier cas, la fonction reste toujours //ositive;
dans le second, elle reste toujours négative, etc.
Celle dernière conclusion esl surlouL ulile dans la lln'orio
des maxima.
VII. — Réduction simultanée de deux fonctions du second degré
à des sommes de carrés.
Deux polynômes du second degré ^ a-j Xi Xj =if et
7 bij Xi Xj^= g peuvent toujours être ramenés par une
même substitution à une somme de carrés.
En efTel, par une première subslitution oilliogonale, on
peut ramener / à la forme 5,j)'^ -f- a'o ri -\- . . .-\- s„j-'j^ , cl g
prend alors une forme telle que 7 (^ij J'iJ'j'i si Ion fail
ensuite la substitution
on aura
Une dernière substitution ortliogonalc laissera à/ sa forme,
tout en ramenant _^ à une somme de carrés; / et g seront
alors tous deux des sommes de carrés.
Maintenant la possibilité de la réduction esl établie ; il ne
peut y avoir exception à la règle que sii|,.So, . . . sont nuls,
et alors on peut opérer sur g comme on a opéré sury', sinon
f ei g ont leurs discriminants nuls cl sont des sommes de
moins de n carrés. Dans ce cas, on jicut encore réduire y cl g
à des sommes de carrés, en observant que, ces fondions
TIIÉORIK DES SUBSTITUTIONS LINf-AlKES. a/j^
élanl des foiiclions de moins de n vari;d)lcs, on |)eul rai-
sonner sur ces (onctions en mellanl les variables dislincles
en évidence.
Pour cirecUicr la réduction simultanée des deux formes à
des sommes de carrés, on procède comme il suit.
Pur la substitution
(■)
"i Tii.i'i "- T12J2
'{lin J'ily
f el g deviennent respectivement
pourvu que l'on pose
y\ o pour iji > V,
•<*" ( A jjL po u r ji. = V ;
(3) X^/yY'!xT<v -= „
.«" ( Dix pour IJL ^ V.
Pour déterminer les v,y, on remarquera que, si ij-^v, ces
relations peuvent s'écrire
ÏIIJ- /l (Tiv j 7-'''' . . • > - '(i\l. A ( Y1V1 Yiv. ... I -- . . . =0,
Y" V- 1"^! ( Y»"' I Y^v, . ■ . ) -^ Y2a o'2 ( Yiv î Y2V) •••)-+-•• • ~ o ;
d'où l'on tire
/. _ .A _ _ A,
En égalant ces rapports à \, on a
(«11 — ^-6ii)Yiv -+- («12— ^^/-'l2)Y2v-
(|)
(«21— À62,)y,v — (ao.— X622)Y2v-I- .
• = O,
ces équations donneront, en éliminant les y,,^,
«11 — X^ii Oi^ — lhii ... «i« — X/;i„
«21 — X^21 «22 — X^22 ••• Cîri — X^2«
«„1 X^„, «„2 À 6„2
«/^/^ — 'ffj,,,!
244 CIIAPITRi: X.
L'équation A =: o a n racines qui, mises à la |)lace de \
dans (i), feront connaître les rapports de ii sxslèmes des
quantités *'/yet par suite feront connaître la substitution dont
on a besoin.
Des équations (4) on lire, en multipliant la première
par Vj.^j la seconde par y^v, etc., et en ajoutant,
^ <^// Y/v Y/v — '^"j^^iJ Y'V Y/' = O'
c'est-à-dire
A, = Àlîv
Comme jusqu'ici les rapports des v.,^ sont seuls déterminés,
on peut achever de déterminer ces quantités en se donnant
B,, B. , et alors ï^^j W^> ... seront les racines de A =0;
ces racines ne sont pas nécessairement réelles.
VIII. — Discussion de la théorie précédente.
Pour que les calculs que nous venons d'esquisser con-
duisent à des résultats admissibles, il faut :
x° Que l'équation A = o ait effectivement n racines;
2" Que les racines de cette équation, mises à la place de \
dans (4), fournissent des valeurs bien déterminées pour
les v^,^ ou au moins compatibles;
3° Que les quantités ^(Yijj., Y2|j.î • = •> Ynii) "^ soient pas
nulles, car alors les quantités Bjj^ qui leur sont égales ne
pourraient pas être choisies arbitrairement; à la vérité, cela
n'empêcherait pas de réduire /et g à des sommes de carrés,
mais les fonctions transformées ne seraient pas équivalentes
aux proposées, puisqu'elles contiendraient moins de n va-
riables;
\'' Il faut encore que la transformation (i) soit ce que
j'appellerai réversible, c'est-à-dire que son déterminant F
soit différent de zéro, afin que les y puissent se calculer en
fonction des x et que les formes primitives de /et g soient
THÉORIE DES SUBSTITUTIONS LINÉAIRES. 2^5
é(jiiivalenlcs à leurs Iransfonnccs et que celles-ci puissciil
réciproquement reproduire les premières.
Nous supposerons le discriminant de _^ dilTérent de zéro;
alors A := o aura bien n racines égales ou inégales; s'il n'en
était pas ainsi, on opérerait sur /"comme on opère sur ^'^, et
l'ice versa; si le discriminant de / était nul aussi, les fonc-
tions /" el i' ne seraient ni Tune ni l'autre des fonctions de
n variables, el, pour faire les calculs, on opérerait sur les fonc-
tions/et ^«^ réduites à moins de n variables. Ainsi l'on pourra
supposer le discriminant de g différent de zéro. Cela posé :
Théorème. — Si l'éfjiiation A ^i: o admet pour racine
simple A,,, les mineurs de A pour cette valeur de \ ne seront
pas tous nuls, et g{'(i;, '(rn • • • i = 13.^ sera différent de
zéro ; si A := <> admet a,^ pour racine double, il pourra se
faire que les mineurs de A ne soient fias tous nuls, mais
on aura g{\'i-,, '^'i,, . . .) = ]\ = o.
Tous les mineurs de A n'étant pas nuls, supposons y^-
différent de zéro, de (4 ' on tirera
ô\
d'où
or non> avons vu (p. iGi) que
ôapj ôuiq OUpj ôUiq dupg Oai,, '
et, comme A =^ o,
ôupj Oai.j ~ Oapq daij
La formule {a) devient alors
^'>''''''l''\7)aTj) ' '^"'^'''^^
daij dap,,
2.'l6
<:iiAnTui: x.
<)\
r)\
''" <>"ij
" ^'"^ '''• ')^;/
.-- V-;,
/, Y2V- • •
(7\
Y;v
t't, en supposant - — o,
on on conclu l
J^2^^/'7Y/'vY/v
ou bien
Donc g- (Yiv, Y2V5 • • •) ^^^'^ '^"^ '"^1 difl'crenl de zéro, suivant
que -T^- sera lui-même nul ou dilTt-rcnt de zéro, car v.,^, y^^ ne
peuvent être nuls; en effet, si y/v était nul, le système (4)
se réduirait an — i équations homogènes dont le déterminant
serait différent de zéro; par hypothèse, ce déterminant étant
r^j il faudrait alors que tous les v. fussent nuls.
Ainsi B,^ pourra être choisi arbitrairement, si A = o n'a
pas X; pour racine multiple.
Au contraire, la transformation ne sera pas possible, si A ^ o
admet A,^ pour racine double; ces conclusions lombcnt en
défaut quand tous les mineurs de A sont nuls.
Examinons ce cas. A cet effet, faisons varier les coefficients
de la forme /, et désignons par un o une différentielle totale
relative aux coefficients «,y de cette forme; si l'on différentie
la formule (b) avec la caractéristique o, on a, en écrivant g
au lieu de g (yiv» "pv? . . ."l et en négligeant les termes nuls,
(T- A ^ (r- A
choisissons les oa de manière à annuler le premier terme du
second mend)re, nous aurons
/ N fV '^-"^ > '^'-^ -^ 1
.n-2 -^^-'Yr/Yy-v
THÉORIE DES SIBSTITUTIONS LINÉAIUES. 9.47
Or 0?.,^ n'est pas nul ; car, on (liflcrcnlianl A = o deux fois, on a
lorniule dans la(|in'llc le second Lcrine csl nul, et d'où Ton
lire, en général, pour o)>^, deux valeurs dillVrcnles de zéro : la
lorniule (<?) nous montre donc que g n'est pas nul si -^
n'est pas nul, c'est-à-dire si \ n'est pas racine triple de A = o.
On verrait, en continuant cette discussion, que g ou B^
pourra toujours être pris ai'hitrairement si X,^, étant racine
d'ordre de multiplicité h de A = o, tous les mineurs d'ordre
h -+- I de A sont nuls. Le contraire aura lieu si .tous ces
mineurs ne sont pas nuls.
Voici maintenant les conséquences à tirer de là :
1° Si l'équation A = o a toutes ses racines inégales, les
équations (4) iourniront des valeurs bien déterminées des Y/y
pour lesquelles les B^ ne seront pas nuls, et la transforma-
tion (i) sera réversible; c'est ce que prouvent les formules (2)
et (3), en vertu desquelles
©■jt Y"' 7i2» • ■ • • Vi") .•?'2(Yi1'Yi2' • • • • ïi'i)
§^l{'il\y^lîii ■■•j'ilil) c'?'2( Y2I' Y22) • • • • Y2")
Bi R,
2° Si l'équation A = o a une racine double, on ne pourra
pas, en général, ramener/ et ^- simultanément à des sommes
de carrés par une substitution linéaire réversible, la valeur
correspondante de g étant nulle.
3" Si cependant l'équation A = o avait une racine double,
tous les mineurs de A étant nuls, les équations (4) donne-
raient pour les quantités v une infinité de valeurs admissibles,
les rapports de ces quantités étant déterminées dès que l'on
se donne l'un d'eux ; les valeurs correspondantes de g ou
de B ne seraient pas nulles et la réduction à une somme de
carrés pourrait encore s'elTecluer au moyen dune substitu-
tion réversible, etc.
248 en A PII UE X.
IX. — Invariants et covariants.
Les fondions entières et homogènes portent souvent le nom
àc formes ; ces Tornics sont quadraluiucs, cubiques, etc.,
quand elles sont du deuxième, du troisième degré, etc. Elles
sont binaires, ternaires, quaternaires, etc., quand elles
sont à 2. 3, 4, • • • variables.
Soient «,,, «12, ... les coefficients d'une forme
soient ^21 1 <''i25 • • • ceux d'une seconde forme /o, etc. Si nous
effecluons une substitution linéaire, les fonctions /n/a? • • •
deviendront des fonctions de j',, j'2? • • • ^.'/n ^^ si «/y désigne
le coefficient de x'^^ jc^ . . . x\ dans //, nous représenterons
par bij le coefficient de j)'^ JK^ • • • ,>'], dans la fonction en
laquelle se transformera/,. Cela posé, si l'on a
t?(6n, ^12, •••, ^>i\' f^22, •• • ; ,.ii> 72) ••••.r.')
= r/",p(«H, «12- • • •' «21î «22' • • • ; ■■^1) •^2- • • •> '^h))
T^' désignant une puissance du déterminant de la substitu-
tion, on dira que la fonction cp est un covariant des fonc-
tions/,, /., . . .,/,«.
Si l'on a seulement
0(611, ^12, •■•■ ^^21, ^22, •••) = l''''?(«ll> «J2, •■•• «21. «22, •••),
la fonction cp ne contenant pas XiyX-^, .... x,i, on dira que cp
est un inva/-ia/it des formes f\,/-2, • • • ? ./w
Voici quelques exemples d'invariants et de covariants :
Théorème I. — Le déterminant fonctionnel de plusieurs
fonctions est un covariant de ces fonctions.
En effet, soient /,, f., /, des fonctions de x^,
^2. ..., x„\ eifectuons la substitution
[ ^1 == Vllji -^ Y12 J'2-!-----t- Vl«J'"
1 3-2 = 7-2 1 Vi -^ 722 y-i -+-...■+- 72/i :>'/( ,
j ■.
Tiif:()niK nns siustititions linI-aiues. 2^9
nous aurons -t — = 7,; or
0{j'i-y-i .•■«} ' <>{.ri.x.2 /•„) '>(ji,j2. .••..r,,)'
c'osl-à-dirc
'H/uA f'n) ^ y à(/,,f,, ....f„) _
fi'(7l,72, yn) 0{Xi,Xz, ...,.Vn)
Le délcrmiiianl Conclionncl sera donc, en gciicral, un cova-
rianl; cependant, si les fonctions J\, J2, . ■ •• fn étaient du
premier degré, les variables Xy. .r^, . . . , x„ n'y seraient plus
contenues, et il deviendrait un invariant.
TnÉonk.ME II. — Le hessicn d'une fonction est un coi'a-
riant de cette fonction, qui se trou^'e multiplié peu- le
carré du module de la substitution à laquelle on soumet
ses l'ariables.
Soit, en eflet, / une (onction de .r,, x-2, - -, ■?'« ; soient
/, , /o, .... /„ ses déri\ées -^, ■•■, ■—, et 'j>, , -^o, -j;,,
ses dérivées — j • • • ^ — après que l'on a efTcctué la subsli-
tution ( I ); on a
>y(Oi.o,, ...o,,) _ 0{Oi,'^î, .•.■">„) à(fi, /,,..../„) d(xi, ...,.r„)
Le premier membre est le liessien de / relatil' à j,.
j-2, ..,)'„, appelons-le H,-; le second facteur du second
membre est le hessien Hf de / relatif aux variables x, le
dernier facteur est le déterminant F; on a donc
( 2 ) J I , = ' 1 1 >. -. : •
Or
"f r .,./-., ^ _^ /• ~>
O, = = /, j'ii -r-Jl ,'21 . • • •-+- /« ,«!)
"J'i
')f
iOO cil A n TUE X.
ilonc, en génrral, --— ^= vy,-, et par suite la formule (2) devient
Le hessien est donc bien, en général, un covariani ; toutefois,
si /"élail du second degré, le hessien se réduirait à une con-
stante que Ton aj^pelle quelquefois le discriminanl de la
fonction du second degré f aX. qui sérail un invariant de
celte fonction.
Ainsi, par exemple, le hessien de la fonction
est égal à
\V-~ AG:
le hessien de la forme
A.r2— \>2__ s:' z"--^ 'i.V,yz — 7.B'xz -~ aB'rj
esl le déterminant
i A B" B' I
' B" A' B ! -. o.
I B' B A" 1
^'^oici de nouveaux exemples de covarianls.
X. — Émanants.
/désignant nne fonction homogène de jTi, x.2 ,. . •, t,/, de
degré /;?, l'expression
, df , df , df
•^ ~ ■^' dx, "^ ^^ rf^~ "^- • -^ ^« d^
est ce que l'on appelle le premier émanant de f] le sym-
hole x\ Y~ 6St commulalifel distributif, et, par suite, l'opé-
ration P"/ pourra se développer par la formule du binôme;
P-/, P''/, . . . sont les deuxième, troisième, etc. émanants
de/.
Thi'ùorème. — Tous les émanants de la fonction /sont
lies covarianls de cette fonction.
THÉORIE DKS SIBSTITUTIONS LINÉAIHES. ! 0 I
En efTet, on a, en criectiianl la siihstilulion i i ) «lu para-
;raplie précéilenl,
~i^~ 7 .■ Vil
'A/-.,
,îl
iJX„
f)X„
'(ni,
Si clans les formules (i) on accentue les x et les y, on en
tire
I r ''•' . '^^ ■ '"' 1
1 J"") — - . • . — -F a >
J-2
Jonc
Or, dans le second membre, le coefficient de-p- ^r^j^, est égal à
V
I oV
c'est-à-dire à l'unité. Le coefficient de -— a\ est égal à
OXu.
c'est-à-dire à z('ro; on a donc rigoureusement
Sr'-^-yx'-^.
2à^^' ovi - 2à-^' Ox]
et le premier émanant d'une forme est un covarianl absolu
de cette forme.
Il est bien clair que, si l'on répète sur la fonction
l'opération P, elle restera encore invariable par la sub.slilu-
232 CHAPITRE X.
lion. Mais on pcul donner de ce lliéorèmc une démonslralion
plus simple : on a
/{Ti -+- l r\ , x.-¥- tr', r„ -, - / t'„)
= .a-r,,.r,, r„)+ ^ Vf+~V\f-^...
fm—l
Soit _:?■ la fonclion transformée de/ par la substilulion (i);
on aura
= .^iXi^r-i yn) + ' P.^ + j PV + - • ■
fm-l
_ l>/« — 1 cr ^ . /OT rri ■x-' 1'' \-
(^//J — Il
or on a
/(>,, ^r., ...) = ,-(j,, j,, ... )
et, par suite,
f{Ti^/.r\, . . . ) =r -(_^., ^ / ,/ ^ . . . ).
Les coefficients de ^' dans les développements des deux
membres de cette équation devant être égaux, on aura
P'/=P',?,
ce qui démontre le théorème énoncé.
Remarque. — // est bon d'observer que l'on a, à un
facteur numérique près,
.r, '-r,- ^... /=hPi -r-^ -4-j", — - -4-... /.
Ces deux expressions sont les termes de degré h en .r, ,
.r',, ... ou de degrés m — A en .r,, .r^, ... du développe-
ment par la formule de Taylor de la fonclion
/(jr, + .r',, .r,^./,, . . . ).
Nous trouverons plus loin une interprétation géométrique
remarquable de la théorie des émanants.
Théorème. — Ae hessien d'une fonction n'est autre chose
que le discriminant de son second émanant.
TIlfiORIR DKS SrilSTITl TIONS 1. 1 N f: \ I H E S.
En eiïel, le second émanant de /est
dont le discriminant relatif aux variables x] est
^Ô3
0\f 'l\f
dx- (Jj-iàxo
rn f ,)i f
I OXn dx 1 ôx,i ôx-i
c'est-à-dire le hessien de/.
()x^ dx„
Oxl
XI. — Contrevariants et divariants.
Des variables x\, x'.,^ . . . , x\^ etx,, x.^^ . . . , x„, qui doivent
être transformées par la même substitution, sont dites co^rr-
(lientes ; au contraire, si ces variables devaient être transfor-
mées, les unes par une substitution, les autres par la substi-
tution inverse, on dirait qu'elles sont contragrédientes. Je
rappelle que les substitutions
et
'(m Y,.-,
yi r^ Cil .r; - Gi2 J^o-H. . .-H Ci„a",,,
\ y ,1 — '-'/Il ■'l ~ '-'«2 '-^i ■ . . -i- C/,„ Xn
sont dites inverses l'une de l'autre quand on a, en ijénéral,
Pour donner un exenq:)le du cas où, dans une même ques-
tion, il peut se présenter des variables contragrédientes, con-
sidérons une forme linéaire
a\ X\ -T- a» r, -^ . . . -^ a„ x,.
254 CllAlMTllK X.
11 n'est pas difficile de s'assurer que, si l'on apjiliquc aux va-
riables Xi, .r^ J^n lii substitution ( i ), les coclliciculs a i ,
'7^, . • . (f„, ( onsidérés comme des variables, subiront la sub-
stitulion inverse ; et, en effet, la substitution ( i ) transforjuc la
l'onction linéaire en question dans cette autre
«i(Ti1 Vl- Yl2,Vo-^.. . I «2(721 ri -Y22j'2- • • • •- .. .= O,
de sorte que, en appelant bt, b-,, • • • , b,i les coeflicicnts de j^, ,
ro, . . ., j'„5 c'esl-à-dire de la nouvelle forme, on a
bi — Yn «1 - - Y21 «2 — • • •-'- Y«i *"'«'
bo = Y12 «1 -f- Y22 «2 -- . . . Y"2 ^''"
les variables ^, , ^21 . . . , >2^«, et «i , «..• • • • > «« sont donc trans-
formées par des substitutions inverses : elles sont ce que nous
avons appelé des variables contragrédienles.
Maintenant, soient ^1, x-;.. . . . . x,i, ei x\, x.^, . '. . , x], des
variables contragrédientes ; soient «, «', a!' , ... les coefficients
de certaines formes pouvant renfermer, outre les variables X| ,
x,, . . ., Xii^ les variables contragrédienles x\^ x'.,. . . ., x\^.
Appliquons à ces formes une même substitution linéaire
transformant jr,, x.y, . . . enj,, l'j. ... et x\, .ri,, . . . (par
la substitution inverse) en v\, r'.,, ... ; soient A, b', b" les
nouveaux coefficients de ces formes ; soient enfin F le détermi-
nant de la substitution que l'on a effectuée sur les Nariablcs
Xi, Xi, • . . , x,i, co un exposant quelconque. Si l'on a
'^'{a, a', . . . ; Xi. x^. . . . : x\s x'.,, ... 1
^Y^':.(b, b ...-.Yuy-i, ...-.y,, y.. ...I,
on dira que o est un divariant ou un covarianl mixLe ^ si
la fonction '.2 ne renfermait pas les variables x^, x-2.-, ■ • ■ , x„,
elle porterait le nom de conlre^'ariant.
On verra bientôt qu'il existe un grand nombre de diva-
riauts; en voici un qui appartient à toutes les forn^es : c esl
l'expression
• _V
THÉ ouïe di:s siustitu iions linéaires. aS"
lui cfTel,
y\-^i^'i = y,lï/i7i — Y/272--- • --^ T/«7«)^i-
=^('(i\>-^\ " '(-iV-^'-i - • • • ^ T"(A^« )7h^ î
mais, los variables x' étant transformées par la substiliitiini
in\ei'se, on a
Yii-i-^i -- T2!J-^2 -^- • --^ "(/ly-^/i — J'(jL'
donc enfin
et l'expression 2.^i-^'i ^^^ bien un divariant de toutes les
I ormes.
XII. — Des évectants.
M. Svlvester a donné le nom d'évectants à des contreva-
riants que l'on obtient comme il suit :
Soity(jc,, X.2, ...) une forme ayant pour coefficients «, a', ...
r[ de degré ni; soient ;,, ç^, ... des variables conlragré-
(lientes, g{)'i, J'i, . . . ) la fonction transformée par une sub-
stitution de déterminant F, et y,,, t,o, ... les variable->
contragrédienles a\ec Vt, y-,, .... Considérons la fonction
suivante, où A est une constante arbitraire,
[lar la substitution, elle deviendra, en observant que
est un contrevariant,
12) ^ - - >^ (j»'l r, 1 - 72 Tr.2 - • . - )'" •
Soit 'c(a, a', a", . . . ) un invariant de /"; on aura
o{b, b' b\ ...)= r"'cp(a a' a", . ..),
et, en remplaçant les coefficients <7, ci , ... et />, h' . ... par
256 ciiAPirnE x.
ceux des formes (i) et (i>.),
cp( ^ — Xt/j" — . . . ) = rw '^(a -h Xï;" — . . . ).
Les coefficients des mêmes puissances de \ sont égaux; ainsi
les coefficients de )>", )., A-, . . . dans 'i(</ + A;",'-|-. . .)sont
des contrevarianls, le coefficient de A' est le /' ""^ évectant
de /relatif à l'invariant 'j.
XIII. — Recherche des invariants.
Théouème. — Le nombre des invariants d'une ou de
plusieurs formes est nécessairement limité (il s'agit, bien
entendu, d'invariants distincts, c'est-à-dire tels qu'aucun
d'eux ne soit fonction des autres).
En effet, soient jc,, x-^^ ..., Xn les anciennes- variables;
rt, a\ . . . les anciens coefficients d'une ou plusieurs formes;
j^i, )-2, . . . ,j„ les nouvelles variables; b, 1/ , . . . les nouveaux
coefficients; A le déterminant de la substitution. Si .p(a, a',. . .),
•l{a, a\ . . .) sont des invariants, on aura
/ u(a, «'. . . . I = A^o(6, //. . . . ).
(i) J>(a, «'. ...I = A? (1(6, //. ...).
L'élimination de A donnera des relations telles que
(2) ] ............ :
or il ne peut exister qu'un nombre limité de relations entre
les coefficients a, //', . . ., b, //', . . . obtenues en éliminant
les coefficients de la substitution entre les relations qui
donnent les b en fonction des a; donc le nombre des rela-
tions (2) est limité, et par suite aussi celui des relations (1);
donc, etc. c. q. f. o.
Une forme quadratique ne peut avoir qu'un seul invariant
qui est son discriminant; car toute fonction quadratique
TlIl'OUIi: DES SL'USTITUriONS LINÉAIRES. 267
|)('iiL se liaiisrornicr dans une autre donnée à l"a\ance; donc
il ne saurait exister de relations entre les coclfieients de la
proposée et de la Iransforniée : c'est ce dont on s'assure aisé-
ment en faisant efTectivement la substitution et en égalant à
des arbitraires les coeHicicnts de la transformée. Soit n le
nombre des variables, celui des coelficienis est — : on
2
aura donc équations a écrire pour déterminer les
n- coefficients de la transformation : or /i- est toujours supé-
, n{n --- 1) n- n ^ .,
rieur a ^= — 5 car /i<'/i-.
■1 2 2
On verrait de même qu'une forme cubicjue binaire n'a
qu'un seul invariant.
Quand on connaît les im-a/iants d'ane forme de degré
n, on peut Irotner les im'ariants de plusieurs fo/'/nes de
même des^/é.
Eneiïet, soient '^(X), . . . ;«,,«2? • • •)' '}(^i' ■ • -'i^^iy^'-'j- • •)'
h[ Xi, x-2, ... ; a\ , a".,, ... I, ... des formes d'ordre n ; con-
sidérons la Ibrme unique
o -T- hl -i- 1x0 — ... .
Soll n(r/|, (fj. . . .) un invariant de la l'orme ':> ; alors
n ( a, -^ À a'i -;- iJ.a'\ ~ . . . ; a-j-^ 1 a', — [xcù — . . . )
sera un invariant de tp -;- 'r-l -+- <jJi --.... En appelant alors
/>,, 02, . . • ; b\j ù,, ... les coeflîcients des formes trans-
formées, on aura
II ( «I - ). a\ — [j.a\—... ) = A''' Il ( bi- À /j\ — \i.b\ — . . . ),
A désignant le déterminant de la substitution. Cette formule
devant subsister, quels que soient X, ijl, v, . . . , les coefficients
de ).' |j.^ v^ ... doivent être égaux. Soient u et A"r ces
coefficients; on aura u = A"*^' : donc u est un invariant des
formes cp, di, B, ....
Le nombre des invariants d'une forme 'o est égal au plus
au nombre des relations (jui peuvent exister entre les coeffî-
L. — Traité d'Analyse, I. 1-
258 ' (MIAI'ITUE X.
ciculs de o et de sa transformée, augmenté de i. Soient donc
m le degfré de z>, n le nnml)rc de ses variables; le nombre de
ses coelficients sera
( m -h- i)(m -- ■>.). . .( m -j- /?, — i ) _
on j)ourra donc écrire un pareil nombre d'équalions en éga-
lant les coeliicienls de la transformée à des noml)res b^ , by, ....
Or les coeflicienls de la substitution sont au nombre de n- :
donc il existe
( /?l -h 1 V /?l -t- 9! ) . . . ( «î -J- /l I )
{\) „- --^ . ' ■ ~ n-
1 . 2 . o . . . ( /i — I )
relations entre les coefficients de '^ et de sa transformée, et
par suite
( m -f- 1 ) ( /?i -!- 9. ) . . . f /?i -- n - - t ) ,
1 . 2 . 3 . . . ( /i — I )
invariants. Ce nombre se réduit à i quand le nombre (i) est
négatif, mais c'est là une limite supérieure.
On trouverait de même une limite supérieure du nombre
des invariants de plusieurs formes du môme degré.
XIV. — Méthodes générales pour former des invariants, des cova-
riants, des contrevariants et des divariants.
TnÉnKi-MK lownAMENTAi^. — Soit f(.Vi, x.,, ...,.r„) une
fonction homogène de degré quelconque ; si Von effectue la
substitution
) j"2 = •:i\y-i -+ V-2J j)'-2 -f . • . -+- v-2/, y,,,
\ ■■■■■■■■■■■■■■■■■ •;•••;•'
les dérivées '!e f prises /xir idpporl ^> j',, jo,. . ,,.)'// sont
transformées par la substitution inverse.
TIltOUIE DES SUBSTITUTIONS LINÉAIUES. aScj
Cela ivsiille iininccliatemcnl des formules générales pour le
cliaiii^omcnl de vaiialile intlépcndaiilc ; on a en efifel
'V
<)x,
111
'IL
'IL
()T.->
121
Y22-
'IL
()X„
iL
')X,i
,/M '
I 11-2 J
\'^oici niainlenanl comment on peut déduire d'un conlreva-
rianl une série de covarianls.
Soil
o{...rri....ri....r',-...)
un conlrevariant de la fonclion /', ai désignant l'un de ses
coeKicients et x'^ l'une des variables transformées par la sub-
stitution inverse; si nous remplaçons ^r)- par le symbole opé-
ratoire y-j nous obtiendrons un symbole opératoire
dx,
'^ \
âxi j
qui, apj)li(jué à la fonction /"ou à un de ses covariants, four-
nira un nouveau covariant (ou un invariant si les variables vC,
n'enirent pas dans le résultat).
I£xei)iple :
riii «12 Ci
n.2i a-ii i-i
est un conlrevariant de c('\^x'\-\- '.cii^x iX'i-\- a'^,.,x.2\ en le
développant après avoir remplacé ^ par y- ? on a
2--- / «12
OXi ()X>
i-
dx'
Ox,
«11'
et celte expi'cssion est un covariant qui, développé, s'écrit
2 («11^1 -t- ci\iX-i){a-iiXY -\-a.yoX.,) du
— («11^1 H- «12 ^2)- «22— («21 ■'-'•1-+- «22-î^2)-«ll-
•.>Go ciiArnuK x,
l/c\nrossioii
,r-f ,r-f ,r-f
lournil un invariant
•in']., — v>,«ii«22-
En appliquant le symbole '^ ( . . . r//. . . J"/. . . y . . . j iWin
dlvariant, on en déduirait un nouveau divarianl (ou un con-
Irevariant si les variables j; disparaissaient d'elles-mêmes).
Théoiœmk ir. — Connaissant un imn/ianl tV une forme
(luelconque, on en déduit un covariant pour une forme de
degré plus élei'é.
En elTet, soit ■^( . . . a/. . .) un invariant d'une forme/ de
degré m\ formons l'émanant d'ordre /)i d'une fonction quel-
conque F, et soit
r)F . r)F Y'"'
cet émanant. Considérons dans cet émanant .r', ,.r'^, . . . comme
les variables d'une forme, et formons l'invariant '^ [. . . a,- . . .)
pour cette forme; le résultat sera un covariant de la forme F.
Exemple. — ■ L'expression a'-^.^ — r^/, , «"'^a est l'invariant de
«ll.r'j - 2ai2-2^1.^2 " «22-^2 ')
donc
dxiôXi) àxi ôx-,
sera un covariant de F.
De même un covariant pour une forme de degré élevé peut
devenir un simple invariant pour une autre forme de degré
moindre.
Formons le discriminant de léujanant
, r)F , ')F
dx-t
et nous avons le liessien de F, ain>i (ju'ou l'a di'-jà observé,
Tiii':(H!i i: i)i:s si iisri ii tiu.> s i.in f: a i it i:s. '.'.(^i
XV. — Invariants des formes quadratiques.
ADiis avons déjà remarqué (|if une forme qiiadi-atiqiio n'avail
([u'iin invariant, à savoir son discriminant ou licssicn.
Si l'on considère deux formes quadratiques
les coefficients des transformées s'exprimeront à l'aide des
coefficienls des proposées et des n- coefficients d j la substi-
tution, ce qui fournira
lelations possibles entre les anciens et les nouveaux coeffi-
cients; le nombre des invariants est donc au plus /i -{- i. On
les trouvera j^ar la règle donnée (p. aSS) et l'on formera le dis-
criminant de/ — A^;les coefficients de A", )., ).-, . . . , A"~',)/'
seront les invariants chercliés. On peut remarquer que ce
sont les coefficients de Téquation qui nous a servi à réduire
/ et_i,'" simultanément à des sommes de carrés.
Un raisonnement analogue donnerait les invariants d un
plus grand nombre de formes.
Une substitution ortliogonale n'altérant pas la fonction
x'^ -h X7, -^ . . . -'- xf^, si l'on considère l'expression
2^a,jXiXj— s{j:i-xl-...- x;, ),
ré(piation en s qui sert à ramener %^r/ /y .r/xy à une somme de
carrés aura pour coefficients des invariants de 7 (lijXiXj^ rela-
tifs à toute substitution ortliogonale, si je puis m'cxprimer
ainsi, c'est-à-dire que ces coefficients ne changeront pas quand
7 <iijJ^i-rj subira une transformation orthogonale. Cette pro-
priété est précieuse et nous en ferons l'application à la
(«)
26^ cil API TUE X.
recherche des paramètres d'un paralioloïdc donne par son
équation
H- 7.B"ûry -i-aC/u- -r-aC'/j)- --iCtz -r-Dt-^ o.
On simplifie celle équation au moyen de deux subslilulions
successives équivalentes à la substitution unique de déter-
minant I :
.r ^ rt j-'-l- 6 1 ' -t- c z' ^- OLt' ,
y = a! x -!- 6'j'+ c' z' -\- ^t' ,
z = a x + b"y' -f- c" z' -!- -{ t' ,
t = o x' -k- o y + o z' -^ i.t';
rt, b, c, a\ . . . sont les neuf cosinus bien connus dont le déter-
minant est i; y., 3, v sont les coordonnées de la nouvelle
origine. Soit
(b) sx'--{-s'y---Q.Qz — o
l'équation simplifiée du paraboloïde; .vet^' sont, comme l'on
sait, les racines de l'équation en.?; quant à Q, on l'obtiendra
en écrivant que le discriminant n'a pas changé.
En appelant donc A l'ancien discriminant, celui du premier
membre de (a), et observant que celui du premier membre
de (b) est ^ Q'-ss',
Q^s.;^— A, d'où Q=4 -— ^.
XVI. — Contrevariants et divariants des formes du second degré.
Soity= 7 c//y\r/.ry une fonction homogène du second de-
gré ; si l'on pose
on aura ainsi une substitution linéaire. Si on la fait subir à la
fonctiony, on obtiendra une fonction es (ç,, Ço, . . .) que l'on
appelle avec Gauss \^ fonction adjointe de f. Nous verrons
bientôt que cette fonction est un contrevariant.
TUÉOniE DES SUBSTITUTIONS LINÉAIRES^ ?.G3
Nous allons apprciidio à former la fonction adjointe. De
( I ) on lire
(•2) /= X,;. -4-^2?:;—. ..-f-3"„;„,
(|ni n'est antre cliosc que Tcxpression pure et simple du
théorème des fonctions homogènes : pour obtenir la fonction
adjointe, il suffira d'éliminer j;,, x^^ . . . , x,i entre (1) et (2), où
l'on rem placera/ par cp. Or le système (i) peut s'écrire
1
«11 ^1 -
«12 X-j^ — .
..-!-«
Il X 1, — ç 1 ,
1
«2,.r,-f-
«22 ^1 -'- •
. .-'-a
m X II = Ç2 )
(
rt„,3-, -f-
Cljti^'l '~ •
. .-r-a
in-^ Il -— ~.n}
et la résultante
est
«Il
«12 . . .
Cl\il
>• 1
•A 1
«21
«2.»
a 1,1
^2 '
(■3 bis)
= 0.
a,n
a„2 . . .
a un
U î
^2 ...
-ji
'f ,
On a donc, en appelant A le discriminant de la fonction /,
(4)
ou bien encore
(5) Ao=
«11
«12 .
• ■ «i«
-A
«21
«2J
• • a-iii
Ç2
Ao^
•■
a.n
«,.,2 .
■ Clnii
\n
;i
~ii
0
V
iûaij
Des formules (3) on peut tirer la sujjslitulion
((i)
T. = a2, ;,
-'2/( ~nt
et alors la formule (j) peut encore s'écrire
(7) ?=y^/y;/:y
i6^
en A PITRE X.
Thkorkmf. I. — Lorsque le discriminant A dr f s'(innuh\
(a fonction adjointe '^ est un carré parfait .
Il v a là une sorle de paratloxe; en elVel, 'z- cl/élanL iden-
tiques, on pcul se demander commenl, /"n'étant pas nécessai-
rement un carré, 'j doit en être un; mais il ("aiil alors consi-
dérer 'o comme défini non plus jiar l'écpialion (y), mais Ijien
par Téquation (,")), où A-^ lui-même sera la fonction adjointe.
Ainsi, dorénavant, c'est l'expression \^-^ — \is\j fl^c nous
appellerons la fonction adjointe.
Si f est un carré parfait, l'équation en 5 a/? — i racines
nulles ; donc, pour 5 := o, tous les mineurs du premier membre
de l'équation en s doivent être nuls jusqu'à l'ordre n — 2.
Maintenant on sait que l'on a
r)2A ()A dl r)A f)A
comme A est nul par hypothèse, on voit que tous les mineurs
du second dei;ré du discriminant de 7 c/C; sont nuls:
it de > -
A'^ est donc bien un carré parfait. c. o. f. n
Théorème II. — La fonction adjointe A.; est un contrc-
i'ci riant.
En effet, la fonction adjointe peut s'obtenir, ainsi qu'on le
voit à l'inspection de la formule (3), en égalant à zéro le dis-
criminant de
e =2^"iJ 3-iXj -^ 2 J"„+i rri ï, -^- Xi I2 - - . . . -;- Xn \n — ^«-hl ^ ) •
Effectuons la substitution
(8.)
^1 = Tu Jt '^•~ Y1272 --• • •— Yi" J«.
•2^2 = T2iri ^- Y227-2 -!-... -f- Y2« J//-
î
TUfiOKIi: DES SIDSTITITIONS 1. 1 N É A I U ES. 26'
ol la siil)Sliluli()n inverse
I ^I , 11 ?1 - , 21 ?2~" • • •"' ,111 ?«'
i.'ji
/;••■:;■;•■■;;■; : v
'i« — (i«çi"' r-//;2 •■ , /i 11,11 •
J.a lonctioii (■) devientlia
II = V^/yJ/jy— 2X„H_, p',r,, r,2j-2-4-...H-T,„7„— a:„+i ^ j ,
N l'ijrjVj désignant ce que devient 7 ciijXiXj par la siibsti-
liition (8). La fonction adjointe de 7 ^/y r/J'y s'obtient pré-
cisément en égalant à o le discriminant de H; or II = 0r-,
en appelant r le déterminant de la substitution (8) : il en ré-
sulte que les valeurs de '^ tirées de 0 =: o ou de H ^ o sont
l'^ales : donc enfin la l'onction adjointe es ou A'^ est un contre-
variant dey*.
Si/= o est l'équation d'une conique ou dune surface du
second degré,. ..,0=0,0 désignant la fonction adjointe,
est l'équation de la polaire réciproque de /= o prise par
rapport au cercle ou à la sphère imaginaire
Théoi'.ème III. — Appelons g = Ao la fonction adjointe
de f; la/onction adjointe de g sera /A" ''.
Nous avons trouvé
^-^=Uh^^-^:^^'
si l'on appelle D le déterminant N 1^ a, , a^o. . .'J-nn^ la fonc-
tion h adjointe de g sera
et 1 on aura
266 CII.VPITRK X.
C'est précisément la valeur de .?\ tirée de (6); on a donc
Ami ÔXij
mais, en résolvanl les équations (G), on aurait
, _ I r)D r r)n
^'~]5 d^i '''''' Ù ^a,, ''■-"■' ••■•
Comparant les formules avec (2), il vient
I dD f)D
D d%ji ■' dtji
on a donc
// = \>SaijXiX: :^ D ■ -^ A"-' /'.
C. Q. Y. D.
11 résulte de là que, si ^,, X2, ^3 sont les coordonnées
d'un point, les figures /"= o et g ^=- o jouiront d'une certaine
réciprocité Tune par rapport à l'autre. Ce mode de dépen-
dance sera étudié plus lard.
XVII. — Sur les combinants.
On appelle combinant de n formes liomogènes à n va-
riables
f^{ai,a\ .. .,Xi. ...,Tn), f2(o,,a\, ...,.r,, . . .,.t„), . . ./,,,
OÙ les a représentent les coefficients et les x les variables, une
fonction qui jouit de la pro-priété de se reproduire par la sub-
stitution
F2 = 3(21 J\ — ^22 fl-^.-.-h %in /«,
à un facteur près, égal à une puissance du déterminant
1
-j- aiia22 . . .0L,i,i
TU f- ouïe des s UBST fictions LINf:AinES. 2C)-]
delà subsliliilion, loiil en élanl un co\ariant de ces formes.
Ainsi, si l'on considère une substitution
^1 -^ "'il.?'! ... - Y-«'^'"
une lonclion K sera un conihinant, si l'on a à la fois
K(F,,F,. ...^=r'"K(/„/„ ...),
K(a, a', . . , Xj. . . . \ = \'^K{b,ù\ . . ., CTi, . . .).
Le déterminant d'un système de fonctions, le liessien d'une
fonction sont des combinants.
XVIII — Sur une propriété générale des formes.
Théorème. — Toutes les fois qu'une proposition relatiie
à des polynômes homogènes ne comprend pas dans son
énoncé uniquement des co^'ariants ou des invariants,
on peut toujours en déduire une proposition plus générale
dont elle n'est qu'un cas particulier et qui, dans son énoncé,
ne renferme que des invar iajits ou des covariants.
En cITet, supposons que la propriété en question résulte
d'une ou de plusieurs équations simultanées (et il ne saurait
être question ici d'autres propriétés), ces équations contien-
dront des variables x el les coefficients a de certaines formes;
soit
([) F{Xy, ..., a, ...>=f{x:, ..., a. ....
l'une d'elles. Si nous effectuons une substitution linéaire,
elle deviendra
(■2) F,(.r',. . . ., r'\ ... I ^fi(x\. ...,a' . . . ^
a' et x' désignant les nouveaux coefficients et les nouvelles
variables. Si la substitution linéaire effectuée a tous ses coef-
ficients indépendants, une nouvelle substitution ne modifiera
pas la relation Fj ^ /i, en ce sens qu'elle aura jjrécisément
268 (Il A rn 11 K x.
la même f^éncralilé que celle c-cjualion ; les deux membres
(le (2) seront donc des covarianls ou des invariants, el les
loi-mules (2) consliluent la Iraduclion ali^r'hiicjue du lliéo-
lème général dont les équations (i) sonl le cas particulier,
car on reviendra de la formule (2) à (i)en faisant des liv|)0-
ihèscs particulières sur les coeflicients delà transformation cl
sur les coefficients a' .
Celle méthode de généralisation des ihéorèmes d" Vlgèhre
a été tout d'abord usitée en Géomélrie par le général Ponec-
let, el c'est ainsi que des propriétés du cercle on a jiu déduire
une foule de propriétés des coniques en mettant le cercle en
perspective. Nous verrons plus loin que mettre une figure
en perspective, cela i-evienl à appliquer à son équation une
suhslilulion linéaire.
Il est l)ien clair qu'une proposition qui dans son énoncé
ne contient que des covarianls ne peut plus être généralisée
par une transformation linéaire.
D'après ce qui précède, on voit que le but de la théorie
des substitutions linéaires est de généraliser les propriétés des
polynômes, et la connaissance des invariants et des covarianls
fournit leurs propriétés les plus générales el aussi les plus
simples.
Il serait donc très important de connaître tous les inva-
l'iants et les covarianls d'un système de formes, car ce sérail
connaître les propriétés générales de ces formes : nous allons
procéder à celte recherche.
XIX. — Démonstration d'un lerame important.
Considérons n -^ z lignes de n élémenls chacune, savoir
(0 ^.'"- *= '•"■
I
TIlfidRIE DES SUBSTITUTIONS LINl-AIKES. 2()'.)
Avei; lonles ces lii;n('s on j)ourra former C;, ^c clétcrminanls ;
Ions CCS (lélcrnilniinls mis ù la place de 0 dans les é([iiaLions
dont If Ivpe est
cl qni b(tnl au nondjre de /H// — i), salislonl idcnliqucmcnL
à ces éqnations, comme on le constate facilement à l'aide
d'nne propriété fondamentale des déterminants. Réciproque-
ment, nous allons prouver que les équations (2) ne peu\ent
avoir pour solution (•) qu'une fonction de ces déterminants.
Nous décomposerons la démonstration de ce théorème en
trois parties ;
1" Si t est négatif, c'est-ù-dire si le tableau (i) 11 a pas
Il lignes, les équations (-a.) n'ont pas de solution^ fonction
des a, b. . . . l.
2" Si s =^ o, elles ont une sululiijn fonction du détermi-
nant des éléments (1).
3" .S" /7c théorème est vrai pour £ = s,, Usera encore crai
pour c = s, -i- I.
1" Si t est négatif, le nombre des dérivées de B qui entrent
dans le groupe suivant :
— «1 —
Otti
. ..= 0,
de
— «.) —
Ooi -
<)bi "
. . . — 0,
<)e
<kii
. . . =0
est moindie (pie /?, c'est-à-dire est au plus égal au nombre
de ces équations ; il faut donc supposer
de de
Otti obi
ce qui montre que 6 ne saui'ail contenir les éléments du ta-
bleau (i), (Nous suppcjsons, bien entendu, qu'il n'existe
270 CHAPITRE X.
aucune rehitlon enlre les éléments de ce tableau.) Ainsi la
première parlie de noire théorème est démontrée.
a" Supposons s = o, et soit P le déterminant des éléments
du tableau (1). Prenons P comme variable à la place de a,-;
nous aurons, en désignant par un d\cs dérivées prises dans le
nouveau svstèmc de variables,
f)& _ r/0 r)P
Oit, dl' dtt,-
t)e _ de ()P de
de ,
de ,
de ,
db^'^ ■■
de .
Substituons ces valeurs dans (3), en observant que les équa-
tions sont satislailcs pour© = P, nous aurons
(0
les autres équations du groupe (2) ont conserve leur forme, à
cela près que dj est remplacé par d. Mais le système (4) con-
tient n — I dérivées de 0; et, comme il se compose de n — i
é(piations, il laiil que 1 on ail
de de de
- ..- = o, —- — <), . . ., =0;
(Lbi (ici ail
donc B ne contient ni ^/, ni c,, . . . , ni //. Pour trouver 0, on
j)eut supposer bi =: Ci=i . . . =r. /,• = o dans les autres équa-
tions (2) transformées; le groupe
de de , de ,
fUij !bj dlj
de le de
daj""'' Jbj""^-- Tlj"^
1 1' - • de , , , ,.
contient alors 1 équation - — zxz o et prend la même lorme
THÉO RI F. Di:S srilSTIl TTIONS MNf'AlIlKS. 27 I
(jue (4).troù l'on conclu l f|iic(-) ne coii lient ni dj ni hj ni cy,...;
en d'aulres lermes, (|uan(J on prend pour varialilc P et tous
les éli'nienls du tableau (i)à l'exception de <7/, Wne contient
que P cl est une fonction arbitraire de P. La seconde partie
de notre tbéorème est donc démontrée.
3" Supposons le théorème démontré pour le cas où le
tableau (i) possède n -\- s, lignes, et supposons qu'il en pos-
sède actuellement/? -1-3, H- 1. Je dis d'abord que, si l'on prend
Il -f- I lignes dans le tableau (i) et qu'avec ces n + i lignes
on (orme les déterminants Po, P», • • • ^ P«+( qn' "C renrerment
pas la deuxième, la troisième, . . ., la n' ""^ ligne, on pourra
calculer les a en fonction de P:,, P3, . • • , P«+i; il suHit pour
cela de prouver que, si l'on pose, en appelant ^1, /o, . - ■ , /«
la {n + i)''"'" ligne du tableau (i),
R =
les équations
seront compatibles, ou, si l'on veut, comme elles sont du pre-
mier degré enrt,,rt.j elles n'auront pas leur déleimi-
nant nul. 11 suffit pour cela de considérer un cas particulier,
celui où l'on aurait
l>M <^1
■ ''''
/u /. • . ■
la i
h,
= ",
hi= «>,
^3=<S •
. . . h„ = 0,
fl
= ",
Ci= 1 ,
f:j=o. ..
. -, '■■«='>;
/, — O, l.y — O, /s = O, .... /„ = 1;
les équations (.")) prennent alors la forme
rt, = l'.,, (1-2 = r'3, ....
Ainsi, s'il n'existe aucune relation entre les éléments du
tableau (i), on pourra prendre pour variables à la place de
«,, rto, . . . , ff,i ces déterminants P^, P3, . • • , P«+i-
•3J2 Cil API THE \.
Désignons par un d les dérivées quand les Po P//+i , 1*
h. les (\ . . . sont variables indépendantes^ on aura
ikii dV^ Oai dVi Oa,
>)S _ de_ dai ^ de_ ()P:i ^
en observant alors que les éipiations (2) ont pour solutions
les V, ces équations deviennent
de , de de ,
Ces équations, par hypothèse, ne renlennent que les va-
riables d'un tableau à /i H- £1 lignes; elles n'ont donc d'autres
solutions que les déterminants que l'on peut lornier avec les
éléments de ce tableau ou leurs fonctions arbitraires, pouvant
par suite renfermer P^, P^, • • -, P«+i, ce qui revient à dire
que 0 est une Ibnction de tous les déterminants que l'on
peut former avec les éléments du tableau de /i -4- £| -r i lignes.
xNotre théorème est donc démontré.
XX. — Recherche des covariants et des contrevariants
des formes linéaires.
Soient
Xi, X2, ... ! X;i )
des variables cogrédientes, et
«,, «2, «/M
bi, 0-2, — On,
C] , C.>, ... -, C/i ,
des variables contragrédientcs, un certain nombre de ces
tiiéoiuf: ORS substitutions linéaires. 273
variables conlraj;r('diriiles, loules même (voi/- p. o53), pou-
vant cire les coclficienls de formes linéaires, telles que
Soit B(<7,, (t.,, . . . , ^, , h-,, • • • ' -^n -3^27 • • •) "" conlreva-
riant de ces Cormes; si l'on efleclue la substitution unimodu-
laire
on aura
ji = j'i -- ^"72 > r-i =72, . • • , r« = y,.
b\ = bi, b', =--■ b-i -+- Ibi, b\ = 6.-;,
c\ — Cl, C, = C2 -T- ÀCi, C-'j = C3,
les lettres accentuées désifjnant ce que deviennent les lettres
non accentuées après la transformation.
On aura ensuite
ou bien
(-)(«!, «2j •••, ^Ij -2^2, •••)=0(<'l, «2-^^-«l, ••••• -î"! ^'•2'2) ^2, • • • )•
Egalons les coefficients de A dans les deux membres, après
avoir développé le second membre par la formule de Taylor;
nous aurons
()% dQ
o = ai- ^... — Xi- ...
««2 O-^l
OU, plus généralement^
^'> ''^ô^-^^'ôbj-~---'=^^oF,-^^'^ôyr'---'
Telles sont les équations auxquelles doivent satisfaire tous les
invariants, divariants, covariants et contrevariants des formes
linéaires.
I^. — Traité d'Analyse, 1. 18
274 CHAPITRE X.
Introduisons, s'il le CauI, assez de variables cnnlragrédienles
pour {{uc le nombre des fondions linéaires
Aj,~ aiXi-ha,T2 -. ..-' (7„.r„,
Jij. = bi^i^' biT-i • . . . ■b„.T,i,
soit supérieur ou au moins égal à n; on pourra, aux variables
a:^, x-2, . . ., x„ substituer n des nouvelles variables A.r, Bj-,
Cx, . • . , aux variables j'i, J^., . . . , )« substituer les variables
A,-, B,5 C,-, .-., en désignant ainsi ce cpie deviennent V,.,
B.,-, . . . quand on y remplace x par )', .... Désignons par
un d les dérivées prises par rapport au nouveau système de
variables; nous aurons
ûa,-
dS
dcii
de ()\^.
f/A.,. àa,-
de
dn.v
àa,-
d.rj
=
de ')A.r
dAjr à.Tj
fie
dn.r
àXj
Substituons ces valeurs dans (i) et observons que cette é(pin-
tion est satisfaite en posant 0 = A^, Bj-, . . . , Ay, B, , ... ; il
viendra
de , ^0 , de
daj dbj (Il j
Les équations contenues dans ce Ivpe n'admettent pas d'autres
solutions, comme on l'a vu au paragraphe précédent, que des
fonctions arbitraires des déterminants que l'on peut former
avec les variables contragrédienles ; dans l'fxpression de ces
fonctions pourront entrer A^, B, , .... <pii ne dépendent pas
des cij, bj, ... au point de vue où nous sommes placés; donc :
l^oifl contreiciriant de formes linéaifes, dans lequel il
entre suffisamment de variables contra grédientes, est une
fonction : i" de ces formes, 2" des déterminants que Von
peut former cn-ec les variables contragrédienles, y com-
pris les coefficients des formes.
(3n dit quelquefois aussi que le conlrevarianl peut conlonir
THÉORIE DES S l' B S T I T L TION S LINÉAIRES. 27.J
les covarianls identiques qui sonl les déterminants formés
avec les variables cogn''dienles, mais ces covariants sont fonc-
tions des formes et des déterminants des variables contra-
grédientcs.
Les invariants et les co\ariants étant des cas particuliers
des conlrcvariants, on voit que moins de n formes à /i va-
riables el du premier degré n'ont pas d'invariant. Plus de n
foi nies linéaires à n variables ont pour invariants les déter-
minants que Ton peut former avec leurs coefficients, et en
général leurs fonctions. Les covariants en contiennent outre
les formes elles-mêmes.
XXI. — Recherche des covariants et des contrevariants
des formes quelconques.
Tui':oRÈ\iE I. — Tout conlrevariant cl une ou de plusieurs
formes peut être considéré comme un conlrevariant de
plusieurs formes dans lequel les coefficients des nouvelles
formes n^ entrent qu'au premier degré, conlrevariant dans
lequel on suppose certaines formes égales après coup.
Soit, en efl'ct, '^(rt, r/', rt". . . .) un contrevariant dune forme
avant pour coefficients a, a' , a" , ... ; soient b^ b' , b" . ... les
coefficients d'une autre forme de môme degré m. La quantité
Ml b -^ r- b —h -T- b — ^ — . . .
ôa ()a oa
sera un contrevariant des deux formes, car
o( a /Jj. a -'- Kb' . ... I
est un contrevariant des deux formes, quel que soit "a; le
coefficient de A, qui n'est autre chose que l'expression (i),
est donc aussi un contrevariant des deux formes; or le nou-
veau contrevariant (i) ne contient plus les a qu'à un degré
inférieur à m d'une unité, appelons-le o,n_i. Soient encore r,
c', c", ... les coefficients d'une nouvelle forme d'ordre m.
0-6 CM Al'l TKK X.
L;i {|ii;uilil(.''
C -^- C —r-- —■ C -!■— s h . . .
âa Oa (la
sera un conlrevariaiU ne conlcnanl plus r/, a' , a'\ . . . (m'au
degré m — 2, appelons-le Om-2, el ainsi de suite; cp, ne con-
tiendra plus les a, les b, les c, . . . qu'au premier degré et
l'on aura, en faisant a = 6 = c = . . . , en vertu du théorème
lies fonctions homogènes,
tp„,_i=/n'^, '^,„_2^ (m — i)'f/M-i, Oi=2'f2,
cl par suite
çn = m( /n — i). ..■?.. 10;
Of est donc égal, à un facteur numérique près, au contreva-
liant donné, quand on y suppose « =: ^ = c = . . . , et il con-
tient les <-/, les b, les c, . . . au premier degré seulement.
c. Q. F. n.
TnÉORiniE II. — Quand un contrevariant de plusieurs
formes ne contient les coefficients de ces formes qu\iu
premier degré, on peut le considérer comme un contreva-
riant de plusieurs formes linéaires.
Soit aijh_,, un coefficient de l'une des formes
2
(le telle sorte que, si Ton fait
la forme se réduise à ((7^ jt, + «2-^2 + • • • + ^/«^w)"'! soit
■s>[aijii___, . . . ) un conlrevarianl; soit F le déterminant d'une
substitution (pii changera aijh... en b/j^^,: on aura
Si, eu particulier, ou considère la foime
{a^Xi- - aiX-i-T- . . .-r- a„x,,)"' ,
laquelle devient après la IrausCormalion
(6,7,— />oJ-, --...-- fjnVnr",
Tiif:ouii: i)i;s sibsti riinoNs liné ai in:s. '.>.-~
il esl clair ([iio Ton aura
':.{a\a{a'\ i - V^-:,{h\lÀl/:, ):
le conlrevariant considéié [X'ul donc cire considéré comme
drri\anl dune forme linéaire, dans lequel on remplacerait les
produits tels (pic (i\aia'^^ . . . par oij^h...- Kéciproipiemenl.
si l'on connaît un contrcvariant Zi(^a\a'., . . .) de plusieurs
formes linéaires, on peut en déduire un contrcvariant d'une
forme de degré égal au degré de ce contrcvariant en rempla-
çant o\((i . . . par Oijk,.,. En effet, la substitution qui change
(lijk... en ^,y/i... change «/ en bi, aj en bj. ....
Cette même substitution, changeant
'^{a'\a{..:) en r^cs (6; A!; . . . \
changera
cp(r//y/,. .. ) en Y"''^{b,ji,. . .
Des deux théorèmes précédents il résulte qu'il suffit de
considérer les contrevariants des formes linéaires pour en
di'duire tous les contrevariants des autres formes.
XXII. - Méthode de M. Cayley.
C'est M. Aronhold qui a ramené la recherche des contre-
variants à ceux des formes linéaires, mais AI. (^avley [Cam-
bridge and Dublin matheniatical Journal, t. I; Journal
de Crelle, t. 30) avait antérieurement fait connaître une
méthode qui donnait tous les contrevariants; il est facile de
déduire celte niélhode de ce qui précède. Soient
«i^Tj — UiXi — . . .-^ a,iT„^
biTi - b^Ti^ . . . -baX.i,
des formes linéaires, et
(0 ^{a\a{...b'ib'.^...)
un conlrevariant de ces formes; si l'on v suppose
«1 a{. . . = aij_,,, b'ib'., . . . ^ 6/,/...,
278 CIIAriTUK X.
on obtiendra un conlrevarianl tic formes de degré plus élevé
et l'on pourra même ajirès cou[) supposer o = b = . . . .
Avant de l'aire celle livpotlièse « = 6 = . . . , désignons par /
la forme qui a pour coefficients «/y..:, par g- celle qui a pour
coefficients bki..., etc.; on a évidemment, à un fadeur numé-
rique près,
'- ôx\ dx{ ...
en sorte (juc le conlrevarianl (i) pourra s'écrire
dx\ dx':.
à la condition de remplacer les produits, tels que
par
,)i+j+... f
à'f àJf
<)t\ ôx^^
ôx\ ôxi . . .
Ainsi, pour former les cont/'evariants, on peut dans les
contreçariants des formes linéaires remplacer les coeffi-
cients de ces formes par les symboles -r—, -f— ? • • • •> à la
■J ' ' dx\ 0X2
condition de remplacer les puissances de ces sj'mboles cl
leurs produits par des dérivées d'ordre supérieur.
Or les contrevarianls des formes linéaires sont des fonctions
des formes et des déterminants de ces formes; en considérant
les variables contragrédientes comme des coefficients de
formes linéaires, les contrevarianls des formes f-, g-, • • •
pourront donc être représentés comme des fonctions de
déterminants, tels que
dxi
àf
dx,i
àg
dxx
dg
ôx, '
'>g
àXn
)î' ;i, ^2!
sont des variables contrajrrédienles. Les
fonctions ainsi obtenues ne contiendront les coefficients de /,
TIIÉOUIE DES SUUSTITL TIO.NS LINÉAIRES. 279
«',... qu'au premier degré ; mais, en prenaniy= ^- ^ . . . ,
on aura des coutrcvariauls plus j^énéraux. après coup.
Si l'on s'allaclic plus spécialement à la lormalion des inva-
riants, on devra former exclusivement des fonctions des dé-
terminants, tels que
,)/ ,)/ ôf_ I
Oxi dx, ' ' ' OXn
dxi dx, ' ' ' Ox,i
et les prendre à un degré, par rapport aux dérivées, égal au
degré des formes, alin que les variables disparaissent.
XXIII. — Application des théories précédentes aux formes binaires.
Invariants.
Tout polvnome entier en j:,y'(x), peut être considéré comme
un polynôme entier à deux variables en x et >', homogène,
dans lequel )'= i. En efifet, soit n le degré de y"; il est clair
que )"/(-) est le polynôme homogène en question. La
liiéorie des lormes binaires n'est donc au fond qu'un complé-
ment de la théorie des polvnômes entiers à une variable.
Théurème. — Tout invariant d'une forme binaire est
une fonction symétrique des racines de l'équation obtenue
en égalant cette forme à zéro; cette fonction ne doit con-
tenir que les différences des racines en question; enfin
dans chaque terme les racines doivent toutes entrer un
même nombre de fois.
D'abord il est clair f[u"un invariant, devant être une fonc-
tion rnlière des coelficients de la forme, sera fonction svmé-
tiique des racines; de plus, si Ton augmente chaque racine
de /.. ce qui revient à faire une substitution linéaire de mo-
dule I, un invariant ne doit pas changer. Or les différences
des racines ne changent pas : et d'ailleurs, pour que ces diffé-
28o cn.vriTRE x.
rencos ne changent pas, il laut cl il suffit que les racines aui;-
menlcnt d'une mcnic quantité. L'invariant restanl constant
en même temps que les différences des racines est donc une
fonction de ces difierences.
Faisons maintenant la substitution
X = Àr — [xj-, r — \'x - \x'y,
ce qui revient à faire dansf{x) =-= o
_ l.r' -^ [xy' _ \x' — ix\
V x' -T- \x' y' X'x'-t- [i"
l'invariant est multiplié par (â;j.' — ;J-''0"'- ^"^ racine x^ de-
vient s, ,' ,> la différence x, — x-^ devient
A Xi-^ [X
1 X\ — [X X x'„ — \x (X ijl' — ).' ix) ( x\ — t'.t,^ ^
\'x\ — |Jl' V x'.^ -r- \X (X'j^i -n \X'){\' x'., -^ [x')'
pour qu'une somme de produits des différences des racines
ne soit multipliée que par un facteur, il est nécessaire qu'une
racine entre un même nombre de fois dans chaque terme.
Il résulte de là que l'invariant le plus simple d'une forme
binaire est son discriminant, c'est-à-dire le produit des
carrés des différences de toutes ses racines.
Si l'on considère la forme /(x,jk), le discriminant de cette
forme est le premier membre de la résultante des deux, équa-
tions
^="' ^="'
ou
c'est-à-dire
df àf ùf
-•i- = o, -f- X — --j- = o,
ùx fJx c)j"
En égalant le discriminant à zéro, on exprime que/= o a
une racine double ou que/(a:,jK) a deux facteurs linéaires
égaux. Or, en égalant à zéro le produit des carrés des diffé-
rences des racines ou le dernier terme de l'équation aux carrés
Tllf:<>lllF. DES SLBSTITL TIONS LINÉAIKES. 28 1
des dillV-rences, on obtient la même condition ; le discriminant
est donc le dernier terme de l'cqnation aux carrés des dillV-
rences : c'est évidemment le plus simple invariant.
Théorème II. — Tout coKCiriant cV une forme binaire
est une somme de produits de différences des racines et de x
( ou- j dans lesquels toutes les racines entrent un même
nombre de fois (démonstration analogue).
\ oici maintenant un moyen de former des invariants, qui
s'appliquerait aux fonctions de plus de deux variables, mais
qui conduirait pour ces fonctions à des calculs très compliqués.
Soit n le degré d'une forme binaire f{x, y) et soit ij. le
degré d'un invariant que l'on se propose de calculer. Un
iiivariani, étant une somme de produits des dilTérences des
racines, homogène par rapport à ces racines, aura tous ses
termes de même poids.
Faisons la substitution j; ^j^', j^ =^ .r'; cette substitution,
de module — i , a pour effet de changer le coefficient ai de la
forme en ««_, ; en appelant alors a, ,3, . . . les indices d'un
terme de l'invariant, on doit avoir
a-^^ — ...r=n — a — /i — S — ...
ou, en appelant/? le poids de l'invariant, à savoir a ^- ^ j — . . , ,
p ^= \xn — p on p ~^ \ \i-n.
Le produit 'xn doit donc être pair; donc :
Une forme de degré impair n'a pas d'invariant de degré
impair.
Le poids de l'invariant étant connu, sa partie littérale est
déterminée; il ne reste plus qu'à calculer ses coefficients, ce
qui se fera au moyen d'équations que nous allons faire con-
naître.
Soit V l'invariant cherché, il ne doit pas changer quand on
remplace X par x -\-yZx; donc, en appelant r>aQ,Zai,oa.,, . . .
262 CIIAPITHK X.
les varinlions que subissenl alors les coefficirnls r?,,, (l^, . . . ,
de la forme, on doil avoir oV = o on
ù\ ^ <)\ . ')V ,
(i) -— orto- — -'■■"Tfi- — -o<72- . . .- o;
Oa^j ilOi ila-i
<run autre coté, la forme elle-même esl (le\enuc
«o(-^-!- J0-2?rH — a^{x~ jj-oj-)"-'-' ; a.i(x — y rjxy^-^ -T- . . .
ou
rt(/i— 1 ) ,^ , ^
H (aoj>--o./'2 ■xas.y^j.r «2)--...;
donc
orty ^ O, o«i = aoJ'O.r, 0(72 = ''-«i.TO.r, ....
et par suite on a, en rcmplaranl dans (i) oc/^, 0^/1, • ■ • par
ces valeurs,
( ï) - — an-^i- — «1--J-; — a-2--...= o.
àai dOn Oos
On trouve de même
(3) -T -a„- 2- a„-i- . . .^ o.
oa,i-i dcta—i
Pour montrer l'usage que l'on peut faire de ces formules,
clicrclions l'invariant biquadratique d'une forme cubique.
Ici n =^3, [J. ;= 4? P = ^> 1 invariant cherche V est de la
forme
L'application de la formule (2) donne
iG-t-2E = o, aD^GB -3E-0, E GAr^o, iD-h3G = o;
d'où l'on tire, en posant £= — 0,
A \, B = 4, G = i, D = — 3;
linvariant cherché est donc
al al— \a.'ia<i-^ \tti(i'\ — "iala-^ — G«o<^'2<''i <^3 '■
c'est, comme on peut s'en assurer^ le discriminant de la (oi-mc.
rilf:()lUE DKS SI BSTITL' ilONS LINfiAlUKS. 283
Celle niclliode est apj)licablc aux covariaiits et aux Inva-
riants de toutes les lormes et même de plusieurs formes
simultanées, mais elle se complique. On a songé à l'employei-
pour la détermination de la résultante de plusieurs équations ;
on peut en voir des exemples dans la Théorie générale de
réliinination (') du chevalier Faà de Bruno.
EXERCICES ET NOTES.
1. Les invariants des formes binaires jouent un rùle important dans
la théorie des équations; les invariants d'une formey(vr,j') sont,
comme on l'a vu, les fonctions des didérences des racines de l'équa-
tion/(.r) = o. Parmi ces fonctions, il faut distinguer le dernier
terme de l'équation aux carrés des difFérenccs, qui peut se mettre
sous la forme
/'(a,)/'(a,).../'(a„),
oii ai, ao, . . . sont les racines dey(j:') — o, et encore sous la forme
\ S,i i s „ ... s 1,1 _
A'o, Si.... désignant les sommes 7 a», 7 a, 7 a-, ... Ce résultat
s'obtient en fai-^ant le carré du d/'lerniinant
a..
qui est le produit des différences des racines ai, aj, . . ., a^. Ce produit
des carrés des différences des racines est le discriminant Ae f{x,y);
en l'i'galanl à zéro, on a la condition pour que/(a;) = o ait une racine
double.
(') Grand iii-8; iS.'xj. Paris, Gaulhicr-Villars.
284 ni.VIMTHK X.
"2. l 110 fnnnc binaire de dogré /i a autant de covariants du degré
/), |iai' rapport à ses coefficients, qu'une forme binaire (bi (b^gré/) a
de covariants du degré /i par ra|)porl à ses coefficioiits (loi de rc'ci-
procité de M. Ilermile).
9. m OLniiim — i)
1 I .-2
I ini(2m — \). . .(m '■- i)
H :: «/««m
■>. I .•>..>.. . /Il
est un invariaiil de
ao-V-"' -'-^ — rtiJ-2/«-l 1- _._ . . ftomf-'"-
4. a^bii - b»a„ {a^bn-i -bxan-\)
^ {a-iba-i — bîa,i^2)—- • •
1 . a
est un invariant des formes
Oo-r'^ «i^«-'t — .... Oo'^" — «i.r'»-'j>' — ...
(jiiand /i est impair.
5. (("/iCu — «1 )j?- - (au«:j - - rtj ai).r)' - - («(«3 — a| )y-
est un covariant de
«0 a^"* - 3 «1 .r^jK -- 3 a-2 xy- - «3 T^ .
N.-B. — Voir le Traité d'A Igèbre supérieure de M. Svlmon ( * ), et
les Leçons sur la Géométrie par M. Clebscii, recueillies et com-
plétées par LiNDK.MANX et traduites par Adolphe Benoist (-).
6. Soienty"], /j; • • •tfa+i t'es fonctions bomogèncs et de même degré
des variables x^, x<i^ ..., x,,, et cpi, oo, ..., Ç/i+i les déterminants
fonctionnels que l'on peut former avec n de ces fonctions.
Démontrer que /'i,/'2) ••■ifn+i sont proportionnels aux détermi-
nants fonctionnels que l'on peut former avec n des fonctions
C5,, Oo '^n^\ C'^ prouver que l'on a
.^ri \t'-^"u '^X; 0J\^ ()Xn/
p=l ^'
(') In-8; i885, Paris, Gauthier-Viilars.
(•') Trois volumes grand in-8; 1879-1880-188.3. Paris, Gaiilliicr-Vilhirs.
TIlI^;()UIK DKS SUBSTITUTIONS L I .N fi A I lU; S. ?,85
On s'ii|)|niio sur les relations
(Ci.EBSCH, Journal de C relie, t. 70).
CHAPITRE XI.
su 11 L" ÉLIMINATION.
I. — Définitions.
Jî liniincr x,y^ z, ... entre un certain iiornhrc d'équations,
c'est, dans i'accepLion la plus large du mol, trouver une ou
plusieurs équations qui soient des conséquences nécessaires
des é(|uations proposées et qui ne contiennent plus. r,r, z, . . .
Celle (lélinition jieut être Irauslorniée : coiisiih-ions les
équations
(l) '^y — O. Cfo "^ O, ... Cp/,4.1 -= O,
dans lesquelles 'j,, ci^? • • -^ 'f"+i désignent des lonclions de;
X), x-y, . . ., Xn- Supposons que l'on ail pu former une con-
sé(picnce nécessaire R ^ o de ces équations, ne coiiiciKin!
plus X,, X-^', •••, Xn. R = o étant conséquence nécessaire
des équations (i) ne pourra avoir lieu que si c s équations sont
satisfaites en même temps, c'est-à-dire cpie si elles ont an
moins une solution commune, cl elle aura lien dès que
ces équations auront une solution commune.
Ainsi éliminer X \., .r^, ... entre des é(piati()n.s (lonni'-es,
c'est tn)n\('r la condition nécessaire el snKisanle |)()nr (pie
ces équations aicnl au moins une solution commune.
La condition nécessaire et suffisante, R == o, pour (jiie les
é(piati()ns (i) aient une solulion eommniie, est ce que l'on
appelle la résiillante ûcs équations (i).
On ne possède aucune règle générale pour trouver la résul-
lanle de deux ou plusieurs équations transcendantes. Il est
souvent lorl difficile de di''lermincr la n'-snllanle de plusieurs
éfpiations algébriques qui n'aireelenl pas la forme entière.
s un l'élimination. 287
Lors([ue l'on veut t'Iiminer a*,, x-,, . . . , x„ entre des CMjua-
lions IcUes que(i), où '^,, cp.j, . . ., '^„^, désignent des poly-
nômes entiers, on se propose généralement de déterminer lu
résultanteR= o,de telle sorte que II soil un polynôme entier
par rapport aux coefficients de 'i,, z>.,, ... et de degré mini-
Miiirn par raj)port à ces coefficients. R est alors déterminé,
comme nous le verrons, à un facteur numéri([uc près. ^NOus
di'lerminerons même ce facteur numérique, et alors le poly-
nôuic 11 sera ce que nous ap[)ellerons le n''siiltant ou
\ éliminant des fonctions cp,, cp^, ..., '^„+\ pi'i" rapport à
II. — Coefficients, arguments, poids, etc.
Si nous considérons un polynôme quelconque entier
en .r,, x->. . . . , x,i, ses termes se composeront en général de
deux groupes de facteurs; les uns contiendront les variables
.r,, x-^ les autres en seront indépendants. Le groupe
de lacleurs indt-pcndanls de j",, Xo, . . . dans un terme sera
le ('(x'fjicient du terme, l'autre groupe en sera Vargunienl.
Vinsi, dans le terme laxy, l'argument est xv et ia est le
coel'ficient.
Etant donné un polynôme entier, nou^ le tendrons souvent
homogène ; pour cela, nous introduirons dans chaque terme
un lacleur fictif ([ui sera une puissance de t, que nous su|)p()-
serons égal à i; celle puissance de l sera choisie de telle sorte
que le degré du terme (pii lui est relatif devienne égal au
dei;ié du polynôme donl il fail partie. La variahle t sera tou-
jours supposée (aire partie du coefficient et non de l'argument
du terme auquel elle a été adjointe.
Cela posé, nous appellerons poids dun terme le degré de
ce lerme [)ar rapport à la variahle / ; par exemple, dans le
poU iKune
:î88 chapitre m.
(|ni. rendu lioniO};rnc, devlenL
a^>x">-- aitx'"-^ — . . .-; aii'x"'-'-h. . .,
dit' est de poids i, «, est de poids i.
Le poids d'une fonction quelconque des cocnicivnls de
plusieurs |iolvnouics sera le de;;rc de celte lonclion |).ir rap-
port à la variable liclivc /. Ainsi, par exemple, si l'on consi-
dère les pol\ nomes de degrés m cl /i
Vo/y/,.r'y^/^- et ^b,j,,T'yJz''-,
la fonction
sera de poids
m —ii^j^ k) -~ in — -lip -f- 7 — /■),
et ainsi de suite.
Théorème. — Les solutions {rjuand elles en ont) des
('qualions entières en X), Xo, r,,
II) »i— O, Ç)2= O, . . ., 'ùa— O
sont des fonctions de poids égal à i .
En effet, supposons que x^^a^, x^^^a^, •-.. Xi,^=a,i
soit une solution des équations (i); changeons la variable
fictive t qui donne le poids en kt\ un coefficient P des équa-
tions (1) de poids p deviendra V kP, mais, dans ces circon-
stances, les équations seront satisfaites en posant
Xi = kdi, X.2 = ka-i, ... ;
les solutions sont donc des fonctions homogènes de l du
degré i : leur poids est donc i .
Il résulte de là que, si une fonction des solutions peut
s'exprimer rationnellement au movcn des coefficients des
polynômes '-p, son poids sera égala son degré pris j)ar i;ip|)ort
aux solutions qui entrent dans son expression.
Celte remarque est de la plus haute importance dans ce
s Lit l/ÉLr. MI. NATION. nSiJ
(|iii va suivre, et nous dispensera de Caire un certain nomhre
de di'moiistralions directes ([ui {)réscnlejil généralement des
dillieullés.
III. — Fonctions symétriques des racines d'une équation.
On appeWe/onction s\métrif/ue de quantités a,, y.., a,„
une fonction qui ne change pas de valeur quand on permute
ces lettres d'une façon quelconque.
Pour lormcr les Ibnctions s\ métriques des racines d'une
équation, on forme d'abord les sommes des puissances sem-
blahlesdes racines, et voici comment :
Soit
(i) '^(■^) = «o-J^'" -r- aix'"-^~i-. . .— a,„ = o
une éfjuatioii du degré /;/, a,, a^. . . . , a,„ ses racines; on aura
o(x)= ao(x — %i){x — x,) ... (x — 'x„i).
ou, en prenant les dérivées logarithmiques des deuxmembres,
f^j'ix) _ I II
^{x) X — a, X — a, ' ■■' X — a,;,
'^'( X )
Développons ^ — '— en série ordonnée suivant les puis-
sances de -? et soit " -i ^, + . . . ce dé\eloppement ; déve-
X X X- Ai
loppons également le second membre de la même façon, en
observant que
I
X — a/
I
~~ X
nous aurons
*0 ,
5, ^2
2.1-
'x^
et, en égalant de part et d'autre les coefficients des mémc«
puissances de —■>
1 X
Sq = m — ^ t.", Si ~ > a, 5^ — ^ a-, ....
L — Traité d'Analyse, I. ig
290 CIlAI'iriiE \l.
Donc : la somme des puissances i''"""^ des i-aeiiies d'une
('■(/uation '■^(.r) = o est le coefficient de -— -^ dans le dévc-
loppement de^^ — ordonné suiva/H les puissances de-'
■' -' '^{-'') ^
On verrait de inèmç que la somme des puissances — l'-mes
des racines est le coefficient de x'~' dans le développement
, o'(x) , , . , . . j
de -^ — r ordonne suivant les puissances croissantes de x
(quand il n'y a pas de racine nulle).
Plus généralenienl, soient /'(j^) une fonction entière quel-
conque et E(.r) un polynôme entier en x convenablement
choisi; on a
le coeriicient de - dans le second membre dc\clop[)c suivant
1 • 1 • ^ V /(^) 1
les puissances de - est 7 ~ — .; donc
^ X jmâ 'f ( a )
1° La sommet ~rr^ est le coefficient de - dans le dé-
Keloppement de —. — { ordonné suivant les puissances de --
' ^ o{jr) ■' X
2" Si le polynôme f{x) est de degré m — 2 au plus, le
coefficient de - dans ^ — { sera nul : donc, /'( x) désignant un
polynôme de degré m — 2 au plus et o^x) un polynôme de
degré m, a une quelconr/ue des racines de 'f{x) = o, on a
et, en. particulier,
7 —,; — =0, > -7,— — O, .... 7-7-
^)
et
z
= a'
o'(a) ^"^ '
«,, désignant le coefficient de x"'- dans '^(.r).
Ce dcrni T lliéorcme est d'Eulcr.
SL'K l'élimination. 29 1
3" Si /'o/i .s7//Y>o.s7' /'(.r) -= '^'(.r)F(.r), F(^) désignant
un pol\ nùnx' (luclconquc, on voit <inc > i' (î') sera le coef-
1 ci'( or\^ i ûr\
fuient de - <Ians le (U\-elopnenient de ~ — ^-^ si/ivonf les
iniissanees de - •
' .(•
(]c dernier lliéorèmc aura encore lieu quand '-^(jr) = o aura
(les racines niulliples, pourvu <[ue, si aesl une racine d'ordre
de niulliplicilé /, on lasse figurer / fois le Icrnic F (a) dans
7 F(a); et cela, en \ciiu de la conlinuilé des racines par
rappoi'l au\ cocfficicnls.
l^es sommes s^, 5|. ... pourront se calculer ainsi, soit par
une simple division, soit par la méthode des coefficients indé-
terminés; ,Vu, .">,, . . . sont icspcctivemcnt de poids o, i, ?., ...
et entiers par rapport au\ coefficients <:/,, Oo, • . . mais non
par rapport à <7o.
En général, on a, en appelant toujours a,, y.o, . . . les ra-
cines de z> (x) = o,
1
Xj jto • • • ^«— 1 ^«
^ a', ^ al . . . y.'; ^ -/, — ^ 1'.^'
1
11 n'sulle de là «pie, «[uaiid on aura formé les fonctions
V y-\ ou Sa, Si, s-,, .... on pourra former les fonctions symé-
triques de la forme ^a', x', ; quand on aura formé ccIIes-ci,
on saura former celles de la forme > y.\ a{ a^ . . . , et ainsi de
suite ; on saura donc former les fonctions symétriques entières
quelconques des racines d'une équation algébrirpie. D'après
la manière dont nous avons procédé, on voit que :
Toute fonction svmétiique rationnelle des racines d'une
2()2 CHAPITRE M.
cquation algcbriquc s'expiiDic rationncllemcnl au moyen
des eoej/ieienls de l'équalion ;
et même :
Toute fonction symétrique e/itièfe des racines d'une
équation est une fonction entière des coefficients dii'isés
par le coefficient de la plus haute puissance de x dans
r équation.
Si Ion divise '^' {x) par '^ {jc) en ordonnant le quotient
suivant les puissances ascendantes de -? le coefficient du |)rc-
mier terme est m, celui du second est — -^j celui du Iroislètne
rttf
est (— 1 — 2 — j etc.. et Ton volt facilement que ces coeffi-
cients ont des degrés croissants d'une unité par rapport à
rt,, rtj, . . . ; donc, en général, 5/ est de degré /, entier par
rapport aux. coefficients <7|, a.,^ . . ., mais son dénofnlnateur
est a^^. D'après la manière dont on Ibrme une fonction sviné-
trique, on volt que :
Toute fonction symétrique entière des racines d'une
équation de degré o par rapport à ces racines sera une
fonction rationnelle des coefficients dont le numérateur
sera de degré o au plus par rapport aux coefficients et de
poids 0, et dont le dénominateur sera la puissance o du
coefficient du terme de degré le plus élevé dans l'équation.
Le nombre o est un maximum, pour le degré du numérateur
bien entendu; en effet, par exemple, le produit des racines
de Ci = o est— ^; le numérateur est du premier degré, bien que
le produit des racines soit de degré m.
IV. — Résultante de deux équations.
Nous allons montrer comment on {)eul trouver la résul-
tante de deux équations algébrlcpies de la forme
SLK l'élimination. 203
■:> cl <\i désignant deux polynômes entiers en xquc nous sup-
|ioserons des degrés m et p. Nous supposerons aussi que cp
il •!/ conlicnncnl un paramètre c, de sorte que •:j et '\i seront,
^i l'on veut, des polynômes entiers en x et z de degrés m
et />. Soient a,, a^, .... a,„ les racines de tp (jc) = o; la résul-
tante pourra se mettre sous la forme
(•>.) •i/(a|)'^(a2)... 'li-J-ni) = o.
Cette équation exprime, en effet, qu'une au moins des
racines de cp = o appartient à 'h = o. La résultante peut é\i-
dcmment aussi se présenter sous la l'orme
j,, 3m • • - désignant les racines de •!/ := o, ou même sous la
lorme
(a, -^ %). . . (a„, - %)(oii - '},). . . (^,n - %). . • = o
nu
IT(5;/-.3y)^. o;
et l'on voit que le premier membre de cette dernière équation
est, à un facteur indépendant de z- près, égal aux premiers
membres de (2) et (3). D'ailleurs le premier membre de (2)
est symétrique en a,, .... a,„, et par suite rationnel par rap-
port aux coefficients de 'i et 'l.
Le degré de 'l'(y-i) p^r rapport à z est p, car tous les
termes sont du même degré/? par rapport aux variables xt'lz;
y-i étant de degré i, d'après ce que l'on a vu § II, il en ré-
sulte que le premier membre de (i) est au plus du degré mp
par rapport à z. Ainsi :
Théorème. — Le degré de la résultante de deux équa-
tions de degrés m et p est égal, au plus, au f)roduit mp des
degrés de ces équations.
L'expérience montre que la résultante peut atteindre le
degré /»/?, et que, par conséquent; elle l'atteint effectivement
dans le cas le plus général.
294
C II A V I r K K \ I .
V. — Transformation de la résultante.
Supposons rt„ = ' et consiJéions le poKnoinc du second
degré en ^o, ç,, . . ., ;,„_,
('^ Q=y.T7
tp'(a)(]/(a)
\ ,(1 -'-I . -t ,2 . . . .* -,111-1 ) -
le signe ^ s'étcndant à toutes les racines a de 'z>[x'\ =^ o.
Le discriminant de ce polvn(jnic Q relalivemcnt aux va-
riables ; est égal au discriminant relatif aux variables
(2)
f'" -1 î
qui estTT-7 — -,- — mulliiilié par le carré du déterminant de
la substitution (2)
I a, y;
I T., Il ce.
.,'"-1
mais ce déterminant est égal au produit des dilTércnces que
Ton peut former avec a,, a^. . . ., %,„. Pour évaluer ce pro-
duit, on observera que
{X—7.i){X — '-Xi). ..{t~'X,„)= -'^
a- — a
et, en faisant jr = a, ,
le déterminant en (pieslion a donc pour carré fl 'v'(a), et le
discriminant de la fonction O est
ri -Ha)
) c'est-à-dire l'inverse
du premier membre de la résultante des éf[ualions es ^ o,
•L = o.
srn I. 'i' I. iM IN V Tio>. 393
l*o.sons niainlcnaiil
I oq
"icp'(a)«|/(x)'
0. ^>?,- ^ •^'
(3)
el prenons pour nouvelles variables r^, x^, . . . , x,, - . . f.a
résolution de ces équations par rapport auv a se lera comme
il suit :
Appelons )>(,, ^'m^ • • -, ">*v«-i les coefficients de Téqualion
-Xk — :=r o nul admet toutes les racines deo(x)= o excepté a/,
multiplions les équations (3) respectivement par)^^, ).,. ...
el ajoutons-les ; nous aurons
'W/i-1 •T'/H — 1 ■ Ui
mais ).u-|- A, a/-h . . . -i- A,„_, a'"^' est ce que devient ^J^ _-
pour x = a/, c'est-à-dire -^'(a,); quant au premier membre
de ré([iiation [)récédenle, on peut lécnre 'J_^ ■> en conve-
nant de remplacer les exposants de x par des indices dans le
développement de ce polynôme. On a alors
el l'équalion devient
ou encore
Q
VM^i^ jliLL '■î''-^'
En convenant de faire x\^=Xi^ celte formule i)enl s'écrire
(5) yiK)o(.r).(-.r)/_, ^_^
296 i; II A l' i 1 15 1: X I .
mais on a (p. 29»), on supposant /> 5 ''^5
y - ,/-^ -^ — -- = <V(^)-^ const.,
7 -,^ — X —r — - = ^(^ )-*- const.;
^o (a,-) T — ti ^^ '
la lormulc (j) devient alors
_ <h{T)'o(x'') — ^{t')^(x')
~ x — X
La fonction Q peut donc s'obtenir en faisant x'= x'' ~— Xi
dans le développement de
<ii(x)o(x') — ii(x')'Ji(x)
x' X
Appelons I le discriminant de () jiar rapport aux .r, J son
discriminant par rapport aux n, 0 Je détcj'niinant de la sub-
stitution (3); on aura
J ^ Io2 ou l = i-;
mais J est éo-al à =, — ,, ^ , , — ; quant à ^j il est éiral à
on a donc
De là celle conclusion :
La rr.siilta/)le des équalions -^ = o, -J; = o est le discrimi-
nant du polynôme du second degré obtenu en remplaçant
.r' et x'' par Xt dans le développement de l'expression
<||(a7)'.p(:r'^ — '■:iix)^{x')
x' — X
L'analyse extrêmement remarquable qui précède est due à
i\L Hermite. Auparavant Bézout, Cauchy et M. Cayley avaient
indiqué des moyens équivalents pour trouver la résultante,
mais il paraissait difficile de montrer directement l'identité
de leurs résultantes avec l'équation II 'J>(a)= o.
sril i.'f:i.iM IN ATio.N. '.97
Nous nous bornerons Ici î» cx|)oscr la niélhodr de M. Ca\ h-v,
les autres élanl exposées dans les Traités élénienlaires d Al-
<^èbre.
VI. — Méthode de M. Cayley. — Recherche de la racine commune.
(conservons les notations des paragraphes préeédenls.
Théorème. — Si zi(x)=o et •1/(j:)=o ont une racine
commune x' , il existera des polynômes des degrés p — i
<t m — I, à savoir ). et <j., tels que Von ait identiquement
\ I ) ).ç) -r- \ifb — o ;
réciproqueni'^nt, si V identité précédente a lieu, les poly-
nômes \ et \x étant de degrés p — i et m — i , ':> ^=z o et 'Ij = o
auront une racine commune.
En effet,
, 2 ) -! '-i , ' — ! == O
X — X
est une identité si x' est une racine commune de 's, = o,
•!> = o, el Ion peut écrire celte identité
■ j ) 'l(.r) J-^ , --^-i — 'i( r ) -•- — \^ •>— ^ = o,
X — X • X — X
ce qui di'montre la première partie du tliéorèm?.
Piéciprocjuement, si (i) est une identité, en y faisant j:* = x',
il faudra, en supposant à{x') = o, que X-z> = o; donc J.o = o
admet les racines de -L ;=: o, et ). = o ne peut les admettre
toutes, puisqu'il est de degré inférieur à 'i/= o; donc '^ = o
admet au moins une racine de 'l = o; donc les équations
■^ = o, •]/ ^^ o ont une racine commune.
Cela posé, puisque (2) doit être une identité, en égalant à
zéro les coeflicients des arguments x", x, x-, . . . , x'""', on
aura m équations (E) auxquelles satisfera la solution com-
mune x'; le déterminant égalé à zéro de ces équations (E) du
premier degré en x'>,x,x-, . . . sera la résultante cherchée.
298 oii.vPiTin; \i.
Oii pciillo voir en s'appiivanL sur le ihéorèmc tie INI. Iler-
milc. car le ([('terminant cil (jueslidn est é\ itlcninicnl le discri-
niinanl de lalonclion du second degré représentée syrnl){»ll(pie-
nienL par le premier membre de (a), les équations (E) n'élanl
aiilre chose que les ilérivécs parlielles de celle fonclion.
Mais on peut le voir directement, en observant que si le
déterminant de (E) est nul, les équations (E) ont une solution
commune; elles ont alors lieu en même temps. Si on les mul-
tiplie par .r", x, x-, ... et si on les ajoute, on retombe sur
léqualion (9.) ou (3), qui n"a lieu (pie si les é(piations c; = o,
'i = o ont une solution commune.
La solution commune et ses puissances seront les solutions
des équations du premier degré (E) qui se réduisent à /« — ^ i
distinctes.
VII. — Résolution de deux équations à deux inconnues.
Nous avons vu comment on formait la résultante des deu\
é(pialions
(1) ^(■î')-.' ^"' '^i{^r>:-)--o\
cette résultante sera de la forme Il(:;) = o, R désignant un
polyn(jme de degré mp, possédant en général mp racines. Si
R est de degré mp — a, nous dirons que la résultante a a
racines infinies ('); chacune des racines de la résultante sub-
stituée dans les équations (E) dont il a été question tout à
l'heure Tournira une solution des équations proposées (1); par
conséquent, les équations (1) auront en g'néral inp solutions ;
ces solutions pourront d'aillcuis être ( 11 totalité ou eu partie
Infinies.
Cependant, si les mineurs du déterminant R(^) étaient
tous nuls, les écpialions (E) se réduiraient à ni — 1 distinctes,
et l'élimination de j;', ^'', . ..,.r'"~' conduirait à une équation
(') J(; rappelle (\\\i\ i|iiaiiil diiiis mic (''1111311011 ai^'/'hi-iiiue h^s a premiers
coefficicnls teniienl vers o, t rariiics auginciileiiL imlcfiiiiiiieiil.
SUR L ' f: r. IM I N A T I O N . 299
(lu soconil degré cn.r; Il laiidrail aloi-s adjoindre deux valeiiis
on j" à la valeur corrcspondanlc (Je z. Il est lacilc de voir que,
dans ee cas, celle valeur de :; est racine double de R =o;
en ellV-l, en appelant i\ e' . . . . les élémenls de 11, on a
^R _ Y" ()R ()e ,
mais est un mineur de c, nul par hvpollièse ] on a donc
-— = o et ; est bien racine double de R = o.
Oz
Si tous les mineurs du second ordre de R étaient nuls, les
équations (E) se réduiraient à m — 5 distinctes, l'élimination
de x'' , .r', . . ., x"'~' lournirait une équation en x du Iroi-
sième degré; trois valeurs de x devraient être adjointes à la
valeur correspondante de :;, qui serait alors racine triple de
R = o. En effet, non seulement on aurait - = o, mais
oz
d2R _ y^ / (PR de de' dR d'-e\
'dz^- ~ j^ \ôede' ôz 'ôz "^ le ôT^ ' '
O-^R ôR j . , ,
et, comme -, et -— sont des mmeurs des deux premiers
deae Oe '
lin • à'-R
ordres de R, on aurait -^^ =^ o, etc.
On peut donc dire qu'en comptant pour deux les solutions
doubles, pour trois les solutions triples, etc. :
Deux équations des degrés ni et p ont mpsolutions Jinies
ou infinies, lorsque leur résultante n est pas identiquement
nulle.
Quand la résultante est identiquement nulle, les é([uations
ont, quel que soit r, une solution commune; leurs premiers
membres ont un diviseur commun rationnel : ce cas ne se pré-
sentera donc jamais quand les équations n'auront pas de
diviseur commun rationnel.
On a|)pelle fonctions s) métriques des solutions de plu-
sieurs équations une l'onction de ces solutions, qui ne ebange
pas tic valeur fjuand on permute les éléments correspondants
ooo niAPiTui: IX.
(le tleii\ solulions. Ainsi, si a, ^3 ; a', |j' ; ... sont les solutions
(les deux (!'qualions (i),
a3-'/3'-a"p"- .... Vx-y^^i, y-xK...
seront des fondions svnK'lriqucs des solutions en question.
Puisque |j, ,3', ... s'expriment rationncllemenl au nioven
de a. a', ... : Ton t(' fonction symétrique des so/tttions sera
une fonction symétrique des a, et par suite une fonction
symétrique des racines de la résultante de (i) ei (2); elle
s'exprimera donc rationnellement au moyen des coeffi-
cients de la résultante, c'est-à-dire au moyen des coeffi-
cients de (i) et (i).
VIII. — Théorème de Bézout.
Dans son Ouvrage sur la théorie des (?quatiohs, devenu
aujourd'hui fort rare, Bézout a l'ait connaître le théorème
suivant :
1'^ La résultante pj-ocenant de l'élimination de n — 1
inconnues entre n équations algébriques de degrés nii,
//?2 m,i à n inconnues peut être /)iise sous la forme d'une
équation entière par rapport à l'inconnue non éliminée,
et cette résultante est au plus du degré m^ /n-y • • • ')}„;
elle est précisément de ce degré ^ s'il n'existe aucune rela-
tion entre les coefficients des équations proposées.
1° Un système de n écpiations à n inconnues des degrés
/;?i, /;?2, .... m,i a précisément /», m-^ . . . /»„ solutions,
s'il /l'existé aucune relation entre les coefficients de ces
équations.
Ce théorème a dû être soupf;onné, hien avant d'être dé-
montré; il est de ceux dont la démonstration peut sans incon-
vénient se faire sjnthétiquement.
Il a été démontré pour le cas où n = 2; nous allons admettre
(|u"il a lieu j)our 2, 3, ..., n écpialions, et nous vérifierons
([u il a lieu pour n 4- t équations.
SLR l'élimination. 3oi
I.EMMi; I. — -S"/
sont les sol lit ions des n é quai ions
III cpiCxi, j", , ...,a"„^=o, ç2=o. ..., 'ç,„ = o,
l<( irsiitliinle (les équations (i) et
I i I F(.r,, T.2, . .., Xn) = O
pourra se présenter sous la forme
F (a,,, Xi-: a,,,) Ffaji, ao-i, .... x-i,-, ). . .= o
ou, si l'on veut,
(3) U¥{'Xn, a/., .... a/.,j = o.
En cfTet, réqualion (3) exprime que l'une de.s solulions au
moins du système (i) annule la fonclion F, en d'autres termes
que les équations (i) et (2) ont une solution commune.
Lemme II. — Les fonctions symétriques et rationnelles
des solutions de {\) s'expriment rationnellement au moyen
des coefficients de ces équations.
Aj)pelons R le premier membre de la résultante des équa-
tions (1) provenant de l'élimination de .r,, .r-., .... x„_,.
Taisons ensuite varier deux, coefïicients a et h de csi, par
exemple, ceux de x\ xi . . . , et (\e x^ xl .... et exprimons
que la résultante ne change pas, non plus que x, . x^- ■ • , x,/.
L'équation ci) = o deviendra
I -1 I ':ii-~ x\.r.t. . . rici — x\ x!,...r,0 = o;
mais la résultante II 1= o devient alors, aux termes du- second
ordre près,
( j ) t\ ort 7- où = o.
' Ou <ib
Si la résultante doit rester inaltérée, on aura
-— oa -. — -j- 06 = o;
ua ôb
àOT CIIAPITHE XI.
mais, si Ton observe que dans (4) '-^i csl nul, il \jcnilia
j-\ .ri . . .^jh - .v'[x'i. . .Zb - o.
De CCS deux écjualions on lire
( b ) -— . X . xi, . . . = —j : X . x , . . . .
(]cs équations et leurs analogues feront connaître tous les
argunicnls x\ xi • • •, rationnellenienl, en fonelion des eoef-
(ieienls de R, c'est-à-dire de c5|, 'j;^, • • • "n de x„. (On voit
(juo, par exemple, pour calculerai, on j)ourra supposer que
a et b sont dans cpi les coellicients de .r^ j-'l ... et de .r,; on
aura alors
r)R m
Il résulte de là que toute l'onction symétrique rationnelle des
solutions de (i), peut être considérée comme une fonction
symétrique rationnelle des racines de R ^^ o et potu'ra s'expri-
mer rationnellement avec les coefficients de (i). c. o. f. p.
Cette conclusion suppose bien entendu que nos équations
(i) sont tout à fait générales, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de
relations entre leurs coefficients. Nos raisonnements tombe-
,,. , . àR dl\ , . . . ÔR
raient en delaut si -r— et -vr étaient nuls; mais-— = o serait
àa oo àa
une relation entre les coefficients de(i), cas <|uc nous excluons
parce (juc nous n'avons pas besoin de le considérer.
, . .... . . dR àR , . 1 I w • / - \
Cjuoi (|u il en soit, si -— - et — ,- étaient nuls, 1 eciualion (o)
pourrait être remplacée par
H -i- - -— r c-rt'-f 1 - — -j- oao6 -I — ot<-
■j. ^ 'la- ôaôb Ob-
et Féq nation
-— {x\x!,...)^—i—--j x\ ''xi^'i-^...-'^ --- {x\xi...)'- = o
iki- i)a))b - <)b- ^ * ■' '
remplacerait, pour le calcul des arguments, l'équation illusoire
'^ . . i _ ^ ,< 7
Oa "''''- ^^^i-'i---'
SIR l' f;i. m 1 NATION. 3o3
mais celle romanjuc est imililc pour rolijd (]tie nous avons
on \ue.
Lem.mi-: JII. — 6/ les ('(/i/ado/is (i) co/i/ic/i/ic/il des jfora-
nirtrrs z, z\ z" , ... rf conscr\c/it leurs degrés /»,, //?o, . . .
en tcnanl compte deiDS l' évaluation de ces degrés des
fiaraniètres c, c', z" , .... toute fonction symétrique entière
lie leurs solutions sera entière par iripport c( z, z', z". ....
Kn cITt't, Il coMlicnl j:,/ cl ;, z\ ... sous forme cnlicrc au
(Icgic Uni. Le coefficient de ic„"' ne contienl pas z, z'. . . .;
donc les fonclions symétriques entières des solutions de (i),
(|ui sont des fonctions symétriques entières des racines de
K = o, seront entières en z, z', ... ; elles pourront toutefois
contenir en dénominateur les coefficients des termes des
degrés les plus éleyés, de '^i, c;,
Nous avons maintenant tous les éléments nécessaires |iour
aborder la démonstration du théorème de Bé/oul.
Supposons qu'il s'agisse d'éliminer j:,, .r.,. .... j"„ entre
les équations (i) et (2); nous supposerons que les équations
(1) et (2) contiennent un paramètre z sous forme entière et
(onseryenl leurs degrés en tenant comple de ce paramèlrc z,
dans l'évaluation de leurs degrés. En yerlu du lemme I, la
résultante cherchée pourra être présentée sous la forme
Il I'( a/,, a/0, %/„) ^: o.
Mais le premier inemhre de cette équation est une fonction
symétrique entière des solutions des équations (i) : il sei-a
donc entier et rationnel en :; ; or le poids de F cslp, p dési-
gnant le degré de l'équation (2) en j",, x-^^ r,^, z. Le
poids de IlF, ou son degré en ;, sera donc pWm^ ce qui
démontre le théorème de Bézoul, ou du moins ce qui prouve
<pie le degré de la résultante ne dépassera pas />!!//?, car cer-
taines réductions pourraient s'opérer dans les calculs et faire
évanouir le coefficient de la plus haute puissance de z.
On ])eut montrer sur un cas j^articulier que la résultante
J04 en A PITRE XI.
(^st de degré pUm et, par conséquent, qu'elle ne peut pas
être de tlegré inlV-rieur dans le cas g;éii('ral. Considérons en
ellel les écpialions
(«ll-2'l-i- «12^2 — •••-+-«!«•?'« — «1«--I -)•••(«/;,, 1. ri -;-«,„, 2^2-^- ---J- «/H, «4-1 -t^O.
(/jii.rj — bi2T.î — . . ~ iw,4-i- ) . .( ''•',«, iJ^i—. . .-r- b„,,„+iz) — o,
)
(/il JTl-l- /ija"* — . . .-i- /i„-j-i-3J . . . ( /y,|^l^. . .-^ /p„^iZ) = O.
Des premières on déduira îl/ii systèmes de valeurs jiour.r,.
jc-j, . . . , .r,i proportionnelles à :; et que l'on pourra considérer
comme tout à lait quelconques ; la résultante effectuée, comme
il a été expliqué, aura pour premier membre le produit de
~/>\l/n paj. ^ij^g quantité constante difl'érenle tic zéro si l'on
choisit convenablement les /,,.
IX. — Sur l'équivalence des polynômes. -
Soient 'j;, , 'i.i. . . . /i,, des polvnomes entiers en^i ,,ro, . . . ,a",,
des degrés respectils /n,, f)i.2, . . ., />?«. Nous dirons que deux
polynômes F" et /sont équivalents par rapport aux diviseurs
'.i,, 'jjo. . . .;, '.p„, quand il existera des polynômes entiers À,,
Ao, . . . , ).,/, eu X|, x-y-, • • • 1 JC,i, tels que Ton ait identiquement
(l) F = Xi'.5,-:-X2»2-}-...-- l.,Z,n~/-
Lu polynôme / sera dit réduit par rapport aux diviseurs
'i,, 'c>2^ • • -, 'fw et par rapport aux variables x,, x^i . . .^ x„
(prises dans cet ordre, si /??i, m... . . . , ni,i ne sont pas égaux)
quand il ne contiendra pas de ternies divisibles par j:*"'',
fin. T^^ii
"^ j - 5 • • • 1 •*' Il •
Réduire un polynôme, c'est trouver son équivalent réduit.
Nous ne tarderons pas à voir quen général il n'existe
qu'une manière de réduire un polynôme donné : cette pro-
position, toutefois, est sujette à des exceptions.
Dans ce qui va suivre, nous supposerons que les polynômes
'^contiennent des variables z, z' , ... qui entrent dans chaque
terme à un degré égal au poids de ce ternie.
Sun l/ ÉLIMINATION. 3o5
TiiKonÈMF.. — Le nombre des larmes d'un polynôme
rcdiiit par rapport aux fonctions o,, cp^, ... est \\m.
En etTel, .
..- jC, _ x\ -...-:- x;"'-' )(I -- X., H. . . - a:;"»-1). . .(I --.'Xn -f-. . .4- <'"-')
est un polvnùinc rcduil dont tous les coefficients sont égaux
à i; le nombre de ses termes s'obtiendra donc en faisant
jT, = 0:0=: . . .== j:„= I, ce qui donnera Wm. C'est le nombre
des termes d'un polynôme réduit quelconque.
X. Démonstration d'un lemme
Soient
les solutions des équations
(2j cpi= O, ^2= O,
soit (p. 164 )
soit de pli/ s
.... o„= o;
^(•^1) Xi, . . . , 37 ,j)
A =
„ '", -1 3t '",-1
■'il ■*12
2 '",-t 2t '"j-1
Dans ce déterminant la i^'""-' ligne a pour éléments les
arguments d'un polynôme réduit en a,,, a/o, . • ., a,,,; on
aura
(3) A2 -- GriD^ai, a,, ..., a„ ),
G désignant une quantité indépendante de z^ z\ ....
En effet, A changeant de signe quand on échange deux de
ses lignes, A- sera une fonction symétrique des solutions de
(2) : ce sera donc une fonction entière des z\ le second membre
de (3) est aussi une fonction entière des ;;. Or ce second
L. — Traité d'Analyse, I. 20
3o6 cil AI' nui: xi.
membre s'annule dès que les é(|ualloiis (•>.) ont une solulion
double, tout comme le premier membre A-, mais le second
membre ne s'annule (|ue lors(|ue les ('(iiialions {:>.) ont une
solution multiple. Donc l'équation (3) a lieu pour une valeur
de G qui est un polynôme entier en z, z', . . . ; si les deux
membres de (3) étaient de même degré en z^ z', . . . , G serait
alors indépendant des :;.
Soit Ovle nombre des termes de degré v dans un polynôme
réduit; le degré de A par rapport aux a, et par suite par rap-
port aux z, sera -vo.^; or Ov est le coefficient de (■' dans
vôv est le coefficient de f"'^ dans la dérivée de cette expres-
sion T, et enfin Svov est la valeur que prend -^ pour / = i :
cette valeur est
mi(/??i — i) ni^( m^ — i)
— m-, 1)13 • ■ ■ '«/i -'• "' 1 "'-i • • • "hi-^' ■ • -,
c'est-à-dire
I n /?i ( îi m — n) ;
le degré de A- est donc
II m. ( I.m — n).
Or le degré de IlD est le degré de D multiplié par II m,
c'est-à-dire précisément
( S m — n)Um.
A- et nD sont donc de même degré, et l'on a bien
A2= GnD,
G désignant une quantité indépendante des z, c'est-à-dire de
poids zéro. c. q. f. d.
XI. — Résolution de quelques problèmes sur les polynômes réduits.
PnonLi;MK I. — Calculer la rialciif (T un polynôme réduit^
connaissant les valeurs qu'il prend quand cp,, cp^, • . -, '^n
sont, nuls à la fois.
s LU L'ÉI,l.>n NATION. Soj
Soil F/ la valeur que doit prendre ce polynôme réduit quand
on suppose x^ =^ a,,. J'y '-^ 'J-ii. .... .c,i ^= a,-,, ; si l'on appelle
l"o le polvnùnie liii-nir-nic, on aura
Fi ~ So-' n\'^\\-^ Si'^x^^ • ■ •'
F2 = .^o- .-riaîi— .•?'î^22 — • ..,
,^0) ."i> • • • étant des coefficients indéterminés. On déduit
de là, |)Our Fo» ""C expression qui a A pour dénominateur;
par suite, l'o existera et sera bien déterminé quand A sera
dififérenl de zéro, c'est-à-dire quand G et II D seront différents
de zéro.
Si l'on appelle cp,, 'j^, .... -zi le groupe des fonctions 'j
d'un même degré -M,; 'f<4.i, 'f/+2, ••• ? 'fy le groupe des
fonctions '^ d'un même degré Mo, ..., et si l'on suppose
M, < M2<C M3<! . . . , on pourra former plusieurs polynômes
réduits nuls, en même temps que '^,, cp^, . . ., 'j„, si l'un des
déterminants obtenus en prenant les coefficients des puis-
sances Ar,'"""*' Afi x^^ x-i, r/ dans 'i( , cp^, . . . , -v,, ou des puis-
sances Mif™** de .z"/^, , .... Xj dans 'fz+i , • . . , 'fy . . . , est nul.
Considérons en effet le premier groupe, et posons
( oi^ 0,-:- Aii^Mi- A,2^M,— .. .,
(a)
( tf / = ^h — A/i jr M j -^ A,i a" Ml — . . . ,
0,, Oj, ... étant des polynômes réduits; si le déterminant
7 rzAiiAoî •-• est nul, il y aura une relation linéaire
entre 0, — 'i,, Oo — -^o, • • • lellc que
«i(0,-'^,) -^2(0,-'^,) ... =0;
et (ix Oj ~ a Mi --... + ai^i sera un polynôme réduit équi-
> aient à zéro; or zéro est déjà un |)olynôme équivalent à zéro,
<lonc A doit s'annider si le déterminant en question s'annule.
Si le déterminant > rz A,, Ao^ . . . n'est pas nul, posons
(^;
-0,,,- n,,:r^,- B,o:r)^,-
3o8 eu ATI THE XI.
lirons des équations [a) les valeurs de JC*'', x^},\ . . . , par suite
de tous les arguments divisibles par ces quantités sous forme
réduite, en les multipliant par x^^ x-. r„, puis par x\^
x^X2^ • • -, xfi, etc., substituons-les tlans les l'ornuiles (b);
on voit que, si
V -BnB.o ...
est nul, on obtiendra encore un polvnùmc réduit équivalent
à zéro et non identiquement nul, sinon on aura les équiva-
lents réduits de xJ_^^, . . ., et ainsi de suite
Remarque. — Si aucun des déler/m'na/i/s > =ti A,, . . .,
N^iiz B, , . ■• . n'est nul, on pourra, des identités (a),(b), . . ,
déduire tous les arguments divisibles par .r','" , x^\- , . . . ,
-^z!" en fonction linéaire des autres à des multiples des
diviseurs près, on pourra donc calculer un équivalent
réduit à tout argument divisible par l'un des termes xf',
j^-^,'- , c'est-à-dire à tout polynôme entier.
Il pourra toutefois arriver que l'on soit arrêté dans les
calculs p^arce que d'autres déterminants s'annulent, mais
on ne sera jamais arrêté quand 1 ne sera pas nul.
Théorème I. — Si la quantité A est différente de zéro,
il n' existera qu'un polynôme réduit prenant \\m valeurs
données pour les \lm systèmes de valeurs de x^, x-y, ■ . .
qui satisfont aux équations (2).
Théorème II. — L'équivalent réduit d'un polynôme
don/lé F est bien déterminé quand le déterminant A est
différent de zéro, ce que nous supposerons dorénavant.
En effet, l'équivalent réduit du poljnôme F est égal à F, et
par suite donné, pour les systèmes de valeurs àeXi,x.^, . . . qui
annulent '^i, 'io, . . . , cp,; ; d'ailleurs on pourra déterminer cet
(■rpiivalcnt rc'duit par la méthode des coefficients indéterminés.
Si l'équivalent réduit f d' un polynômeY est bien déter-
miné en général, il n'en est pas de même des polynômes
SUR l'élimination. Soq
).,. )... . • . • qui rcndeiiL identique la formule
!■■ ■■ ■ À, 'f I — /.2 'il "... — À„ ■:;n—f-
1*0111" s'en convaincre, il sulfit d'observer qu'il exisie une
infiniti- de polvnômes a,, a,, . . . satisfaisant à ridenlité
( f ) [X, 'Pi — IJ.2 -5, - . . . -^ [J.,,, 9 ,., = O,
et qu'alors, A,, ),o, ... satisfaisant à ridenlité précédente,
>'-i -4- ;-J>-i> >*-j -!- [-'•j- • • • y satisferont aussi.
Pour satisfaire à l'identité (c), il suffit de prendre
jj., = <7/i O , -- a/2 'f2 — • • • -^ «/.-I 'f .-t
•td
e clîoisir
a,/= o, a/,= — a.
cpiels que soient les indices i et y.
Problè.me II. — Trouver un polynôme réduit qui admette
toutes les solutions des équations (2), excepté la solution
Le polynôme
/.
(jue 1 on obtient en remplaçant a,,, a,.!, . . . par jr,, j",, . . .
dans A, admet les solutions de (2). excepté a,,, ajo. . . .; le
polynômeys, obtenu en remplaçant a,), a^o, • • • par X|, .r^, . . .
dans A, admet les solutions de (2). excepté a^,, a^o, . . ., et
ainsi de suite.
Voici une autre solution :
Il existe une infinité de systèmes de polynômes P,; tels que
l'on ait identiquement pour tous les indices i
= P/l I -Z"! — ^1 ) — P/2(-r2— 2t2~) — • . .-^ ^in{rn— ^n)-
Considérons le pol
vnôme
Pli
Pu .
.. P,M
V =
P12
P22 .
P//?
Pu,
i'iu '
^ ri n
3to cii.vi'iTni: \i.
si nous supposons que a,, aj x„ soit une solulion de
(2), il s'annulera jiour toute autre solution des équations (2),
car, en ajoutant toutes les lignes respectivement nmllipliées
par .r, — a|. j:'^ — a^, . • • , on loriiic une ligue donl les clé-
ments sont
o^j:i,u%. ... ) — 'il (a,, 1,. ... I, 'J2(.ri, J"2, . . . ) — 'J2(ai, a.., . . .\ ...,
c'est-à-dire nuls. Enfin, pour .ri =: a,, x. = a., . . . , P/y dc-
Vient —-, et par suite le polynôme en question se réduit a
^K?t.?2. •••V
Il n'est donc pas nul si a,, y..,, ... n'est pas une solution
multiple de (2), ce que nous supposerons.
Si alors on réduit le polvnoinc V suivant les diviseurs
C5,, cso. ..., 'Ji„, on aura la solution du prohlénic proposé,
car le polynôme réduit équivalent à V est égal à V pour les
valeurs de x,, .r^, . . . égales aux termes d'une solulion des
équations (2). On pourra même réduire \ j)ar rapport aux
diviseurs '.p,(a/,, a/,, . . .), '.po(a/|, 7./0. . . . )
Remarque. — On pourra prendre
Py2
.r, — a,,
Cl, ( a/, , .r.,. .. ., .r„) — cp, ( a/, , a,-.,. . . . , .r„ )
_ o/(a,|. g,., .r,,) — 'f/(a/|, a,-? x/,, ) _
^ y« — : ■>
•^ :i "^ill
ce choix est avantageux, le calcul nécessaire pour opérer la
réduction portant sur un nombre relativement petit d'argu-
ments.
XII. — Calcul de la résultante de plusieurs équations.
Conservons les notations adoptées aux paragraj)lies précé-
dents, changeons seulement le numérotage des formules et
SLR l'élimination. 3i I
proposons-nous crrlimiiuT .r,, Xj, . . . , j'„ entre les éqiialions
(1) o, — o, ©.. r^^O, ..., 'f„— o,
(2) F = o,
thms lesquelles Zi, 0-2, ..., F sont des (onctions de ^i , ^2, ■ . .,
x„, z entières et de degrés ///,, //t., nt,i, p: à cet efl'el,
posons
^ 'Y' ^^
( « ) «/= ^00... -f- 3t/i ;tu...-- 2^(2 ;ui... — ■ • • ;
/// est un polynôme linéaire et homogène par rapport aux ^,
dont les coerfieients sont les arguments d'un polynôme réduit
en y.,, , a,^. . • . par rapport à z,, (y.i^ , a/o, ... », '■^■^{y-n ,...),...,
en sorte que le déterminant de la substitution (4) qui permet
de calculer les a en fonction des ; est précisément celui que
nous avons appelé A et que nous sup[»osons différent de zéro.
Le discriminant de Q par rapport aux ç est égal au discri-
minant relalit aux u, à savoir if,-,, multiplié par le carré
A- = I1GD de la substitution ('4 t, c'est-à-dire dri-n- Chano^eons
- ' II b °
de variables et posons
'^-''Xpq... '"'"" ^l-< a/,. a,2, . .. tU( a;,, a,-2. .. . )
Commençons par résoudre les équations (5); à cet eflel,
appelons y,- (xi. Xo, • • • , Xn) un polynôme réduit, admettant
les solutions de (i), excepté la solution a,, , a/o, ... ; alors, en
multipliant les équations (5) par les cocfticients de ce poly-
nôme et les ajoutant, on trouve
(6> /iiXi,jr.2. ...,x„) =
F(aa, ...)D(aa, ...)
iormule oix fi(x,, Xo, . . .) est la représentation symbolique
d'un polynôme en Xpç _ que l'on obtient en remplaçant,
dans fi{Xi, Xo, , . . i, x^ x'i . . . par Xp^ . Quant à
Jii^n-) ^/2, • •)? '^ ^^^ '^'^l à A, à un facteur indépendant de ^
près.
3l?. CHAPITRE XI.
Si l'on remplace, dans Q, /// par sa valeur llrée de (6 ), on a
(7) Q=2F(aa.a(,.,, ...)-^
en convenant de faire dans le développement du second
membre .rfx^. . . i= a^a^. . . = ^pq • Pour calculer le nou-
veau discriminant de Q par rapport aux Xpç , désignons-le
par o; le discriminant j^^,^ relatif aux u est égal au discri-
minant 0, multiplié par le carré du déterminant de la substi-
tution donnant les a: en fonction des // [formule (5)]. Ainsi
ou, réductions faites,
. rrr , D nF
0 = nF( a,i, a;2, • • • > ;^5 = -q-'
Le discriminant de Q égalé à zéro sera donc la résultante
cherchée.
La formule (7) peut s'écrire d'une manière un peu plus
commode pour les applications. On peut prendre pour // la
valeur du polynôme suivant, pourvu que l'on convienne de
le réduire,
Pu r>„ ... l'„
(8)
fr
'm ^'-211 • ■ ■ P/
Alors //(a/,, a/2, . . .) sera égal à D(a/,, a,o
et 1 on aura
(9; Q= >,F(x/,, ...) T— - — ; — — -
Désignons simplement par // '' '^''"\ ce que devient
fi{X{ , Xi, . . .) quand on y remplace a/, , a/^, ... par a,, 7.-,, . . .,
et par y ( ^' '' " ' ] le résultat obtenu en ])ermutanl dans
/{Xf, x-i, . . .) les lettres X\ et a,, x-i et ao, ....
Le polynôme Q, avant d'y supposer
r,,p -1 —y. _ „p ,7
suu l'élimination. 3i3
est un polynôme rc-diiil qni, pour .r, r-r a,,, 5:0= y-M-, •••.
tie vient égal à F( ai ,, a,2, . . . i/i ( a, , ao, ... 1; pour ^,2= a^i,
.r2 = a2o, . . . , il devient égal à F(x2,, a22, •■■)/i{y-\,y-2j ...)..-.
Ces conditions, d'après ce qu'on a vu (p. 3o6), le détcr-
niinenl conipK'leuienl. Or l'éipiivalcnl réduit de
./ |. a 2, , . . , O^,, /
jouit de la même propriété; ou jieut donc dire (pie Q est égal
au [)olyiiôine précédent réduit, dans lecjuel on suppose
/y^/ /. I m/ m ' /y.
U^ ^ .i 2 ■ • • ■!■ l J.., . . . ./ />//...»
cl l'on verrait de même rpie Q est aussi égal à
avec les mêmes restrictions. Pour la commodité des calculs,
on fera bien de prendre
l il —
P/3 =
a"i — a,
>/(2(l, ^2 X,.,)— 'i;('2,. X. J-;,)
la réduction sera partiellement effectuée à l'avance. Ainsi :
La résultante d'un système, tel que (i), (2), peut être
présentée sous la forme d'un disci-iminant de fonctions du
second désiré homogènes é^alé à zéro.
XIII. — Nouvelle manière de former la résultante. — Résolution
d'un système d équations algébriques.
Théorème. — Si les équations (i), (2) ont une solution
commune a,, a^ y.„, il existera des polynômes ).,,
A2 , . . . , ).,/ , A des degrés u — /» 1 . ;j- — m 2, ... e/? .r ( . .r 0 , Xn
ô I :,
CIIAI'ITIU: XI.
lespeclnement, y- désignant nix -h ni-i + • • • + /»« -l- p — /'
tels que Von ait idenliqurnicnt
(lo)
M Y 1 '
X,;cp„-+- XF = o.
En eiret, si l'on considère les (bnclions o et F mises sous
les formes suivantes ((p,-, F sont nuls pour jc, = a, , . . .)
le polynôme
0 =
I'..,
Vu
ii-^-\,n
est de la forme du premier membre de (loj; d'ailleurs 0 se
réduit à zéro, car, en ajoutant à la première toutes les lignes
après avoir multiplié la seconde par — (x\ — a, j, la suivante
par — (^2 — ao ), etc., on obtient à la place de cette première
ligne une ligne composée d'éléments nuls en vertu de (m).
En l'éduisant ce polvnùme (-) avec les diviseurs cpi (.r,, . • .),
'jo(x,, . . .), ©«(>,, . . .) et ^f i(a,, a., . . .), cp^^a,, a^, . . .),
on obtiendra un nouveau polynôme encore identiquement
nul. 11 est clair que l'on aura le môme polynôme identique-
ment nul ©1 en réduisant le produit
P,, r%,
p p
J /M • «2
1>
Cela posé, en égalant à zéro les coefficients des arguments
x\xi. ... on aura Hm équations (E) du premier degré par
rapport aux arguments y.[ a{ . . . , dont la résultante ou dont
le déterminant égalé à zéro sera la résultante cherchée ; car le
déterminant en question n'est autre chose que le discrimi-
nant de la fonction du second degré que nous avons aj)pelée
(^ au paragraphe précédent.
SIK I. 'l-LIMI N\ I 1().\. 3lJ
Lcs<''([iiati()iis( l''/)loiil alors coniiailic Icsarj;iinicnls y.', , a( ,...
et en parliciillor les éléinenls a,, a^. ..., a,, de la solution
comnuine, laquelle, en général, aura ses éléments rationnels
par rapport à z.
De là découle la résolulion des é(pialions (T), (2) par rap-
port à .r,, .r.., ..., .f.,, ::; la rt'-sultante fera connaître les
valeurs de rinconnue r, et les érpialions (IC) les valeurs cor-
respondantes des autres inconnues.
A chaque racine finieou infinie de la résultante R =0 dont
le premier mend)re 11 est le déterminant des Uni équations (E)
qui se réduisent, en vertu de R =^0, à Uni — i distinctes,
correspond une solution de (1 ), (v' 1; à moins que les mineurs
de R ne soient nuls, auquel cas les éc[uations (K)se réduisent
à Uni — 2 distinctes, entre lesquelles on peut éliminer tous
les arguments, excepté a, et a'" ; une éijuation du second
degré fera ainsi connaître a, et l'on aura en général deux va-
leurs de a,, et deux, svstèmes de solutions. R = o a alors une
racine double, ce dont on s'assure en appelant e un élément R,
et l'on a
clz jiÊmà i)e dz '
, >n\ , dR ^ ,,
comme les mineurs — sont nuls, on a — — =0, et 1\ == o a
(Je ' dz '
bien une racine double.
Sans ([u'd soit nécessaire de beaucoup insister sur cette
discussion, après celle qui a été laite à propos de deux équa-
tions, on voit que :
Si la l'ésultante R = o ne se réduit pas à une identité, /c
système (1), (u) aura j)Uni solutions finies ou i/ijinies,
simples ou multiples parfois indéterminées.
Dans le cas où les |)olyn(jmes'j, , o.^, ... seraient tels (ju'ils
ne pussent pas servir à réduire le polynôme F, on modilierait
les coeriicients de es,, cso. . . . |)our obtenir la résultante, et,
dans la résultante trouvée, on ferait tendre les coefficients
altérés vers leurs valeurs primitives.
Examinons iiiaiiitenant le cas intéressant où la résultante
3i6 riiAPiTiiK \i.
est identique, où R est iclcnli(|uemont nul. Dans ce cas, à
chaque valeur de z correspond une solution du système (i),
(2); ces solutions forment une suite continue (une courbe,
si çp, = <), ©2 = o> F = o senties équations de trois surfaces).
Mais, s'il existe des valeurs de z annulant tous les mineurs
de R, il existera, indépendamment de la solution générale
dont il a été question, une solution dite singulière provenant
de ce qu'une équation du second degré donne alors les valeurs
qu'il faut adjoindre à z pour avoir la solution complète
de (i)et (;>.).
11 pourra arriver que les mineurs de R soient identiquement
nuls, il y aura en quelque sorte une double solution continue,
et si, pour certaines valeurs particulières de z, les mineurs du
second ordre de R sont nuls, il y aura encore une solution '
singulière correspondante.
Lorsque trois hjpcrboloïdes ont une génératrice commune,
cette génératrice représente la solution générale de leurs
équations; les points, où les cubiques gauches qui sont leurs
intersections se coupent, constituent une solution singulière.
Lorsque la résultante est identique^ les valeurs de x,,
x>, . . . , z qui salis/ont aux équations (i), (0.) et qui ne ,
constituent pas une solution singulière, satisjont aussi à
l'équation
■>(? ?-iJLj=o.
d{Xi. . .., T„, z)
En cfTet, si .r,, x-^, ..., - est une solution, non singulière.
Xi + ox,, . . . , z -r-ùz sera encore solution pour des valeurs
infiniment petites de ox,, ..., 0;, en sorte que l'on aura
(5, + O'^i =0, . . . , et rt'ùy = 0, . . . , ou
-^ o.r,--... 'jZ r. o,
()X< oz
(JZ
()xi Oz
formules qui entraînent l'équation (A).
s LU l'élimination. 317
Il est peut-être bon de rappeler que si les fonctions cp et F
ne sont pas distinctes, la ("ornuilc (A) est identique comme la
résullante elle-même.
XIV. — Sur les polynômes multiplicateurs.
Les équations (E), dont il a étt'' question au |>arai;ia[)lic
précédent et dont le déterminant égalé à zéro Cournil la résul-
tante, s'ohliennent en égalant à zéro les eoeKicieiits des
x\,xi^ . . . , dans un polynôme 0 de la forme
A,, )vo, . . ., À,/ di''signant des fonctions entières de jT), J"j,
. . . , Xn, ai, a-, . . ., y.n et '^1, 'Jj, . . . , F des fonctions de a,,
a^,. . ., a„ ; les premiers mend)res de (E) sont donc de la même
forme, mais les ). ne conliennent plus les x; le déterminant
des équations (E) (jui s'obtient en comljinanl linéairement
les premiers membres de ces équations est lui-même de cette
forme. Il résulte de là que :
TuÉouicME. — Etant données des fonctions o,, '^^, . . . .,
On, F entières en x^, x». ..., x,,^ il existe toujours des
polynômes X,, \_, . . . , A,/, ^j t*^^^ ^''^ l<^ somme
R -.X, 0, - X, (p. -:-... - X„ o„ - X F
soit indépendante de x,, x^. • ■ , Xn, et tels que R :;= o soit
la résultante de (i), (2).
Ces polynômes \ portent le nom dcpolj nomes multiplica-
teurs; leur existence a été signalée par Bézout. D'après la
remarque faite (p. Sog), ces polynômes n'ont pas de valeur
bien déterminée, et il y a une infinité de systèmes de multi-
plicateurs capables de fournir la résultante.
Toutefois la valeur réduite de chacun d'eux, par rap|)ort
aux fondions '^1, z>2, • • ., F dont il n'est pas le multij)lica-
teur, est bien déterminée, car cp, par exemple est connu et
égal à — pour toutes les valeurs qui annulent cp^, cp^, . . . , F.
3l8 en A PITRE XI.
H osl facile do Irouvoi' des [lolviiùtncs )/, , )/„ , .... ).', tels que
lie eonlienne plus ./"i, .r'.^, • • •. ^//. mais eoiilieiiiic ;; coniine
alors S s'annule quand (i), ( 2) onl lien à la (ois, S est nul
quand 11 l'est; donc S est divisible par K et, si par hasard le
degré de S éliùlpUm, S ^= o serait la résullanlede (1 ) et (2).
SI l'on ne prenait pas la précaulion de réduire le polynôme
que nous avons appelé 0 avant d en jiicndie le discriminant,
on obtiendrait un polvnomc S qui, égalé à zéro, ne donnerait
])as toujours la résultanle, mais le produit de celle résultante
par un raclcur étranger.
D'après ce que l'on a vu (p. 313). on peut toujours sup-
poser A, de degré nio -r- fUs-i- - • -^ ni„ ~r p — /i par rapport
à .r,, .ro, .... r«; de môme Ao pourra être supposé de degré
fn i -r- nii-r- ' • ■ -r- p — " ', mallieurcuscment cette considéra-
lion ne suffit pas j)Our déterminer ces polynômes K'.
XV. — Cas où la résultante a des solutions infinies; estimation
de son degré.
La résultante de 71 équations générales des degrés nii,
Di,,. . . , m,i est de degré ;», m-, . . . m„, mais ce degré peut
s'abaisser et ne peut s'abaisser que si la résultante a des solu-
tions infinies.
En thèse générale, pour estimer a piiori le degré de la
résultante d'un système déquations, il suffira de retrancher
du produit des degrés de ces-équations le nombre des solutions
dans lesquelles la variable non éliminée peut èlre infinie.
L'estimation a priori du degré de la résultante dépend donc
jusqu'à un certain point de la solution de cette question :
Trouver les solutions infinies d'un sjslè/ne d'éfjuations,
et, par solutions infinies, nous entendons celles dont un ou
plusieurs éléments sont infinis.
Prenons d'abord une seule équation de degré m
(I) o(,ri, Xi, .... .r„)^ o
s i II I. ' f: r. I >i I N V r ion. 3 i 9
rendue homogène, el clicrclions rcnscmijle des valeurs in-
finies de Xi, Xi, fii-i, <e que nous appellerons le do-
maine de l'injini. A cet effet, considérons Téqualion
('2) aiXi-^ (iiJ'i- . . .-^ a„x„— o.
Si nous éliminons x,i entre (i) et (2), nous obtiendrons la
condition pour qu'il existe une relation linéaire entre
Xi, X2, ...fXn-s- ElTcctuons l'élimination, nous trouvons
/ r/,:r, ---...— /7„_,r„_,\
o .r,,a".,, .. ., Tn-i. ) = o,
\ "« /
maintenant, si nous supposons que «i, a-^, • • -^ f^fn-i tendent
vers zéro, l'équation résultante se réduira à
(3) '^( Xi, T., -y/;-!, 01 = O.
Or supposer rt,, <7,, . . ., ««_) infiniment petits, c'est sup-
poser .r,, X2, . • . , infiniment grands; le domaine de l'injini,
si je puis m'exprimer ainsi, est donc donné par (3), c'est-
à-dire parl'équation proposée dans laquelle on a remplacé J"„
par o, ou dans laquelle on n'a conservé que les termes du degré
le plus élevé.
Pour reconnaître si des équations ont des solutions com-
munes infinies, il faudra donc les réduire à leurs termes du
degré le plus élevé et chercher si, ainsi réduites, elles ont des
solutions communes autres queX( = 0, ;r.2= o, ..., Xn-i =0,
c'est-à-dire telles que les rapports X( : x-x'. . . .', Xn-\ soient
finis, quelques-uns d'entre eux d'ailleurs pouvant être nuls.
XVI. — Calcul des fonctions symétriques. — Formules de Jacobi.
Soient
(i) çp, = o, 0.2=0, ..., o„ = o
n équations algébriques des degrés /;?), /;?2, . . . , m^ par rap-
port aux variables .r, , x,-, • • . , x„] soient
Sao en API TUE xi.
leurs solutions, et
(2) Xi(xi)-^o. X2(^2) = o \„[.r„^-'^o
les résultantes de ces équations provenant respecli\eniont
de l'élimination de x-2, X3, . . . , x„, de JCi, X3, . . . , x„, ... ;
soient )./y des multiplicateurs, tels que
(
Xj, Oi — X12 02 — . . .— Xirt cp„ = Xi,
.^. ] ^21 ?1 - ^'22 »2-^- • ■-- ^2«?/J = ^2-
■ ' / •■•;■
soient encore
A(xi, 0-2, ...,r„)=^N :/iiX22- •• '^' ';-•.■■
(Jl'Ol, 90 Cpn)
D(Xi, ;r2. .. ., ar„) =
d{Xi, Xi, . .., or,,)'
Théokème I. — A s'annule pour tous les systèmes de
valeurs de x^^ x-i, . . ., x,i qui annulent Xj, Xo, ..., X«
sans annuler toutes les quantités cp,, Oj «p«-
Théorème II. — On a
(4) D(a/i, a,-2, . . ., a,„)A^a,-,, a,2 a/,/) = X'iV=tn)X2 t^a/.). . • X;,(a,„).
En efTet, si l'on diflérentie (3 , on a
ôTj ' oxj ' axj aXj ( \^sij = k,
et, en faisant x, -- a/,, jr^ ^ Q^/s; • • • ?
()ot , cJ'io .. t)cs„ _ l o si Q X-,
ce qui démontre le théorème, en vertu de la rèyle de la mul-
tiplication des déterminants.
Théoulme 111. — La fonction symétrique
F(a,-,, 5t,o a/,, )
21* ( a,-, , «,-5
'-'''' ^ '"- '^2. ..., 2/«)
SLR I, 'ELIMINATION. 321
est le coefficient de dans le (Ith'eloppement de
X^ Xi . . . X,i
FA
En efTel, dans le développement de . ' , le terme en -
' ' /(X) X
a pour coelTicient > -r, — ? a désisrnant une racine de /"f a ) = o:
il en résulte que, dans le développement de
/(■ri, ^i ^n)
X,\o...X„ '
le coefficient de -; sera
•2- j Cc9 ■ . ■ <X' fi
•^ ^ fi Ti/U a/1 g/„ )
Jmd Ji^'" \'i^il)\'( 'J.j-1 I . . . X' ( tkn )
Prenons y ^ FA, F désignant un polvnônie quelconque; le
coefficient de dans .. ,. — rr- sera
X^Xi...X„ X,X2...X„
^ "«^ Fi a,,, a,-,, . . .) Ar^a,,, a/2, . . .)
j^.^^'" \'(,aii;...X\aA-,tj
ou, en vertu du théorème I,
•^ F( a,i, a,-.,. . . . I A( a/,, a,-», . . .")
jii^ X\2/ij... X;,(^a/„;
le signe 7 s'étendant, non plus à toutes les valeurs des a/y,
mais aux valeurs simultanées constituant une solution com-
mune aux équations ( i ). Remplaçons le dénominateur de
l'expression précédente par sa valeur tirée de (^); elle de-
viendra l'expression (5). c. q. f. v>.
Si l'on suppose F r^z D'I, on a le théorème suivant :
TuÉouL.ME I\ . — La fonction syinélriquc
est le coefficient de dans le dé^'eloppement de
'l A D
xTXo . . . x„ •
L. — Traite d' Analyse, 1. 2i
322 CHAPITRE XI.
Théorème V, dit nr, Jacobi. — Si F est un polynôme de
degré infcricitr r> > /;/ — /?, degré de D, on a
"^ F(a/i, a/2. . . .) _
^ U(a/i, a/2, . . .) ~
En effet, cette fonction symétrique est le coefficient de
dans TT^^: r^; or, si l'on appelle ô le degré de F,
le degré de \ij étant Uni — tuj, celui de A sera
2, ( II oi — nij) = n n m — > m,
celui de FA sera Z + nWni^y ni, celui de XiXo . . . X„
sera nX\?n; le coefficient de sera donc zéro, si l'on a
Ti Xi . . . X^
0 — /lUni — 7 m < n U m — n
ou si
0 < > m — n,
c'est-à-dire si le degré de F est moindre que celui de D.
C. Q. F. D.
Ce résultat a été établi d'abord par Jacobi dans le Jour-
nal de Crelle, t. XIV, puis par Cauclij à l'aide du calcul des
résidus. Enfin Liouville l'a rencontré incidemment dans ses
recherches sur l'élimination (voir son Jom/7?«/, t. VI, i'"'' série.)
La démonstration que nous venons d'en donner est au fond
celle de Cauchy.
XVII. — Théorème de M. Enrico Betti.
M. Betti a fait connaître, dans les Annales de Tortolini
pour l'année i858, une formule qui permet de calculer une
ibnclion symétrique quelconque des solutions de plusieurs
équations. Nous allons d'abord l'exposer j)0ur le cas d'une
seule équation.
SUR l'élimination. 323
Soit rrj [t,, t.2 l„ ) le produit des carrés des difTérences
des quanlilt'S /( . ^o /,, ; soit C5(\r) = o une équation ayant
pour racines a,, a^, .... y.„. Considérons l'expression
'^"(7,)■!^(^)... ç(/„)cT(a,, a,, . . . , a„ ) '
abstraction Tailc de sa partie entière, cette expression est
éffale à
.m^ ti — 'Xi ra(a,, a,, .. ., a„) cp( ^2) '"
et à
ou en lin a
1(^1— a/) {^2— 2ty). ..( ta—-^k) ^{^1, ^2, ■ • ., a//)
'.y-
Or le numérateur de la quantité placée sous le signe 7 est
égal à zéro ou à son dénominateur selon que a,-, ay, . . . , y.k ne
sont pas ou sont tous différents; il en résulte que l'expres-
sion (^1) a pour [)artie fractionnaire
(2) V ' . ,
^^Ux ~ a,-i( ^,— ay )...U„— a^j
le signe^ s'étendant à toutes les valeurs des a qui, dans une
même fraction, sont différentes. Or, dans le développement de
l'expression (2), les coefficients des arguments t~' rj . . . rj'
sont précisément toutes les fonctions symétriques simples des
racines a,, a^, ...; donc :
Théorème I. — Toutes les fonctions symétriques simples
des racines de '^ ^= o sont les coefficients des divers argu-
ments r/, f"/, . . . dans le développement de V expression (i).
Voici maintenant le théorème de M. Enrico Betti :
Théorème II. — Soient cp,, -^o. . . . des polynômes entiers
crt JC \ y «-t- 2 * • • • ? *^ Il ^^
(3) «f I = 0, Cf2=0, tprt=0
32-1 CHAPITRE XI.
des éqiiafwiia algébritjuos admctlaiU les »jl so/r/do/is
X,, Xo, . . ., X„ les résullanles proKcnanl de Véliminalion
de toutes les variables, moins Xi, de toutes les variables
moins x^, etc. ; \(xi,x-2, . . ., :r„) le déterminant des multi-
plicateurs qui fournissent les résultantesl^i , X2, . . . , X„ = o,
enjin D(\r,, ^2, ..., Xa^ le déterminant fonctionnel de
cp,, ç-i çi„ e^ f)(x,, ^21 • • •' -x^n) Ig produit AD. La
fonction
i z='X .1 = n
G =
n*^( ^•|. fg t>»^ "TT t;^( f\s, ^2.0 ■ • •■ ty.x)
développée suiv'ant les puissances et les produits des' quan-
tités t~* , aura pour coefficients les diverses fonctions symé-
triques simples des solutions des équations ( ?t).
Rappelons qu'en vertu des théorèmes I et II du paragraphe
précédent on a
6( a,,, a/2 a,„ 1 — o ou = \\ ( a/i ) \\ ( a/,). . . X'„ ( a,„ 1,
suivant que toutes les valeurs de ? sont différentes ou sont les
mêmes ; par suite,
/ = [X .V = Il
_ TT \\ ( tji I X', ( ti=, I. . ■ -|rT 7ÏT( t\!t, ^2.^ t^s )
-I i Xi(//, ) X,( ti=, ). . . 1 i 77T( a,,., a,.,. . . ., a„_s)
i=i , .^ = 1
ou, en négligeant un polynôme entier,
/= y.
vj( 7.J,,, a/.., a/.ç)
' 1 J ^ //i — a/y t,2 -- a,/, 1 1
/ = 1 s =
ou enfin
G=TTV— ' ' — n
A J .À^ //i — x,j /,2— ^lA- A-1- CT( a,,, a,^, . . . , a^s)
/ = 1 5=1
2n^
/>, q, u, V désignant quatre entiers différents, ce qui démontre
SI' Il l'élimination. 32.J
le tlu'orème énoncé. I^c lliéorcnic de M. Bclti ne rend pas
pratique le calcul des lonclions syniélrlques et l'on ne trou-
vera sans doute jamais un nioven de rentire ce calcul pratique,
mais il met eu lumière un llx-orrine de M. Scidalli : c'est
([ue toutes les lonclions symétriques entières des solutions
des équations (3 ) contiennent seulement en dénominateur les
coefncienlsdes premiers termes des résultantes XjjXj, ...,X„.
Ainsi la lonction s\mélric]ue
V . '■ /• - '■' j' '''
coefficient de -r— dans G, contiendra en dénominateur
'il ' 1 2 ■ • •
le facteur
A|, Ao, . . . désignant les coefficients de x^, cc^, . . . dans les
j)olynômes X(, Xo, • • • , X^. On peut toujours faire en sorte
que A, = Ao = . . . = A„, en rendant les résultantes entières
par rapport aux coefficients. Ainsi la fonction symétrique
considén'c devient entière en la multipliant par A-'+^^ • .
La ri'sultante des équations (3) et F = o, mise sous la
l'orme nF(a/,, a/o, . . .) = o, deviendra donc entière en la
multipliant par une puissance du coefficient de la plus haute
|)uissance de la variable non éliminée dans l'une des résul-
tantes X|, Xo, . . . , X„.
XVIII. — Remarque importante sur les solutions communes
à plusieurs équations.
Si, dans la formule de Jacobi démontrée au paragraphe XT,
on fait F(jCj =^ 1 , j:,, Xo, . . . , on trouve
( rt -f- 1 )( /i -^ a ) . . . ( « — A ) , . ^
'^= FT^sTTA ('>
relations entre les solutions communes aux équations ©, = o,
(' ) Ce nombre est égal au nombre des termes d'un polynôme du degré
h il n variables.
320 ciiAPiTui: XI.
cso = o. . . . , C5„ =: o, // étant inférieur d'une unité au degré de
U, dansées relations entreront les v=:^ >
^ I . a . 3 . . . nii
coefficients de cp,, cp^, . . . , o„. Le degré de D est > nu — n ;
donc A r= > /;?/ — n — i , donc
(w-+-0(re-H2)...( ^m;— l)
( > /«/ —Il — I j !
En général, pi est plus grand que v, de sorte qu'entre les
équations fournies par le théorème de Jacobi on pourra éli-
miner les coefficients de cp,, cp.,, . . ., cp«, et l'on voit qu'il
existera des relations indépendantes des coefficients entre les
solutions de es, = o, cpo = o, ... ; donc :
On ne peut pas choisir arbitrairement les solutions d\in
système d'équations algébriques à plusieurs inconnues.
XIX. — Propriétés de la résultante.
Considérons îi équations à n inconnues des degrés ni i ,
/?i2, • . . , ni,i., savoir :
I çpi (a^i, .r,, . .., x,i) = o,
) 0,(^:1. X-i, . . ., Xn) = o,
\ cp„(ri. X2, . . ., x„) = o;
soit
R = o
la résultante provenant de l'élimination de Xt, ^21 ^^u. t ■
Supposons
^i=^aij,„x\x', ...,
Sun l'élimination. 327
faisons varier les coclTicienls <7/y et (ipq .. de oaij ^ ^^fipq .. et
exprimons que dans ces conditions R ne varie pas. On aura
et, si l'on veut que les solutions ne varient pas non plus, on
aura
-r^ — o«,7...-4- -— J — oa,,^... = o
ôaij,,, Oa,„j,,,
ou
(3) X\x{.. . Ùa,j,,,-Jr-X'îx'l. . . OUpif... = o.
De (2) et (3) on lire
^R . , , an . „ ^
ou, si l'on veut,
f)R ôK
de même
(ibis) x,ar.^...= —, — ; ?
En éliminant les arguments a:\ xi . . . par division, par
exemple, on tire de là une foule d'équations entre les dérivées
partielles de la fonction R.
On peut trouver encore d'autres x'elations en observant
T-» 1 < 1 j ' n /n
que R est homogène en ««y. , (ipq... • • • et de degré = 'x;
on a ainsi
r)R .)R
t'^00... '^<^ij...
1 A R/?? ,
de même, en posant ■ — ■= a.
li. R = 6uo... -7 H. . . 6,7...
On peut encore trouver de nouvelles relations en observant
que R ne change pas quand on change Xi en a:, -|- 0X1, .r> en
x-i -\- ^x-i-, ... : on a donc
rm _
Oxi
SaS ciiAiMTiu: xi.
011 bien
en désignant par (f/j -f oa,j\ ce (jui dc\ icnl (f,j quand on a
remplacé x, par x^ + ox,.
Ce changement ramène C5, = o à la forme
^ «/y...(^ -H o.ri j'j:,- • •
OU
2 |^( l -t- 1 ) «/+, ,y . . . or 1 -r- «,7. , . J .r ', a-'. . . . ,
en sorte que
On a donc
o«/y... = (i-l- I )«/+-!. y... o-r,.
V7 (^R
7 U — O^v-vi,/...
(j-^-j)bi^ij.
et d'autres équations analogues. Ces équations permettent
quelquefois de déterminer les coefficients de la résultante
quand on en connaît la partie littérale.
Ces dernières équations sont celles auxquelles satisfont les
invariants des fonctions C5), Oo, . . . , z>,i; nous ne larderons pas
à constater en effet que la fonction K est un invariant.
On voit comment il faudrait modifier les résultats pré-
cédents si les dérivées partielles de R par rapport aux «/y. ,
Z>/y , étaient toutes nulles, et comment cette circonstance décè-
lerait la présence d'une solution multiple.
XX. — Résultants.
Théorème I. — La résultante de plusieurs équations
algébriques, telles quil n'existe aucune relation entre
siiu l'i'm.iminatio.n. 329
leurs coefficients, est irréiliictihli' jkii- rapport à ces coeffi-
cients (').
En efiet, si celte rûsiilhiiile nt-lail pas inéducllhlc, elle
sérail de la (ortiie 1» t- Vi) r^ o, P cl (^ désignanl des poly-
nùines entiers par rapport aux coefficienls a, 0, c, . . . des
('■(pialioiis proposées. Or R - o établil, entre les coefficients
en question, une relation qui |)erniet de l'egarder l'un d'eux,
a, comme fonction des autres; si ion considère les équations
P^ o, Q = o, elles sont satisfaites par certains systèmes de
117 ^ ôa da
valeurs de a. o, c, . . . , et, pour ces systèmes, -7 > -^ • - ■ ont
deux valeurs, savoir celles que l'on peut tirer de P =-^ o et
celles que l'on peut tirer de Q = o. En diflerentiant K --=^ o,
la règle des fonctions implicites donnera
()a _ OR _ (JH da _ OK m
Ob db ' Oa Oc Oc ' Oa
,, ()a i)a •.•!'. • ' 1 r . '^^^
l'our (lue ~ , 1 — , ••• soient indéterminés, il laul que —-■<
*■ i)b Oc ^ Oa
— 7--- soient nuls, cecjui établit des relations entre les quan-
00 ' i . ^
tilés a, b, c Si donc les équations proposées sont telles
qu'il n'existe pas de relations entre leurs coefficients, la
'1 • . 1 1 1 /j' 11 <^R '^^
résultante sera irréductible ( a ailleurs — = o, -rr = o, ...
\ Oa Ob
ne sauraient être des identités, sans quoi R ne dépendrait
|)as des coefficients des équations proposées ) •
Puisque la résultante est Irréductible quand il n'existe pas
de relations entre les coefficients «, Z/, c, . . . , on pourra
toujours supposer que l'on ait mis cette résultante sous forme
entière en la multipliant par un facteur, fonction des coeffi-
(•ients de poids nul, tel que cette résultante mise sous forme
entière ne soit pas décomposable. Le premier membre sera
alors parfaitement déterminé, à un facteur près Indépendant
de tous les coefficients.
(') Je crois devoir rappeler qu'une équation Rx = o est iriécluctible pai-
rappttrt à des quantités «, b, c... quand un premier membre n'admet pas
lie diviseiu" rationnel en x, a, b,c
33o en API THE XI.
Considérons maintenant n équations homogènes par rap-
port aux inconnues j",, Xo. • • • , Jr^, savoir :
(0 'fi=o, 'fo = o, 9« = o,
et supposons-les des degrés /;?,, m-, /;/„. Si Ton élimine
x-i, ^3 i',i, on trouve une résultante de la lornie entière
R^tY'" = o;
si l'on élimine toutes les inconnues, moins ^o, on obtient
R,^P"' = 0,
Ro étant, comme R,, entier par rapport aux coefficients de
<:>,, «21 . . • et irréductible, etc..
Je dis que l'on peut supposer R, = Ro. En effet, l'équa-
tion R, =z G exprime que les équations (i) ont une solution
commune dans laquelle ^, n'est pas nul, et R2= o exprime
que les mêmes équations ont une solution commune dans
laquelle .r^ n'est pas nul. Si l'on suppose qu'il n'existe pas
de relations entre les coefficients de ''i, ces équations n'auront
pas de solutions pour lesquelles Xy, Xo- ■ • ■ seraient nuls,
puisque l'on rejette celles dans lesquelles on aurait soit .r, = o,
soit ^2= o; R| et Ro sont donc égaux, à un l'acteur numé-
rique près.
On appellera éliminant ou résultant des fonctions homo-
gènes Ci,, Ço» • • -, ^n le premier membre de l'équation ré-
sultante, mis sous forme entière, des équations o, =o,
o., ^ o, . . ., On =o, abstraction faite du l'acteur x}'", ou
x^'" , ou, etc.
Le résultant est donc bien déterminé, à un facteur près
indépendant des coefficients de C2,, o^, ....
Théorè:.me II. — Soient 'j, , Oo, . . . , cp« des fonctions homo-
gènes de Xi^ x-i, . . . , x,i des degrés nii , nio. . . . , m„ ; soient
0,, O2. . . . , h,i des fonctions homogènes r/e r,, Vo- • • • ' )'ii
et toutes de degrés. Si l'on fait, dans o, , Oo, . . . ,
^1 = ^lO'i- J2 .r«»,
^2^ 62(7,. 72- •• -, Yn)^
SUR l'élimination. 33 1
ces fonctions deviendront de nouvelles fonctions '},, 'v^, . . .
'1,1 de )',, Vo r,i et, si Von appelle R le résultant de
cp,, Oo 'fw- S celui de 61, -ii, . . ., '}«, /• celui de 0,,
Oj, . . . , 0„, o/? aura
S = R^"- /II'/..
En effet, les solutions de •!/, :r^ o, •!/2= o. .... •},/= o com-
prennent :
i" Les solutions des équations
il ^ !^ ^ _ f^'i ,
dans lesquelles a,, 7.0,.., a„ désignent une solution de
'j, = o, Oo=o.. . . lorsque les coeflicients sont liés par la
relation R^o; ces solutions sont au nombre de^""'!!/;? et
par suite le résultant S contiendra en facteur IV'~',
1" Les solutions de f|| = o, Os = o, . . . , f>„ = o qui entrent
en facteurs dans ces équations aux degrés sni^^ sm^ sm,i ;
le résultant s devra donc s'annuler en même temps que /• et
avoir les solutions de /• à un degré de multiplicité égal à
/?;, /??o . . . = 11//^.
CoKOLLAiRE L — Lcs résultants de plusieurs formes sont
des invariants de ces formes, et, si dans les formes es,,
cp2, . . . , cp„, on effectue une substitution linéaire, leur résul-
tant se trouvera multiplié par Y^"^, F désignant le déter-
minant de la substitution.
Théorème III. — Le résultant de plusieurs formes est un
combinant de ces formes.
En elTcl, si l'on pose
( ^1 = Yirfi — Yi2'-p2-^-.. — Yi«?/i.
\ ^i = T2t ?1 — Y22 Ol — ...-r- Y2« 'f «,
le résultant de •l^, -io. . . ., <l„ peut s'obtenir en observant
qu'il peut être considéré comme le résultant des formes trans-
332 cil A PI T m: xi.
fonnées des formes linéaires
l 7 1 1 - 1 Y 1 2 ■"'2 • • • 'lin ^11 •
(O) ' "21 -I — '{il -2 • • • 72 « -//■
par la siil)stitulion non lin("airc z■^-^^^^, Z2^= '^21 ■-■] le
résiillaiil de -i/,, «i/o. . . sera donc, en verUi du ihéorèine II,
égal au résultant Y des formes linéaires (a ), élevé à la puis-
sance s — I, degré maximum des formes o et multiplié par le
résultant de ces formes ; en d'autres termes, si l'on appelle
R le résultant des formes '.p, S celui des formes 'l, T le déter-
minant do la substitution { a 1. on a
S ^ RP'-'.
XXI. — Discriminants.
On appelle discriminant d'une fonction homogène le
résultant de ses dérivées prises par rapport à chacune de ses
variables.
On appelle racines singulières d'une forme les systèmes de
valeurs des variables qui annulent à la fois la forme et toutes
ses dérivées, ou, pour éviter un pléonasme, qui annulent ses
dérivées.
Lorsque le discriminant d'une fonction '^ est nul, l'équation
'.5^0, f|ui permet de considérer l'une des variables comme
Ibnclion des autres, donne pour les dérivées partielles de
cette variable des valeurs indéterminées.
Lorsque le discriminant est identiquement nul, il y a toute
une suite de valeurs des variables pour lesquelles les dérivées
partielles de l'une d'elles sont indéterminées, et vice versa
d'ailleurs.
Théorème L — Le discriminant d^ une fonction est un
invariant de cette fonction.
SLR l'élimination. 333
En cfTfl, considérons la fonction homogène '^'r,, x-, x«)
(le degré m. Si l'on cireclue la subslilulion
on aura
(,) ) àfi ~ ôFi "' " ^ ' ^;^.; "''■-' '-^ ô^n "^""
donc, en appelant F le di'terniinanl de la substitution, le
i-ésultant des seconds membres de (i) sera F^"*""""' multiplié
par le discriminant A de 'i. Si ensuite on effectue la substi-
tution sur les dérivées—^ , — ^ , • ■ -, le nouveau résultant relatif
aXi fJT.2
aux r sera égal à Fancien AF"'"'^""' multiplié par F '""'■",
de sorte que, D désignant le nouveau discriminant, on aura
J) -— _^p /«-11"— /«-I)"-'__ s^\-in' in — \i"-\
Pour /» = 2, on a D = AF-, ce qui s'accorde avec ce que l'on
savait déjà sur les discriminants des fonctions du second
degré.
Théorème II. — Lorsque le discriminant dUine Jornie
s'annule, les dérivées du discriminant par rapport aux
coefficients de la forme sont j>r<)porlionnclles aux dérivées
de la forme prises par rapport aux mêmes coefficients.
En effet, soit A le discriniiiuinl dune forme o; faisant varier
les coefficients rt, b. ... de cette forme et les variables x,,
X2, ... de telle sorte que A ne varie pas, on a
mais on a aussi, en appelant 'i,. 'j;.. 'i„ les dérivées — ^>
do , >. ^ , .
T-^>' • • et en observant que x, -~ oj:, , Xo -~- oxo, • • . doivent
334 cil API THE XI.
vérifier les équations ci, -- o-^, ^= o, o-j-r- 2'i2= o.
-r-^ 0^1 — -T-^ oxo -f- . . . -^ — 7- oa -i — ;^ cb-i-. . . = o,
dxi dxz da do
— !-: 0x2 — -r^ 0X9 -J- . . . -1 — ^ oa -i — T.- 00 -- . . . = o.
dx, dx', ' da do
Mulliplions la première de ces équations par j::,, la seconde
par ûC2< ... et ajoutons, en observant que, si Ton aj)pellc m le
degré de cp, on a
XiÇi-i- ro'fj-i-. . . = m<^;
on trouve
dvi ^ t)o ^ do ^ do „
m ^-^ ox, -T- m -~- ox, -1- . . . -f- /« -^ oa — m —■ 00 -+-... = o
dxi dx-i da do
et, si Ton observe que es admet les racines singulières,
do ^ do ^,
— i- oa -T- ^ 06 -t- . . . — o.
da do
Comparant cette formule avec (i ), on a
d\ _ do _ dl _ r)'^ _
da ' da db ' db
c. y. F. I).
De là un moyen de trouver les racines singulières sans avoir
calculé A, pourvu que Ton fasse usage du théorème § XIX.
XXII. — Sur un théorème propre à faciliter dans certains cas
le travail de l'élimination.
Théoueme. — Si les cqualions homogènes de degré m
admellent une solution coniniune^ celle solulion salisfera
aussi aux équalions
_ d\ _ d\ _ d\ _
dxi ' dx-i ' '"' dXn~ '
sin l'élimination. 335
où /'on a
Ôl Xi. X-i, . . . , Xn }
Supposons d'abord les degrés des équations ( i i quelconfjucs
el respecllvemenl égaux à /?«,, nio, . • ., nin', ou pourra, en
vertu du théorème des fonctions homogènes (p. 221 , écrire
ces équations ainsi qu'il suit :
(2:
les valeurs de a*,, jTo. . . . , qui satisfont à ces équations, sa-
tisfont donc aussi à
A =-0.
Maintenant, si /;«, == m2= ■.. = ni,i= m, on déduira de 121
\xi = m I Oi
(hi,
f>C5|
ô'ùi
Xi~
Xi — . .
•Tn
^
nix
0,
Oxi
âXî
OXn
rh.
d'i.
C)'i,
Xi -
— î
X, — . .
— - — : —
./;„
—
m.^
'^i) T^
<».
OXi
ôx..
f)Xa
\Xi = m
et, en général,
\xi ■=■ m
<)xi Oxi J
L (^-r, OXi J
on en lire
[')A d\ "1
Oxi dxi J
()A r <) ôl ô-c, ô\ "I
Xi — — = m I 0, — r- -f -. . . I •
oxj ' Oxj O-^i Oxj ôoi I
L O^i Oxt J
Si i^=j, il faudra ajouter A au premier membre. Si Ion
suppose que Ton remplace o^i , ^2, . . . par les solutions de (i),
en tout cas que f soit égal à / ou différent dey, on a
<)\ rô-:,x ùl f>i, ^)A
r^j-i, fJA f>i, ^)A -j
ôFj ^djj_'^ dxj ^d^'^-'- y
L àJCi Oxi J
336 CHAPITUE XI.
or le second membre de celle équation esl éi;al à /.l'io ou à A,
c'esl-ù-dire toujours égal à zéro, donc
- — — O. C. y. F. I).
Ce ihéorème suppose que la solulion commune ne se rap-
porte pas aux valeurs nulles de .r,, ^o, . . . , sans quoi il sérail
évident; d'ailleurs la démonstration précédente ne s'applique
pas à ce cas.
Si le système (i) se réduit à trois é(]uallons de second degré,
les équations
C5| = o, Ç.2=^0- ^3=0
et les trois équations
dl ô\ 01
â7,=«' 5:?:=°' d?;^^
seront du second degré; en éliminant x'-^,XTJ,, .rij, ^, d"^,X( .r;,,
X-2-V:\, on aura sous forme de déterminant la résultante des
équations proposées.
XXIII. — Sur une élimination remarquable.
Proposons-nous déliminer a,, x-^, ■ ■ ■ - ^\t entre les équa-
tions
(r) f=2^a^jx,xj^ o
et
, Cil .r,- Ci-i X2~-. . .- Cm t„— o,
\ r.,, .r,— Coo To' ...~ Coa x^—o,
1 <^«-l,l •''l — (-'/i-l X->-r- . . . -f- Cn—i^,iX,i = O.
A cet effet, écrivons l'équation (i) sous la forme
(3) a-i~-^x,—^-^... = o,
niulliplions la première équation (■2) par ).,, la seconde j)ar
SIR i/i:LIMI NATION. SSj
)>2, .... et ajoutons avec ( .î), puis égalons à zéro les coeffi-
cienls de j*,, x^, ... : nous aurons
— CijX,-- CîiÀ, — . . .— C„_i,iX„_i = o,
CioA,— Cî2>-ï-^. • •— Cn-\ oA/i-i = O,
Si, entre ces équations et (2), on élimine x, , . . . , j:*,,, A, , . . . , \„_ , ,
, àf âf
en remplaçant
5 ,— par leurs valeurs
on a
rti
«21 «J
Cl» C.>2
a„2
c,.>
C„-\n C/;_i ,, . . . C,i-lri O O
(^e résultat a été obtenu par Hesse.
Cn
-1
,1
Cn
-
.2
Cn
-1
0
0
,n
XXIV. — Principe de correspondance.
Le principe de correspondance, nettement énoncé pour la
première fois parChasles, consiste en ce que :
Si sur une droite D on a deux séries de points X , , X.i , . . . ,
et Y,, Yo, .... tels qu'à chaque point X correspondent
n points Y et qu'à chaque point \ correspondent m points\,
Le nombre des points X coïncidant avec leurs correspon-
dants Y est m ^ n (pourvu que cette correspondance des
points X et Y s'exprime au moyen d'uneéqualion algébrique^
Nous appellerons les points X coïncidant avec leurs cor-
respondants des coïncidences.
La démonstration du principe en question est fort simple.
Soient X,, x-y, ... les abscisses des points X,, Xo, ...,
L. — Traité d'Analyse, I. 22
338 CHAPITRE XI.
comptés sur la dioilc D à j)arlir (11111 poinl (ixc G de celle
droile; )| , v-2 , ■ ■ • celles des poinls Y, , Y.j. ... ; l'abscisse a:
d'un point cjuelconquc X cl Fabscisse y d'un poinl (juel-
conque Y seront liées entre elles par une équation
(i) /(jr,y)=o
de degré /« en .r et n en )•; les coïncidences seront données
en prenant X ^^j', et par suite leurs abscisses seront racines
de l'équation /(7, i) = G. Si l'équation (i) est complète,
f(t, t) sera de degré m -h n, ce qui démontre le théorème.
Voici une autre démonstration du même principe donnée
par M. Zeulhen.
Soit C un poinl de la droile D où n'ait pas lieu une coïn-
cidence; par ce poinl menons une droile quelconque cl pre-
nons deux points fixes A, B sur celle droile, joignons ces
Fis. ..
X. /î
points à deux points correspondants X, Y; le lieu des points
M de rencontre de AX et BY sera une certaine courbe que
nous allons étudier et que nous appellerons la courbe (M).
La courbe (M) rencontre AM en ii poinls, en général situés
à distance finie, distincts du point A; mais la courbe (M) a en
outre au point A un point d'ordre m, car, le point C étant
considéré comme un point Y, ni droites AX correspondront
à BC et seront d'ailleurs autant de tangentes à la courbe M.
Ainsi la courbe M est de degré m -\- n, elle a en A un point
d'ordre m et en B un point d'ordre /i.
Le principe de correspondance découle de là, car les coïn-
cidences sont les points où le lieu M coupe la droite D.
SUK r/fCMMINA TION. 889
Le principe de correspondance peut être généralisé comme
:l suit :
Si par un point passe une série de droites U, V, et qu'à
chaque droite U correspondent m droites V, qu'à chaque
droite V correspondent n droites V, le nombre des droites U
coïncidant avec leurs correspondantes V (ou coïncidences)
sera m -f- n.
Chasies a fait une ap[)licatlon du principe de correspon-
dance à la recherche du nombre des intersections de deux
courbes situées à distance finie (Comptes rendus de l'ylca-
démie des Sciences, i855V
Considérons deux courbes d'ordres m et n : soient C et D
ces courbes; prenons deux points fixes A, 13 dans leur plan,
mais hors de ces courbes. Par A faisons passer une droite AX,
l-'ig. j.
Y,
elle rencontrera C en m points a; joignons B aux points a;
les droites ainsi menées au nombre de m couperont D en
mn points [3.
Enjoignant A aux points [îi, on aura mn droites AY cor-
respondant à AX ; réciprocpiement, à chaque droite AY cor-
respondent mn droites AX.
Lorsque les courbes C, D ont un point commun (a, j3 ), la
droite AaX coïncide avec une droite A\ [i ; mais deux droites
AX, AY peuvent coïncider sans cela : c'est ce qui arrivera
quand on considérera la sécante -4B, car mn droites coïn-
cidentes sont confondues avec AB; il en résulte que, si AB
ne passe pas par des points communs aux deux courbes, ce
(jue Ton peut supposer, C et D auront m/i points communs,
situés en général à distance finie.
34o
CII.VIMTUF. XI.
EXERCICES ET NOTES.
i. Nous désignons, i)our abréger, par (/>(/') le déterminanl ^7' — qp'.
Cela posé, la résultante de
( ax- -r- b.T -^ c ~= o,
} a' x--~ b' X— C = o
est
La résultante de
( ab' I (' ac )
{ac') (bc' )
est
( ax^ -^ bx- -r- ex — 6? = 0,
( a x^-- b' x--^ c' X -r-d' =^0
(ab' ) ( ac') ( ad' )
(ac') t dd' ) — ( bc' ) (bd')
I ad' ) ( bd' ) {cd')
La résultante de
est
ax'* -^ bx^ -^ cx^ -^ dx -^ e = o,
a! x'* — b' x^-^ c x'^-r- d' X -^ e' = o
(ab' ) («c') (ad') (ae )
(ac ) (ad' )-\-(bc') (ae') -h t bd' ) (be' )
(ad') (ae')-^(bd') (be')^(cd' ) (ce')
{ae') {be' ) {ce') (de')
2. Le discriminant de l'équation
ax''-+- ^bx^-[- dcx'^-- ^ dx -h e = o
a été mis par M. Cayley sous la forme
i(i(I3— 27J2).
l = ae — ^bd - "ic-, J = ace -+- ibcd — ad- — eb^-- c-*.
3. On a
f/«_ fj'ii
— a/»i-i_f- ija>"-^-^ . . .-- 6'«-i;
celte formule peut s'écrire
a'" b'" I \ a b
I 11*11
= a"'-» -^ 6a'«-
6"'-'.
SLR l'élimination.
34 1
( M» la j;(''iicrali«c ainsi :
II'" h'" . . . /'" [ rt'» b>
fl'i-l l,n- i . _ /« I (t" ' 6"-'
a h . . . / I ' rt ^
I I ... I i 1 1 1
ln-\
l
ya'hJ...l'^\
roniuili- nù n — 1 désigne le nmiibrc des varialtlcs a, b. .. ., /cl où
f -1- y - : ... -^ / = m — n.
■i. On a, en appelant -xi. ■Xn. .... a,i les racines de cp(^) — o,
11^1
I 1 l'i -J ! ! -
f)ll
TCTI /,, t-i
tn)
Tijf/i.ti. . . ., t„) Ot^Oto . . .Ot„ o(/i)'.j/^/o
fn)
Dans cette lonnule, nT(/i, ^2) ••■• f/i) est le produit de toutes les
dillérences des quantités ^i, to t/,, et dans le premier membre
il faut supposer les binômes /, — xy tels que l'^y" (Borch.vrdt, Mé-
inoires de l'Académie de Berlin, i855).
."». Le discriminant d'un produit de m fonctions de n variables est
identiquement nul quand m < n.
0. Caucliy a lait connaître dans ses Anciens Exercices une mé-
thode pour le calcul des fonctions symétriques qui est très remar-
quable. Cette méthode est reproduite dans V Algèbre supérieure
de M. J.-A. Serret. Gauchy a fait également connaître deux, méthodes
d'élimination pour le cas de deux équations, l'une dans les Anciens
E.rercices, l'autre dans les Nouveaux Exercices. La première est
peu connue; c'est cependant une des plus fécondes que l'on con-
naisse.
7. Soient ai, ^,, y, ; a,, ^2» Y2 > *3' ?3) Y» ^^ **' ?*' Y* 'es cosinus direc-
teurs de quatre droites; Xi, y^, Zy ; x^, y^, z=i\ x^, y^, .33 et Xs,, y;,, Z;
les coordonnées de quatre points appartenant respectivement à ces
quatre droites; la condition nécessaire et suffisante pour qu'elles
soient les génératrices d'un même système d'un hypcrboloïde C'^t
que, en posant
342 CHAPITRE XI.
les dclcnninanls obtenus en prenant quatre colonnes clans le tableau
suivant soicnl nuls :
3tl
% -.
. /,
"h
'h
22
% -,
•2 A>
iii-i
"i
^3
h \
. /..
nti
«:. 1
aj
h \
V ^
IH;
1
n, 1
j
Ces condition? rentrent en |)artie les unes dans les autres
8. Pour éliiuiiier .r,, x^ t„ entre les équations
F = o, Çi = G,
o,
où Oi, oj F sont des fonctions entières de .r,, x-y. .... x„, on
peut prendre les <p pour diviseurs; soient Fj, Fj, .... Fj^ les équi-
valents réduits de F et des produits de F par les arguments réduits;
en éliminant les arguments réduits considérés comme des paramètres
o, .... Fm— o, on a la résultante
distincts, entre Fj = o, Fa
cherchée.
SUR l'élimination. 3.13
CHAPITRE XII.
RÉSOLUTION DES QUESTIONS DE MAXIMUM ET DE MIKIMUM.
I. — Règle générale pour trouver les maxima et les minima
des fonctions explicites.
On dit qu'une fonction d'une ou de plusieurs variables
/{x,r, z. . . . ) passe par un maximum pour un certain sys-
tème de valeurs des variables x,y., z, ..., quand pour ce
système de valeurs on a
/( X - - h, y -^- A-, z -:- l, . . .)<f{x, y, z, ...),
quels que soient les signes de ]i, A, /, .... pourvu que ces
quantités soient inférieures en valeur absolue à une quantité
finie, aussi petite que l'on voudra, du reste. Si l'on avait ;iu
contraire, pour les valeurs de A, /.". . . . que l'on vient de
définir,
f,T^ h, y -^ k, z •- L ...) >/(>, y, z, . . .),
on dirait que /passe par un minimum pour le svstème des
valeurs de x, j', z, . . . fournissant celte relation.
Si l'on remplace li par dx, k par dy, .... on pourra dire
quey passe par un maximum (ou un minimum') quand
/ X — dx, y -^ dy, ... i — fix, y, . . . . r= A/
conserve, quels que soient les signes de dx^ dy, ..., le
signe 4- i ou le signe — ).
En résumé, pour savoir si f(x, y, z. . . .) passe par un
maximum ou un minimum, il faut étudier les variations de
signe de A/, quand on fait varier dx, dy, ....
344 CHAPITRE Xll.
La foruuilc do Tavlor donne (en la supposant apj)llcable)
(1) \/ df -K„
E,„ désignant en général un terme d'ordre supérieur -Atii ■ — ^ i .
Le ternie df du premier ordre donne son signe au second
membre de (i), et par suite à A/, car on peut écrire
,y-.E,= rf/(,.|.)
Or -^'. a pour limite o pour dx = o, dj' = o. ... : donc, si
F 'F'
dx, dj-, . . . sont assez petits, i + -l' sera positiTet dfi i -r ,1)
ou â?/-{- Eo aura le signe de df. D'ailleurs
(If = -~- dx ~. dv -- . . .
•^ âx Oy •'
change de signe avec dx., d\\ ... : donc, si Ton n'a pas iden-
tiquement df=^ o, Ay" changera de signe avec dx; dy. . . .
el f ne sera ni maximum, ni minimum; donc :
THÉOTiiîMn: L — Pour qu'une fonction f passe par un
maximum ou un minimum, il faut que la différentielle
df passe par la valeur o.
Mais cette condition n'est pas suffisante, et, si df = o, on a
(2) \f=\d^f-^,^
et, pour que le signe de Ay soit indépendant de r/.r, dy, . . . ,
il faut que d-f, qui donne son signe à Ay, ait lui-même un signe
indépendant de ceux de dx, dy, ....
Il y aura maximum si d- f reste négatif, minimum dans
le cas contraire.
Si t/-y s'annule, quels que soient dx., dy., . . . , on posera
Le signe de A/ sera celui de d'^f; or ce signe change avec
ceux de dx, dy, . . . , car d'^fesl un polj^^nôme homogène du
>i A \ m r M i; r m i m m r m . 345
troisième dc^vr i-ii (/.r, dv Donc il n'y aura ni niaxi-
mntn ni niininuini. à moins (|n(w/-' /'soiL nnl, quels (jue sokmiI
^/.r, <h\ ... : il liuidrail alors poser
-' 1 . -2 . J . 4 -^
et ainsi de suite.
En véiumv, jx) III </ii' une fonction f passe par un niaxi-
niuni ou un minimum, il faut que sa tli[j'érenlirlle pre-
mière soit nulle; il faut, en outre, <jue la première diffé-
rentielle, qui n'est pas nulle, quels que soient dx^ dy, ....
soit d'ordre pair, et qu'elle conserve toujours le signe —
pour qu'il y ait maximum et le signe 4- pour qu'il y ait
minimum.
Passons aux applications :
i" La fonclion f ne contient qu'une seule variable x.
Ses différentielles sont alors égales à ses dérivées, au\ facteurs
f/j;, dx-., dx^. . . . près, et l'on peut dire que :
Une fonction d'une variable passe par un maximum
{ou un minimum ) quand, la première dérivée s' annulant,
la première de celles qui ne s'annulent pas est d'ordre
pair, négative {ou positive). Cette condition est nécessaire
et suffisante (pourvu toutefois que cette l'onction soit déve-
loppable par la formule de Taylor ).
2" La fonction f contient plusieurs variables indépen-
dantes x,y,z, . . .; alors, <^// devant èlre nul, quels que soient
dx, dy. . . . , comme l'on a
df — ^ dx - -- rty - . . . ,
•' ().£ dy "
-, ,> ,, . . , àf df
il laul (lue 1 on ait séparément -_^ = o, ^ = o, ....
• r Ox ^ dy
Ainsi, pour qu une fonction de plusieurs variables in-
dépendantes soit maxima ou minima, il faut que ses déri-
vées partielles du premier ordre soient nulles.
Mais il faut aussi que d-f conserve son signe, quels (juc
soient dx, dy. . . ., et que ce signe soit -h dans le cas du
346 CHAPITRK XII.
ininijiuiin, — dans le cas du maximum; or d-f csl un polv-
nôme du second degré, de la forme
^-/
''j^'^->jy
dans lecjuol on a posé, pour abréger,
c/.r - çi, dy -r ^o,
el
T-- «i;
dx'^ '" dxdy
Pour savoir si ce polynôme est susceptible de changer de
signe, on le décomposera en une somme de carrés.
Si tous les carrés sont positifs, <i-/sera toujours positif et
il y aura minimum; si tous les carrés sont négatifs, il y aura
maxinuim; enfin, si parmi ces carrés il y en a de signes op-
posés, <^/-/"p()urra changer de signe, el il n'y aura ni maximum,
ni minimum.
Quand d-f est identiquement nul, la discussion paraît
beaucoup plus difficile, mais on n'a jamais besoin de la
pousser aussi loin.
Pour reconnaître le signe de d'-j^ il n'est pas besoin de dé-
composer 7 aij\i\j en carrés; on peut former l'équation
{voir p. 2)8 cl suiv.)
(4)
«11 — *
«1
«21
«2
«rtl
a,,
«1«
dont le premier membre est le discriminant de
Cette équation a toutes ses racines réelles, on peut lui ap-
pliquer la règle des signes de Descartes. Le nombre des carrés
positifs et négatifs dans lesquels ^^aij\i\j peut se décom-
poser est égal au nombre de ses racines positives et néga-
tives, et par suite :
MAXIM A Kl MINIMA. 347
Pour que J soit minimuDi, il suffit que V équation { \')
n'ait que des variations, et, pour <jue f soit minimum, il
suffit qu'elle n'ait que des pernutnences.
Si l'équation i ^) a des variations et des permanences,
f n'est ni maximum ni minimum.
IL — Quelques exemples de détermination de maxima
et de minima.
Problème 1. — Trouver dans le plan le plus court che-
min d'un point A à un point B en passant par une droite
donnée, les deux points A et B étant situés d'un même
côté de la droite.
Prenons pour axe des x la droite donnée et une droite per-
pendiculaire pour axe des r. Soient a el p les coordonnées
du point A, celles du point B pourront être représentées par
a + /et q, l désignant la distance des points A et B comptée
parallèlement à l'axe des x. Le chemin cherché se compose
d'une ligne brisée sur l'axe des x; soit a -r x l'abscisse du
point où le plus court chemin cherché rencontre l'axe des x,
la quantité à rendre minima est
( I ) V7^2 - .7-2 ^- \/q^-^:l — x)'^.
Pour trouAcr le mininuim de cette expression, égalons sa
dérivée, par ra])port à ^, à zéro; nous aurons
. X l — T
(2)
\Jp---x- \^ q"^ -r- {l — X )•
Sans qu'il soit nécessaire de tirer x de cette équation, on
voit que les deux droites dont se compose le chemin cherché
font avec la droite donnée (l'axe des x) des angles dont les
cosinus sont égaux, et par suite :
Le plus court chemin cherché est brisé de telle façon
que ses deux parties font des angles égaux avec la droite
donnée.
348 CHAPITRE XII.
La dérivée seconde de lexpression ( i ) esl
P- (}-
\ -> i'
i p--r- .^•2 \.i [ 7 - (^ — .r - 1] 2
c'esl-à-dirc positive; la valeur de w tirée de i^ai fournira
donc bien, comme on devait s"v attendre, un minimum [à
la vérilé, l'équation (i) fournira deux valeurs de x, quand
on aura fait évanouir les radicaux, mais il ne s'agit que delà
valeur pour laquelle les radicaux sont positifs, et [)Our laquelh'
a <^x <i a -{- l, si l'on suppose, par exemple, a et /^>o].
Problème II. — Trouver un point tel que la somme des
earrés de ses distances à des points Jîxes sait un niininnini.
Soient ^, r, :? les coordonnées du point cherché, Xi, j'i, z,-
celles de l'un des points donnés, prises par rapport à trois
axes rectangulaires quelconques; la quantité à rendre mi-
nima est
en égalant ses dérivées partielles à zéro, on a
et, en appelant n le nombre des points donnés dans l'espace,
'V IV 'V
le point demandé .r, y, z n'est autre chose, comme Ton voit,
que le point que Ton appelle en Géométrie le centre des
moyennes distances, et en Mécanique le centre de gravité du
système des points en question.
Quoiqu'il soit évident que nous sommes en présence d'un
minimum, nous allons le vérifier par l'examen de la difïcren-
tielle seconde de la fonction (i 1; cette difierenticlle est
2 d.v- — 2 dy- ~r- idz"-.
On voit qu'elle est essentiellement positive, puisqu'elle est
MAXI.M.V KT MIMMA. 3^9
la somme do trois carrés, et la solution trouvée correspond
bien, comme nous l'avons observé, à un mini/num.
Problème II F. — Trouver le polygone d'aire inaxima
(jue l'on peut Jormer avec des côtés donnés.
Soient A,, Ao, A3, . . . , A,j les sommets successifs du poly-
gone; AjA,— «,, A2A3=a2 ArtAi=:«„ les cotés
donnés; /•,, /-o, ..., j',,^:^ les diagonales A, A3, A, A.,, ...,
A, A„_,. Si l'on se rappelle que l'aire d'un triangle dont les
cotés sont «, br c est donnée par la formule
V — {^a^ — b'*~:~ c'* — na-b- y.b'^c- — la-c^ 1,
Taire à rendre maxima sera
V — (aj -^ a\-T- r\ — ia\ a:, — aaif r\ — ia\ r\)
-i-V — (''1 -r- «3 ^ ''2 — 2aj r\ — ia'lr\ — iri r\ )
Désignons, pour abréger, par^i, So, . . ., 5„_2 les radicaux
qui entrent dans celte formule; la condition du maximum
s'exprimera en égalant à zéro les dérivées partielles relatives
k r\, r'I ce qui donnera
(U
-~{ri~ ai~ a.,)- (r\ — aj — /■;) = o,
--(r.,- «3 — /'i » - -<^ô — ar — rjj^o,
S-, 53
or, dans un triangle de cotés a, b, c, d'angles A, B, C et
d'aire S, on a
cos A — ; j S = :5 oc sin A .
20c
L'application de ces formules transforme les équations (i)
dans les suivantes :
tang Al A2 A3 — tang Al A4 A3 — o,
tang Aj A3A;— tangAiA5A4= o,
35o ciiAPiTnK XII.
lesquelles cxpriiiiciil (\[iv les angles A,A2A:, et AtAjAg
sont suppliMiieiilaircs, ainsi que A,A3A( et AiAsA,, ...;
donc le cercle qui passe par A1A2A;, passe par Aj, par
A5, ... : donc enfin le polygone maximum a lous ses som-
mets sur un même cercle, il est insciiptible.
c. Q. F. D.
III. ~ Sur le maximum des fonctions de plusieurs variables
liées entre elles.
Il peut arriver que Ton demande le maximum ou le mini-
mum d'une fonction de plusieurs variables liées entre elles
par des équations non résolues; il est même parfois élégant
d'introduire dans une question de maximum des variables
auxiliaires liées aux variables principales. Pour trouver le
maximum ou le minimum, on égalera toujours la dilTérentielle
de la fonction que Ton veut rendre maxima ou minima à zéro.
En effet, une fonction y de plusieurs variables X|, x-^, . . . , ;r„,
liées entre elles par k équations, telles que
I ftiXi, Xi. . .., Xn)=--0,
est au fond une fonction de n — A" de ces variables qui pour-
ront être considérées comme indépendantes, les autres a:,,
Xo, ..., x/i, par exemple, étant des fonctions de celles-ci
données par les équations (1). La différentielle totale de J
prise par rapport à ces variables, à savoir
L'yt^i dx/,^1 -^ l'/, ^2 dx^. -2 . . . - U„ dx„,
doit donc être nulle pourqueysoit maximum ou minimum
c. Q. F. D.
Les variables ^/f+t> ^/s+2- ■ • étant indépendantes, dxh^x.
MAXIM A I;T MIMMA. 35 I
dxkJr-ii ■ • • sont arbitraires, et les condilions du riiaximum
ou (lu uiiniMitini s(Uil
\jk -\ -- O, U/t-^o — o U„ — o.
Pour calculer les expressions UA4.1, Ua^2î • • • - ou, ce qui
revient au même, la différentielle de / par rapport aux va-
riables indépendantes, on différentiera/ par rapport à toutes
les variables, ce qui donnera
(2 ) df = % d.ri ^- v^ dT. -'-....- 4^ dxn .
On diffcrenllera aussi les équations ( 11, ce qui donnera
I -7— dx^ ~— dx., — . . . ^ ~ — djr„ — o.
1 OXi (JX-2 ' ox,i
(3» \ àh ()/.2, ôfo ,
1 — - dx, - - — ar, - . . . -:^— dx„ — o,
' ()X, ()x.i - ()X,,
De (3) on tirera <r/x,, dx,- ■ ■ • . dx^ et, en portant leurs
valeurs dans (2 ), on aura df sous la forme
Ua -1 dx^^i ... - \Jndx„ .
Au fond, cette méthode revient à égaler à zéro la différen-
tielle de f prise par rapport à toutes les variables, c'est-à-
dire à poser
(4 ) -p- rfr, •- dxi . ..— -f- dxn = o,
Oxi O.r-i ()x,i
à éliminer entre (3j et (4) dXi, dx-^^ . . . , dx^ et à égaler à o
les coefficients des différentielles restantes dxhj^i, • • , dx„.
On peut diriger les calculs d'une façon élégante en em-
ployant la méthode des multiplicateurs de Bézout.
Multiplions les équations (3) respectivement par les indé-
terminées ).,, ).^, . . ., A/;, et ajoutons-les à l'équation (4j.
On pourra déterminer ces quantités X par la condition que
les coefficients de dx^, dx^^ . . . , dx^ soient nuls : l'élimina-
tion de ces quantités sera alors faite; en égalant à zéro les
352 cnAPiruK xii.
coefficients de dx|iJ^^ dx,f, on ;iura les coniliiions du
niaxiinuin ou du niininuiin. On ol>llenl ainsi les cijualions
(5) / àx. ^^().r., ■ • ■ ^''â.r:, ' '
<).r„ ^' à.rn •■ • ' f).r„
Je le répète, on peut supposer que A' de ces équations dé-
terminent "kf, )vo, . . . , ).A ; les n — /i autres sont les équations
du maxinuini ou du niininuini, et servent alors à déterniinei-
les variables^ concurremment avec les équations ( i).
Au fond, celte méthode revient à éliminer A,, k.^? •••> ^^A
entre les équations (5); les résultantes et (i) font connaître
les valeurs de ^i, cc-i, . . ., ^« pour lesquelles il v a maxi-
mum ou minimum. Je dis qu'il faut éliminer \,, Ao, ....
A«, car il n'y a aucun intérêt, en général, à connaître ces
quantités, qui jouent dans la question un rôle tout à fait
secondaire.
Il est important d'observer que l'on arriverait au même
résultat en cherchant le maximum ou le minimum de la
fonction
où ).,, Ao, • ■ . seraient traités comme des constantes dans la
diiFérentiation.
Il est bon d'observer aussi que, si l'on veut discuter la
différentielle d'-/^ les quantités of'xi, dx.,, . . . n'y sont plus
arbitraires; mais cette discussion est le plus souvent inutile.
Une dernière remarque : la fonction / à rendre maxima
pourrait se trouver engagée sous un signe fonctionnel, dans
une équation non résolue : ainsi, étant données les relations
(i), on pourrait demander de rendre maxima la fonction /
donnée par la formule
(6) cp(/, xi, T2, x„) ^: o;
MAXIMA ET MINIMA. 353
on remplacerait alors la formule (2) |);ir celle-ci
— '- dxi H — , - dxi -+-..,• ï- dx„ = o.
OXi OX-î OXn
obtenue en difierentiant (6), et en n'écrivant pas le terme
-^ df, nul en vertu de la règle qui prescrit d'égaler df k zéro.
IV. - Applications des théories précédentes.
Problème I. — Traîner le parallélépipède rectangle
maximum inscriptible dana un ellipsoïde.
Soit
x^- , J- _^_ -s^ _
a- b- c-
l'équation de l'ellipsoïde; le volume à rendre maximum est,
à un facteur constant près, xyz; on posera donc
{1) yz dx — xz dy — xy dz = o;
en différentiant (i), on a
, „ , X dx dy dz
multipliant (3) par )>, ajoutant avec (' i) et égalant à zéro les
coefficients de dx^ dj-, dz, on a
\x
Àr
Iz
7-
a2 ~
. 0, zx- -- =.0, xy^
^="'
l'élimination
de), d
onne
a'^yz h- xz c- xy
X y z
ou bien
a2 62 c2
c'est-à-dire
abc
x~ y ~ z'
ce qui prouve que les côtés sont proportionnels aux axes de
L. — Traité d'Analyse, I. 28
354 CHAPITRE xn.
l'ellipsoïde et que les sommets sont situés sur les diagonales
du parallélépipède circonscrit à l'ellipsoïde ayant pour côtés
les axes.
Reprenons le problème traité plus haut :
Problème II. — T?-oin-er le plus court chemin d'un
point A à un point B en rencontrant une droite située dans
le même plan que ces points.
Soient/? et q les distances respectives de A et B à la droite,
/ la distance des deux points comptée parallèlement à la
droite, enfin x el y les distances du point où le plus court
chemin se brise aux pieds des perpendiculaires abaissées de
A et B sur la droite; on a
(i) x—y = i,
et la quantité à rendre minima est
Différentions (i)et égalons à zéro la différentielle de la quan-
tité à rendre minima ; nous aurons
X dx y dy
dx — dy = o, — — -! — -p=^~ — = o;
\ X- ^ />2 y/^2 -^ qZ
multiplions la première équation par X, ajoutons avec la
seconde et égalons à zéro les coefficients de dx et dy\ nous
aurons
X _ y _ ,
d'où ). se trouve éliminé. -
Celte méthode, plus élégante que celle que nous avons
employée plus haut, conduit aux mêmes conclusions (p. 347).
Problème III. — De tous les polygones isopérimètres
d'un même nombre de côtés, quel est le plus grand?
Pour résoudre cette question, désignons par A,, Ao, ...,
An les sommets du polygone.
Soient «( = A( A2, «2 = A2A3, . . . , «/= A/A/^i ses côtés
successifs.
MAXIJIA ET MI.MMA. 355
Soient /'a = A, A3, r^ = A| A,, . . . ses diagonales issues
de A,.
Soient 5., Taire du triangle A, Ao A3, 53 celle de A, A3 A^, ....
L'aire à rendre maxima est
[ V — {<^\.~^ osj -i- Tj — 7.a'lal — 2a\rl — 2.a-,rl)
on a d'ailleurs la condition
(2) ai-f- «2-^- ••-'-«« = const.
Pour résoudre la question, il faudra égaler à zéro les diflfé-
rentielles de (i) et de (2), ce qui donnera
(i bis )
et
(2 bis) ^ dai= o.
Ajoutons ces équations après avoir multiplié la seconde
par ),, et égalons à zéro les coefficients de dii et dai\ nous
aurons
1222 2 •' '
S/ Si — t
(3) { . , .
rj — aj — rj^i = — 2Cos A, A;+i A,a/r,--H,,
Si = l ai Fi+i sin Al A/4.1 A,-
et, par suite,
^J — (^1 — ^/-^i / 1 »
= — 4cotA, A,>.i A,, ...;
Si
les formules (3 ) peuvent donc s'écrire
cot Al A,-i-i A,— col Ai A,- 1 A, = o,
X — \ai cot A,Ai A,-Hj = o.
356 CIIAPITRK XII.
La première de ces formules montre que le quadrilatère
A{ A/.., A,A/+| est inscriptible : le polygone lui-même l'est
donc aussi; la seconde montre que l'on a
a,cotA, A] A,-^i — rt/_i col .\/_j Al A/ = . . .;
si l'on joint le centre du cercle circonscrit aux sommets du
polygone, les demi-angles aux centres ainsi formés étant dési-
gnés par toj, coo co/, la formule précédente donnera
«1 «2 «3
tangwi tangco2 tangcus '"''
c'est-à-dire que les distances du centre du polygone aux
divers côtés seront égales. Il faut pour cela que les côtés
du polygone demandé soient égaux; ce polygone est donc
régulier.
Problème IV. — De tous les polygones de même aire et
d'un même nombre de côtés, trouver celui dont le péri-
mètre est le plus petit.
Les équations de ce problème sont les mêmes que celles
du problème précédent; en effet, au lieu de rendre minima
l'expression (i), il faudra la supposer constante et rendre
minima la somme a, + «2 + ••• + «« î dans l'un et l'autre
cas, on devra égaler à zéro les différentielles de ces deux
expressions, ce qui fournira dans l'un et l'autre cas les équa-
tions (i bis) et (ibis), après quoi on appliquera comme plus
haut la méthode des multiplicateurs et l'on sera conduit aux
mêmes calculs que dans le problème précédent; on verra
donc, comme précédemment, que le polygone cherché doit
être régulier.
La démonstration géométrique des résultats auxquels nous
venons d'arriver ne présente aucune difficulté : on la trou-
vera tout au long dans le Traité de Géométrie de Legendre
revu par Blanchet et dans celui de MM. Rouché et de Com-
berousse.
HAXIMA ET MINIMA. 357
V. — Digression sur la plus courte distance de deux droites.
On peut résoudre par la théorie des maxima diverses
questions élémentaires, dont la solution a déjà été donnée
autrement.
Proposons-nous, par exemple, de trouver la plus courte
distance de deux droites. Soient a, b, c les cosinus directeurs
de la première, a', b\ c' ceux de la seconde; soient ^Tq, J'o» -^o
les coordonnées d'un point fixe de la première, x, y, z les
coordonnées d'un autre point variable pris sur cette même
droite; soient ^o,Jk'u, ^'q ^^ point fixe de la seconde droite,
od , y, z' un point variable de cette droite ; soient p la distance
des points x, y^ z et x„, ro, Z(,^ z' celle des points x'^y, z'
et -2^0 7 v'o' <•
On aura
x= Xq-^ ap, x' = x'q ^- a' p' ,
y=yo-^bp, y=yo^à'p',
z ^ Zq-t- c p , z = Zq -:- c p .
La quantité à rendre minima est le carré p- de la distance
des points x, jk, z et x', y, z', à savoir
pi = (x~x')^-^(y—y)^ — (z — z')^,
OU, en vertu des formules précédentes,
(i) pi = (X-' ap — a'p'y-^(Y^bp — b'p'f--^(Z — cp — c'p'y-,
équation dans laquelle on a posé, pour abréger,
En égalant à zéro les dérivées de p- relatives à p et p', on a
o =(\^ ap — a'p' )a-r-(Y -^ bp — b'p' )b -r-(Z -i-cp — c'p')c ,
(2) .
' { o=(X-r-ap — a'p')a'-h{Y-^bp b'p')b'-h(Z-i-cp — c'p')c;
en observant que a--4-6-+c- est égal à i et que aa'-r66'-h ce'
358 cnAPiTRE XII.
est égal au cosinus de l'angle lo des deux droites, on a
aX -h b\ -i- cZ -h p — p' cos co = o
et de même
«'X -H b'Y -t- c'Z -+- pcosto — p' = o.
Ces formules donnent p et p', et par suite (i) donne/)-;
mais, pour calculer/?-, il vaut mieux observer que des for-
mules ( 2) on tire
X -i- (7 p — a' p' Y -f- 6 p — b'p' _ Z -\- cp — c'p'
bc' — cb' ca! — ac' ab' — ba!
et l'on peut écrire à la suite
t/ y^X-f-ap — a'p')2 '^^bd — cb')(\-^ ap — o! p')
et aussi
1/ y ( bc' — cb' )2 2( ^^' - ^*' )'
Comme ^ «(6c' — cb' ) eiya'ibc' — cb') sont nuls, les
formules précédentes peuvent s'écrire, en tenant compte
de(i),
X H- a p — a' p' \ -^ b 0 — b' p' Z -^ co -^ c' p'
bc' — cb' ca' — ac' ab' — ba'
\x(bc'—cb')
t/ y( bc' — cb' )2 y ( bc' — cb' )^
d'où l'on peut déduire p et p' et directement
^\{bc-ciï)
i/\{bc'—cb')^
ou bien encore
C a"o — .rl)( èc'— c6') -4- Ivo — yé )(' c«'— ac') -^- (^o — ^'oX ab'—ba')
p = ^^ ^
[{bc' — cb'f-^{ac' — ca' Y -^{ab'—ba' )'^\i
MAXIM A ET MI MM A. 359
VI. — Digression relative aux axes de l'ellipsoïde.
Chercher les axes de relHpsoïde
( I ) A arî -r- A>2 .^ y -^ -- 1 ^yz — 2 B' xz — 1 Wxy = H,
c'est calculer les rayons vecteurs p maximum ou minimum de
cet ellipsoïde; on posera
(2) x^pa. y^-pb, z = pc,
( 3 ) a2 -^ 62 -T- c2 = I .
Si l'on porte les valeurs (2) de x, y, z dans (i), on aura
^^^ ^ ^ Aa^-r-A'b-^— \"c-^—iïibc-: ab'ac — iW ab^
et l'on est conduit à chercher le maximum et le minimum de
A a^-^ B62-^ A"c2 — iBbc -- aB'ac ^ iH" ab.
En égalant sa différentielle à zéro, on a
(5) daika-^ W b ~r- W c)-^ db( W a — X' b -^ Bc)
-^ </c ( B' a -r- B è -^ A" c j = o ;
la formule (3) différentiée donne
a da -^ b db — c de ^= o:,
en l'ajoutant à (5), après l'avoir multipliée par 5 et en égalant
à zéro les coefticients de r/«, db, de, on a
I ( A — A- ) a — B" è -f- B' c — o,
(6) ', B'o^CA' -*)6^Bc = o,
( B'rt B6-^rA'' — s)c = o.
L'élimination de s fera connaître les valeurs de a, b, c pour
H
lesquelles il y a maximum ou minimum. Mais la quantité —
ou, en vertu de (4 ), Aa--)- A'a- + . . . à rendre maxima peut
se déduire des formules (6); il suffit de les ajouter après
avoir multiplié la première par a, la deuxième par b, la troi-
36o CHAPITRE xn.
sièmc parc, ce qui donne
— — s = O ou p2= - .
p- ^ S
Il résulte de là que les axes sont donnés par la formule
bien connue
H
B' B'
B" A'
H
B A"
B --0.
II
VII. — Axes de la section plane d'un ellipsoïde.
Nous montrerons encore comment la théorie des maxima
peut conduire à trouver les axes de la section faite par le
plan
(i) Ix ~ )7iy -H nz = O;
(2) /2 _u-„j2 + «2=1,
dans la surface
(3) A^2^A>2-r- A"x;2-i-2Bjz-^-2B'^5-^2B''.rK = H
ou
Considérons dans la section un rayon vecteur p faisant avec
les axes des angles ayant pour cosinus a, b, c; on aura
p2/( a, b, c ) = H
ou
(4)
(5)
(6)
J{a, b, c)
la — rnb -+- ne = o,
a2-i-Z>2^ c2 = I.
Si l'on égale d/k zéro pour en avoir le maximum, il viendra
Lui
2 de
( 7 ) - -f^ c?a -r- - -,-'- rf6 4- - — de = o ;
2 da
MAXIMA ET MIMMA. 36 1
mais (5) et (6) donneront
l da -h m f/b -h n de ^ o,
ada-r- bdb-i- cdc = o,
et, en appliquant à ces Tormules et à (7) la méthode des
multiplicateurs, on obtiendra
2 (Ja
[Art = o.
(8)
là/. ,.
-, -r //« -{- IJ.U = 0,
1 ob
I àf
1 de
-\- i.n -t- IX c = (1 .
Si Ion multiplie la première par «, la seconde par ^, la troi-
sième par c, et si on les ajoute en observant que /est homo-
gène et du second degré, on aura (p. 221)
ou, en vertu de (4), {^), (6),
n II
--.^ = 0, !. = --,•
Les formules (8) deviennent alors
A •] a -i- B" 6 -f- B' c -H / / = o,
P"/
B"a
B' a -:- B ^*
{'-%)
Bc^X
m = o,
A" ; 1 c— X/^ = o,
et, en éliminant a, b, c, \ entre ces formules et (5j, on
obtient
(9'
A-
n
B"
B'
l
B"
A
II
B
m
W
B
A
, H
n
l
m
n
0
362 CHAPITRE XII.
L'élimination de "k seul fournirait d'ailleurs des équations
donnant a, b, c.
On voit que l'équation (9) est du second degré en — ; les
P
deux valeurs de p que l'on en déduira seront les demi-axes
therchés de la section.
Si l'on veut trouver les sections circulaires, il faudra écrire
que l'équation (9) à des racines égales. Nous retrouverons
cette question plus loin sous une autre forme, et nous verrons
un moyen simple d'exprimer la condition en question.
VIII. — Digression sur une propriété des polynômes du second degré.
Soit
> ciijXiXj-,' > diXi-^a
un polynôme du second degré non homogène à n variables ;
il sera maximum ou minimum :
1" Si l'on a
0)
ft-it\ ^1 "^ «,;2^2 -T- . . . -1- Cl,ifiX^ — 0„ — O,
c'est-à-dire, en désignant par à le déterminant
V ^
T — an «22 • • ■<^/tni
(2)
1 / à\ d\ \
371 = — Y «1 -, '-■ ■ •— «« 1
A \ OUni
2° Si la différentielle seconde de ce polynôme reste toujours
positive ou négative, c'est-à-dire si > rt,,\r/:ry est décompo-
sable en une somme de carrés de même signe.
Ainsi un polynôme du second degré n'est pas toujours
susceptible d'un maximum ou d'un minimum.
MAXIM A ET MIMMA. 363
Pour trouver le maximum ou le minimum, on peut aussi
décomposer le polynôme en carrés après avoir remplacé
\]rt,-;r< par ^ aiXiX et a par ax-^ et en supposant ensuite
j: = I. Si alors on s'est arrangé de telle sorte que le premier
carré contienne toutes les variables, le second toutes les
variables moins une, etc., et que le dernier soit constant, en
égalant chaque carré à zéro, excepté le dernier, ce dernier
carré sera le maximum ou le minimum cherché, et les équa-
tions écrites fourniront successivement toutes les variables;
mais cela suppose toujours que tous les carrés soient de
même signe.
Il est intéressant de calculer la valeur du maximum ou du
minimum INI quand il existe. A cet eflfet, il faut porter les
valeurs 12 ) de X(, jTo. ... dans le polynôme du second degré
dont on cherche le maximum ou le minimum; en d'autres
termes, il faut éliminer .r,, x-^, . . . , x„ entre (i ) et
.M — ^ OijXiXj - - > UiXi-r-a.
Si l'on rend ces équations homogènes, comme il a été dit,
en remplaçant > ciiXi par \ «/x<.r, a par ax^ et M par M^;^,
si enfin on pose
^ a,jT,Tj — > a,x,x -^ ax- — M x- =- /,
le calcul se réduira à éliminer x, x,, X2, . . . , x,i entre
f — o, -^- = 0, .... — = — = o.
•' OXi OXn
Or f= o peut s écrire
xi X, -... -a- 7- =0,
OXi 0X2 OX
ou, en vertu des équations précédentes.
364 CHAPITRE XII.
il faut donc éliminer Xi, Xo, x,i et a: entre
ce qui donne
dx ' dxi '
a — M «1 «2 • • • o„
r/| «H (7,2 ... (tu,
a„ a„i ctiri ■ ■ ■ (i/iii
o,
Si donc on appelle D le discriminant > ±««,,«12
on aura
M
D
• a,
IX. — Réflexions au sujet des théories précédentes.
Tout ce que nous avons dit au sujet de la recherche des
maxima et des minima des fonctions suppose que l'on peut
leur appliquer la formule de Taylor (réduite à ses premiers
termes) pour des valeurs des variables voisines du maximum
ou du minimum. Il ne faudra donc pas s'étonner que quelques
maxima ou minima échappent à nos théories, et il y aura
toujours lieu d'examiner si les valeurs de ^, ^, ^, . . ., qui
rendent/(\r, )', z, ...'), ou l'une de ses dérivées premières
discontinue, infinie, ou indéterminée, ne rendraient pas en
même temps /maximum ou miniiiuim.
Nous allons montrer, par quelques exemples devenus clas-
siques, l'importance de la remarque précédente.
Problème I. — Trouver le niaxiniiun et le minimum du
carré de la distance d'un point à un cercle.
Prenons pour axes de coordonnées deux diamètres rec-
tangulaires du cercle et le point donné sur l'axe des x\
soient / son abscisse et I\ le rayon du cercle. La distance
M A \ I M A ET yi 1 N I >! A . 365
d'un poinl (x, y) du cercle au point donné a pour carré
ou bien, en remplaçanl j'- par R- — x'-^
La dérivée de celte ([uanlilé élanl — 'j.1, elle ne saurait
s'annuler et l'on en conclut, (wec raison, que la fonction
/--r-R- — ilx n'a pas de maximum ni de minimum. Mais
cette fonction n'est pas identique avec celle dont nous cher-
chons le maximum. En effet, la distance du point donné à
un point du cercle n'existe qu'autant que x est compris
entre — R et -r R, de sorte que la fonction à rendre maxima
est discontinue : quand x varie de — R à -f- R, elle est égale
à R- -^ /- — ilx\ quand x varie en dehors de ces limites, elle
n'existe plus. \\ y a donc lieu de se demander si à j:- =: — R
et à X = -r- R ne correspondrait pas un maximum ou un
minimum.
D'ailleurs, à proprement parler, x ^ — ^R, ^;== — R ne
fournissent pas de véritables maxima ou minima, en ce
sens que, si l'on fait R--^ /- — ilx ^^ o{x\ on ne peut pas
dire '^(R-h/i) — '-^K^) 6st indépendant du signe de h,
puisque h ne peut être que négatif. Quoi qu'il en soit, il est
commode de considérer cp('.r) comme étant maximum pour
j: = R quand ci( R — A) — <p(R) est négatif, quelles que
soient les valeurs que l'on a le droit de donner à A, pourvu
quelles soient assez petites.
Voici une autre question assez curieuse proposée par
M. J. Bertrand et résolue par lui dans le Journal de Liou-
ville (i"^ série, t. VllI, p. i56).
PnoBLÏcME II. — Etant donnés trois points dans un plan,
on demande de trouver dans ce plan un point tel que la
somme de ses distances aux trois points donnés soit un
minimum.
A priori, ce problème admet une ou des solutions. Soient
366 cnAPiTRE XII.
.r,, >',, ^2,^)2, .^3, Va les coordonnées des points donnés,
jc,>' celles du point cherché; la quantité à rendre niininia sera
^(Jr—jri)'-^{y—ji)^-r-... ou \^v/,.r — x,)2-r- (^7 — Xi)*-
En égalant ses dérivées partielles à zéro, on a
(0
= 0,
V\a:-— J-i)2^(j'— Ji)^
Si Ton appelle a,, y.^, as les angles que les distances du
point cherché aux points donnés font avec l'axe des jr, on a,
au lieu des formules précédentes,
cos ai -+- cos 0L2 -f- cos as = o,
sin ai -^ sin 0.^-+- sin as = o.
Eliminons l'angle ag, nous aurons
a -r- 2(cosaiCOsa2-t- sin aj sin 'x-y) = î,
OU
2[i -I- cos(ai— aj)] = I,
OU
4cos2T2(ai — 0^2^ =1,
ou enfin
cosj(ai — a,) = |.
Cette équation exprime que la moitié de l'angle O que
font les distances du point cherché aux points x^y^ et :r2jK2
a pour cosinus 4- Cet angle est par suite égal à ^; on a donc
Il est facile d'en conclure que le point cherché est à l'inter-
section de trois segments capables de l'angle -^ décrits sur
les côtés du triangle fermé par les trois points donnés. Ces
segments se couperont en général car les équations (i)
admettent en général, une solution (d'ailleurs, la somme
des angles, tels que O, faisant ensemble 3 -^ ou ir., il existe
M A MM A ET MIMMA. 867
en général un point O, tel que, si on le joint au\ sommets
d'un triangle, les droites ainsi menées font entre elles des
angles égaux quand deux segments se coupent).
Toutefois, pour que deux des segments en question se
coupent, il faut, comme il est facile de le voir géométri-
quement, que chaque angle du triangle soit inférieur à -^,
de sorte que les méthodes régulières ne font connaître la
solution que dans ce cas. Mais, si l'on considère les dérivées
(i) et (2) de la quantité à rendre minima, on voit immédia-
tement qu'elles deviennent indéterminées pour x=Xi et
>-=j>^,, ou pour X =: x-i, y ^=^29 ou enfin pour x = Xy,
jK = >':i. Je dis qu'elles sont réellement indéterminées; en
effet, on a
y/ix — Xi)^-^{y — jx)' L \^ ^1 / J
et, pour j? = jc, , j' = j-, , cette expression est indéterminée,
car le rapport^- — — est arbitraire, x ei y étant tout à fait
indépendants l'un de l'autre.
11 y a alors lieu de se demander si les points donnés ne
répondraient pas au minimum cherché, et, comme le pro-
blème a évidemment une solution, c'est le sommet corres-
pondant à l'angle obtus du triangle des trois points qui
répond à la question. M. J. Bertrand donne d'ailleurs une
preuve élémentaire directe de cette assertion. Nous laissons
au lecteur le soin de la chercher.
EXERCICES ET NOTES.
1. Le plus petit polygone d'un nombre de côtés donnés, circon-
scrit à un cercle, est régulier.
2. Le plus grand polygone d'un nombre de côtés donnés, inscrit
dans un cercle, est régulier.
368 CUAIMIUE XII.
;{. De tous les polygones d'un nK-nio nombre de côtés et de même
périmètre, le plus grand est régulier.
■4. Le maximum de x'^y't'zl, si x-{-y~^-z est constant, a lieu
quand
X y _ ^
lors même que a, p, y ne sont pas entiers.
S. Trouver un point tel que la somme des carrés de ses distances
à des plans fixes, ou à des droites fixes, soit minimum. Le point
cherché est le centre de gravité des pieds des perpendiculaires
abaissées de ce point (cherché) sur les plans ou les droites.
(). Trouver un point tel que le produit de ses distances aux faces
d'un tétraèdre soit un minimum (c'est le centre de gravité du
tétraèdre ).
7. Trouver un point tel que le produit de ses distances aux arêtes
d'un tétraèdre soit un minimum (employer des coordonnées tétraé-
driquesV
8. Le triangle d'aire maxima, ayant ses sommets sur les côtés d'un
triangle donné, a en apparence pour sommets les milieux des côtés
de ce triangle.
9. Le tétraèdre de volume maximum, ayant ses sommets sur les
faces d'un tétraèdre donné, a en apparence pour sommets les centres
de gravité des faces du second tétraèdre. Mais ce ne sont pas là de
véritables maxima.
10. Le triangle de périmètre minimum, ayant ses sommets sur les
côtés d'un triangle donné, a ses sommets aux pieds des hauteurs de
ce triangle.
11. Inscrire un triangle maximum dans l'ellipse ( il y a une infinité
de solutions;, ou un tétraèdre maximum dans l'ellipsoïde.
12. Circonscrire un triangle minimum à l'ellipse.
13. Circonscrire une ellipse minima à un triangle.
li. Vat un point donné on propose de faire passer un plan qui
détache dans un trièdre trirectangle un tétraèdre de volume inininiuni.
MAXIM A ET MIMMA. 3(J(J
Vi. Par lin iioiiil intrrioiir à un paraholoïch^ ollipliquo, on ilcmandc
(le faire passer un plan <|ui détache un sej^'inent <lc volume niininium.
16. Par une droite donnée on demande de faire passer un plan (|ui
coupe un ellipsoïde suivant une section d'aire maxima.
17. Étant donné un segment de paraboloïdc elliptique terminé par
un plan perpendiculaire à l'axe, on demande d'inscrire dans ce seg-
ment un parallélépipède de volume maximum. Ce parallélé|)ipède est
supposé rectangle et droit, ses côtés sont parallèles aux axes de
l'ellipse qui sert de base au segment et à l'axe du paraboloïde.
18. De tous les tétraèdres ayant des bases superposables et même
hauteur, quel est celui dont la surface totale est la plus petite?
i9. Plusieurs fonctions symétriques de x. y, z, ... restant con-
stantes, une autre fonction symétrique de x, y, z, ... est maxima ou
minima quand les variables x,y, z, ... sont égales entre elles.
( Galchy.)
Traité d'Analyse, I. 24
3-0 CII.VIMTIIE XI 11.
CHAPITRE XIII.
SUR LES VALEURS DES FONCTIONS QUI SE PRÉSENTENT
SOUS UNE FORME SINGULIÈRE.
I. — Préliminaires.
Si une fonclionyï j;) est mal tlélcrniinée pour x = a, je
conviendrai d'appeler /(a) la limite vers laquelle tend/( j^)
quand x tend vers a. Pour effectuer cette détermination, on
a souvent fait usage d'une formule que nous allons établir et
qui peut être utile dans bien des circonstances.
Soientyfj?) etF(.r) deux fonctions d'une variable, aux-
quelles nous supposons que l'on puisse appliquer le théorème
de Taylor. Posons
(0 ^ .A-_-_/0^p.
^^ F(«--/i) '
nous en concluons
fi a -t- Il I — P F(a -^ /i) = o
ou, par la formule de Taylor,
f{a)— P F (a) — h[ fia)-- PFU a )]'^...
1.2. . .« ^-^ ^ ^ ^
tirant P de cette équation et ayant égard à i), on a
1.2 1.2. . .n ^
FORMES I.NDfTKR M INfiES. 871
Le (léveloppciiient direct du niiméraleiir cl du dénomina-
leiir n'aurait pas permis de sujiposer à 0 des valeurs égales dans
ces deux termes.
II, — Valeur d'une fonction d'une variable qui se présente
sous la forme •
Quand une fonction est de la forme i^; ? son numérateur
et son dénominateur peuvent s'annulera la fois pour :r = a;
sa valeur pour x ^= n est la limite vers laquelle elle con-
verge quand x tend vers la valeur a pour laquelle on a
à la fois /(a) = o, F(a) = o. Le moyen le plus sûr de trou-
ver cette limite est de remplacer /(jc) et F(x) par des déve-
loppements en série, développements qui mettent en évidence
certains facteurs convergeant vers zéro pour x = «, que l'on
peut sujiprimer au numérateur et au dénominateur. On a,
par excnqile,
sin-.T-
' I . V. . i ' \ 1.2.3 /
1 — cosa: T- x'* I x^
1.2 1.2.3.4 I-'-i 1.2.3.
donc, pour ^ = o,
,. sin-.r
lim = 2.
I
On a voulu régulariser ce procédé; mallieureusemcnt la
règle, dite de U Ilospital, que nous allons faire connaître, ne
saurait être appliquée sans précaution aux expressions de
la forme -> et la précaution à prendre consiste précisément à
vérifier si certains développements sont possibles.
La formule démontrée au paragraphe précédent peut se
réduire à
/( a -^ h) _ fia) — h f\a — 0/< i
372 CHAPITRE XIII.
Supposons (lue l'on ait J{ci) = o, F(rt) = o; il viendra
/(a-^h) _ /'(g-f-OA)
Si 1 on lait tendre // vers zéro, le premier mcnihrc a la
même limite que ,-- — pour x = «, le second a la même 11-
^ r (a:) '
mile que ;V/ — pour x ^ a\ donc
' F (.r ) ^
liin ^7^; — lim Vij- — ;
Vyx) F'(;r)'
par suite, si i^^r^^ — est une quantité connue, bien déterminée,
i ' b (x) 1 '
f(x)
on aura la limite de ^ en prenant le rapport des dérivées
f'(x)
de ses termes pour x = a: si ~ se présentait lui-même
sous la l'orme -? on lui appliquerait la règle que nous venons
de trouver, et ainsi de suite. Telle est la règle de L'Hospital.
Comme on le voit, l'application de cette règle suppose
f{x) et F(^) développables par la formule de Taylor. H
faudra donc, avant de l'appliquer, examiner si les développe-
ments àe f[x) et de F (ic ) en série sont possibles : alors à quoi
bon la règle? En second lieu, il arrive souvent que/'(^),
/"(x), ..., F'(;r), ¥"i^x), ... sont tous nuls et la règle
tombe encore en défaut. Dans ce cas, en ayant recours à
d'autres développements que ceux qui sont fournis par la for-
mule de Tajlor, on a souvent la solution rapide de la ques-
tion. Ainsi, par exemple,
(x — a )'-
est évidemment égal à y/ 2rt pour x = a, ainsi qu'on peut le
voir en mettant x- — a- sous la forme (x-{-a)(x — a);
l'application de la règle de L'Hospital donne
_ 1 1
,. x(x^—a'') 2 ^(^_a)2
lim — p = lim j ;
l{x — afï x{x^ — a^)^
FOIOir.S INDÉTERMINÉES. 878
O
mais le second nieinhre est encore pour^ = n, el l'on com-
prend qu'il en sera toujours do même indéfinimenl.
Considérons encore l'expression
X — a-^cos -
X
On voit facilemenl que, pour x = o, celle expression a
j)0ur limite l'unité, car elle se décompose en
X X I
-. — X cos - :
sin^' '<\\\x X
ov -. — ayant pour limite i, et cos- étant toujours coni-
pris entre — i el +i, la limite de notre expression est bien i.
La règle de L'Hospilal conduit à chercher la limite de
I I
I — 2.r cos sin -
X .r .1
ou de I — sin - >
QO'àX X
qui est lout à fait arbitraire entre les limites o et i.
Il est assez curieux de voir que, dans certains Cours, on
applique la règle de L'Hospilal en faisant ces remarques, et
qu'on cherche à donner une nouvelle démonstration de la
lègle pour le cas où « = co . A oici cette démonstration :
^('
lini i^ —^ (pour x = co ) = lim — — — ^ pour x ^= o\
ainsi
,. f{x) .. •^(,rj(~^y
|)ourr = c» lim -p; - = 11111 ; pourj-^o
ou
,. f(x) .. f\x)
lim ,, — ; = lim ■ 7 ; pour a; = 00 .
Appliquons, comme on le fait dans quelques livres clas-
siques, la règle de L'Hospilal à la recherche de la limite
>74 cil API TUE XIII
x-
de -^^^ pour^ = oo , m dcsigiianl un entier >> o; nous avons
lim = lim
en changeant m en m — i, /« — 2, ..., nous trouverons,
pour 1)1 entrer,
lim — = lime-^ i .2.3. . ./« — o.
Ce résultat est exact, mais le raisonnement (jui y conduit ne
Test pas; en effet, reconstituons, pour notre exemple particu-
lier, la démonstration delà règle: nous serons conduits à clicr-
cher la limite de ■ — pour x ^ o; mais nous ne sommes pas
en droit d'appliquer à cet exemple la formule démontrée
au paragraphe précédent, celte formule supposant elle-même
_i
que Ton peut appliquer à e ""le théorème de Taylor. On a
au contraire très simplement
ç—x ^tn fui j
a—'" ~ 6'-^ ~ 372 ~ x--'" -H X''" i-' 4-. . . '
} -{-X -\ H. . .
I .?.
g—x
- — - est donc 1 inverse de
l-y.—m
37-'"+ ;r-'«^-»-{-. . .H '—^ h.. .
1 . '2 . 3 ... a
nui croît indéfiniment avec x: donc la limite de— -est zéro,
et ce fait est prouvé pour les valeurs fractionnaires ou in-
commensurables de ni.
III. — Vraie valeur des fonctions qui se présentent
sous la forme —
Si, pour X = a, f{x) et F(j;) sont infinis, la fraction ..
nrcnd la forme ; il est facile de ramener ce cas d'indéter-
FORMES INDÉTERMINÉES. Sj.")
niinallon à celui ([tic nous venons d'examiner, en ccrivanl la
fonclion „ ^ sous la (orme suivante
I
F(.r~)
I
tt en lui appliquant la règle de L'Hospltal, qui donne
lim ~- — , = Inn :
l'on conclut, en supposan
(le o,
f(x)
(Toù l'on conclut, en supposant lim ■'r— finie et différente
lim -L- = hm ^r,,— •
F{x) ¥(x)
Lorsque i^-^-' est nul, on tourne encore la difficulté en cher-
chant la limite de -^^ r^ qui est A; on applique Ja
règle à celte fraction et l'on trouve
f'(x)^kF'(x)
V(x)
donc ^ — est bien égal à o comme "^
F {X) ° t {X)
Nous ne ferons pas d'applications de cette règle, mais
nous résoudrons quelques questions dont l'importance sera
mise en évidence un peu plus loin.
Théorème I. — La limite de —^poii/- x =: oo . quand
fi^ i, est toujours infinie.
En effet, on a
I 1,2
a étant supérieur à i , log a est positif; donc, dans le dévelop-
376 CUAPITUE XIII.
j)ement de a^', les termes croissent indéfiniment el il s'en trouve
de supérieurs à x"'^' . Si Ton divise ces termes para:"', on ob-
tient encore un résultat indélininient croissant avec x;donc
la limite de - pour x = 00 est infinie.
Corollaire. — La limite de ,— " — , pour ^ = 00 , est in-
finie, ce dont on se convainc aisément en remplaçant c
par e^'.
Théorème II. — La limite de — ^^ , m étant positif, est
/lu lie pour ^ = o.
En effet, posant x = e", on a à chercher la limite de
u
1)0 ur 11= — 00
g~niu '
ou de
u
pour « = 00 ;
g m u ' '
cette limite est zéro, car celle de - — est infinie, comme on
l'a vu. •
IV. — De quelques autres cas d'indétermination apparente.
Les expressions qui se présentent sous la forme o x 00 ,
telles que le produit/(a7) F(x) dont les facteurs sont l'un nul
et l'autre infini pour x = a,' se ramènent aux cas précédents
en les écrivant ainsi
Vix)
Exemple. — Lim.r'^log.r pour x^o est égal à la limite
lojrar , , ,. , ,
— - 5 c est-a-dire a zéro si m >> o.
Lesexpressionsdelaforme ce — 00 , telles quey(jr) — F(^),
FORMES INDÉTERMINÉES. 877
clans lesquelles on a f{ a '. — oo , F( a) -- to , se ramènent aux
formes - comme il suit
J\x\ Vkx)—J\x>\\
Vix
(X
. . F ( x) ■ ■
Si, après avoir calcule la liuiile de -> — - on trouve une limite
1 /( X )
dilTérenle de l'unité, on en conclut ([uc/ix) — F(\r ) est infini ;
sinon on est ramené à une expression de la forme o X oo .
Les expressions qui se présentent sous la forme 1°^, o"
et qui proviennent d'une expression telle que [F(a7)]/^^^ se
ramènent à des expressions [)lus simples en prenant leurs
logarithmes.
V. - Théorème de Cauchy.
Nous ne pouvons passer sous silence un théorème remar-
quable de Cauchy, à cause de son importance dans la théorie
des suites.
THÉoui;ME. — Si, pour des valeurs croissanles de x,
fi X -^ 1) — /(^f)
,. . f(X) ,
convertie vers une certaine limite, conver^eravers la
même limite, et l'on est sûr qu'il converge vers une limite
unique.
En effet, soit /la limite de /^j:" — i) — /( jr) ; quand :r sera
assez grand, on pourra écrire
f(x^i)~f(x)=^lzhz.
Lorsque X croîtra, e ne dépassera pas une quantité donnée a,
si petite que l'on voudra; on peut donc écrire
f{x^i)-f(x)=l:^t,
f(.r-i)-f{x-^i)=l±:t\
/(,r^-n)-/^.r^/i-i)= /-£<"-»',
3-8 en A PITRE XIII.
î, s', s", . . . t'tanl moindres que a; si Ton ajoulc ces équa-
tions, on trouve
et
J{T^n') — f{x)
= 1
2= .
est moindre en valeur absolue que a; désignons-le par to :
nous aurons
f{x — n) — fix) — {l-'(x))n
ou
f{x ^ n) _ f(x) _ l-^io
X -r- Il X -r- n X r- n
/-\ • 1 1 f(^)
On peut toujours prendre /i assez grand pour que -"
soit moindre qu'une quantité donnée et, par suite, sa limite
pour n =^ co est zéro; quant à la limite de > elle est
l'unité; done, en passant aux limites, on a
,. f{x-i-n) .
lim =^-^ = / pour n ~ os ,
X -r- n '
ou, ce qui revient au même,
lini-: — — = lim/(^-f-i) — J(x) pour ^ = 00.
Corollaiie I. — Remplaçons f{x) par logc2(j;); nous
aurons
Iim lo"Tcf.(r)l'^ — lini lo"; ^
ou bien
limcs(arr =:lim-! •
' ' ?'.^)
Corollaire II. — Considérons la série
'y(i)^- «p(2)-f- o(3j -^. . .-+- cp(57) -f-. . .;
FORMES INDÉTERMINÉES. 879
on sait qu'elle est convcrj;enlc quand
On en coiiclul qu'elle est égalemenl convergcnlc lorsque
1
limcp(a")-' < I ;
ce qui peut dallleurs se dcinoiilror directement.
Corollaire III. — Si, pour des valeurs croissantes de x,
f{x -T- x') — f{^) est infini, - — le sera aussi. En raisonnant
comme précédemment, on prouvera que = peut
n
être pris plus grand que toute quantité donnée et que - —
dépasse toute limite.
1. On a
pour r = 00 .
2. On a
pour m = ce
3. On a
|»our m = eo
EXERCICES ET NOTES.
1
lim
, . Vi I I
lim — = — e.
X >n -1-
lim ( cos — r ) — e i -,
X
lim cos'" ~ = I
4. L'expression y' -^ ~V ^ — V^^ — • • • a-t-elle une limite quand le
nombre des radicaux augmente indéfiniment? Si celle limite existe?
un demande de la calculer.
o8o CHAPITRE XIll.
t). Consliuire les courbes ayant pour équations
y — oc log-.r,
\0"X
y ~ — — '
^ X
y — x-^ -^.- X,
yx ~ xy.
(j. Trouver, quand elle existe, la limite de x^'
7. Considérons une série de la forme
I I T
si l'on a, pour m ^ oo ,
, . es' (" m ")
\\\\\m > I,
ça (^ ni I
la série est convergente; si au contraire cette limite est plus petite
que I, la série est divergente. Si cette limite est i, on considérera
l'expression
r 9't'«t 1,
m- — I log/;i,
et, suivant que sa limite sera > i ou < i, la série sera convergente ou
divergente; si la limite est i,on considérera l'expression
( f o'( m) 1 I
< m 1 log »i - I log log m, ....
(L ?'.'«' J ^ o o '
(AUGUSTUS DE INIORGAN.)
<S. La série, dont le terme «rénéral est ■ ri est convergente si, pour
« = 00 , -— ^ a une limite différente de zéro et si o ( n) = o n'a pas de
an- '
racines entières. (Grolous.)
9. La série dont le terme général est est convergente s\\^o{/i)
o{n)
est constante ou croissante i A/i - i j. (Emile Lemoine.)
NOTES.
NOÏK I.
Pendant longtemps on a admis sans démonstration que
toute fonction continue a une dérivée; et, par le faii,
bien qne cette proposition ne soit pas é\4dente, elle doit être
considérée comme le postulaluni fondamental de la Méca-
nique, de la Physique mathématique et de toute application
des Sciences jnatliématiques (').
Ampère et Duhamel ont essayé de prouver que les fonc-
tions continues ont des dérivées, mais leurs démonstrations
prouvent seulement que ces dérivées ne peuvent être toujours
nulles ou toujours infinies, rien de plus. Longtemps on a cru
établir, dans les Cours, l'existence de la dérivée, en montrant
que l'ordonnée d'une courbe continue avait pour dérivée, par
rapport à l'abscisse, le coefficient angulaire de la tangente;
mais il est clair qu'un fait purement analytique doit pouvoir
s'établir indépendamment de toute considération géomé-
trique, et, aujourd'hui, on est encore sans preuve irréfutable
de l'existence de la dérivée des fonctions continues.
Il y a plus, Hanckel, en 18^0, a essayé de former de toutes
pièces des fonctions continues n'admettant pas de dérivées;
la fonction représentée par la série suivante serait dans ce cas :
I ' 2! (rt — i;!
Ces théories ont été réfutées par M. Gilbert {Bulletin de
l' Académie des Sciences de Belgique, 2*^ série, t. XXXV) ;
(') On se figure difficilement ce que serait une courbe sans tangentes,
un mouvement sans vitesse, un cours d'eau sans débit, etc.
382 NOTKS.
mais M. Darljoux (Annales de l'Ecole Normale, 2*^ série,
t. IV cl \ III) a repris la question et a cru devoir donner
raison à M. Hanckel. La question, à noire avis, est encore
dans le domaine de la m('laj)li}'sique; quoi qu'il en soit, nous
avons eu soin, dans ce Traité, de toujours démontrer l'exis-
tence des dérivées que nous cherchions; nous ne nous
sommes abstenu d'observer cette règle que dans des cas fort
simples, quand il s'est agi par exemple des fonctions inverses,
enlaisant remarquer que, quand — a une Imiite, — en a une
aussi. Toutefois, pour ne laisser aucun nuage dans l'esprit du
lecteur, nous allons montrer dans cette Note comment on
peut trouver directement la dérivée d'un quotient de deux
fonctions u et v de x et la dérivée de arc sin^c.
ix
Dérivée
u
DE -•
— On a
A^:
A. ^(^"4"
^ V -r- IV
I lu
= ['1.-
-")^
"^,):
et
, en
passant aux limites,
(S)- '
u' — uv'
v-
Dérivée de arc sinx. — On a, en supposant Ax -- h,
A arc sina? arc. sinf^ -^ h) — arc sin.r
la; , h
a rc s i n [i .r -- /i ) v/ 1 — .-r- — x \/ 1 — (x -^ h)^
^ h '
et, en passant aux limites et observant que le rapport d'un
arc à son sinus a pour limite i,
., ,. (■r-~h)J\ — .r2 — .-r i/i — ( ./■ — /t y-
( arc sin.r ) — lim ~,
h
Cx-- h",^(j — X^)— X^\l—(.T->r- A)21
== lim p , 7==Y" '
[t X -T h')\/i — x'--i- X \/ 1 — {X — h)- \h
NOTE II. 383
c'esl-à-(lirc, réductions faites,
(arc.sina7)'= •
y/i — x^
On trouverai t d'une façon analogue la dérivée de arc lang.r.
NOTE II.
Le théorème de M. 0. Bonnet, que l'on appelle souvent
théorème rfr Rolle ei que nous avons démontré (p. 73 ), repose
sur un principe que nous avons admis, parce qu'il ne nous
était pas venu à l'esprit (pfcn put le contester; l'objet df
cette Note est de démontrer ce principe, qui peut s'énoncer
comme il suit :
Si une fonction fix)^ continue ciuancl x varie entre a
et b^ a iy compris ces limites, bien entendu), s'annule
pour X -.— a et X = b, sans rester constamment nulle, elle
passe dans Vinlcri'alle «, b par un maximum ou par un
minimum, c'est-à-dire par une valeur /(c), c désignant
un nombre compris entre a et b, telle cjue, h étant moindre
qu'une quantité suffisamment petite, les quantités
f{c -^ h)—/(c) et f(c — h)—/(c)
soient toujours de même signe.
Supposons, pour fixer les idées, que, x croissant à partir
de a, f{ X) prenne des valeurs positives; il est incontestable
quef(x) étant continu ne croîtra pas au delà de toute limite,
el qu'il existera une valeur m positive, que f{x) ne pourra
pas dépasser, telle toutefois que f^x) pourra dépasser toute
valeur m — s moindre ; la question est de savoir s'il existe
une valeur c de x, telle que Ton ait
f{c) = m.
Or, sif(x) peut s'approcher autant qu'on le veut de m, c'est
que f(x) tend vers lu limite m, quand x tend vers une cer-
384 NOTES.
laine valeur c, cl je dis que l'on a précisément f(c) =^ m.
En eflet, /(x) doit avoir une valeur bien déterminée pour
Xz=C, sans (juoi il serait discontinu ])our x^^c; ensuite,
cette valeur ne peut cire que ni; car, si elle différait de m,
/(.r ) n'aurait pas pour limite m pour jc = c, et ne serait pas
continu pour celte valeur de x.
La formule de Taylor, comme nous l'avons vu, peut être
appliquée lors même que l'on ne serait pas certain que la der-
uicre dérivée employée pour former le reste est continue. Cela
résulte du théorcme de jM. Bonnet; toutefois la formule de
Taylor a[)pliquée au développement de y"(.r -}- A, j^ H- A", . . . i,
lorsque les dérivées employées pour former le reste ne sont
pas continues, doit affecter la forme suivante, où o < 9 <C ' >
I r <^«+' 1
—, : fix ■+- ht, Y -\- kt, ... 1 ,
qui peut n'être pas tout à fait celle qui est explicitement
donnée page i4^i, parce que la formule qui donne la dérivé*;
d'une fonction composée suppose les dérivées partielles de
cette fonction continues. Mais le reste est toujours d'ordre
// + 1 (p. 8i et 8:>. ), et c'est là l'essentiel.
FIN DU TOME PREMIER.
TABLE DES MATIÈRES
Pages'
CHAPITRE r.
Introduction.
1 . Des fonctions
'2. Continuité 2
3. Continuité des fonctions imaginaires 6
4. Représenlalion gconiélrique dos imaginaires ■j
5. Notions sur les infiniment petits 8
CHAPITRE II.
Théorie générale des séries.
1. Définitions 11
2. Théorèmes sur la convergence 12
3. Règle de convergence 20
4. Des calculs que l'on peut efi'ectuer sur les séries 26
.5. Sur un théorème de Cauchy 00
G. Séries uniformément convergentes 02
7. Théorème d'Abc! .33
5. Théorème général sur les séries 07
M). Développement des fonctions rationnelles 3S
' 10. Séries récurrentes 4o
'11. Théorème d'Kiscnsiein 43
1"2. Développements de e-^, s'\nx, cosx- 4^
13. Généralisation des exponentielles et des fonctions circulaires.... 49
14. Origine purement analytique du sinus 5i
15. Des logarithmes 55
IG. Fonctions circulaires et hyperboliques inverses 57
17. Digression sur la nature des exponentielles 58
' IS. Quelques théorèmes concernant les séries doubles 59
*[[K Application destinée à faire comprendre l'utilité do la théorie des
séries doubles G2
{ ■ I Les matières traitées dans les paragraphes et chapitres marques d'un * ne sont
pas exigés des candidats n la licence.
L. — Traite d'Analyse, I. 25
386 TAULi: DES MATltîRES.
CHAPITRE m.
Théorie des dérivées.
l'ages.
1. Définition de la dérivée 65
"2. Dérivée d'une somme, d'un produit, d'une diiTcrcnce, d'un quotient. (j6
3. Dérivée d'une fonetion de fonction 6ç)
4. Dérivée de ([uelques fonctions simples -r»
5. Dérivées des fonctions circulaires < -i
(j. Théorème de Uolle -3
7. Formule de Taylor -5
8. Théorèmes déduits de la formule de Taylor -S
9. Dérivée d'une fonction composée 8i
10. Quelques fonctions dont on peut calculer la dérivée d'ordre n en
fonction du nombre n S3
' 10 ^w. Dérivée n'*"' d'une fonction de fonction 84
11. Dérivée n'*"' d'une fonction rationnelle 87
12. Formule de Maclaurin 88
13. Développement de arc tango; 90
* 14. De la formule de Taylor considérée comme formule d'approxima-
tion 1)1
CHAPITRE IV.
Différences des fonctions d'une variable.
1. Différences des fonctions d'une seule variable ç)-
2. Formules servant à calculer 1"/ et formules inverses 91
3. Examen du cas où la différence de la variable tend vers zéro.. . . loi
4. Formules d'interpolation de Lagrange et de Newton io3
*5. Formule d'Ampère 1 06
*6. Formule de Brassinne 107
*7. Formule de Caucliy 108
"8. Expression des dérivées en fonction des différences et vice versa. 109
9. Construction des Tables numériques ni
lU. Construction des Tables de legarilhmes 1 13
11. Construction des Tables de sinus 1 15
12. Application à la résolution des équations 116
CHAPITRE V.
Théorie des différentielles des fonctions d'une seule variable.
1. Sur les divers ordres d'infiniment petits 119
2. Définition des différentielles l'.ô
3. Remarques au sujet de la formule de Taylor 126
4. Comparaison des différences et des différentielles 127
TABLK DES MATIÈRES. 887
Pages,
j. Remaniucs sur le Calcul (lillërenliel. — Ses avanlagos sur le Cal-
cul tics dérivccs 127
G. Sur un mode de raisonnement employé en Analyse 129
CHAPITRE VI.
Dérivées, différences et différentielles des fonctions de plusieurs
variables.
1 . Sur le calcul des expressions symboliques i33
2. Remarques au sujet des dérivées des fonctions de plusieurs va-
riables i38
3. Formule de Taylor généralisée i '( i
4. Diiïérences des fonctions de plusieurs variables i'|3
*5. Formule d'interpolation i^^»
G. Différentielles totales 1^7
7. Calcul des dilTérenticIles partielles iJi
8. Principes fondamentaux i53
9. Remarques i.54
10. Des fonctions dont la ilKfércnticlle est nulle i55
CHAPITRE VH.
Des déterminants fonctionnels et des fonctions implicites.
1. Préliminaires i58
*2. Déterminant du système adjoint 1Ô9
*3. Déterminants gauches 162
4. Déterminant d'un sjstème de fonctions i63
5. Reconnaître si des fonctions sont indépendantes 167
*6. Sur un théorème de Jacobi 170
7. Définition des fonctions implicites 172
8. Dérivées et différentielles des fonctions implicites d'une seule va-
riable 172
9. Dérivées et diiïérentielles des fonctions implicites de plusieurs va-
riables 171
10. Caractère des solutions multiples 177
'11. Déterminants des fonctions implicites 179
' 12. Formule de Lagrange 179
CHAPITRE VIII.
Fonctions de variables imaginaires.
1. Définition précise dune fonction de variables imaginaires i85
2. Calcul de quelques dérivées 18G
*3. Formule de Taylor 188
4. Différentielles des fonctions de variables imaginaires 193
388 TABLK DES MATif'llES.
CHAPITRE IX.
Changement de variables-
Pages
1. CliangcmciU de variable tlaiis les l'onclions d'une seule varialdc
indépendante n)\
2. Changement des variablesdans les fonctions de plusieurs variables, ujt)
3. Application. — Fonctions isotropes de Cauchy aoi
4. Cas où l'on change à la fois les fonctions ol les variables indo-
pendantes .M)'|
5. Autre méthode pour le changement de variable toç)
*G. Quelques changements de variables effectués au moyen d'artilices
particuliers an
"7. Sur quelques formules destinées à simplilier le changement de va-
riables 9.\?.
*8. Variables ellijitiqucs tîo
9. Théorème des fonctions homogènes .'.;? i
CHAPITRE X.
*Théorie des substitutions linéaires.
1. Définitions '.>:?.-
2. Application'dcs substitutions linéaires au\ fonctions homogènes du
premier degré 2.3 1
3. Application aux fonctions homogènes du second degré 232
■1. Transformation d'une fonction du second degré 235
.j. Réduction à une somme de carrés au moyen d'une substilulion or-
thogonale 23G
G. Discussion des résultats précéilents 208
7. Réduction simultanée de deux fonctions du second degré à des
sommes de carrés 242
8. Discussion de la théorie précédente 2^4
9. Invariants et covarianls 2'(8
10. Émanants 25o
11. Contrevariants et divariants 253
12. Évectants 255
13. Recherche des invariants 256
l'i. Méthodes générales pour former des covariants et des contreva-
riants 259
15. Invariants des formes quadratiques 2G1
16. Contrevariants et divariants des formes cpiadiatiqucs 262
17. Combinants 2G6
18. Sur une propriété générale des formes 2G7
19. Démonstration d'un lemme 2G8
20. Recherche des covariants et des contrevariants des formes li-
néaires .
2T2
TABLE DES MATIËHES. SSq
l'ages.
21. Rccliciclics tics conlrevurianls des rurnics quelconques 275
2-2. Mclhoiic tic M. Caj ley 277
23. Application aux formes binaires 279
CIIAriTUK XI.
*Sur l'élimination.
1. Délinilions aS'i
2. Coefficients, arjjumcnls, poids 287
3. Fonctions symétriques des racines d'une é(|ualiôn 2%
A. Résultante de dcu\ é(|uations 292
5. Transformation de la résultante 294
6. Méthode de .M. Cayley, racine commune 297
7. Résolution de deux équations à deux inconnues 298
8. Théorème de Bézout 3oo
9. Sur l'équivalence des polynômes 3o4
10. Démonstration d'un lemme 3o5
11. Résolution de quelques problèmes sur les polynômes réduits. . . . 3o6
12. Calcul de la résultante de plusieurs équations Sic
13. Nouvelle manière de former la résultante, résolution 3i3
14. Sur les polynômes multiplicateurs 317
15. Cas où la résultante a des solutions infinies 3i8
16. Calcul des fonctions symétriques. — Formule de Jacobi 3i9
17. Formule de M. Enrico Betti 322
18. Remarque sur les solutions communes 325
19. Propriétés de la résultante 326
20. Résultants 328
21. Discriminants 332
22. Théorème propre à faciliter l'élimination 334
23. Sur une élimination remarquable 336
24. Principe de correspondance 337
ClIAPITRli XII.
Résolution des questions de maximum et de minimum.
1. Règle générale pour trouver les maxiniaelles miniiiia des fonctions
explicites 347
2. Quelques exemples 347
3. Sur le maximum des fonctions de plusieurs variables liées entre
elles 35o
4. \pplications des théories précédentes 353
5. Digression sur la plus courte dislance de deux droites 357
6. Axes de l'ellipsoïde 359
7. Axes d'une section plane de l'ellipsoïde 36o
8. Propriété des polynômes du second degré 362
9. Réflexions au sujet des théories précédentes 364
SgO TABLE DES MATIÈnES.
CHAPITRE XIII.
Sur les valeurs des fonctions qui se présentent
sous une forme singulière.
Pases.
1 . Préliminaires 3-0
"2. Valeur d'une fonction qui se présente sous la forme - 3-i
o '
;3. Valeur d'une fonction qui se présente sous la forme ~ 374
4. De quelques autres cas d'indétermination apparente ^-d
5. Théorème de Cauchy ?,-j
Note 1 38 1
Note II 383
IIN DE I.V TVBI.r DU TOME PREMIER.
ERRATA.
l>ages. Lignes. Au lieu de .nettes
3o
1:
a clans les 2° facteurs
0
f
%
i3 cl iH
/i a-
a a'
x"^-- ' x'"-^
X'" a?"*"*"'
'4 fl '7
a"
rt"
x'"-"-'
x""'"-'
43
10 cl II
X.
X'
46
12
e-n-,
6„,_,
5fi
2 par le bas
= \o^{x-i-y)
= iogxy
7«
3 par le bas
/"-'(x) p/t'
/"-'(^) — P/i'
85
.1
l},«", Bjf"-'
B,M"-', B^«"-^
9i
2
eus ( j; + 6A ) cos {x~b')
sin (J7 -T- 6/i ) sin (J7 -f- f
94
4
cos'(a7+ 10')
sin^^^ -4- 10")
94
5
arcs moindres que 88°
arcs supérieurs à 2"
9°
.5 par le bas
y = lans-T
y = arc tanga;
x'-f- f)x'
x—fix-
90
II)
1 -T-bx'
i-bx-
102
111
/i'— /"+'(^_ue/tj
/"-(X4-6/0
io5
6 cl 4 par le bas
/"(-)
f^Hz)
112
12 par le Ijas
A'O' r- 60
A'i<— 60
112
10 par le bas
65 r^ A3 •
65 = A2'
112
8 par le bas
Ao' = A*ii
A'o'= Am'
&•;
1^7
vv w
iS3
'9'
i^i yv I
tj par le
bas
23
1
abcz sinO
j-i
y=i
=
rf/
rfr'
abci'
sinO
F''(^
-f-5)
392
1: U R A r A .
l'apos.
l.ifrnps.
^/// lieu ,1c
Mi-tlez
1(1.')
10
y,-.r'.,-
r't ■ ^'t
.Ç)(i
12
- ôyO'xdx
— ()y<Pxôx
2l3
10 par le bas
<7,_,
^n
3l5
10 par le bas
«„,, «„,
«■«. «.«
1
xl
x\
250
(af-+-X,r
{a\-^\Y
227
y par le bas
y,,, ^n
Tu, ^n
229
12 par le bas
^■li <^ji
C,. Cl.,
266
6
= D«.,
= D«,
280
8
'>^X' -f- [X'
X,r'n- ji.
380
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282
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